XII. Tumeur stéatomateuse du larynx
Elle provenait d’un garde-malade de l’hôpital militaire, âgé d’environ 50 ans, qui, depuis quelque temps, s’était plaint de dyspnée, et qui ne s’était mis au lit que quelques jours avant sa mort. Je n’ai vu le malade que vers la fin de sa vie. La mort eut lieu par suffocation. Voici d’abord le résultat de l’autopsie exacte de la poitrine. Poumon droit sain, mais rempli d’air et comme emphysémateux (retenant les impressions du doigt). Le poumon gauche avait contracté quelque adhérence avec la plèvre-costale, et contenait, dans le lobe supérieur, une grande caverne de tubercules ramollis ; la partie inférieure et postérieure de ce poumon était crépitante; le cœur était normal, rempli de coagulum.
Cavité abdominale parfaitement saine.
Après avoir enlevé la glande thyroïde , je découvris une tumeur blanche, mais d’une dureté fibreuse: elle avait deux doigts d’épaisseur, et elle reposait, en partie, sur la face postérieure membraneuse de la trachée artère; elle s’étendait en bas jusqu’au troisième anneau de la trachée, et en haut, elle couvrait, en passant sur le cartilage cricoïde, le cartilage arylhénoïdien, et elle y formait une intumescence du volume d’un œuf de pigeon. De l’autre côté, la tumeur s’étendait seulement jusqu’au cartilage cricoïde et les muscles arythénoïdiens de ce côté étaient bien conservés. Voilà pour l’aspect extérieur. Quant à l’intérieur du larynx et de la trachée artère, la corde vocale supérieure et inférieure ainsi que le ventricule de Morgagni du côté droit étaient bien conservés. Du côté gauche , la corde vocale supérieure et en conséquence le ventricule avaient entièrement disparu; la corde vocale inférieure était réduite à un filet très-mince. La tumeur elle-même faisait une saillie très-forte dans le larynx et dans la trachée, de manière qu’une plume pouvait à peine pénétrer par le bas (du côté de la trachée), et qu’en haut ( du côté
cellules épidermiales, mais ces dernières ont une forme différente de celles des poumons et correspondent à la structure connue du péritoine. Dansl’anatomie des tubercules la difficulté consiste à séparer eiactement les éléments véritables des productions accidentelles.
du larynx ) l’ouverture était tellement rétrécie, qu’en tenant le larynx contre la lumière celle-ci pénétrait à peine. (Cet homme, depuis longtemps, ne pouvait plus parler à voix haute, il disait tout à voix basse et d’un ton croassant.) Peut-être la trachéotomie aurait-elle prolongé les jours du malade (car la tuberculisation des poumons n’était pas assez avancée) si la position de la tumeur n’avait pas rendu un diagnostic exact, presque impossible.
Analyse microscopique. La tumeur est entièrement composée de fibres qui forment, de temps en temps, des renflements de fibres cylindriques et de cylindres très-petits d epithelium, décrits comme seconde variété par M. Henle , et de cellules à noyaux peu nombreuses. Des vaisseaux capillaires, en petit nombre, parcouraient la tumeur. Une circonstance digne de remarque, c’est que la dégénérescence était évidemment partie de la membrane muqueuse, et d’un seul point de cette dernière; en effet, tandis que celle-ci était intacte sur le reste de la tumeur, la transition de lepithelium sur un petit espace dans la substance de la tumeur était si insensible que je ne pouvais pas trouver de ligne de démarcation. La tumeur n’adhérait du reste intimement par sa surface interne, ni au tissu cellulaire, ni aux muscles environnants.
XIII. Dégénérescence stéatomateuse (1) d'un testicule extirpé par
M. Limauge.
La masse était d’un blanc gris assez foncé, et on pouvait, à l’aspect extérieur, facilement le confondre avec le premier degré du cancer encéphaloïde; elle en différait cependant tout à fait, et elle se montrait composée de cellules arrondies de 00007 pouce de France de diamètre, qui s’aggloméraient et dont la plupart avaient plusieurs noyaux ; ces noyaux ressemblaient quelquefois à des cellules plus petites renfermées dans les grandes. Les cellules ne se dissolvaient pas dans l’acide acétique; l’acide muriatique
(1 ) Nous conservons encore cette dénomination assez vague, parce qu’elfe désigne des dégénérescences très-variées. Plus tard, quand un plus grand nombre d'analyses exactes seront connues, il sera facile d’établir des noms et des divisions plus en harmonie avec la nature des altérations pathologiques.
en détruisait lu figure et produisait une masse compacte d’un vert pâle.