XIV. Squirrhe du sein
Je le dois à l’obligeance deM. le docteur Victor Uytterhoeven (1 ).
La tumeur squirrheuse est d’une forme arrondie, de 6 centimètres de diamètre; elle est d’une dureté cartilagineuse. Sur sa surface antérieure, encore couverte de la peau, est située une autre tumeur, de la grosseur d’un œuf de pigeon, qui correspond au mamelon. La peau est saine sur la grande tumeur; elle est, au contraire, couverte de vaisseaux dilatés sur la petite. En faisant une incision, je trouve dans les tumeurs une surface solide, d’un blanc mal mêlé de rose pâle, quelquefois de brillant métallique des tendons. Dans la grande tumeur la graisse et la peau sont parfaitement séparées; dans le mamelon, la transition de la peau dans la dégénérescence est plus dillicile à déterminer (2). La masse de la tumeur est solide, élastique, elle ne renferme aucun liquide susceptible d’être dégagé par la pression (3). En observant une lame très-line au microscope et sans la comprimer, on distingue une surface striée couverte de globules de graisse. En isolant la matière avec plus de soin, on voit que la matière squirrheuse ne contient pas de fibres régulières , on y observe les substances suivantes : 1» une matière blanchâtre amorphe qui parait avoir été déposée en couches, qui forment la plus grande masse; 2° des corpuscules irréguliers, blancs et de la grandeur des globules de sang; 5° des fragments de fibres de tissu cellulaire qui compose les conduits lactifères à l'état normal. Mais leur aspect extérieur se trouve changé; leurs contours ne sont plus nets, ils paraissent comme comprimés par une matière étrangère. (Comparez la description donnée dans- l’ouvrage cité.)
Plusieurs endroits de la tumeur sont plus rouges que d’autres;
(1) V. mes Recherches anatomico-microscopiques. 1837, cahier, p. 135.
(2) J’ai souvent observé que la graisse, entourée même de tissus squirrheux, avait conservé sa structure normale, observée au microscope.
(3) Cette dernière circonstance constitue déjà pour l’aspect extérieur , une grande différence avec le cancer encéphaloïde.
XVII. Delà nature des corpuscules blancs (de Malpighi) dans la rate de l’homme.
Cette observation qu’on a rarement l’occasion de faire, offrira un certain intérêt pour ceux qui s’occupent de la structure si énigmatique de cet organe.
Cette rate provenait de l’homme dont il sera question dans l’observation suivante. Il était mort à la suite d’une hydropisie et d’un ramollissement des ventricules du cerveau. Il se trouvait un dépôt de tubercules dans la partie inférieure du poumon, le reste de cet organe était sain ; mais il y avait des tubercules miliaires à la surface séreuse et dans l’intérieur du foie , dans le bassinet du rein et sur le cœur. La rate enfin offrait l’aspect suivant : elle était rouge, de consistance assez ferme; on remarquait à travers l’enveloppe séreuse des taches nombreuses, rondes, blanchâtres, non saillantes; en faisant une coupe je distinguai un nombre infini de corpuscules blancs de I/4-2/3 millimètre de diamètre, isolés les uns des autres. En les séparant avec le plus grand soin, je ne reconnus aucun kyste, le tout se composant sous le microscope de corpuscules analogues à ceux que nous avons trouvés dans les tubercules miliaires des autres organes du même cadavre, j’y reconnus, en outre, quelques débris de fibres.
L’observation microscopique et les réactifs chimiques ont démontré leur identité. Ce résultat était facile à prévoir d’après l’existence des tubercules miliaires dans les autres organes.
Pour ceux qui n’auraient pas présente à la mémoire la discussion sur les corpuscules de la rate, j’ajouterai les remarques suivantes :
Malpighi a le premier décrit certains corpuscules, surtout dans les rates de quelques mammifères; il dit qu’on les trouve plus difficilement dans l’homme, « in homine difjiciliùs emergunt. » Rudolphi confirme pleinement les observations de Malpighi , quant à la rate de la vache, de la brébis, du chien et du chat, mais il les nie chez l’homme. Il dit (I) que, dans la rate de ces animaux, on les voit comme de petits corpuscules ronds, d’un
(t) Physiologie, II, ‘2, 175.
c’est là qu’un grand nombre de vaisseaux capillaires se sont formés (commencement de l’inflammation et de la transition du squirrhe en cancer) ; ils ont tous des parois, mais ils offrent une particularité, que j’ai souvent observée dans les vaisseaux de nouvelle formation, c’est qu’ils sont disposés en lignes parallèles et qu’ils font de longs trajets, en ne donnant que des anastomoses très-rares. Ces dernières ne paraissent se former que beaucoup plus tard (1).
Nous allons maintenant décrire deux états morbides du cœur très-différents , mais que parai sent déterminer des altérations analogues dans la structure des fibres musculaires.