‹ Anatomie pathologiqueChapitre 56 sur 65 · MALADIES PES GLANDES LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

MALADIES PES GLANDES LYMPHATIQUES

Les affections des glandes lymphatiques, qui attaquent leur tissu , sont très communes ; mais celte fréquence suit la proportion inverse de Tâge : elles sont très communes chez les enfants et très rares chez les vieillards, ce qui tient sans doute au plus grand développement qu'elles ont dans le premier âge, et qu'elles perdent dans un âge avance. Les maladies des glandes lymphatiques sont essentielles ou symptomatiques.

Les maladies essentielles sont d'abord Vinflam" matioriy qui se termine souvent par induration.

Tantôt cette inflammation vient spontanément , tantôt elle vient d\ine cause exte'rieure. D'autres l'ois c'est une blessure ëloigne'e qui la détermine , sans que néanmoins il y ait absorption d'aucun virus. Elle survient bien plus souvent encore quand l'instrument est infecté de quelque virus morbifîque. D'autres fois c'est le vice vénérien qui cause le gonflement et l'inflammation; alors, tantôt les vaisseaux absorbants se gonflent avec la glande et forment une traînée douloureuse, d'autres fois c'est la glande seule.

Quelquefois ces engorgements légers méritent à peine le nom d'inflammation : le léger gonflement, la douleur peu vive, se dissipent bientôt; mais souvent il paraît un gonflement qui est double ou triple de volume. H y a tpujours plus ou moins de dureté; la peau subjacente n'éprouve rien dans les premiers jours ; la douletir n'est point aussi vive que dans le phlegmon, et les périodes inflammatoires s'y parcourent beaucoup plus lentement. Quand la suppuration se montre, ce n'est qu'au bout de douze ou quinze jours que la fluctuation se fait sentir. Quant à Tétat anatomique, on ne le connaît pas bien, car rarement les malades meurent dans ces circonstances ; cependant on sait qu'alors il n'existe aucune désoi-ganisation de la glande, qui est seulement augmentée de volume. Les inflammations aiguës ont de

préférence leur siège, soii à celles de l'aine, soit à celles de l'aisselle. Nous ignorons absolument l'inflammation des glandes internes.

La terminaison de ces inflammations peut se faire par suppuration. Elle arrive plus tard, comme nous lavons déjà dit, que dans le phlegmon; aussi les anciens avaient - ils conseillé d'ouvrir les dépôts , non avec le fer , mais avec le caustique. A l'ouverture , on trouve le foyer au milieu de la glande. Après une suppuration plus ou moins longue, la plaie se referme*

Une autre terminaison très fréquente de l'inflammation des glandes est V induration ; ainsi, à la suite du vicevénérien, l'inflammation d'un bubon ayant parcouru ses périodes, se termine par une lumeurdureet plus ou moins grosse. Cet état d'induration est si commun dans l'inflammation des glandes, que même dans la suppuration il y a une dureté circonvoisine; mais elle ne prédispose nullement à l'affection cancéreuse. Elle dure cinq à six mois, et peu à peu elle disparaît. L'aspect anatomique ne présente aucune désorganisation des glandes engorgées. Le caractère de lenteur se manifeste dans toute sorte d'inflammation des glandes ; ainsi dans les scrofules qui attaquent particulièrement les glandes du tronc , en général, les périodes sont excessivement longues. Nous ne connaissons nullement la nalnre du vice scrofnleux ; les causes

mêmes nous en sont eu partie cachées. On peut diviser les scrofules suivant les parties quelles aifectent. C'est, ou à l'abdomen , ou à la poitrine, ou au cou, ce qui forme la plupart du temps des maladies isolées.

Le carreau est l'engorgement dçs glandes du bas-ventre. Il survient ordinairement chez les enfants, depuis la deuxième année jusqu'à la huitième. Il se déclare d'abord par des douleurs , des troubles de digestion , souvent un dévoiement habituel. Le ventre est tendu; il y a souvent des vomissements. Ces phénomènes gastriques n'indiquent rien pour la maladie ; mais il s'y joint une disposition générale; il y a finesse de la peau, flaccidité, bouffissure , coloration des membranes muqueuses, pouls petit, souvent difficulté de respirer, urine lactescente , dans le premier et le deuxième période de la maladie; du reste , débilité , faiblesse des mouvements , peu de développement des facultés inteUec&ielles. Bientôt il se montre des phénomènes tranchés ; l'abdomen devient tendu, ce qui tient au gonflement des glandes et aux gaz. Quand ces gaz n'existent point, on sent les glandes gonflées , mais c'est là le cas le plus rare. Qu^lque-^ fois il y a appétit voracç, d'autres fois anorexie, douleur de ventre, complication de vers, Les symptômes généraux sont le trouble de la respiration , qui tient sans doute à l'engorgement cou-

sécutii" des glandes lliorachiques ; le marasme, que quelques auteurs ont donné comme signe caractéristique. On croirait d'abord que cela tient à la non-absorption du cbyle à raison de l'engorgement des glandes ; mais ce n'est que vers le dernier temps que cette fonction est absolument empêchée, ce qui ne doit point surprendre quand on voit le poumon , vers les derniers temps de la pblhisie, remplir également ses fonctions. Enfin, les forces diminuent, la tuméfaction du ventre est énorme, la douleur est excessive, et se déplace avec le mésentère, suivant les mouvements du malade; le dévoiement est habituel; il y a faiblesse et concentration du pouls. Vers la fin survient l'hydropisie ascite , ou Finfiitration des membres inférieurs. Il n'est pas dé maladie qui réduise les enfants à un marasme plus affreux.

