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MALADIES DE LA MEMBRANE MUQUEUSE DU VAGIN

La gonorrhëe, chez les femmes, a son siège dans le vagin , et quelquefois aussi à rorifice de lurèthre : de là ces picotements qu'elles ressentent par le passage des urines. Le catarrhe j>eut tenir chez elles à toute autre chose que l'affection vénérienne ; il se nomme Silors Jleurs blanches ou leucoi'rhée. Souvent la maladie est extrêmement légère , et absolument analogue à un faible coryza. Souvent aussi elle est plus intense, mais rarement alors n'est-elle pas vénérienne. L'affection ne s'étend pas jusqu'à la matrice, et se trouve bornée à l'orifice du vagin. Cette gonorrhée des femmes est absolument la même que celle des hommes, à l'exception de sa terminaison, qui souvent est la leucorrhée. On doit cependanl rapporter les catarrhes chroniques du vagin à deux causes. Dans la première, les fleurs blanches tiennent à une affection locale , à un coït trop répété , à la suppression des règles , etc. ; d'autres fois elles ne sont que symptomatiques. On dirait alors qu'elles tiennent à la constittition générale du sujet, dont

rextérieur dénote la faiblesse : teint pale, cheveux blonds, indiffërence extrême pour les plaisirs de Tamour, etc.

Ces afFectionSjComme la gonorrhe'e, ne dépendent que de la sécrétion augmentée dans la membrane muqueuse ; elles sont toujours sans douleur. Les fluides qui en sont les produits varient en nature et en qualité; souvent ils sont si abondants, que les malades sont obligées de se garnir comme à Fé- P poque des règles. Avant Fâge de puberté, la leucorrhée est rare ; cependant on la rencontre quelquefois.

ARTICLE XVII

MALA.DIES DE LA MEMBiVANE MUQUEUSE DE LA MATRICE.

P Les hémorrhagies de la membrane muqueuse

de la matrice sont très fréquentes; lu plus commune est connue sous le nom de menstruation. C'est, comme on le sait, un écoulement naturel, qui commence chez les femmes à fâge de puberté, et finit vers celui de quarante ou cinquante ans. Le siège de cet écoulement n'est point dans le vagin, mais bien dans la matrice : Finspection cadavérique et l'expérience le prouvent. Si l'on prend la matrice d'une femme morte à l'époque des règles, qu'on la fasse macérer pendant vingtquatre heures ; en la comprimant ^ on fait sortir du

sang 5 sans désorganiser nullement la membrane muqueuse. Cette expérience n'a point le même résultat sur le vagin. Les règles ne coulent point par érosion, comme on l'avait prétendu, mais par pure exhalation, qui varie dans sa quantité comme dans sa durée. Il n'est pas rare^ chez les jeunes filles, de voir cet écoulement précédé d'un léger flux blanchâtre. Puisque les règles ont leur siège dans la matrice, il est évident qu'elles doivent indiquer par leurs altérations les diverses affections de cet organe : c'est en effet ce que démontre l'observation. En outre , toutes les passions de l'âme , toutes les modifications générales du corps , agissent sur elles d'une manière marquée. Le vagin n'est point sujet à ces influences , et. cette circonstance établit de nouveau le siège des règles dans la matrice. Au reste, les hémorrhagies utérines tiennent à une foule de causes que nous n'examinerons point ici.

Le cancer est une autre maladie de la matrice , qui en altère tous les tissus , et conduit tôt ou tard au tombeau. Cette affections est très commune, surtout dans les grandes villes. Elle peut affecter le corps ou le col de la matrice , rarement ou plutôt jamais le vagin. Ce n'est point une maladie de la jeunesse. Elle se montre ordinairement à la cessation des règles; cependant li est des cancers qui paraissent avant cette épo-

que. Les causes du cancer de la matrice sont très variées : abus des plaisirs vénériens, répercussion des règles, de la gale, des dartres, etc. Quelle qu'en soit la cause, il s'annonce par un dérangement des menstrues, qui augmentent, se suppriment, ou changent d'époque : il est cependant des cas où elles ne sont point altérées , ce qui arrive surtout quand la maladie siège au col. Douleurs plus ou moins vives dans la région delà matrice; simple pesanteur d'abord, puis un tiraillement dans la région lombaire et à la partie supérieure des L cuisses. Le ventre est insensible à la pression. L'état général du système est peu altéré; cependant il y a quelquefois perte d'appétit, vomissement. SiFon touche les femmes alors, quand la maladie est au col, on le trouve dur, squirrheux. Il faut bien prendre garde de confondre cet état avec la disposition que présente le museau de tanche chez les femmes qui ont eu plusieurs enfants. Les squirrhosités siègent-elles dans la membrane muqueuse ou ailleurs , il est difficile de le déterminer. Quand la maladie se déclare avant la cessation des règles, elle semble languir jusqu'à cette époque; alors elle fait des progrès rapides; les symptômes dont nous avons parlé se déclarent : douleur très vive dans la région de la matrice , qui , quelquefois, souffre de la pression. La douleur des cuisses se propage jusqu'aux genoux; jamais elle ne les dépasse. Perle

