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MALADIES DU TISSU UTERIN

Le tissu de la matrice est le siège de nombreuses lésions; malgré qu'on en ait beaucoup parle, elles sont encore peu connues. Il en est de son inflammation comme de celle du cœur ; quoiqu'on ne puisse douter de son existence , on manque cependant de signes pour la reconnaître ; l'autopsie cadavérique ne laisse apercevoir que de faibles traces de rougeur. Bien que les auteurs aient parlé de la suppuration du tissu de la matrice, néanmoins on en observe rarement des indices. Dans la fièvre puerpérale on trouve ce tissu toujours sain. Quant à l'induration de la matrice , elle est assez rare et n'entraîne pas toujours un état maladif : on la trouve chez des sujets pleins de santé. C'est sans doute à tort que l'on avait placé dans cette disposition la cause du défaut de fécondité. Dans le cancer cette induration n'est que par contiguité.

Les polypes de la matrice sont de deux espèces : les uns sont produits par la membrane muqueuse et peuvent être considérés comme des fongus, qui souvent se détachent par lambeaux; les autres ont leur siège dans le tissu charnu luimême. Ils sont comme sarcomateux; rarement

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ils paraissent avant l'âge de puberté ; ils sont plus ou moins durs et nombreux, formes de couches concentriques ou inordonnées , tantôt présentant dans Fintérieur une disposition celluleuse. Leur volume varie et est subordonne' à leur nombre, lis se portent tantôt dti côté de la cavité de la matrice, tantôt au dehors. Dans le premier cas la membrane muqueuse les recouvre sans être affectée ; d'autres fois le polype occupe simplement l'épaisseur des parois de la matrice où il s'est formé. D'après cette disposition, on voit combien la ligature doit souvent être infructueuse pour en obtenir la guérison.' Les signes des polypes de la matrice sont communs ou particuliers: d'abord douleur sourde dans la région de la matrice , qui se propage vers les lombes ; quelquefois la menstruation se dérange, desflueurs blanches surviennent. Cette affection de la membrane muqueuse à l'égard du polype de la matrice se fait par la même loi que s'opère le crachement de sang dans Taffection du poumon. H y a vomissement sympathique de temps à autre ; le pouls reste dans l'état ordinaire; rarement il y a un mouvement fébrile; point de sueurs ni de défaillances , et en général aucun symptôme des autres affections organiques. Quant aux signes propres , lorsque le polype se porte vers le dedans, alors ou il reste dans la matrice, ou il vient dans le vagin , ou enfin il sort

au dehors. Dans le premier cas, il est difficile de le reconnaître ; quand il est dans le vagin , le loucher ne le laisse pas ignorer. Il se tait quelquefois des hémorrhagies. La tumeur est arrondie ou bosselle dans ses diverses parties. On pourrait la confondre avec la chute ou le renversement de cet organe. Dans la chute du vagin ladiffërence au toucher est bien sensible : le museau de tanche garde toujours sa disposition ordinaire. Le renversement n'arrive ordinairement qu à Te'poque de Faccouchement ; d'ailleurs il est souvent luimême une suite du développement du polype. Quelquefois ces polypes tombent spontanément , coupés par le museau de tanche, ou bien l'on en fait la ligature. Quand ils sortent au dehors , la membrane muqueuse qui les recouvre prend un aspect cutané. Quand la ttimeur se porte du côté du ventre , alors on ne peut guère la reconnaître : on ne sait si c'est une hydropisie de l'ovaire, ou une collection d'hydatides. Quant aux signes tirés de la lésion des fonctions , on ne peut rien en conclure non plus. Ordinairement vers la fin il survient une leucophlegmatie générale.

\J dlongement du col de la matrice est encore une maladie de son tissu cliarnti; il petit être spontané y et tenir quelquefois au déplacement de ce viscère. La matrice peut aussi éprouver ujie rétroversion , accident qui survient dans les

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premiers mois de la grossesse , et d'où re'sullenl la rëtemion d'urine , la conslipalion.

