DES ALTERATIONS DES FLUIDES CIRCULANTS
Le sang éprouve des variations singulièrement nombreuses dans les maladies; on ne peut les reconnaître que par l'inspection cadave'rique ou la saignée.
D'abord la quantité du sang est très variable dans les cadavres. Il est en général très abondant chez les asphyxiés , et dans tous les genres de mort qui suspendent subitement la vie , tels que l'apoplexie, etc.; dans d'autres affections, Fouverture des cadavres n'en offre presque pas , telles sont les maladies chroniques qui atténuent les forces vitales pendant long-temps, la phthisie et toutes celles qui jettent ou dans le marasme ou dans Vhydropisie ; aussi le pouls est-il très petit vers la fin, et les artères resserrées sur ellesmêmes. Enfin^ d'autres maladies tiennent Je milieu sous ce rapport.
La couleur du sang diffère aussi beaucoup dans les maladies. Dans presque tous les cadavres il est noir, quel que soit l'endroit où on l'examine.
C'est surtout dans sa consistance que le sang
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diffère. Certaines maladies Faltèrent singulièrement ; le scorbut , la fièvre putride , Tasphyxie , le rendent toujours très fluide. D'autres affections le concrètent. Le polype n'est autre chose qu'une concrétion sanguine, formée dans les gros vaisseaux ou dans le cœur. Les anciens médecins lui faisaient jouer des rôles importants, et lui attribuaient des morts produites par toute autre cause. Morgagni, Bonnet, Lieutaud, Vicq d'Azir rapportent des observations de polype, et laissent voir qu'ils se sont manifestement trompés en attribuant la mort à une concrétion purement passive dans la maladie; ils avaient pris l'effet pour la cause. Si l'on ouvre des cadavres, chez presque tous on rencontre des concrétions de ce genre. Dans le cœur on peut en distinguer de deux espèces.Parfois elles représentent une masse blanche ou jaune , mais sans consistance , et on les rencontre presque toujours ainsi chez les sujets morts de maladies lentes : dans les morts subites , au contraire, les caillots sont durs, résistants, comme fibreux , et tout différents des premiers.
Il s'agirait de comparer les phénomènes cadavériques avec les symptômes des maladies; mais, sous ce rapport, on voit que la médecine est peu avancée, et Ton trouve peu d'observations où, dans ce cas, on n'ait pas pris l'effet pour la cause. En effet, si les symptômes étaient toujours pro-