Il est peu d'affeciions mieux connues par les ouvertures de cadavres que celle-ci. L'état dans lequel on trouve ordinairement les *gfcndes peut se rapporter à quatre degrés : i^ simple gonflement de la glande ; 2'' conversion d'une partie de cette glande en substance stéatomateuse; 5^ état stéatomateux complet; 4^ dans le dernier période, les glandes tombent en suppuration et fournissent un fluide sanieux. Les glandes du voisinage sont aussi engorgées ; celles de la poitrine peuvent également s'engorger comme celles de l'abdomen, et

MALADIES DU SYSTÈME ABSORBANT. 2qS

former une maladie absolument analogue au carreau. Cependant la plupart des auteurs n'ont parlé de cet engorgement que comme compliquant cette dernière maladie. Il est certain qu'il est quelquefois essentiel, ce qui constitue une phthisie qui n'a point e'té décrite, et dont voici un exemple :

Un enfant vint à THôtel-Dieu avec une petite toux, difficulté de respirer. Il n'existait ni vice scrofuleux ni vice vénérien précédent. Les symptômes étaient plus intenses le soir, toux sèche. Il survenait des étouffements tous les deux ou trois jours , qui se renouvelaient chaque fois que le malade faisait quelques mouvements ou mangeait trop ; la poitrine était douloureuse, la respiration gênée. Une seule circonstance pouvait indiquer la maladie, c'était l'engorgement des glandes du cou. Le pouls était faible, concentré. Ces symptômes dénotaient évidemment une phthisie, que 1 on traita par des pectoraux et des adoucissants. Quelque temps après, les symptômes étaient plus intenses , l'expectoration était muqueuse et non purulente , la douleur de poitrine nulle; la pression s'étendait sourdement à toute la cavité ; la compression de la région épigastrique produisait une suffocation. Dévoiement, chaleur habituelle des mains et des pieds, urines rares, figure complètement décomposée. Le sujet périt dans un marasme effrayant. A l'ouverture du cadavre, on trouva le

2q6 chapitre XVI.

siège de la maladie dans les glandes du poumon, qui étaient toutes stëatomateuses et très grosses. Beaucoup d'enfants présentent la même disposition que celui-cij et leur phthisie peut alors facilement se classer dans les maladies du système lymphatique.

Les écrouelles sont les affections des glandes du cou: elles sont assez fre'quentes, et diffèrent du carreau en ce qu'elles sont encore plus lentes et jamais mortelles ; car, ou elles viennent à suppuration, ou leur gonflement se termine par résolution. Le peu d'accidents qu elles causent ne tient point à la nature de la maladie , puisqu'elle est la même, mais au voisinage d'organes qu'elles ne peuvent altérer : ce qui le prouve , c'est l'inspection anatomique. Cette affection peut tenir à un vice général, ou n'être purement que locale.

Quand le vice est local, il se montre dans les diverses parties du cou , et surtout aux glandes sublinguales , sans que cependant les glandes salivaires en soient nullement affectées. Il peut se former une traînée de glandes engorgées dans toute, la longueur du cou , sur le trajet des vaisseaux ; quelquefois on les trouve à l'occiput. D'abord, c'est un engorgement indolent , une tumeur dure, squirrheuse; la peau se soulève. Ces duretés restent plus ou moins long - temps stationnaires , quelquefois deux ou trois ans , et sans qu'aucune

fonction ne s'en trouve altérée. Quelquefois il y a résolution. Vers la fin, il survient une couleur violette de la peau et une fluctuation manifeste audessous. Elles s'ouvrent spontanément, et il s'en écoule un fluide lactescent, chargé de flocons blanchâtres. Quelquefois cette fluctuation disparaît par la résorption du fluide. Quand J'abcès s ouvre au dehors, il reste long-temps fisiuleux et la cicatrice ne s'obtient entièrement qu'au moyen de l'adhérence qui se forme entre la peau et les glandes , ce qui la rend enfoncée et difforme. L'autopsie cadavérique de ces glandes peut présenter, comme les autres parties, quatre états différents.

Les affections des glandes lymphatiques peuvent donc dépendre ou d'un vice général ou d'un vice local. Quand l'affection est générale, elle ne se borne point aux glandes , mais elle agit sur tous les systèmes , à la manière des autres vices géné-^ raux, tel que le vénérien, etc.

Les ossifications de ces glandes ne sont point un phénomène rare, surtout dans la poitrine, où on en trouve assez souvent dans les ouvertures. Rarement le cancer affecte primitivement les glandes lymphatiques , et elles ne s'engorgent dans celte maladie que consécutivement.

Les affections sympto;iiatiques y sont extrêmement communes, et surviennent à l'occasion des organes voisins. Elles s'affectent aussi dans les

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maladies générales. Les bubons sont souvent un signe dans les maladies pestilentielles. Dans les phlegmasies locales des membres, comme dans le panaris, il arrive assez souvent que les glandes de Taisselle se gonflent. Quand il y a un vésicatoire aux jambes, celles de Faine peuvent aussi se gonfler.

Ainsi le gonflement des glandes lymphatiques peut venir par Tabsorption d'un virus, par sympathie, etc.

ARTICLE IL

MALADIES DES VAISSEAUX ABSGBBAÎiTS.

Malgré que Ton connaisse bien la disposition des vaisseaux absorbants, cependant on ignore encore leurs maladies. Il est certain que ce sont eux qui résorbent les divers virus; mais ce ne sont pas là, à proprement parler, des maladies, parceque ces virus n'agissent pas plus sur eux que sur les autres organes.

Les affections réelles de ces vaisseaux sont d'abord \ inflammation y qui peut survenir de deux manières : tantôt ils s'enflamment avec la glande , ce qui forme une traînée, et c'est le mode le plus commun d'inflammation ; d'autres fois ces vaisseaux s'engorgent seuls , et Mascagni en cite quelques exemples. Quand on s'est coupé avec un

instrument imprégné de virus, les glandes du bras et les vaisseaux qui ont absorbé ce virus s'engorgent. Il paraît alors que l'inflammation se propage : le virus est absorbé. Du reste , nous ne connaissons pointencorebien cette inflammation, nous savons seulement qu elle se termine plus tôt que celle des glandes. Ce n'est guère qu'aux mem.bres inférieurs que l'on a observé l'inflammation des absorbants. Nous n'avons du reste aucune connaissance sur leur induration ni leur gangrène.