Le renversement de matrice n'arrive que pendant l'accouchement , souvent par la maladresse de la sage-femme qui se presse trop de de'tacher le placenta. Les affections symptomatiques du tissu charnu de la matrice sont très rares , hors le temps de la grossesse : ses rapports avec les autres organes sont presque nuls. Souvent , lors de la gestation, des causes inconnues et purement sympathiques peuvent provoquer l'avortement.

MALADIES DES MUSCLES DE LA VIE ANLMALE. 25 l

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Le système des m-uscles de la vie animale est plus souvent altéré dans sa structure intime que celui de la vie organique. D'abord il est plusieurs maladies dans lesquelles il est purement passif: telles sont les convulsions et la paralysie , dont la cause est dans les nerfs. Nous ne nous occuperons ici que des affections propres au système musculaire.

Le rhumatisme y quant à sa nature intime et aux changements qui s'opèrent dans les muscles qu'il attaque, est encore bien peu connu. Il n'en est pas de cette inflammation comme de celles de la peau et du tissu cellulaire, où l'on peut facilement observer les phénomènes qui s'y passent. On ne sait quel en est le siège spécial ; on a peine à croire que les muscles et les tendons , vu leur structure si différente, se partagent le siège du rhumatisme. Il semble se porter alternativement sur l'un et sur l'autre : la question est de savoir si la maladie est vraiment dans la fibre musculaire ou dans la fibre tendineuse : c'est un objet important de recher-

ches. Le rhumatisme se remarque évidemment dans les parties où il y a beaucoup de fibres charnues, comme dans le grand pectoral et aux lombes , etc. Dans ces diverses parties il existe quelques fibres tendineuses. L'ouverture cadavérique n'apprend rien à ce sujet ; ainsi il faut suspendre son jugement.

Il est incontestable que le rhumatisme siège quelquefois dans le tissu fibreux , comme quand il se porte sur les articulations , où certainement il n'y a point de muscles ^ comme au poignet , aux pieds, etc. L'ouverture cadavérique ne montre alors aucun changement dans la partie fibreuse : on trouve ordinairement les gaines et les capsules plus infiltrées de synovie. Il paraît que cette exhalation plus abondante des membranes synoviales est purement symptomatique, et que l'affection principale est dans les tendons. Il est donc certain que , dans plusieurs cas, le siège dti rhumatisme est exclusivement dans le système fibreux ; peut-être siège-l-il dans les deux systèmes à la fois , comme on voit le vice vénérien affecter les os et les membranes muqueuses. Quel que soit le siège du rhumatisme , voici &es phénomènes. En général il est produit par le passage d'un air chaud à un air froid et humide. La suppression de diverses évacuations peut aussi le causer. Il n'est ici question que du rhumatisme aigu. Il

siège plus partîculièrement dans les muscles des lombes , et il se nomme alors lumbago ; dans la partie supérieure du dos , quelquefois au bas du cou , d'autres fois à la poitrine. Il ne faut pas confondre , comme StoU 5 la douleur de la pleurésie avec le rhumatisme; elle est alors toujours fixe , au lieu que dans le rhumatisme elle se déplace avec la plus grande facilite'. Si le ve'sicatoire Tenlève dans ce cas , on n'en peut conclure que l'irritation sie'ge dans les muscles.

Les muscles libdominaux sont rarement a ffecte's de rhumatisme. Les parties les plus expose'es sont sans contredit les articulations et particulièrement les plus considérables. La douleur est extrêmement mobile, et surtout la nuit, où elle passe en un instant d'une partie à une autre. Quelquefois deux ou trois endroits sont affectes à la fois. Rarement le diaphragme en est atteint ; quand cela arrive il survient du hoquet.

La maladie débute par des lassitudes spontanées, des douleurs vagues, de l'abattement , un frisson , un état douteux de santé ; bientôt la douleur est plus forte et plus fixe ; on éprouve un sentiment de déchirement dans les articulations affectées , la partie est très sensible au toucher, et quelquefois le poids des couvertures est insupportable ; la contraction musculaire est très difficile; de là, aphonie presque complète, qtiand la

ab'l CHAPITRE XII.

maladie est dans le larynx; les parties adjacentes sont plus ou moins tendues , la rougeur est plus ou moins vive. Ces douleurs sont souvent très fixes , quand elles occupent les muscles.

