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DES MALADIES DE LA TUNIQUE VAGINALE

Tous les auteurs, qui ont beaucoup parlé de son hydropisie, n'ont dit que peu de choses de son inflammation ; cependant elle est réelle , mais moins fréquente que daUvS les autres membranes séreuses : son adhérence en prouve l'existence. Dans le cas de l'opération de l'hydrocèle par injection, cette adhérence est absolument analogue à celle du péricarde sur le cœur. Quand cette inflammation devient chronique , alors l'hydrocèle est fréquente. Il peut se faire à sa surface des éruptions miliaires, comme Morgagni l'a vu.

L'hydrocèle proprement dite est toujours idiopathique,et l'épanchement se fait ordinairement au-devant du testicule, en sorte que cet organe se trouve derrière, et les vaisseaux spermatiques en dedans.

ARTICLE X

DES MALADIES DE l'aRACHNOÏDE.

L'arachnoïde est une membrane essentiellement séreuse, extrêmement fine. Quoiqu'elle semble en

apparence différer beaucoup des autres, elle en est rapprochée par tous les attributs qui la caractérisent.

De la phrénésie.

Uaffection la plus commune de la membrane arachnoïde est son. inflammation. Les auteurs en ont distingué deux espèces : Tune, qu'ils ont dit être superficielle et comme érysipélateuse; l'autre, plus intérieure 5 qu'ils ont nommée phlcgmoneuse. Cette division n'est pas admissible , car de toutes les parties que contient le crâne, l'arachnoïde seule peut s'enflammer ; jamais on n'a trouvé la substance du cerveau phlogosée, et la dure-mère, par sa structure fibreuse , n'est pas susceptible de le devenir. En effet, toutes les ouvertures de cadavres prouvent cette disposition , par la situation constante de la sérosité purulente à la surface du cerveau.

L'inflammation de l'arachnoïde peut être produite par deux causes : la première embrasse les lésion sexternes, la seconde comprend les affections spontanées.

Les causes externes qui agissent sur le crâne, quand elles déterminent l'inflammation de l'arachnoïde , produisent les mêmes phénomènes que ceux que l'on remarque dans la phlegmasie spontanée. Comme on le voit , cette division ne peut

être établie que sous le rapport de la cause. Quant à la phrénësie spontanée , tous les auteurs en ont parle, mais ils n'en ont pas connu le véritable siège. Dans cette maladie , comme dans toutes les autres de la même espèce , il y a d'abord douleur dans la partie ; les facultés intellectuelles sont troublées , phénomène général à toutes les affections cérébrales; ici il n'est que sympathique. Ce trouble varie singuhèrement. Dans tous les caSj les passions sont exaltées, la l'ureur s'ensuit, il y a agitation continuelle. Quelques auteurs ont distingué l'inflammation superficielle d'avec la profonde, par la tendance plus ou moins grande au sommeil ; mais fouverture cadavérique n'a point justifié cette opinion.

La terminaison de la phrénésie est ordinairement funeste ; la mort arrive au bout de trois ou quatre jours. On trouve un fluide séreuX;, blanchâtre, répandu dans la cavité de l'arachnoïde, à la surface du cerveau. Rarement les ventricules participent à l'inflammation, quoiqu'ils s'intéressent dans f hydropisie.

Quant a la résolution , elle est en général très rare ; et , en supposant qu'elle ait lieu , rarement il se foi me des adhérences. Il ne faut pas regarder comme telles des prolongemens qui forment des gaines à tous les vaisseaux qui traversent la duremère et le cerveau.

Quoique les auteurs aient parlé de la gangrène, cependant cette terminaison n'a jamais lieu.

On sait des cas où la phrënésie est dégénérée en inflammation chronique; tel est celui d'un enfant chez lequel l'hydrocéphale survint à la suite d'une inflammation aiguë de l'arachnoïde. On trouve dans Morgagni quelques observations analogues.

De l'hydrocéphale.

Une autre maladie essentielle de Tarachnoïde est l'hydrocéphale, ou amas d'eau dans sa cavité. Cet amas peut se taire dans deux endroits diflférens, dans les ventricules, ou à la surface du cerveau. La maladie semble provenir de deux causes , ou de l'affection de la surface interne de la membrane, ou dïin vice des exhalants de cette même surface, et alors on n'aperçoit aucune altération. Cette disposition lui est commune avec la tunique vaginale.