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plus OU moins considérable; d'abord il sort du sang , quelquefois ce sont de vraies fleurs blanches. Bientôt ces fluides s'altèrent, et prennent un caractère particulier; ils alternent, dans leur flux, avec le sang. Le toucher apprend alors que la maladie a considérablement augmente. Les malades périssent avant qu'elle ait parcouru ses périodes. On trouve diverses altérations dans le cadavre; si la maladie existe au col, il y a un très grand gonflement , et un bourrelet analogue à celui que l'on trouve au pylore en pareil cas. En général, les femmes ne meurent pas à ce premier période. C est le plus souvent le période moyen qui les tue.

A cette époque, la douleur est plus intense, avec chaleur très vive et légère phlogose du vagin; les urines sortent avec douleur; l'écoulement continue, soit en rouge, soit en d'autres fluides ichoreux, toujours très fétides. Rarement les glandes de l'aine s'engorgent; ce sont plutôt celles du mésentère, et surtout les hypogastriques. Les fonctions se ressentent bientôt de cette affection locale; la digestion languit; perte d'appétit, dévoiement, marasme, pouls petit, peau sèche, point de sueur, infiltration des pieds, et même quelquefois leucophlegmatie. La peau du visage prend un caractère particulier; la face est de couleur plombée. Les femmes ordinairement

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périssent à ce période. Il n'y a point encore de désorganisation ge'nërale.

Au dernier degré, les symptômes sont encore plus intenses : dévoiement , marasme , etc. A Fouverture du cadavre , désorganisation générale du corps de la matrice, à laquelle le vagin participe- Aussi, à sa partie supérieure, le tissu des organes se rompt-il facilement. La vessie et le rectum se trouvent collés aux parties malades. Il se fait souvent une crevasse dans ces organes. Toutes les glandes du mésentère sont engorgées. Souvent à ces cancers se joignent d'autres affections; Fengorgement des glandes est la plus fréquente ; on voit aussi quelquefois des timieurs lardacées dans le péritoine. Il est de ces altérations qui surviennent peu de temps avant la mort ; ainsi , souvent on trouve une inflammation chronique du péritoine, comme nous l'avons vu à l'article du cancer de l'estomac. C'est le propre de ces cancers de s'étendre de proche en proche, tandis qu'une foule d'autres affections conservent leur siège primitif.

Nous ne parlerons point ici àe^ polypes de la matrice, puisqu'il ne sont point propres à la membrane muqueuse qui tapisse cet organe.

IjGS Jbngus^ au contraire, y appartiennent spécialement. Ils ne doivent point être considérés comme des cancers. Ils se montrent tantôt au mu-

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seau de tanche, laiilôt au fond de la matrice. Les femmes e'prouvent toujours des pertes plus ou moins grandes; la tumeur grossit, et remplit bientôt la caviië de la matrice. Ces fongus sont analogues aux hypersarcoses des ulcères, mais ils sont bien plus mous, et saignent plus facilement. Les vaisseaux qui les pénètrent sont toujours capillaires. La douleur qui en résulte n'est point la même que dans le cancer. Souvent il se détache des lambeaux plus ou moins grands, qui tombent entre les grandes lèvres; le fongus se reproduit bientôt avec rapidité^ et la maladie finit par le marasme.

Il est d'autres affections de la matrice sur lesquelles on a beaucoup écrit ^ mais qui se présentent très rarement : telle est Ihydropisie. Elle peut exister de deux manières ; une poche peut se former entre la membrane muqueuse et les autres tuniques, et contenir une plus ou moins grande quantité de sérosité; d'autres fois ce sont des hydatides, petits kystes contenant un fluide albumineux, et qui sortent parfois spontanément. On croit qu'elles sont produites par .des vers; nous en parlerons plus particulièrement à l'article du foie.

Il en est de même de la tympanite de la matrice. Cet organe peut se trouver plus ou moins distendu par de l'air^ qui probablement s'est introduit

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par le vngiii, car il est difficile de croire quHl puisse s'y de'velopper.

ARTICLE XVIII

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