Les symptômes généraux sont souvent ceux d'un embarras gastrique. H y a toujours fièvre concomitante dont l'exacerbalion a lieu le soir. La sueur mérite une attention particulière ; ordinairement elle paraît dans cette maladie , mais elle n'est point symptomatique. Rarement il y a complication d'adynamie ou d'ataxie.

La terminaison du rhumatismç, sous le rapport de la durée , est extrêmement variée ; elle est ordinairement subordonnée à son intensité. Souvent cette affection aiguë se prolonge pendant vingt ou trente jours; quelle que soit sa durée, elle peut se terminer par résolution. La partie présente alors la rémission de tous les symptômes , sans qu'ils se reproduisent ailleurs j quoique la résolution soit parfaite.

Cependant la maladie peut se remontrer au bout d'un an ou plas , soit sous forme chronique, soit sous forme aiguë; la suppuration peut aussi survenir ; mais les observations qui Tattestent sont si mal faites, qu'on ne sait trop comnient elle arrive. Rarement il y a assez d'intensité pour déterminer la mort ; et quand elle survient , elle n'est due, la plupart du temps, qu'à

une affection qui complique le rhumatisme, telle que Fadynamie ou l'ataxie.

Une terminaison bien plus commune est le passage au type chronique , comme on le voit dans toutes les autres phlegmasies. Assez souvent le rhumatisme chronique survient sans affection aiguë préliminaire : on le connaît sous le nom vulgaire àe fraîcheurs. Il diffère sensiblement de l'aigu , d'abord relativement au siège. L'aigti attaque surtout les articulations; le chronique siège surtout dans les muscles ; la douleur est peu sensible à la pression ; dans d'autres cas 1 a sensibilité est extrême. Point de tension dans le chronique , dans Tautre elle est considérable. Dans le premier, point de fièvre concomitante; dans le second, il y en a toujours. L'embarras gastrique, les sueurs , accompagnement fréquent des maladies aiguës , se montrent rarement dans le chronique. L'aigu suit le type continu, le chronique le type intermittent; il disparaît et revient aux changements de temps : on doit , d'après cela , distinguer facilement ces deux espèces.

Quehjuefois la douleur se fixe de préférence dans une partie, d'autres fois elle est mobile ; dans les deux cas l'inspection cadavérique n'apprend rien sur la lésion organique. Les intervalles des accès sont plus ou moins grands, tantôt un mois, quinze jours ^ cela varie. Si celte affection se pro-

longe plusieurs anne'es , il est à craindre que le malade ne le garde loule sa vie. Soit que les époques se rapprochent ou s'e'loignent , on peut parvenir à de'tourner la douleur locale au moyen d'un vésicatoire ou rubéfiant quelconque. Quand la douleur a dure long-temps dans une partie , elle entraîne un degré sensible de faiblesse.

Le rhumatisme chronique peut se compliquer de quelque autre affection , et entre autres de la goutte y avec laquelle il a beaucoup d affinité ; cependant il est des différences tranchantes qui les isolent. Relativement aux causes, la goutte est le produit de la bonne chère , tandis que le rhumatisme vient des vicissitudes de l'atmosphère. L une est héréditaire , et l'autre ne l'est point ; celle-ci affecte surtout les petites articulations , celui-là siège dans le tissu fibreux ou dans les muscles. Quand le rhumatisme a duré long-temps, il dure toujours. La goutte éprouve dé grands intervalles; quand les attaques se dissipent, les urines déposent des concrétions.

Le rhumatisme peut encore coïncider avec le scorbut ou la vérole ; mais cette complication est. facile à reconnaître.

Un changement dangereux, qui s'opère quelquefois dans le rhumatisme, c'est son transport sur des parties qu'il n'attaque pas ordinairement. Les métastases, quoique plus rares que dans la

MALADIES DES MUSCLES BE LA VIE ANIMALE. sS^

goutte, s'observent quelquefois ; alors !a douleur de l'articulation cesse , et la lésion de l'organe où s'est fait la métastase se manifeste. Dans ce cas l'action d'un rubeTiant est très efficace , parcequ'elle détourne l'irritation et l'appelle au dehors.