Quoi qu'il en soit du siège et de la cause, le volume de la tête est toujours considérable . et d'autant plus que l'enfant est dans l'âge le plus tendre. Le volume énorme du crâne est le premier signe de la maladie; ordinairement le dérangement des facultés intellectuelles s'y joint. Le*

altérations organiques soîit différentes suivant le siège de l'amas ; quand il est dans les ventricules latéraux , alors la substance cérébrale se trouve pressée de bas en haut, et dans ce cas presque toujours o]i trouve les circonvolutions effacées.

Quand Teau est épanchée a la surface, les choses sont en sens inverse, et le cerveau est pressé de haut en bas. Si alors les os se rompent dans le sein de la mère, tout le fluide s'écoule et le cerveau sort avec lui; c est ce qui constitue les acéphales.

Dans ces deux cas , la voûte du crâne prend une ampleur extraordinaire, tandis ([ue la base ne se dilate nullement ; les membranes qui unissent les grands os plats s'alongent et s'accroissent en proportion.

Le fluide est en général limpide, transparent; rarement il pénètre dans la colonne vertébrale ; l'origine des nerfs ferme la communication.

Des affections symptomatiques de l'arachnoïde.

Les affections symptomatiques de cette membrane la font différer de celles de son espèce. Elle ne devient le siège d'hydropisie qu a l'occasion de l'affection dW organe voisin, tel qu'un fongus de la dure-mère, une affection propre de la substance du cerveau , etc. Dans la plupart des fièvres ataxi-

"J^l CHAPITRE V.

ques 5 il y a aussi épanchement ; mais est-il alors Teffet ou la cause de la maladie ? Ce dernier cas semble probable. Dans celles où il s^opère transport au cferveau , rarement il y a épanchement , comme dans la fièvre puerpe'rale. Quant aux autres maladies qui déterminent l'hydropisie gëne'ralej elles ne semblent pas influencer Faraclmoïde.

Du spina bifida.

C'est une affection idiopathique de Tarachnoïde qui tapisse le canal vertébral. Elle est absolument analogue à Thydrocéphale ; mais elle a été peu observée, par la difficulté qu'on éprouve toujours à ouvrir le canal vertébral. Cependant on sait qu'elle consiste dans un amas d'eau qui se fait dans la poche arachnoïdienne ^ quelquefois c'est dans toute la longueur du canal, d'autres fois c'est à la hauteur du col , du dos , etc. Les apophyses épineuses sont divisées; et si i on fait la ponction j la maladie est mortelle.

Le système muqueux est compose d'une suite de membranes qui se développent successivement sur les divers organes creux de Féconomie. Il y en a deux principales; Tune qui, s'introduisant par la bouche , l'œil et le nez , tapisse les fosses nasales , le pharynx , les bronches et tout le conduit intestinal ; l'autre qui , entrant par le canal de l'urètre et le vagin , tapisse tous les organes urinaires et ge'nit^ux. Ces membranes diffèrent des séreuses par leur organisation générale. On y distingue deux surfaces : l'une, qui correspond à la cavité' de l'organe tapissé, est continuellement lubréfiée dans l'état naturel par du mucus; l'autre, externe, correspond ordinairement à une couche fibreuse : quelquefois cependant il y a un intermédiaire celluleux. Quant à leur texture , elle a une grande analogie avec celle de la peau. On trouve d'abord un chorion , très épais dans certains endroits, et mince dans d'autres; ce chorion est surmonté d'un corps papillaire , siège probable de

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la sensibilité muqueuse. L'epiderme est plus ou moins apparent, suivant les diverses parties. Sur la langue il se voit très bien, tandis qu'on ne le retrouve pas dans les intestins.

Les membranes muqueuses peuvent être regardées comme des téguments inteneurs, destines à protéger les organes contre le contact des corps ëlrangers. Quant à leurs propriétés vitales, elles varient suivant les diverses parties. Il y a toujours sensibilité organique et contractilité insensible.

A regard de leurs altérations, nous en parlerons d'abord en général, puis en particulier, comme nous l'avons fait pour les membranes séreuses.

