‹ Anatomie pathologiqueChapitre 46 sur 65 · DE LA SCARLATINE · texte numérisé non relu

DE LA SCARLATINE

ha Jiè^re scarlatine a été cUlTéremmeiit considérée par les auteurs. Les uns Font regardée comme une fièvre essentielle , d'autres comme symptomatique de l'angine. Il est difficile d'accorder ces diverses opinions. Il est vrai que l'éruption scarlatine n'est que secondaire , et que quelquefois elle peut se compliquer de fièvre de tel ou tel caractère. Il est d'autres cas où ce n'est évidemment qu'une affection cutanée , accompagnée de fièvre concomitante ; la fièvre scarlatine doit alors être classée dans les éruptions de la peau. Ordinairement à l'éruption se joint un mal de gorge plus ou moins intense. Le rapport de l'angine est très remarquable dans toutes les éruptions de la rougeole comme dans la scarlatine.

Au reste, que la scarlatine se complique de fièvre ou d'angine , elle s'accompagne toujours de certains phénomènes : ordinairement il y a des symptômes gastriques , des vomissements ; l'état des sécrétions est variable ; rarement il y a des symptômes cérébraux. La maladie se déclare par des pétéchies analogues à celles de la rougeole. Dans la scarlatine, les taches sont rouges, plates, larges; elles teignent presque loulcs la peau d'une

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couleur rouge cramoisie; dans la rougeole, on voit entre les taches des interstices anguleux et une couleur vineuse qui ne s'observent point dans la scarlatine. Ces taches rouges disparaissent à la pression du doigt, comme dans l'érysipèle; mais dans la scarlatine point de tension , rougeur peu marquée. Il n'y a point de chaleur mordicante ; dans la terminaison jamais il ne survient de phlyctènes. D'après cela il est difficile de déterminera quoi rapporter la fièvre scarlatine, et de décider si c'est une maladie essentielle ou si elle n'est que symptomatique. L'inspection anatomique ne la montre nullement différente de la rougeole , et on ne la distingue de cette maladie que par ses phe'nomènes concomitants.

ARTICLE VI

DES DARTBES.

Les dartres sont encore une maladie propre à la peau. Ordinairement elles se bornent à ce système, excepté les rongeantes, qui quelquefois intéressent les parties subjacentes. On a distingué quatre espèces de dartres : la farineuse, la miliaire, la pustuleuse, et la rongeante. Ces quatre espèces ne diffèrent point dans leur nature. Les individus les plus exposés aux dartres sont ceux que l'on dit avoir le sang acre. Ils ont souvent des

MALiDIES DU SYSTÈME CUTANÉ. 229

Louions à la figure; chez eux les fondions sont toujours plus ou moins trouble'es.

Les dartres farineuses surviennent indifféremment à toutes les parties; mais c'est surtout à la face et plus particulièrement à l'origine des poils. En les examinant , tantôt on voit la partie préliminairement rouge, tantôt elle ne l'est point. Il se manifeste bientôt de petits boulons très cuisants, moins gros que ceux de la gale. Le fluide qu'ils contiennent se dessèche bientôt; l'e'piderme subjacent s'exfolie , et forme ce que l'on connaît sous le nom de croûte farineuse. Relativement aux autres inflammations , les dartres sont toujours chroniques» Souvent, dans cette espèce , il n'y a point de rougeurs concomitantes. Le sie'ge en est immédiatement au-dessous de l'épiderme. La moindre application de corps gras la fait disparaître.

Quant à la dartre pustuleuse, on ne la connaît point aussi bien. Plusieurs auteurs y ont rapporté l'herpès , dont nous avons parlé à Farticle de l'érysipèle. Il survient des pustules d'abord isolées, mais qui bientôt se rapprochent et forment des plaques , lesquelles se dessèchent et tombent par desquamation.

La dartre miliaire a beaucoup d'analogie avec cette espèce. Elle se fait remarquer souvent à la partie postérieure du cou.

25o CHAPITRE X.

La dernière espèce de dartres^ et qui diffère essenliellemeni des autres , est la rongeante. Elle a son siège dans tout le lissu de la peau ; elle commence d'abord par de petits ulcères isoles qui se réunissent et s'exaspèrent peu à peu. Il en de'coule un fluide sanietix. Après avoir ronge toute la peau , elle s'étend aux parties voisines ; les organes subjacenis en sont comme dissëque's. Toute Téconomie se ressent de cette de'sorganisation. Il survient des symptômes généraux. Dans les autres dartres , ils ne se manifestent que quand il y a répercussion.

ARTICLE VII

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