La dilatation variqueuse des absorbants est rare. Dans le foie, l'on en trouve bien quelquefois, mais il est douteux que cela tienne à un état pathologique. Quant aux hydatides, il est peu probable qu'elles viennent d'une maladie des absorbants. Il est ime espèce de dilatation assez fréquente des lymphatiques, c'est celle de totalité dans un membre. Quelquefois des rameaux égalent en grosseur le canal thorachique. Ces dilatations , qui produisent dans certains cas les infiltrations, surviennent à l'occasion de compression et d'obstruction.

On a grandement discuté sur les cas où les hydropisies étaient produites par le défaut des absorbants , ou quand elles venaient des exhalants. Il est certains cas où il est difficile de prononcer; néanmoins, dans les compressions, dans les sta-

lions longues, quand Thydiopisie survient, c'est sans doute par le défaut des absorbants. D'autres t'ois, les absorbants semblent accroître leur action . Quand on ne soupçonne point de position désavantageuse soutenue , il est probable qu'alors c'est par Texhalation passive que se l'ait Thydropisie.

MALADIES Dh SYSTEME FIBREUX. 001

Ces maladies sont encore extrêmement obscures , soit dans le diagnostic , soit dans le pronostic. Les affections essentielles de ce tissu sont bien peu connues. Il paraît que le rhumatisme n'est , la plupart du temps, cjue l'inflammation de Ce système. On ne connaît point ses terminaisons, telles que l'induration, la suppuration, etc. D'ailleurs toutes les parties qui composent le système fibreux ne se ressemblent pas exactement, ainsi il est nécessaire de les examiner en détail.

ARTICLE I

MALADIES DE Li DURE-MEBE.

La dure-mère est une membrane fibreuse qui recouvre le cerveau et s'enfonce dans le canal vertébral. Malgré qu'on croie le contraire, cette membrane est peu exposée à \ inflammation; elle lui vient, la plupart du temps, de l'arachnoïde qui est au-dessous , car on ne voit ordinairement que la surface interne qui soit affectée. Cependant

<juan(l elle est coupée, elle se cicalrise, ce qui nécessite une légère inflammation dans son tissu.

La dure-mère offre des ossifications et des fongus.La première disposition n'est point rare: tous les auteurs en ont parle'. Ces ossifications ressemblent exactement à celle des artères elles ont leur siège à la surface interne de la membrane; elles viennent dans tous les points , et sont plus ou moins considérables.

hes fongus de la dure-mère sont aussi très fre'quents, ils naissent sans qu'on connaisse leur principe. Ils se montrent différemment. Tantôt ils siègent à la convexité de la dure-mère. Ils peuvent être nombreux : lorsqu'il n'y en a qu'un, il fait de plus rapides progrès. Les battements continuels que lui imprime le cerveati font qu'il use les os du crâne et paraît à la fin sous le përicrâne. D'autres fois ces fongus viennent à la base du crâne, y produisent et développent des accidents très fâcheux ^ tels que l'expulsion de l'œil hors de l'orbite; d'autres fois ils refoulent le cerveau en haut, et en sont plus dangereux.

Il faut bien distinguer ces fongus d'avec les bourgeons que fournit la dure-mère dans la cicatrice de l'opération du trépan. C'est alors un phénomène très naturel, et qui coïncide avec ceux des os et de la peau voisine , qui par leur contact forment une cicatrice commune.

MALADIES DU SYSTEME FIBUEUX. ÔOÔ

ARTICLE II

MALADIES DU PEBIOSTE.

Le périoste est la seconde membrane fibreuse; «lie consiste en des filaments entrecroises sur les os, et qui leur forment une enveloppe. Le périoste se prolonge jusque sur les cartilages, où il prend le nom de pe'richondre.

Les affections essentielles sont d'abord Minflammatîoîij et nous avons dit qu'on les connaissait peu dans le système fibreux en ge'néral; cependant quelquefois le périoste semble en être affecte' réellement. Ainsi par une chute, un coup violent sur un os placé près de l'extérieur, il survient une tumeur dure dont le siège est dans la membrane qui le recouvre. Souvent aussi le périoste peut former une tumeur indolente et sans inflammation. La plupart des chirurgiens ont été embarrassés pour la distinguer de l'exostose; mais celle-ci, la plupart du temps, se forme d'une manière lente et chronique. Au contraire, les périodes de la périostose sont plus rapprochés : en huit ou dix jours la tumeur a déjà acquis un volume considérable. La dureté indique aussi une différence , car elle est beaucoup plus grande dans la tumeur de l'os que dans celle du périoste. La plupart du -temps ces maladies ne se séparent point,

5o4 CHAPITRE XVII.

et quand l'exosiose se montre^ le périoste se gonfle aussi, et rëciproquement. Les pe'riostoses affectent ordinairement les os superficiels , et elles ont deux manières de se terminer. Après avoir été stationnaires, elles deviennent douloureuses ; la peau devient rouge, s'ulcère et laisse écouler un pus de mauvaise nature, surtout quand le vice est vénérien. Bientôt la maladie finit par être une exostose, par Tossification du périoste. Enfin, la périostose peut se terminer par résolution .