Le système muqueux, comme le séreux, est le siège de deux espèces d'affections. Les premières «ont primitives ; les autres sont produites à l'occasion d'une autre affection.

ARTICLE I

DE l'inflammation DU SYSTEME MtJQtJEUX.

La maladie la plus fréquente du système muqueux est l'inflammation. En quelque endroit que les membranes qui le composent se rencontrent^ elles présentent des phénomènes semblables dans leurs phlogoses. Celles-ci sont connues sous le nom commim de catarrhes. Cependant on a trop

MALADIES DU SYSïÈlME MUQUUUX, y 7

généralise ce mot, en y ralliant toutes les se'cre'tions augmentées des membranes muqueuses , lesquelles ne sont pas quelquefois le résultai de l'inflammation.

Les caractères distinctifs des inflammations muqueuses sont d*abord dans la manière dont elles surviennent, en raison de leur étroite sympathie avec les divers états de la peau. Presque toujours elles sont produites par un changement subit de l'état de l'atmosphère ; de là viennent les rhunies, les coryzas, etc. Cette étroite sympathie est éj^alement marquée dans les autres affections muqueuses. Ainsi l'on sait que l'application d'un corps froid sur les tempes arrête une hémorrhagie nasale.

Un autre caractère des phlegmasies muqueuses c'est de régner fréquemment par épidémies. Une foule d'auteurs en ont parlé. Ceci a surtout lieu dans la dysenterie. Ce caractère fait essentiellement différer ces inflammations des phiegmasie» séreuses et de celles de tous les autres systèmes. En effet il n'a jamais été question d'épidémies de phlegmon , d'érysipèle , etc.

La douleur de ces inflammations est en général moins intense que celle de toutes les autres. Dans le coryza, il n'y a qu embarras. Un autre caractère, c'est que presque jamais elles ne sont accompagnées de ce gonflement du tissu cellulaire

voisin, que Ton observe clans d'autres phîcguiasies. Dans la dysenterie, le ventre n'est jamais tendu comme dans Fentérite. Quant à la rougeur, elle ne peut guère être déterminée, puisque, dans l'ëtat naturel , elle varie suivant l'état où l'on trouve les membranes muqueuses. Cependant il paraît que cette rougeur est toujours augmentée. On en peut juger par analogie dans les inflammations de la bouche. Rarement il y a fièvre concomitante; et, si elle existe, elle n'est jamais très intense. Du reste, les phlegmasies muqueuses peuvent se compliquer avec toutes les maladies dont nous avons parlé à Tarticle des complications des maladies des membranes séreuses.

Jamais ces phlegmasies ne se terminent sans une sécrétion plus ou moins abondante du suc muqueux ; jamais il n en résulte d'adhérences. Quelle que soit la cause de ce phénomène , il établit une grande différence entre la terminaison de ces inflammations et celle des membranes séreuses. La sécrétion abondante qui s'opère lors de la résolution peut être aussi déterminée par une irritation sans quil y ait eu phlogose , comme on le voit par l'introduction d'une sonde dans l'urètre.

Le mucus qui se sécrète si abondamment vers la fin des inflammations muqueuses varie suivant les diverses membranes et les divers états de ma-

MALADIE DU SYSTÈME MUQUEUX. nc)

ladie ; ainsi celui de la blennorrhagie iVesL point celui de la dysenterie, et les crachats produits au commencement d'un rhume ne sont point les mêmes que ceux qui sortent à la fin.

Les inflammations catarrhales se terminent assez rarement par la gangrène , si ce n'est quelquefois djans les angines.

L'inflammation chroniqtie est une terminaison beaucoup plus fréquente; mais il y a des degrés infinis du plus chronique au plus aigti.

On connaît peu les résultats de Fautopsie cadavérique dans cette maladie, car elle est rarement mortelle ; quand elle lest devenue par ses complications , on a toujours observé un ëpaississement plus ou moins grand , et de la rougeur. Quelquefois il se forme de fausses membranes , que leur aspect inorganique , mais dense , fait prendre pour une tunique réelle. On a des exemples d'empoisonnements dans lesquels de pareilles substances ont été rendîtes en quantité plus ou moins grandes.

