DE LA VARIOLE
\udL petite-vérole est une maladie contagieuse, souvent épidémique. Ordinairement tous les hommes l'éprouvent; la plupart s'en trouvent exempts le reste de leur vie.
La petite-vérole se trouve divisée en deux grandes classes : la bénigne ou discrète et la con-
iluenle. Elles sont absolument de même natm^e , et ne varient que par leur intensité' et les diverses complications dont la confluente est susceptible et dont l'autre est toujours exempte.
L'invasion de la petitcrve'role se fait en deux ou trois jours ; vient ensuite l'éruption de boutons , puis la desquamation 5 et enfin la convalescence. Dans l'invasion il y a seulement une fièvre qui n'offre le caractère d'aucune intermittente; exacerbation ou non le soir; soif ardente, symptômes gastriques, ordinairement trouble ge'ne'ral dans les se'cre'"tions. Dans certains cas , symptômes ce'rëbraux, somnolence, épilepsie , débilité générale, anxiété. Ce n'est qu'à l'éruption qu'on peut juger quelle est réellement la maladie. Les boutons commencent à paraître au bout de trois ou quatre jours ; ordinairement ils se montrent d'abord au visage : cette éruption diminue le trouble général. ' Les pustules sont d'abord rougeâtres, pointues , ' séparées par de grands intervalles qui peu à peu rougissent, différence d'avec la rougeole, qui rougit subitement toutes les parties de la peau. Les pustules croissent pendant trois ou quatre jours ; alors elles sont plus ou moins grosses , arrondies ; il y a un gonflement plus ou moins grand du tissu cellulaire, surtout à la face. Les paupières par ce moyen se lerment ; le mouvement fébrile, qui avait cédé, se remontre alors; on voit des
boulons dans la bouche , dans le nez, mais point au-delà. Quant aux intestins, les auteurs ont prétendu à tort que les boutons s'y développaient. L'inspection cadave'rique n'a jamais confirmé cette opinion , sans doute émise par analogie.
Dans la petite-vérole bénigne les boutons sont ronds et pleins : c'est un mauvais signe quand ils sont plats et flasques. Les meilleurs contiennent un fluide blanchâtre , quelquefois transparent ; ils sont mauvais quand il est noirâtre ou sanguinolent : peu à peu les boutons se dessèchent dans l'ordre de leur apparition , les symptômes vont toujours en diminuant , les croûtes tombent , et le malade entre en convalescence. Il reste long-temps de la rougeur ; la cicatrice est plus ou moins marquée suivant la grosseur des boutons ; quelquefois il se fait des crevasses qui , faisant communiquer le pus de l'un à Tautre bouton , forment ce qu'on appelle des coutures. Le chorion dans la petite- vérole reste toujours intact. Une terminaison fatale de la petite-vérole est la répercussion à l'intérieur , qui produit différents maux , suivant l'organe sur lequel elle se fait. D'autres fois elle se complique à la fin d'ataxie ou d'adynamie : il n'est pas rare de voir des plithisies résulter de la petite-vérole répercutée.
MALADIES DU SYSTE^IE CUTANE, 227
ARTICLE V