Une autre affection assez fréquente, c'est Y ossification du périoste. Dans Tétat naturel, on ne doute pas que quelquefois la lame interne de cette membrane ne s'ossifie , malgré que ce ne soit point ainsi que se nourrissent les os. Dans la nécrose, le périoste n'est affecté que consécutivement, et quand cette nécrose affecte la partie moyenne de l'os ; alors il se forme un séquestre de la partie morte , le périoste subjacent s'enflamme, devient d'abord cartilagineux puis osseux. Gela n'arrive guère que dans la partie moyenne des os longs , où cette nécrose est le plus commune. L'aspect anatomique, dans ce cas, offre le périoste ossifié, formant une espèce de poche qui contient le séquestre libre dans son intérieur : la tumeur est rugueuse à l'extérieur. L'interne est rougeâtre, quelquefois présentant des bourgeons charnus. Les parois sont ordinairement

MALADIES DU SYSTEME FIBREUX. 3o5

percées de petites cavités. La différence de cette tumeur avec le spina-ventosa , c'est d'abord la situation, puis la continuité de la tumeur avec l'os sain dans le spina-ventosa.

Quant aux autres affections du périoste , on connaît assez bien ses maladies par contiguïté, comme dans la carie , la nécrose superficielle , dans le spina-ventosa , l'ostéo-sarcôme : dans tous CCS cas il participe à la disposition de l'os malade.

Quant à ses affections symptomatiques , nous les ignorons absolument ; il ne paraît pas que les douleurs vénériennes y aient leur siège , ainsi que les autres douleurs^ telles que le rhumatisme ouïes lassitudes spontanées.

ARTICLE III

MALADIES DES APONEVROSES.

On ignore absolument les affections des aponévroses. Quelquefois elles exercent une compression sur des dépôts , où elles produisent beaucoup de douleur ; alors on les débride. Quant à leurs maladies spontanées, on ne les connaît point.

ARTICLE IV

Les ligaments, qui font aussi partie du système fibreux, sont un peu mieux connus; quoique

3o6 CHAPITRE XVII.

nous n'ayons pas vu leur état inflammatoire, cependant nous savons qu'il existe dans la douleur des articulations, et surtout deFentorse. En effet, eux seuls dans ce cas sont tiraillés. Quand leur contusion a été considérable, la partie qui entoure Farliculation se gonfle comme dans le rhumatisme goutteux; si elle est plus intense encore, il y a de la fièvre; cela peut même aller jusqu'au tétanos. L'état de la partie nous est peu connu, excepté dans les derniers temps de la maladie , qui se termine par une tumeur blanche.

ARTICLE V

mKàdies des tendons.

Les tendons sont rarement affectés de maladie; leur inflammation est très peu connue ; celle qui survient spontanément est absolument ignorée : on ne l'observe que par contiguité , comme dans le panai-is. Le rhumatisme n'affecte point les tendons , puisque , dans le mouvement des articulations , ce ne sont pas eux qui sont sensibles , mais bien les ligaments. L'inflammation consécutive des tendons arrive dans la plupart des plaies externes où ceux-ci sont coupés. Les anciens attribuaient de grands accidents à leur section ; mais c'est plutôt à celle des nerfs qu'il faut les rapporter. Quand les tendons ont été divisés, ils se rapprochent

quelquefois et se cicatrisent , ce qui suppose une inflammation réelle; mais elle est toujours très tardive , et cette réunion ne s'opère qu après celle de toutes les autres parties. Quand ils sont exposés au contact de l'air , ils se mortifient et s'exfolient à la manière des os , ce qui prouve leur peu d'énergie vitale; il y a des recherches à faire sur leur mode de réunion. Cette dernière est plus facile dans la rupture que dans la coupure, comme on le voit pour la rupture du tendon d'Achille et de celui de la rotule.

3o8 CHAPITRE XVIII.

MALADIEsS DU SYSTÈME SYNOVIAL.

Les affections de ce système peuvent être considérées sous deux rapports : dans les synoviales des tendons, ou dans celles des articulations. D abord dans les synoviales des tendons on rencontre rinflammation , l'hydropisie et la se'cheresse.

On observe \ inflammation dans les gaines des lii^^aments du carpe et des doigts, etc., etc. Il y a un panaris qui gît évidemment dans la gaine des fléchisseurs de la main , et y produit de grands ravages ; le doigt se gonfle sans rougeur, mais avec une douleur vive qui repond à la face palmaire du doigt. Bientôt du pus s'amasse et se trouve comprimé entre les os et la synoviale. Il paraît que c'est à celte cause qu'il faut rapporter la plupart des accidents de ce panaris. On trouve, à l'ouverture , toute la surface de la capsule rouge et remplie par im pus ichoreux et sanieux. Quand la maladie est plus prolongée , los s'affecte de carie, l'articulation voisine s'entreprend ; alors souvent la perte du doigt s'ensuit, ce qui avait fait croire à quelques praticiens que ce panaris était une ma-

MALADIES DU SYSTÈME SYNOVIAL. JOQ

îadie particulière ; mais c'est une simple inflammation. Le pus semlDle un peu différer dans ce cas ; il est toujours sanieux , grisâtre. Cette inflammation peut encore survenir dans d'autres capsules que dans celles des doigts : quelquefois on la voit aux ligaments du tarse ou du carpe, surtout quand le panaris n'a pas été' ouvert et que le pus a fusé.

Les synoviales des tendons peuvent aussi être le siège dihydropisie ; elle se montre plus particulièrement dans celles qui ne sont point recouvertes de gaines fibreuses: elle peut survenir à la suite delà goutte, d'une contusion. On en trouve sur le col du pied, sur la gaine des extenseurs, sur la capsule du tendon inférieur de la rotule. Il est probable que ces amas de synovie ne sont que des affections par contiguité. Il paraît que dans le rhumatisme les ligaments étant affectés, la syno.viale subjacente exhale davantage : la liqueur qui sort dans ce cas est gélatineuse et rougeatre. On croyait jadis que les ganglions siégeaient aussi dans les gaines tendineuses , qui du reste quelquefois présentent de la mollesse, sont alongées, et disparaissent par une compression un peu forte. Il est de ces tumeurs fluctuantes qui affectent une forme ronde, ne disparaissent point par la pression , et siègent évidemment dans le tissu çellur laire subjacent à la capsule.