ARTICLE II L

ê DES HÉMORRHAGIES DES MEMBRANES MtiQUEUSES.

Une autre affection essentielle des membranes muqueuses consiste dans les hémorrhagies, dont

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nous ne nous occuperons ici qu'autant qu'elles leur seront relatives. Tous les médecins jusqu'ici les avaient considérées d'une manière irop abstraite , sans observer que ce qui est vrai pour morrhaj^ie d'une partie, ne lest pas pour celle d'une antre. Toutes les idées des me'caniciens , qui ont expliqué les hémorrhagies par obstruction , ont été renversées par Stahl , qui cependant | a envisagé la matière d'une manière trop abstraite et trop métaphysique.

Nous classerons les hémorrhagies des membranes muqueuses suivant les parties où elles arrivent : dans tous les cas, elles se divisent en deux classes bien distinctes, celles par rupture, et celles par exhalation.

Celles de la première espèce diffèrent totalement des autres. Elles sont toujours relatives à la grandeur de la blessure , et indépendantes de toute action vitale. Les hémorrhagies par l'exhalation , au contraire, sont immédiatement soumises à son empire. 11 en est une autre espèce, presque intermédiaire aux deux premières; ce sont les hémorrhoïdes, dont on connaît encore peu la nature, et qu'on ne peut ranger ni dans l'une ni dans l'autre espèce.

Les hémorrhagies par exhalation peuvent survenir partout où des exhalans aboutissent ; aussi ont-elles manifestement leur siège sur les surfaces

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muqueuses. Les fosses nasales, les bronches, Tesiomac, les intestins , la vessie , etc., peuvent en éprouver. Elles surviennent aussi quelquefois sur les membranes séreuses ; car on trouve une sérosité' sanguinolente dans la cavité péritone'ale de certains cadavres. On en voit dans le tissu cellulaire ; telles sont celles qui causent les taches scorbutiques. Celles de la peau sont très rares, mais non sans exemple. Enfin souvent Ton a vu du sang fourni par les glandes.

Les hémorrhagies par exhalation , sur les membranes muqueuses , comme ailleurs, sont de deux sortes, passives ou actives. Elles sont actives quand elles s'accompagnent d'un certain développement des forces vitales; ainsi elles ont ce caractère dans les fosses nasales, quand on remarque un petit chatouillement, avec une légère douleur et rougeur. D'autres fois elles sont absolument passives , comme lorsqu'elles se montrent à la fin de quelque affection organique caractérisée par la faiblesse.

Quant à l'état cadavérique des parties où se fait l'hémorrhagie , il ne diffère pas de l'état naturel, comme on le voit dans la matrice, sur des femmes mortes à la suite de leurs règles.

Il y a aussi des hémorrhagies qui dépendent de la désorganisation des tissus , comme dans les cancers de Testomac et de la matrice ; on ne sait si celle-là ont lieu par exhalation ou par rupture.

Toules les hëmorrhagies par exhalation sont remarquables par rinfluence qu'exercent sur elles les organes voisins. Il en est d'elles comme de la sueur. On sait que Tapplicalion d'un corps froid sur le ventre supprime les règles ou les lochies ; toute passion un peu vive produit le même effet.

L'excitation de la membrane muqueuse de l'estomac par l'emëtique peut également troubler les règles.

ARTICLE m.

DES APHTHES.

Une autre affection particulière des membranes muqueuses consiste dans les aphthes. Ce sont des tubercules ulcères qui se montrent à leur surface. Il y en a deux espèces. La première, qui se remarque dans la bouche, principalement sur les côte's de la langue , se montre sous la forme de petits ulcères ronds et saillants, recouverts d'une pellicule assez e'paisse et difficile à de'tacher ; cette pellicule a beaucoup d'analogie avec celle qui se forme sur les amygdales, dans langine tonsillaire. Quelquefois la largeur de ces ulcères est d'un pouce ; ils peuvent être essentiels ou symptomatiques.

L'autre espèce d'aphthes a ëtë décrite par Wagler et Rœderer. Ce sont de petites tumeurs pour-

vues de conduits excréteurs , ce qui doit les faire regarder seulement comme de petites glandes tuméfiées. Ce qu'il y a de certain c est que nulle part on ne trouve leur analogue.

ARTICLE IV

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