DES ALTÉRATIONS DES FLUIDES. IQ
duiis par celle circonsiance, ils existeraient chez presque tous les sujets
Dernièrement à rHôtel-Dieu il s'est trouvé un malade offrant tous les signes d'une maladie du cœur: étouffement, surtout vers le soir, et aux approches des changements de temps ; embarras de la respiration , douleur vive à Fëpigastre , par la pression. Les symptômes avaient toujours augmente' sans paroxysmes, ce qui n'est pas ordinaire dans les maladies de cœur; enfin le malade expira dans un temps de brouillards que lui-même avait prédit par l'augmentation de ses douleurs. A Fouverture du cadavre, les poumons furent trouvés très sains ainsi que le cœur et ses valvules ; mais il existait dans le ventricule droit un caillot très dur, très adhérent à ses parois. Il paraît que la concrétion sanguine était pour quelque chose dans cette ipaladie. On peut croire à la possibilité de ces caillots pendant la vie, par leur analogie avec ceux qui sont ordinairement contenus dans le sac des anévrysmes.
On ne peut encore rien dire de général sur les changements de la nature du sang dans les maladies ; nous sommes , à cet égard , bornés à quelques faits. Toutes les maladies marquées par la vigueur , telles que l'inflammation , présentent dans le sang que l'on tire pendant la vie une couenne fibreuse appelée pleurétique. On sait que
les mëdecins qui ont admis répaississement du sang se sont servis de cette couenne pour en expliquer les divers phe'nomènes ; mais le rôle qu'ils lui ont fait jouer est absolument illusoire. Elle ne se forme sur le sang que quand il est hors de ses vaisseaux. Quoiqu'il en soit, il paraît que souvent le sang participe de la maladie sans qu'on connaisse pre'cisément ce mode d'influence. Dans toutes les maladies longues, le sang perd en partie sa faculté concrescible et prend des caractères opposés. Dans les fièvres putrides se putréfîe-t-il réellement ? Les auteurs ont exagéré à cet égard ; mais la prostration des forces , la facilité avec laquelle les cadavres se putréfient dans ces maladies, tout semble prouver que le principe putride a passé jusque dans le sang. Il est encore évident que dans les affections locales , les humeurs tendent à se putréfier avant la mort des solides. Dans l'inflammation qui se termine par gangrène, ordinairement la fétidité se répand avant que les solides soient tombés en mortification.
Quant aux autres altérations du sang , il en est qu'il serait difficile de rapporter à des chefs généraux. Dans la jaunisse, le sang prend une couleur jaunâtre. Dans toutes les maladies en général, c'est le sang qui colore les lèvres et les joues d'une manière déterminée pour chacime, et qui les fait souvent reconnaître.