3lO CHAPITRE XVIIL

U absence de sjnos^ie^ dans les synoviales tendineuses, peut venir ou d'un panaris ou d'un exercice trop long des tendons qui y glissent ; alors il en re'sulte un craquement particulier et une légère douleur.

Les synoviales des articulations sont aussi exposées à beaucoup de maladies : chaque ibis qu'il y survient de l'inflammation , elle est accompagnée de douleur très vive , de gonflement très sensible au toucher, de manière à ce que le sujet souffre à peine le poids des couvertures. Quand la maladie est très intense, il s'y joint des symptômes ge'néraux. L'inflammation peut siéger dans toutes les articulations, mais particulièrement au genou, où l'on observe en ge'ne'ral toutes les maladies des articulations. Elle se termine par résolution quand elle est légère; d'autres fois par suppuration, ce qui s'annonce par des douleurs terribles et qui peuvent aller jusqu'aux symptômes d'ataxie. On fait cesser ces accidents en donnant issue au pus ; s'il séjourne pendant un certain temps, l'os se carie. A l'ouverture des dépôts, on trouve la membrane synoviale très rouge à sa surface interne. Il paraît que le pus y produit des ravages beaucoup plus prompts que sur les autres membranes séreuses. Un épanchement séro-purujent peut encore permettre de vivre long-temps. La gangrène et l'induration sont absolument inconnues dans le sys-

tèttie synovial. Une terminaison bien fréquente, c'est Finflammation chronique : on ne peut douter qu'elle n'ait aussi lieu dans les articulations ; il y a alors rémission des symptômes , et la douleur, d'aiguë qu'elle était , devient sourde.

Les membranes synoviales se déchirent dans certaines luxations; alors la synovie s'échappe; mais quand la luxation est réduite, la cicatrice se fait,

Uhjdropisie des articulations est une maladie plus rare que les anciens auteurs ne semblaient Vindiquer. Ordinairement on l'observe au genou. Elle peut provenir de diverses causes : d'abord, de l'inflammation chronique de la synoviale, d'un corps étranger qui se développe; d'autres fois elle survient spontanément; ou enfin par l'aftbction des parties voisines , comme dans le rhumatisme.

D'après cela on doit regarder cette maladie comme étant ordinairement le produit d'une autre maladie, et ne point adopter de traitement commun à tous les cas. Elle se manifeste par la fluctuation et par une dilatation plus ou moins grande, suivant que la membrane fibreuse est plus ou moins épaisse.

Des corps étrangers se rencontrent assez souvent dans certaines articulations , surtout celle du genou. Ils présentent une structure, un volume, une forme variables : tantôt ils sont osseux, tantôt cartilagineux ; en plus ou moins grand nombre ;

3l2 CHAPITRE XVIII.

incommodes suivant Fendroii où ils sont places. Quand ils sont isolés , il est probable que néanmoins ils ont tenu à la membrane synoviale , car leur formation sans cela ne pourrait se concevoir. Les articulations sont encore sujettes à l'ankylose , qui n'est aussi que Feffet d'une maladie primitive. Elle peut être vraie ou fausse ; c'est-àdire qu'il peut y avoir soudure des extrémités auparavant contiguës , ou simplement impossibilité de mouvement, par affection du tissu cellulaii^ej des ligaments ou des muscles voisins.

MALADIES DU SYSTEME CARTILAGIINEUX. Ôlô

Les cartilages forment un système re'pandu dans presque toutes nos parties. Ils diffèrent suivant les endroits où on les rencontre ; ainsi ceux des articulations sont différents de ceux des côtes, du larynx, etc.; ce qui doit leur faire supposer des affections différentes. Tous les cartilages en ge'néral sont remarquables par Tobscuritë de leurs propriétés vitales. Nous connaissons peu Tinflammation des cartilages articulaires ; et , de toutes leurs maladies, ce n'est guère que leur gonflement dans la luxation spontanée qu'on a pu observer. Cette maladie survient ordinairement à la hanche, quoiqu'elle ne soit point exclusive à cette articulation. La luxation n'est point alors la maladie essentielle , maisle produit de la maladie du cartilage. Petit croyait qu'on devait l'attribuer à l'épaississement de la synovie, mais les ouvertures cadavériques ont rectifié cette erreur. Desault a vu que, dans les premiers temps, la cavité est déjà presque toute oblitérée par la substance cartilagineuse qui s'est gonflée , tandis que

3l4 CHAPITRE XIX.

les parties adjacentes sont très saines. Dans un degré' plus avance , il se forme une cavité artificielle pour la tête de Fos déplace : la cavité cotyloïdeest alors tapissée par une substance qui s'est ossifiée.

Le vice scrofuleux , les chutes , sont ordinairement les causes prédisposantes de cette maladie. D'abord il y a douleur de Farticulation , tantôt vive, tantôt sourde, difficulté dans la progression, et surtout dans Fexécution de certains mouvements à une époque plus ou moins éloignée du commencement de la maladie; quelquefois dans vingtquatre heures la tête du fémur sort subitement de sa cavité; d'autres fois cette sortie est beaucoup plus lente. Après la luxation, il y a alon^ gement ou raccourcissement de la cuisse , suivant que la tête se porte en bas ou en haut de l'articulation. Le premier cas se rencontre le plus souvent, et le second ne s'observe que quand il y a carie à la partie inférieure de la cavité cotyloïde. On n'a pas souvent observé de semblable maladie dans les autres articulations.