Les muscles de la vie animale présentent encore certains phénomènes; tels sont les accroissements irréguliers de nutrition , causés par un fréquent exercice des parties. D autres fois il y a atrophie, qui tient ou à la ligature d'une artère , ou à la section d'un nerf , ou à une paralysie ; alors elle n'est sensible qu'au bout de trois ou quatre ans; D'autres fois enfin , c'est à la suite d'affections rhumatismales chroniques ; le membre est tantôt d'une pâleur remarquable, tantôt jaune. Les vaisseaux sont évidemment plus rétrécis , et ce rapport des vaisseaux est constant dans la diminution et dans l'accroissement des parties : il n^en est pas de même des nerfs.

Les lassitudes sont des douleurs produites par la trop longue contraction des muscles. Elles sont quelquefois symptomatiques. Les affections symptomatiques sont encore bien moins connues dans les muscles que les essentielles : il est rare qu'une maladie aiguë n^en soit pas compliquée. Ces affections se réduisent à des lassitudes préliminaires : on ne les observe jamais à la fin des maladies. Ces tiraillements s'observent aussi dans les fièvres nm-

queuses , inflammatoires et lentes : ces phénomènes doivent être comptés pour rien dans le traitement. Le plus haut degré de la lassitude des muscles c'est la fièvre adynamique , dans laquelle ils sont tous frappes d'une débilité telle qu'ils ne peuvent plus soutenir le corps ; de là , abattement, coucher en supination , etc.

MALADIES DU SYSTÈME ARTÉRIEL. 25q

Les maladies de ce système sont bien differen-' i€s de celles du système veineux , à raison de leur dittërence de structure. En effet , rien de plus diffe'rent que l'ane'vrysme et la varice.

Les maladies des artères sont bien moins connues qu'il ne le paraît à la lecture des auteurs. Leur in- Jlammation , qui devrait exister dans toutes les fièvres essentielles , ne laisse aucune trace de son existence sur le cadavre , tant à l'exteneur qu'à l'inte'rieur des artères. Quelquefois on trouve bien à la surface interne un peu plus de rotigeur, mais cela tient à un reste de sang combiné avec l'oxygène. Nous n'avons donc aucune donnée sur l'inflammation de ce système. Il en est de même de la suppuration , de la gangrène ; il y paraît moins disposé que les autres parties, puisque souvent il reste seul organisé au milieu d'un membre putréfié. On ne sait rien sur son inflammation chronique ni sur son induration. L'anatomie pathologique est plus éclairée sur les maladies des membranes qui tapissent les artères ; la

a6o CIÎAPÏTRE XllI.

membrane interne est le siège essentiel de l'ossification. Il n'en est pas de même de celle des veines; cette membrane en offre partout, soit dans le cœur , soit dans les artères. Cette disposition est si commune vers la. fin de la vie , qu'elle semble plutôt un phénomène naturel qu'une maladie. Aussi rien de plus commun chez les vieillards que l'irrégularité du pouls ; chez les adultes 5 la circulation étant plus prompte , ne peut s'accommoder sans inconvénient à cet obstacle.

Le système à sang rouge commence aux veines pulmonaires. On ne connaît point d'observations qui attestent l'ossification dans ces canaux. Le cœur j à son oreillette et son ventricule gaudies, peut offrir des ossifications dans les valvules. On en observe souvent dans la valvule mitrale ; elle éprouve alors un rétrécissement réel. Quelquefois cette ossification commence pur son rebord libre, d'autres fois c'est à son insertion: dans ce dernier cas le rétrécissement n'est pas aussi grand. Quelquefois sans ossification cette valvule se racornit de manière à laisser passer peu de sang ; il en résulte nécessairement une irrégularité dans le pouls. Les valvules aortiques sont encore beaucoup plus fréquemment ossifiées; elles le sont souvent toutes les trois, soit à leur base, soit à leur sommet. Ces ossifications s'annoncent par des symptômes d'anévrysme, lequel quel-

