MAL4D]ES DU TISSU CELLULAIRE
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l&ALADIES DU TISSU CELLULAIRE.
Le tissu cellulaire est, comme on le sait, interposé entre les organes, qu'il enveloppe et dont il pénètre la substance. C'est surtout dans Finterstice des parties que nous le considérerons sous le rapport des maladies qu'il peut éprouver. Ces maladies peuvent se ranger en trois classes : les unes , essentielles, y naissent spontanément, et y parcourent tous leurs périodes, comme le phlegmon ; d'autres ne dépendent que de la continuité de ce tissu avec des organes primitivement malades^ comme le cancer; d'autres, enfin, sont purement symptomatiques , comme la leucophlegmatie, qui tient à un vice organique. Cette distinction est réelle, et reconnaissable même au lit du malade.
Nous nous occuperons d'abord des maladies essentielles.
Le phlegmon , qui est le mode d'inflammation de ce tissu, se présente sous un aspect différent de Tinflammation de toutes les autres parties. Ses causes peuvent être externes ou internes. Quand
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il est très faible, les caractères de son invasion ne sont presque pas marqués. Lorsqu'il est plus intense, il y a frisson, chaleur, douleur de la partie; en deux ou trois jours elle prend un caractère particulier de pulsation; quelquefois on ne reconnaît pas cette dernière au toucher, et d'autres fois elle tient à l'action plus grande des artères sous-jacentes. En même temps il survient un gonflement d'autant plus marque' que l'on est plus près de l'état de la maladie. Cette tuméfaction doit être considérée sous deux rapports : à la partie moyenne, elle est plus rouge, et tient à l'inflammation proprement dite; à la circonférence, l'engorgement est bien moins inflammatoire; c'est plutôt un empâtement. La tumeur va toujours en augmentant, Observons qu'il n'est aucun tissu susceptible de gonflement , si ce n'est le tissu cellulaire. D'autres caractères distinguent son inflammation , tels que la pulsation et la chaleur, La rougeur ne disparaît point sous le doigt, comme dans Térysipèle. Quant aux symptômes généraux , ils sont communs à toutes les inflammations , et l'on n'y doit faire qu'une attention secondaire. Souvent il y a des symptômes gastriques et une fièvre plus ou moins forte. A l'égard des exhalations et des sécrétions, il varie singulièrement, de même que l'état des forces. La durée de ces phénomènes est extrêmement incertaine; elle tient, comme on
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le sait, à l'ëtat du malade, à son tempérament, et à Fintensité de la maladie; rarement cependant elle dépasse le septième on huitième jour. On a peu d'ouvertures cadavériques du phlegmon dans ce premier état, dans lequel on trouve une diminution considérable de la tumeur; le boursouflement disparaît d'abord, et le phlegmon proprement dit s'affaisse d'autant plus qu'il était plus aigu ; quelquefois il prend une couleur livide ; on y distingue peu de vaisseaux, et le sang est évidemment épanché dans le tissu cellulaire. Aii bout du sixième jour, ou plus tard, le phlegmon se termine ; quelquefois c'est par résolution , beaucoup plus souvent par suppuration, caractère qui le distingue des autres phlegmasies. La résolution s'opère parla disparition des symptômes, de la douleur, etc.; la peau devient jaune, surtout à la circonférence, et peu à peu reprend son type naturel, mais ordinairement l'épiderme s'exfolie. La suppuration s'annonce par des phénomènes particuliers; la douleur change de nature^ et de pongitive elle devient tensive ; la tumeur offre au centre une saillie plus rouge, la peau s'amincit, et l'on sent de la fluctuation. L'ouverture se fait ordinairement au dehors , si on laisse agir la nature, et le pus se porte à l'extérieur de préférence aux cavités. Quand on examine un dépôt, on voit ce pus p>araître sous deux états différents.
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La plupart des dépôts extérieurs ont leur pus en masse , et rassemblé dans un seul foyer , parsemé de quelques brides. Quant à ceux qui sont contenus dans Fintervalle des muscles profonds, le pus y est ordinairement infiltré dans les cellules du tissu voisin.
Comment s'opère la formation du pus ? Cette formation dans le tissu cellulaire est un caractère qui le distingue essentiellement de celui des membranes séreuses et muqueuses, lequel n'est dvi qu'à l'augmentation des fluides exhalés ; au contraire le pus proprement dit diffère beaucoup du fluide qui humecte les cellules du tissu cellulaire. Il se forme bien évidemment par exhalation, et non par rupture, comme on l'avait prétendu; c est ce qu'on prouve d'abord par l'analogie des diverses membranes. D'ailleurs , à la suite des grandes suppurations, on ne remarque pas d'érosion dans les dépôts qui les ont fournies. Mais comment se fait-il que les petits vaisseaux qui apportaient le sang propre à la nutrition de la partie charient du fluide purulent? On n'en. sait rien, si ce n'est qu'il s'opère manifestement en eux un changement de sensibilité.
Le pus est un fluide visqueux , blanchâtre , légèrement collant, inodore, quand il est de bonne nature ; il peut varier à l'infini.
L'inflammation chronique est un autre mode