Il est probable que , dans plusieurs cas, les tumeurs des articulations connues sous le nom de tumeurs blanches siègent aussi dans les cartilages. Il est difficile de déterminer quand cela a lieu ; car elles peuvent tenir à une foule de causes , ce qui nécessiterait un traitement particulier pour

MALADIES DU SYSTÈME CARTILAGINEUX. 5l5

chacune d elles. Il est certains cas où Ton connaît quelles sont les parties primitivement affectées : par exemple , dans l'entorse^ il est manifeste que ce sont les ligaments. Quelquefois la maladie commence par le tissu cellulaire , mais rarement. Dans cette première époque, si le malade vient à mourir, on ne trouve qu'un système affecte', le reste de Farticulation est intact ; la douleur n'entraîne point encore l'immobilité'. Quelquefois le siège primitif des tumeurs blanches est dans l'os. Alors, tantôt il est gonflé, tantôt il est dans l'état naturel. Quand le mal réside dans le cartilage, il peut se manifester par les mêmes phénomènes que dans l'articulation de la hanche. Quel que soit le siège primitif, bientôt la maladie gagne par contiguité, et le désordre s^étend à toute l'articulation. Une cause assez ordinaire de cette maladie est la suppression de la sécrétion du lait. Le rhumatisme goutteux, la goutte même, peuvent aussi être rangés parmi ses causes.

Quant aux autres cartilages, leur structure les expose à des maladies bien différentes de ceux des articulations. Ils sont très sujets à l'ossification et à la carie, comme on le voit dans le larynx.

Quant aux substances cartilagineuses, telles que celles des oreilles , de la trachée-artère , leurs maladies sont extrêmement obscures.

5l6 CHAPITUE XX.

Les maladies du système médullaire sont moins connues qu'elles ne sont fréquentes: On ne peut douter que, dans certains cas, la substance médullaire ne s'enflamme, comme dans les douleurs vives et spontane'es qui se manifestent au milieu des os. Il en re'sulte souvent de la suppuration, puis la carie des parties adjacentes. J.-L. Petit rapporte un exemple de ce cas. Il est certaines caries où il est probable que le système me'dullaire est essentiellement affecté : il est difficile de les reconnaître.

Tous les auteurs qui ont parlé du spina-ventosa l'ont considéré comme une maladie de la moelle. En effet, si on compare les douleurs de Cette maladie avec la sensibilité de l'organe médullaire , on verra la raison de cette probabilité.

Le spina-ventosa consiste en une tumeur considérable provenant du développement de l'os et de l'accroissement de ses bourgeons charnus. Cette maladie diffère essentiellement , suivant qu'elle est à l'extrémité ou à la partie moyenne des os. Il y

a une différence totale dans ces deux circonstances. On n'observe point cette maladie dans les os courts ni dans les os plats.

Quand le spina-ventosa est au milieu d'un os long, on ressent d'abord de la douleur à la partie, sans augmentation par la pression. Il y a deux périodes bien marque's; le premier est marqué par cette douleur spontanée, qui est quelquefois rémittente et subsiste sans aucune apparence externe de maladie; au second période, Tos, qui était intact^ commence à se gonfler. A l'extérieur, on sent une tumeur dure; la douleur vive va toujours croissant; les parties molles s'enflamment , se durcissent ; bientôt il survient une fistule, d'où s'écoule un ichor fétide, jusqu'à la fin de la maladie, qui entraîne la mort, ou nécessite l'amputation.

Sous le rapport de l'état des parties , on considère alors trois choses : d'abord la substance médullaire, que l'on trouve convertie en unfongus parsemé de vaisseaux qui saignent facilement , comme Desault l'a vu; quant à l'os, si on le fait bouillir et qu'on le mette à nu, il offre une cavité produite par le bouleversement des lames. Les deux surfaces, l'externe et l'interne, sont rugueuses ; les parois sont percées de divers trous qui correspondent aux fistules ; la substance osseuse ne s'offre plus sous la forme linéaire. Quant aux parties sous-jacenies, on voit qu'elles sont con-

3l8 CHAPITRE XX.

verties en une substance lardace'e, sillonnée de diverses fistules.

Le spina-ventosa, à Textre'mite' des os, est tout différent dans Imspection cadavérique, quoique les symptômes en soient les mêmes. Il y a aussi à l'invasion une douleur permanente ou rémittente. On observe aussi une tumeur, des fistules. Le pronostic est le même , mais l'autopsie cadavérique montre l'os distendu dans tous les sens ; son intérieur est plein de filaments et de carnosités. La seule ressource est l'amputation.

MALADIES DU SYSTÈME OSSEUX. 5ig

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Les affections du système osseux sont très nombreuses ; elles sont analogues à celles des autres parties , et le degré' de vitalité est la seule cause qui les fasse différer dans ce système.

\j inflammation survient dans les os d'une manière incontestable. On Fobserve d'abord dans les fractures pour la formation du cal, qui est une ve'ritable cicatrice. Ce n'est qu'au bout de trente ou quarante jours que cette opération se fait dans les os. Les bourgeons charnus naissent d'abord aux deux extrémités fracturées. Le contact qu'on leur fait observer procure bientôt l'adhérence réciproque de ces végétations. Peu à peu lé phosphate calcaire abordant par les vaisseaux propres des os, se dépose dans le canevas celluleux et charnu, qui par là reçoit une consistance analogue aux parties qu'il est destiné à réunir. Non seulement on observe l'inflammation dans le cal, mais encore dans l'exfoliation des parties des os nécrosés. C'est par un mécanisme analogue que la nature chasse les lames plus ou moins épaisses

qui ont été privées de la vie , soit par le contact trop prolongé de l'air, soit par toute autre cause, etc. L'inflammation de Tos sous-jacent détermine la végétation des bourgeons charnus qui , en prenant du volume , font effort sur la lame morte. Quelquefois celle-ci sort en grandes parcelles qu'on nomme esquilles ; d'autres fois l'exfoliation est insensible, ce qui a lieu surtout quand la lame à exfolier est peu épaisse. Après l'exfoliation, la cicatrice se forme , et il en résulte l'adhérence de l'os avec les parties molles, ce qui est très sensible, surtout dans les os superficiels, comme ceux de la tête.

