Le ramollissement du cerveau peut être partiel ou total
2. Le cerveau ramolli peut conserver sa couleur primitive , c’est le cas le plus rare. Le cerveau peut alors contenir du pus dans les fragments ramollis. Souvent le pus est reconnaissable à l’œil nu, plus souvent ce n’est qu’à l’aide du microscope qu’on peut le découvrir. Les canaux nerveux sont mêlés en fragments aux globules du pus.
Aucun produit morbide ne peut être observé dans le cerveau ramolli, mais au microscope les canaux nerveux ont perdu leurs contours, ou ils existent seulement en fragments. Je l’ai observé quelquefois dans le cerveau ramolli des fièvres typhoïdes. Ce ramollissement n’appartient alors en aucune manière à l’inflammation. Existe-t-il en outre des ramollissements blancs du cerveau accompagnés de symptômes de paralysie indépendants de l’inflammation? Je ne saurais pas répondre à cette question, je puis seulement dire que je n’en ai pas observé de bien constaté jusqu’ici (1); que cependant le - observations publiées rendent ce fait fort probable, et qu’il faudra, à l’avenir, se servir du microscope pour décider .cette question.
3. Ordinairement la couleur est changée : elle est devenue rose, jaune, grise. Si le cerveau ramolli offre cette couleur alors c’est au microscope de distinguer par quel procédé pathologique ce changement a eu lieu.
La substance cérébrale offre dans la plupart des ramollissements et toujours quand il n’y a pas de foyers apoplectiques, les globules composés que nous avons décrits, et qui sont comme nous l’avons démontré dans l’introduction, un produit de l’inflammation et susceptibles d’être reproduits chez les animaux dans tous les tissus. Les globules se forment, commeje l’ardit,dans les vaisseaux capillaires, empêchent la circulation. Le sérum s’imbibe à travers les parois des vaisseaux, produit une véritable macération mécanique du cerveau. Comme on sait, les globules de sang communiquent promptement leur matière colorante au sérum, de là la coloration de la substance cérébrale ramollie. Plus tard les vaisseaux se déchirent et les globules composés se trouvent mêlés aux fragments du cerveau macéré (1) v p. n.
On peut, je le répète, observer les globules composés distinctement d’abord dans les cavités des vaisseaux capillaires, pendant qu’une moitié du vaisseau est encore remplie par les globules normaux.
Le changement que nous venons de décrire se rapporte entièrement à l’inflammation.
Peut-être dira-t-on que cette production est bien une inflammation, mais qu’elle peut être consécutive? Je répondrai que quand il se trouve un point ramolli, on rencontre déjà des traces des globules composés plus profondes dans la substauce où celle-ci paraît encore saine au toucher et à l’œil nu.
Les canaux nerveux n’existent qu’en fragments et perdent souvent leur contour dans ce degré de ramollissement.
4. Le ramollissement peut avoir lieu autour d’un foyer apoplectique. J’y ai observé deux changements. Dans l’un et principalement dans les anciennes apoplexies, on trouve ordinairement les globules composés comme résultat de l’inflammation excitée par un agent mécanique, le sang épanché. D’autres fois le sang s'imbibe seulement dans la substance cérébrale, et produit la macération et le ramollissement sans exciter une inflammation. On peut aussi très-bien produire le ramollissement, en introduisant une grosse épingle dans le cerveau d’un lapin. 11 s’établit peu à peu un épanchement sanguin, et il se forme après, un ramollissement de la substance cérébrale qui environne l’épanchement. Ce n’est que quand l’épanchement peut séjourner plus longtemps dans le cerveau qu’une inflammation peut s’établir.
Le ramollissement précède-t-il l’apoplexie?
Les expériences que je viens de citer n’appuient nullement une telle opinion. Cette opinion me parait donc problématique, et pourquoi donc plutôt attribuer l’apoplexie au ramollissement de la substance cérébrale qu’au déchirement des vaisseaux capillaires par Yimpetus sanguinis ou par altération de structure des vaisseaux , ossification , etc.
Nous résumons ces résultats qui peuvent facilement être vérifiés par toute personne qui possède un microscope, et connaît seulement superficiellement la structure du cerveau, et nous trouvons que :
1° Le ramollissement blanc offre dans un grand nombre de cas du pus.
2° Le ramollissement coloré, sans épanchement de sang, offre les produits d’un des premiers degrés de l’inflammation, formation des globules composés.
5° Le ramollissement coloré avec épanchement de sang, peut offrir les productions précédentes ou seulement les imbibitions mécaniques du sérum sanguinolent. Ce qui est le cas ordinaire dans les apoplexies récentes.
Le plus grand nombre de ramollissements observés , appartient sans doute à la deuxième classe, si nous comparons les descriptions faites par tant de médecins, et ils appartiennent à un degré de l’inflammation, dont jusqu’ici on n’avait pas pu apprécier la nature.
'X Jn t ‘,10