MALADIES DE LA MEMBRANE MUQUEUSE DU GLAND
Le catarrhe est rafFection la plus commune de cette membrane. Il peut être de deux espèces. Souvent' ce n'est qu'une excitation des glandes sousjacentes à la couronne du gland, produite, soit par le défaut de propreté, soit par une autre cause quelconque ; fréquemment ce catarrhe n'est accompagné d'aucune inflammation. D'autres fois il est le résultat d'une cause vénérienne, qui agit sur le gland , comme elle fait sur Furèthre. Il est alors plus intense que dans le premier cas, et parcourt ses périodes comme la gonorrhée, à laquelle il ressemble parfaitement.
he pfiimosis survient souvent aussi à l'occasion de l'engorgement de la membrane muqueuse du gland , laquelle peut tenir, comme on le sait, à une simple cause extérieure, ou à un vice vénérien. Cette maladie produit fimpossibilité de découvrir le gland, par le défaut de dilatation du prépuce. Quelquefois c'est un vice de conformation. Le plus souvent le phimosis dépend de l'inflammation de la membrane muqueuse du prépuce, qui perd par là son extensibilité. D'autres fois il est dû à des callosités vénériennes du tissu cellulaire , ou il est le résultat d'une leucophlegmatie générale.
Le paraphimosis offre une disposition absolument analogue à la précédente, mais en sens inverse. Il consiste dans la difRculte' et même Timpossibilité de recouvrir le gland avec le prépuce, qui se trouve rétréci derrière la couronne. Il peut quelquefois provenir de Fétroitesse naturelle du prépuce; souvent il est du au gonflement de celui-ci, ou du gland couvert de chancres. Il survient parfois une inflammation très v^ve de la partie, et la gangrène pourrait s'ensuivre, si l'on ne recourait à l'opération.
Les ulcères sont encore une maladie propre à cette membrane. Ils peuvent être non vénériens ou vénériens. Les premiers résultent souvent d'un frottement trop fort, d'une cause quelconque qui produit sur le gland une espèce d'excoriation absolument analogue à celle de la peau lorsque l'épiderme est enlevé. Quant aux ulcères vénériens ou chancres, ils peuvent se manifester sous deux aspects. Les uns coïncident avec une gonorrhée , et pompent le virus qu elle produit ; dans ce cas , jamais ils ne présentent de callosités. Les autres sont déterminés par une cause vénérienne préexistante ; ils offrent des callosités , des bords durs, et une suppuration de mauvaise nature, toujours abondante.
Maladies du système muqueux. i2v>
ARTICLE XV
MA.LADÏES DE LA MEMBRANE MUQUEUSE DE î/URETHRE.
Le catarrhe est la maladie principale de celle membrane. Tout écoulement muqueux par l'ull rèthre se nomme gonorrhée ou blennorrhagie. Quelquefois la gonorrhe'e est absolument inde'pendante du vice vénérien. Quant à celle qui re-* connaît ce dernier pour cause , les symptômes en sont si connus, que nous nous occuperons seule-
tment ici de l'inspection anatomique. Les anciens croyaient que la semence seule sortait dans 1 ecoulement gonorrhoïque , dont ils avaient placé le siège dans le testicule; d'autres lont supposé dans la prostate. On a observé depuis que, dans la gonorrhée, le canal seul était douloureux, et surtout dans sa portion antérieure. Morgagni , qui le premier s'est occupé de ces recherches, plaça le siège de la maladie dyis les petites lacunes qu'on rencontre dans le canal, et qui ne sont que les orifices des canaux excréteurs des glandes qui y versent leur fluide. Ce n'est point dans ces lacunes, mais bien dans les glandes mêmes que siège la gonorrhée. D'après des observations récentes, on a toujours vu le canal un peu phlogosé à sa partie antérieure. Si l'on examine les phénomènes de la gonorrhée , on les trouve en tout semblables à ceux des autres catarrhes. D'abord
douleur locale, excrétion peu abondante d'un fluide séreux , bientôt écoulement plus abondant et plus épais 5 ce qui pj^auve manifestement qu'il n'y a que la membrane muqueuse qui soit affectée. Souvent la maladie se guérit spontanément , d'autres fais elle entraîne des suites fâcheuses. L'humeur de la gonorrhée varie singulièrement, non seulement relativement à celle produite par le catarrhe des autres membranes, mais encore relativement aux diverses périodes de lafFection. Quelquefois la terminaison est une maladie réellement chronique, et l'écoulement se prolonge pendant quatre ou cinq mois ou plus ; rarement on en meurt, mais le rétrécissement de l'urèthre en résulte souvent. Autrefois on ignorait la véritable cause de ce dernier. Les anciens croyaient qu'il tenait à des chairs fongueuses développées dans l'urèthre, idée déduite de la croyance où ils étaient que la gonorrhée dépendait de la suppuration de petits ulcères survenus dans le canal. On a dit aussi qu'il provenait de cicatrices ou de brides; en effet on en trouve quelquefois, mais ce n'est pas le cas le plus ordinaire. Souvent ce sont de petites tumeurs qui se développent dans le tissu cellulaire, font saillie dans le canal, et en diminuent le diamètre; plus souvent encore l'urèthre se rétrécit de lui-même, par un phénomène analogue à celui du rétrécissement de l'œsophage et de Tes-
M.VLADIES DU SYSTÈ^IE MUQUEUX. l^f)
loiïiac. 11 survient des accidents à la suite de ces rétre'cissements : ainsi Ton voit naître des fistules urinaires, qui s'ouvrent en diverses parties. *
Les gonorrhées sont presque toujours des affections essentielles; rarement il s'établit des sympathies entre les autres organes et la membrane de l'urèthre , ce qui tient à ce que les parties génitales ne participent presque jamais aux affections de l'e'conomie.
Les hémorrhagies de Furèthre sont assez peu communes. Il y en a d'accidentelles, mais les essentielles sont très rares. Dans ce cas, comment les distinguer du pissement de sang? Il suffit pour cela de comprimer l'extrémité postérieure de l'urètlire, et si le sang coule malgré cette compression, il ne peut être produit que par le canal.
Les cancers de la verge commencent rarement par la membrane de l'urèthre. Quel que soit leur siège primitif, cette membrane se trouve peu à peu envahie. Les parties voisines s'entreprennent, et quelquefois le mal se prolonge jusqu'au pubis: alors l'opération devient inutile, et le malade meurt dans d'affreux tourments. La prostate, dans ce cas, s'engorge, et elle est au cancer de la verge ce que les glandes de l'aisselle sont pour celui du sein. Dans un état avancé de la maladie , les parties sont absolument changées de nature, et ramenées à la consistance que Ion observe dans
tous les cancers , disposition qui doit faire exception aux règles tracées dans les préliminaires de cet ouvrage.
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