La carie entretient aussi un état chronique d'inflammation dans les os. Il en découle un fluide sanieux particulier qui teint les linges de l'appareil en noir. Cette maladie est essentiellement différente de la nécrose, où il y a mort parfaite de l'os. Dans la carie , au contraire , il semble que l'os se reproduit à mesure qu'il se détruit. Le siège de la carie est plus particulièrement dans les os spongieux, les courts, et les extrémités des os longs; elle se manifeste à la faveur d'une infinité de causes. Il ne faut pas confondre l'aspect cadavérique de cette disposition maladive des os avec celle que présente Fusure du sternum ou de tout autre os , par le froissement d'un anévrysme ou d'un fbngus. H y a déperdition de substance alors,

mais aucun cbangemeril de nalure. Tanlot îa carie esl superficielle, tantôt elle est profonde. Le périoste est toujours plus ou moins affecte'; il est souvent dur. Les parties molles sont œdëmatiées ; quelquefois même elles sont changées en une substance lardacëe. 11 y a des fistules qui donnent plus ou moins de pus.

Uexostose est une affection commune à tous les os. Quoiqu'elle ait été considérée sous tous les rapports par les divers auteurs, on la confond cependant quelquefois avec d'autres tumeurs osseuses, ce qui vient sans doute des espèces trop nombreuses que Fou a admises dans cette maladie. Nous examinerons séparément ses trois espèces, qui sont Féburnée, la laminée et la carnifiée.

L'exostose éburnée est une tumeur osseuse de la dureté de l'ivoire. Tantôt elle vient à la suite d'un vice vénérien ^ tantôt elle est produite par un coup. Elle peut se manifester de deux manières : elle attaque tout le diamètre de Tos, ou Tintéresse dans un seul de ses points. Desauît conservait dans son cabinet un exemple de la première espèce : c'était un sujet dont certains os de la tête étaient exostosés en entier. Le plus ordinairement, l'exostose se borne à une partie de l'os, comme cela s'observe souvent sur ceux qui sont les plus superficiels, et par conséquent les plus exposés aux contusions : tels sont les os de

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la tête, le li}3ia, etc. On a vu de semblables lu-* meurs se développer à rintérieur du crâne, sans que les facultés inlcllectuelles en fussent le'se'es, à raison de la longueur du développement , pendant lequel sans doute le cerveau s^ëtait habitue' à cette pression. On en a vu aussi dans finteVieur du bassin s'opposer à raccouchement. On connaît peu cette espèce d'exostose dans les os courts.

La tumeur eburnée est beaucoup plus pesante qu'une portion d'os de pareil volume. La direction longitudinale des fibres, les vaisseaux nourrissiers, tout a disparu; cette tumeur présente une résistance singulière à la scie. Il paraît qu elle est formée par un amas de substance exclusivement calcaire.

Quant aux parties adjacentes, elles sont plus ou moins gonflées ; et, ce qui est particulier, c'est que quand la maladie comprend l'os entier, les parties molles voisines sont moins affectées que quand elle n'occupe qu'un point de sa surface.

On connaît peu le mécanisme de la formation de ces tumeurs. Quoi qu'il en soit , leur marche est extrêmement lente. Jamais , chez elles , il ne s'opère de résolution ni de suppuration.

L'exostose spongieuse est mieux connue. Elle accompagne presque toujours la carie. On la rencontre dans toute espèce d'os , surtout à l'extrémité des os long^ , et dans les os courts. Ge

MALADIES DU SYSTÈ!\1E OSSEUX. SsS

gonflement est toujours conse'cuiif à une maladie primitive. Ou Fobserve aussi dans la partie moyenne des os longs, comme dans le rachilis , où les tumeurs qui paraissent au milieu des membres ne sont autre chose qu'une tuméfaction du tissu compacle, qui parla devient spongieux. Ceue espèce présente des irrégulaiitecs dans sa structure. Dans certains endroits ^ on rencontre des amas de substance calcaire; dans d autres , on ne voit qu'un tissu arëolaire. On rencontre un assez grand nombre de vaisseaux dans ces tumeurs ; elles sont ordinairement accompagnées de suppuration ichoreuse, qui sort par des fisitiles plus ou moins nombreuses dont les parties molles sont percées. Les exostoses spongieuses peuvent être considérées comme le premier degré de Tostéosarcôme.

On a demandé si Mostéo^sarcôme n'était point le cancer des os. En efFet, si Ton compare la douleur atroce qui existe dans les deux maladies, on serait tenté de croire qu elles sont analogues ; mais si d'un autre côté l'on examine plus attentivement, on verra que l'osléo-sarcôme n'a point de fongus comme le cancer. Ce dernier se montre toujours le même dans toutes les parties, et il existe certainement entre le cancer et l'ostéo-sarcôme das différences qui ne permettent pas de les confondre. Quoi qu'il en sôit , tous les os sont le siège de

celte maladie, spécialement les os longs. Desault a vu des fe'mm^s et des os innomine's altaque's de celte maladie. Dans les progrès , on observe deux pe'riodes Lien dislincls : le premier, marque par la douleur, la difficulté de la progression, enfin rengorgement de la partie. Dans le deuxième état, on est réduit à Tinspection analomiquc. On trouve alors toutes les parties détruites; celles qui restent encore sont séparées par de longs intervalles charnus. Quelquefois les deux extrémités de Tos sont ménagées, la substance charnue est parsemée d'an grand nombre de vaisseaux sanguins, qui tantôt sont capillaires, tantôt présentent de gros troncs. Les parties adjacentes sont plus ou moins lésées; les cartilages restent ordinairement intacts. On observe des veines variqueuses dans le voisinage. Les parties molles s'œdémalient, comme dans les grosses tumeurs.