quefois en effet vient compliquer cette affection ; il y a de la toux, de la difficulté de respirer, surtout le soir, une grande irre'gularité dans le pouls, etc.; cependant cette inégalité n'est pas nécessairement inhérente à cette disposition. La membrane interne des artères s'ossifie bien fréquemment; aussi cette ossification a chez elles deux degrés : dans le premier l'on sent de l'inégalité, de la rugosité; bientôt divers points d'ossification se développent dans les parties; ils gagnent peu à peu en forme de plaques, et se réunissent les uns aux autres au moyen d'une membrane qui les recouvre. Ces plaques, quoique très larges , sont très minces , et laissent une mobilité assez grande à l'artère : quelquefois elles se prolongent jusqu'à la bifurcation des iliaques. Quant à l'ossification des artères elle arrive rarement chez l'adulte; c'est surtout chez les vieillards où tout tend à se racornir : du reste cette disposition n'entraîne aucun inconvénient chez eux.

Quelquefois les valvules mitrales deviennent le siège de petites tumeurs semblables à des chouxfleurs, comme on en trouve une observation dans le Journal de médecine.

Nous ne parlerons ici que des anévrysmes spontanés et connus sous le nom vulgaire d'anés^rysmes vrais. Dans cette maladie, tantôt il y a dilatation de toutes les tuniques artérielles^ tan-

tôt les deux internes se rompent et l'externe seule se dilate.

Quand on examine un ane'vrysme commençant , ou voit l'artère dilatée dans toutes ses membranes , malgré que quelques auteurs aient prétendu que cela ne pouvait exister. Il est vrai que cette dilatation totale ne peut aller au-delà d'un certain point ; les plus gros anëvrysmes , que l'on observe avec cette disposition , sont ceux de l'aorte. Desault a vu à THôtel-Dieu un homme qui portait cinq à six anëvrysmes, dans lesquels toutes les membranes e'taient dilate'es ; dans ce cas la partie ne laisse pas que de s'amincir. Quant au sang que contient la tumeur , il est ordinairement liquide, puisqu'elle disparaît à la moindre pression ; cependant on ne peut l'affirmer y parcequ'on a rarement l'occasion de voir de semblables anëvrysmes.

Le plus ordinairement , quand la tumeur est arrivée à ce volume qui ne permet plus de dilatation aux deux tuniques internes , alors elles se rompent , et le tissu externe forme seul désormais la tumeur. Sans celte dernière enveloppe , le sang se répandrait subitement à l'intérieur, et causerait la mort. L'examen de pareilles tumeurs offre la rupture des deux membranes internes. La surface intérieure de l'externe est rugueuse , les parties adjacentes sont plus ou moins influencées , les.

muscles se distendent et s'applatissent : il en est de même des nerfs. Le tissu cellulaire ajoute de nouvelles couches au kyste qu'il recouvre, de sorte que celui-ci devient plus épais à mesure qu'il vieillit. Quelquefois il survient un œdème de la partie ; il peut devenir général , comme dans toutes les autres maladies organiques. Quant au sang contenu , il présente toujours des caillots plus ou moins gros et durs , suivant qu'ils sont plus anciens ou plus superficiels. Quant aux anévrysmes que l'on suppose formés par la membrane interne à travers les deux autres, ils sont chimériques.

Les phénomènes généraux varient singulièrement , suivant le siège de la maladie. Il y a toujours une tumeur, et des battements plus ou moins marqués. La tumeuç disparaît ou s'accroît, suivant que l'on presse au-dessus ou au-dessous. Tantôt la douleur est vive, tantôt elle est nulle : elle peut éprouver des intermittences. L'état du pouls est un peu influencé.

