DES ÉRUPTIONS MILIAIRES DES MEMBRANES SEREUSES
Les membranes séreuses sont encore sujettes à d'autres affections essentielles, et qui leur sont exclusives. C'est d'abord une éruption miliaire, semblable à la gale , que les auteurs n'ont point envisagée d'une manière générale. Morgagni parle bien d'un péritoine couvert de ces pustules, mais il ne les considère que comme symptôme d'autres maladies. Souvent on en renconlre dans les amphithéâtres ; elles se manifestent sur toutes les membranes séreuses, mais particulièrement sur le péritoine. Cette membrane alors est extrême-
ment rouge dans toute y on étendue; mais de ce fond s'élèvent de petits tubercules extrêmement variables dans leur volume et dans leur figure. On les trouve pleins d'une substance steatomateuse , et ils sont presque toujours accompagnés d'hydropisie. Quelques uns les ont pris pour une entérite chronique ; peut-être n'est-ce qu'une variété de l'inflammation. D'ailleurs, on n'a pas encore assez comparé sur cet article l'observation des symptômes avec l'autopsie cadavérique.
Un nègre affecté de dévoiement considérable le fit passer au moyen d'un lavement répercussif. Depuis ce temps , douleur vive , ténesme , liydropisie du péritoine, météorisme des intestins et douleur vive de l'abdomen. Les selles se rétablirent y et les selles étaient naturelles ; il n'y avait point d'infiltration des membres. On jugea qu'il existait une inflammation chronique. Les purgatifs et les diurétiques furent administrés pour rétablir le dévoiement; mais l'hydropisie ne diminua point, le malade s'affaiblit et mourut assez promptement. A l'ouverture du cadavre on trouva les organes abdominaux sains, mais le péritoine était couvert d'éruptions miliaires pleines de sérosité mêlée de flocons blanchâtres. On ignore la nature de ces éruptions et leur cause. Quelques uns ont dit que la gale, la petite-vérole, pouvaient se répercuter ainsi.
ARTICLE IV
DES TACHES ET Dl l'oSSIFICATION DES MEMBRANES SEREUSES.
Il existe quelques autres affections particulières aux membranes séreuses, mais elles sont bien peu communes. Le pe'ricarde est quelquefois couvert de taches blanchâtres sur sa partie cardiaque. On dirait qu'elles sont inhérentes à la membrane, mais on peut les enlever à volonté; du reste elles ne pre'sentent aucun symptôme malaà'f , et on les rencontre dans les sujets sains comme dans les cas pathologiques : cette affection est exclusive au pe'ricarde.
L'ossification dans les membranes se'reuses est un phénomène extrêmement rare ; d'ailleurs il n'est aucun signe palhoguomonique qui puisse l'indiquer dans l'état de vie. Quelquefois la surface de la rate devient entièrement cartilagineuse, mais alors le péritoine n'y est pour rien.
Les auteurs ont encore parlé de vers amassés dans l'intérieur des membranes; mais soit qu'ils en aient imposé , soit que l'ouverture des cadavres ait été faite lors de leur putréfaction, Tinspection cadavérique n'a jamais rien montré de semblable SLUS. modernes.
Il est encore d'autres aflfèctions des membranes séreuses , qui présentent des phénomènes parti-
culiers , telle est celle du péritoine , observée sur un homme dont la maladie primitive ne fut pas connue, et dont le ventre, très distendu, offrait du côte droit une tumeur considérable. On la prit pour un ste'atôme du foie , et Ton donna les apéritifs. Le malade mourut peu de jours après la ponction que Ton fut oblige de faire. A Touverture on trouva le péritoine couvert de tubercules remplis d'une substance gélatineuse ayant le caractère de l'albumine. On ne connaît point d'obser* vation semblable dans les auteurs.
ARTICLE V