La friabilité des os n'est presque jamais une maladie essentielle : rarement elle vient spontanément; dans le cancer, au contraire, rien de plus fréquent. Elle peut être locale ou générale. Elle n'est locale que dans un os subjacent à quelque ulcère cancéreux, tel que dans les côtes lors du cancer au sein ; elle est générale quand la maladie est à un tel point que la diathèse cancéreuse est générale. Ce phénomène consécutif au cancer ne lui est point exclusif; on l'observe quelque-

fois clans les côtes, à la suiie c!e la plilhisie, ou dans robslruclion de la rate et du foie.

II paraît que la cause prochaine de cette friabilité' est le dcTaut de substance gélatineuse, et non le trop grand abord de phosphate calcaire. Dans ce cas, la substance osseuse ne serait qu'endurcie, comme dans Fexostose ëburne'e. Cette diminution de la ge'laline se fait sans apporter aucune différence à la forme de Tos, comme on le voit dans ceux que l'on calcine.

Le ramollissement des os est l'ëlat oppose à leur friabilité. Rarement il se montre indépendamment du rachitis. Ce terme de ramollissement est un mot vague, qui n'indique point la maladie. On pourrait regarder aussi Fostëo-sarcôme comme un ramollissement de Vos. Le rachitis attaque surtotit les enfants. Il peut se déclarer plus tard que beaucoup d'auteurs ne Tont prëtendti. On la vti paraître à quinze ans. Les vertèbres sont surtout affectées de cette maladie. D'abord les os du crâne augmentent, soit d'étendue, soit de volume; de sorte que la cavité cérébrale prend plus de capacité. Ce développement ne porte point sur les os de la face. Souvent de cette disposition l'ésulte la précocité des facultés intellectuelles.

Quant à la colonne vertébrale, elle s'affecte différemment. Souvent les apophyses épinetises ne se développent point, et le prolongement de

la dure-mère reste à nu sous les muscles. Ce cas est le plus rare. La plupart du temps il y a de'viation de la colonne , qui se covirbe en avant et en arrière ou sur les côtés. La direction la plus ordinaire est en arrière, et c'est ce qui fait la gibbosité. Les côles reçoivent une influence marquée de cette disposition contre nature. Souvent le sternum est dérangé dans le rapport de ses pièces, dont une se porte en avant, et produit encore une autre difformité. Quand l'inflexion de la colonne est latérale, alors dans la poitrine les côtes sont singulièrement déformées ; rapprochées du côté de la concavité, elles s'éloignent du côté de la convexité. Rarement la déformation de la colonne se propage à la région lombaire : quand cela arrive, la convexité est en devant. Le bassin se trouve alors fort influencé , et diminué quelquefois énormément dans son diamètre antéro-postérieur. Les os des îles sont rarement déformés par le rachitis.

Les membres supérieurs sont rarement contrefaits ; pour les inférieurs , ils le sont presque toujours. Les jambes et les cuisses sont arquées en sens opposé, et produisent l'effet le plus difforme. De plus, les extrémités des os longs sont très fréquemment gonflées et ramollies, surtout quand le vice scrofuleux survient.

Quand la maladie se guérit , les os prennent

plus de consistance, mais ne reviennent jamais à leur rectitude première. L'issue est ordinairement fâcheuse quand il y a complication du vic^ scrofuleux ou vénérien.

Les rachitiques ont en gênerai des traits caractéristiques : couleur particulière de la peau j vivacité' des yeux, sensibilité' plus exquise, pre'cocité de Tesprit, peu d'énergie musculaire, digestion plus ou moins facile.

3^8 CHAPITRE XXIL

Les poils et les cheveux jouissent d'une vitalité' si obscure que la plupart de leurs aîiërations nous sont inconnues. T\ n'y a que la plique polonaise qui soit susceptible d'une descripiion particulière. Nous ne la connaissons point en France ; elle est endémique en Pologne. Suivant les relations, elle est he're'ditaire et spontanée , et ne se gagne point par contagion. Son invasion se compose de plusieurs symptômes gene'raux. Les cheveux s'entremêlent, végètent, un fluide ichoreux s'e'chappe de leurs extre'mite's ; ils saignent quand on les coupe. Cependant Tëpiderme subjacent est très sec.

Malgré leur peu de vitalité, les cheveux reçoivent l'influence des autres maladies: ainsi ils tombent après une affection aiguë très intense, telle qu'une fièvre adynamique. Cette chute se fait de deux manières : ou le bulbe reste, et ils repoussent peu à peu ; ou il tombe ; alors c'est sans espoir de retour, comme on le voit chez les vieiU lards , les individus exposés au soleil , et ceux

qui sont attaqués de fréquentes migraines. Les cheveux blanchissent par l'âge ou par Teffet dç violents chagrins. Quelle qu'en soit la cause, ce phénomène s'opère toujours par défaut de fluides nourriciers , qui n'ont plus la force de monter dans les capillaires.

La coupe des cheveux , quand elle suit de trop près la convalescence d'une maladie grave , peut être nuisible. 11 en est de même des autres poils, dont les affections sont inconnues.

330 CHAPITRE XXIIL

L'épiderme jouissant de peu de vitalité', doit avoir des maladies très obscures. On les divise çix conse'culives et idiopathiques.

Les cors sont de petits tubercules insensibles par eux-mêmes , mais douloureux par la compression qu'ils exercent sur les parties voisines. Ils sont forme's par l'ëpaississement de Te'piderme comprime. Ils surviennent ordinairement aux pieds 5 par Teffet d'une chaussure étroite. Il faut bien distinguer ces tubercules des verrues , qui sont les produits du chorion; elles sont organise'es, et fournissent du sang quand on les coupe trop près de leur base. 11 faut les distinguer aussi des ognons, qui sont le produit des cartilages.

L'e'piderme s'exfolie ordinairement à la suite de l'affection de la peau qu'il recouvre; ainsi après un e'risypèle^ une petite-ve'role, une phlyctène, on voit tomber cette membrane sous di-* versses formes.

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