La terminaison de l'anévrysme entraîne ordinairement la mort , comme toutes les autres maladies organiques , quand la situation ne permet pas l'opération. A la crosse de l'aorte, cette maladie se rencontre très fréquemment chez les vieillards qui n'en avaient présenté aucun symptôme pendant la vie : on la trouve aussi chez quel-

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ques adultes. Il est impossible de s'apercevoir do commencement de la maladie ; ordinairement c'est du côte du sternum que l'anevrysme se manifeste. Il le ronge, et peu à peu vient paraître au dehors ; alors il est impossible de se tromper , et la tumeur devient énorme. Sa terminaison se fait comme dans les autres parties. Rarement on observe des anëvrysmes dans le reste du trajet de l'aorte pectorale : ils sont moins rares dans sa partie abdominale. Quelques auteurs ont pre'tendu qu'il pouvait en exister dans le tronc cœliaque ; mais il paraît bien plutôt qu'ils siëgent dans la portion correspondante de l'aorte ventrale. Les symptômes sont en général assez obscurs ; on ne peut statuer que sur les battements et les autres signes ge'néraux : du reste la terminaison est la même que partout ailleurs. Rarement il en survient dans les iliaques et les bypogastriques : il serait , dans tous les cas , impossible de reconnaître leur existence.

Quant aux anëvrysmes des membres , ils présentent absolument la même disposition. Ils sont assez rares dans les extrémités supérieures, si ce n'est à la radiale où on les observe quelquefois. Aux extrémités inférieures ils sont beaucoup plus communs , et surtout à lartère poplitée. Quant aux artères de la jambe, on n'en connaît pas, du moins de primitifs. Ija disposition anato-

mique de la tumeur est toujours à peu près la même ; même terminaison, à cela près que l'opération est possible, et que la guérison spontane'e arrive quelquefois par le moyen des collatérales, qui , prenant plus de diamètre , opèrent une dérivation du sang, ce qui permet à la tumeur de se résoudre.

Les affections symptomatiques des artères sont inconnues, et nous ignorons le rôle qu'elles peuvent jouer dans les maladies fébriles.

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Le système veineux se divise en deux ordres , le ge'neral et Fabdominal : leurs maladies n'ont rien de commun. Les vaisseaux qui composent le système veineux géne'ral se rendent au cœur par deux troncs principaux; leurs rameaux, qui se divisent dans toute l'économie, suivent assez constamment la distribution des artères. Le tissu lâche dont ces veines sont forme'es les rend très flexueuses. Leurs affections sont toutes différentes de celles des artères : leurs maladies essentielles sont peu connues.

On n'a aucun signe certain de X inflammation des veines ; cependant on sait que dans les varices elles peuvent quelquefois s'enflammer. Quand elles sont coupées elles se réunissent avec une grande facilité , ce qui suppose un état inflammatoire ; l'hémorrhagie des artères au contraire ne s'arrête que par l'oblitération. Quant aux phénomènes que parcourt leur inflammation jusqu'à sa terminaison , nous ne savons rien de tout cela ; il en est de même de leur influence dans les divers

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troubles de la circulation : ce qui est certain , c'est que dans les accès de fièvre où le mouvement est si augmente' dans les arlères , on n'aperçoit aucun changement remarquable dans les veines.

La membrane inierne de ces vaisseaux n offre jamais d'ossification, soit dans les veines ellesmêmes, soit dans la partie correspondante du cœur. Les veines sont très susceptibles de dilatation en raison de leur structure; le moindre effort les distend, comme on le voit dans les injections. Il faut distinguer , à cet e'gard , deux espèces de dilatations, les locales et celles de totalité. On voit ces dernières dans les parties extrêmement tendues, où le sang circule avec peine et séjourne. C'est ce qui s'observe dans les parties abdominales lors des ascites, dans les tumeurs cancéreuses du sein, etc., et que l'on connaissait autrefois sous le nom de veines variqueuses.

Dans la varice ^ il y a dilatation locale de la veine, soit dans toute sa circonférence, soit dans toutes ses portions. Les varices n'existent pas également dans toutes les parties du corps, elles sont extrêmement rares à la tête, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur , quelquefois au cou. On peut rencontrer une légère dilatation veineuse vers le pharynx ; à la poitrine on n'en voit presque jamais. Il en est de même dans les extrémités supérieures, excepté lors de la compression vers laisselle; alors

le sang , étant gêné dans son retour , distend les vaisseaux qui le contiennent. La veine cave inférieure n'en offre presque jamais ; mais on en voit souvent dans la veine spermatique qui est une de ses branches , tant à cause de sa longueur qu'à raison du peu de parties solides dont elle est entoure'e. Ces varices , dans la spermatique , peuvent être en dedans ou en dehors de l'abdomen. Les veines hypogastriques sont aussi très exposées à cet accident, parceque le sang y circule contre son propre poids. Il faut bien distinguer les varices d'avec les veines hémorrhoïdales.

Les membres inférieurs sont manifestement les parties les plus exposées aux varices. Ce sont surtout les veines superficielles qui les offrent, tant parceque la circulation s'y fait contre son propre poids , que parcequ'elle manque de moyens auxiliaires. La vieillesse et une disposition particulière les produisent encore. Souvent ces tumeurs compliquent les ulcères des jambes : les femmes enceintes sont sujettes aux ulcères de ces parties ; il en est quelques unes qui les éprouvent à chaque e'poque de la grossesse.

Les varices sont extrêmement faciles à reconnaître; ce sont des tumeurs bleuâtres, molles, augmentant ou diminuant suivant que Ton comprime en haut ou en bas. Quelquefois on en trouve des

chapelets sur tous les trajets des veines ; quelquefois , comme nous l'avons dit , les varices s'accompagnent d'inflammation; alors elles peuvent s'ouvrir et causer une hëmorrhagie. Il faut toujours pour cela qu'il y ait changement de nature dans le tissu des veines. Ces ruptures sont assez fre'quen- ... tes. L'inspection anatomique ne montre rien alors de particulier dans la structure des vaisseaux. Quant au sang que contiennent les varices , il est presque constamment liquide , et diffère en cela de celui de l'anevrysme.

Le système à sang noir abdominal est indépendant de l'autre dans ses affections corime dans ses fonctions. Stahl et ses disciples avaient extrêmement e'tendu le domaine de ses affections ; ils les considéraient comme la source d'une foule de maux. Nous avons peu de données sur ces affections ; la plupart des opinions de Stahl à cet e'gard sont hypothe'tiques. On ignore le mode d'inflammation et de suppuration de la veine porte, ainsi que la manière dont elle se cicatrise , puisqu'elle n'est jamais exposée aux lésions. Les varices sont assez communes dans les branches qu'elle fournit : c'est moins dans sa cavité abdominale qu'aux environs du rectum qu'on les observe. Ces tumeurs sont connues sous le nom à^hémorrhoïdes.

Ijes hémorrhoïdes affectent surtout le voisinage du rectum; les enfants et les vieillards y sont moins

exposes que les adultes depuis vingt-cinq ans jusqu'à quarante. Elles reconnaissent une foule de causes : ainsi l'habitude du cheval, la situation sédentaire des gens de cabinet , la chute du rectum dans laquelle les veines voisines sont comprimées , les grands efforts dans la constipation, les purgatifs très violents , les diverses pressions cause'es par la matrice polypeuse ou dans Fe'tat de grossesse, la vessie trop distendue, une disposition héréditaire , la constitution individuelle, etc. , sont autant de causes qui peuvent produire les hémorrhoïdes. Il est un autre ordre de causes , mais qui sont bien moins certaines , ce sont celles qui viennent de l'embarras du foie. Des auteurs ont prétendu que souvent les hémorrhoïdes résultaient de cette disposition, et que réciproquement les sangsues vers l'anus dégorgeaient le foie ; s'il en était ainsi, cette cause devrait agir sur tout le système de la veine porte en général , et l'on devrait trouver des varices dans l'abdomen ; or c'est ce qui n'arrive jamais. D'ailleurs , en pareil cas , le sang se trouvant refoulé dans toutes les veines , l'ouverture des cadavres devrait les offrir gorgées comme le sont les veines caves dans l'embarras du poumon : on ne trouve rien de cette disposition. Il est assez probable, d'après cela , que les divers états du foie ne peuvent influer sur ceux de la veine porte.

MALADIES DU SYSTÈME VEINEUX. a'Jl

Les hëmorrhoïdes ont leur sidge en dedans ou au dehors du rectum. Rarement en dedans elles se trouvent à un pouce de Fouverture de l'anus. Elles sont toujours de même nature, quel que soit leur sie'ge. Ces tumeurs pre'senlent deux états bien diflferents : dans l'ëtat sain elles ne semblent être que des veines variqueuses ; mais plus souvent elles sont accompagnées d'un engorgement plus ou moins grand des parties adjacentes. Le sang, après avoir rompu la varice, semble s'être formé un kyste. Les phénomènes des hémorrhoïdes sont propres ou sympiomatiques. Quand elles sont intenses elles n'en produisent que peu : tantôt la tumeur est livide, bleuâtre, aux environs du rectum ; tantôt elle paraît seulement rouge , et située beaucoup plus profondément. Cette différence ne change en rien leur nature ; leur nombre et leur position sont variables ; tantôt elles sont au nombre de vingt ou trente agglomérées ver le rectum, d'autres fois elles sont plus disséminées; il y a toujours tension plus ou moins grande. Elle n'est pas dans tous les temps la même, et revient par intervalles. La douleur est en raison de la tension ; elle est quelquefois si vive que le malade ne peut la supporter : il y a en même temps un sentiment de chaleur plus ou moins grand. La difficulté de rendre les excréments est extrême , quand les hémorrhoïdes sont

au dedans ; elle est moindre quand elles sont au dehors. Les excréments sont alors sanguinolents ; quelquefois le flux hëmorrhoïdal est indépendant de leur passage. Il ne peut être regarde comme une he'morrhagie des membranes muqueuses; c'est évidemment l'effet d'une rupture.

Les symptômes gene'raux sont presque nuls quand la maladie est peu intense ; mais , dans le cas contraire, il y a des douleurs lombaires et des vertiges , symptômes que l'on ne rencontre point dans les autres he'morrhagies : souvent il y a fièvre concomitante , et trouble de la respiration.

On ne connaît pas bien l'e'tat de ces tumeurs sur le cadavre ; elles n'ont pas e'te' bien examinées. Cependant il paraît certain qu'il y a deux espèces d'hëmorrboïdes : dans la première , c'est une simple dilatation des rameaux de la veine porte ; ce cas n'est pas le plus commun ; dans la seconde espèce , il paraît qu'il se fait une rupture des parois veineuses ; que le sang s'épanche et se forme de petits kystes dans le tissu cellulaire. Cela se conçoit facilement , si l'on observe que l'inflammation fait perdre aux parois veineuses leur extensibilité. Quelquefois ces tumeurs présentent de plus grandes complications ; il peut survenir une inflammation dans le tissu cellulaire voisin, des abcès , des indurations , etc. Ce sont ces indurations qui forment les squirrhosités du rectum

et le rëlrëcissent. Une autre complication est le flux séreux, appelé hémorrhoïdes blanches ; ce n'est, dans ce cas, qu'une se'cre'tion plus abondante de la membrane muqueuse du rectum.

En anatomie comme en physiologie on connaît deux espèces bien distinctes de nerfs ; les uns viennent du cerveau , et les autres naissent des ganglions.

Les maladies des nerfs de la première espèce se divisent en celles qui appartiennent aux nerfs, et en celles qui appartiennent au cerveau. Souvent il est difficile de les isoler à cause des e'troites liaisons qui existent entre ces organes.

Les affections du cerveau se divisent en symptomatiques et en essentielles : les premières sont très nombreuses.

Pour ce qui concerne les maladies essentielles, il en est beaucoup qui sont trop peu connues , telles que l'inflammation dans les plaies de tête : souvent la substance cérébrale est intëresse'e, sans que la mort survienne; alors on a vu le cerveau s'enflammer et suppurer. Il est aussi susceptible d'inflammation chronique et de toute autre terminaison. Les inflammations superficielles du cerveau sont en gene'ral très rares ; souvent on les a confondues avec Tinflammation des mem-

branes. Ce n'est pas que, pendant la maladie, il ne se manifeste des symptômes cérébraux ; mais ils sont purement symptomatiques , comme le vomissement dans la pe'ritonite, etc. Quant aux inflammations spontanées du cerveau, elles sont peu connues.

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