‹ Anatomie pathologiqueChapitre 8 sur 65 · SUR L AUTOPSIE CADAVÉRIQUE · texte numérisé non relu

SUR L AUTOPSIE CADAVÉRIQUE

presque en entier après la mort , ce qui ne se voit point dans les tumeurs chroniques ; il est probable que dans Finflammation aiguë des organes internes la même chose arrive , et nous en jugeons par analogie.

Dans Tinflammation des intestins , la tension du ventre peut être en partie produite par le gaz, et devoir aussi son existence au gonflement du tissu cellulaire voisin; en effet, elle disparaît presque entièrement après la mort. Ce qui cause la r^oiution des tumeurs aiguës, c'est que l'irritation qui retenait le sang dans les parties se dissipe avec la vie. Dans les inflammations chroniques, ce changement n'a point lieu après la mort, parceque le sang se trouve alors presque combiné avec les parties.

Dans les ouvertures de cadavres, on doit surtout s'attacher aux phénomènes essentiels, sans recueillir des circonstances accessoires.

Il est avantageux également de rechercher la connexion des phénomènes cadavériques avec ceux qui les ont précédés.

La marche à suivre dans Tautopsie cadavérique doit différer suivant les espèces de maladies que nous avons établies ; ordinairement on y procède par ordre anatomique , mais il n'est pas le plus propre à donner des notions précises; il vaut mieux, pour les maladies générales, suivre Tordre

des fonctions : par là on arrive à connaître celle qui est lësee.

Dans les maladies locales, la marche doit être différente : il faut d'abord examiner Torgane affecté, puis les organes voisins qui participent à la lésion; on passera ensuite à l'examen des fonctions. L'avantage qui re'sulte de cette méthode est que l'on peut parcourir successivement les maladies qui affectent chaque système. Par ce moyen on ne confondra point les maladies de deux organes absolument différents, situés dans la même cavité. Cependant il est quelques affections qui ne se prêtent point à cette classification méthodique : tels sont le scorbut, la syphihs, etc.; mais des travaux assidus pourront conduire à leur faire trouver place.

ORDRE k SUIVRE DANS l'aNA TOMIE PATHOLOGIQUE,

Nous diviserons d'abord l'examen des maladies en deux parties. Dans la première, nous nous occuperons de Fexamen des affections propres à chaque système en particulier, et des modifications qu'éprouvent les maladies générales dans ces mêmes systèmes. Dans la deuxième , nous considérerons ces maladies dans les divers organes qu'elles occuperont ; et , pour être méthodiques , nous procéderons par ordre de fonctions.

Chaque système a un ordre de fonctions qui lui est propre, quelle que soit d'ailleurs la partie qu'il occupe. Tel est le phlegmon ou inflammation du tissu cellulaire: soit aux extrémités, soit au tronc , il est toujours de même nature ; le pus qu'il produit est toujours le même. Quel que soit l'endroit ou se trouvent les membranes séreuses, leurs maladies sont analogues ; elles seules sont susceptibles d'adhérences. Le système cutané est le siège exclusif de certaines affections , telles que les dartres, les éruptions varioliques, les pustules

inflammatoires. Celte observation avait de'j à tellement frappe' les médecins, que Ion avait formé une classe partsculière des maladies de la peau. D'après toutes ces citations^ on voit qu'il est essentiel d'examiner les maladies des systèmes en particulier.

En considérant les maladies sous le premier rapport, nous ferons une abstraction continuelle des systèmes qui, conjointement avec celui qui est affecté , concourent à la formation d'un organe. De là s'établit la conséquence, que chaque système peut s'affecter isolément. L'ouverture des cadavres nous le prouve , puisqu'elle nous montre que presque toutes les maladies locales n'ont leur siège que dans un tissu particulier de l'organe affecté.

Prenons pour exemple le poumon. Cet organe se compose de la plèvre , du tissu pulmonaire et de la membrane interne. Dans la pleurésie, il n'y a que la plèvre d'enflammée; le tissu pulmonaire et la membrane muqueuse sont intacts. Dans la péripneumonie, c'est au contraire le poumon proprement dit , tandis que ses deux membranes sont saines. De même les toux catarrhales sont exclusives à la membrane muqueuse , tandis que le parenchyme et la membrane séreuse sont dans l'état naturel. Cet exemple peut servir de terme de comparaison pour tous les autres organes.

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Les atfections des membranes séreuses sont générales pour toutes leurs parties; aussi les anciens s'étaient-ils trompés sur Tentérite chronique en la considérant comme une maladie exclusive à la tunique externe des intestins ; elle s'étend toujours à tout le péritoine. Cependant, au lit du malade, cette manière d'envisager les maladies semblerait se démentir, puisque, pour la prétendue affection simple d'un tissu, Torgane tout entier semble affecté. C'est ainsi que dans l'inflammation du péritoine qui recouvre l'estomac, celui-ci est affecté de vomissement. On ne sait comment expliquer une sympathie si constante ; mais l'affection unique dans un seul tissu n'en est pas moins réelle.

Quand on connaît bien les maladies, pour les distinguer il faut avoir égard à trois espèces de symptômes. Les premiers sont exclusifs à l'organe affecté, les seconds dépendent des organes voisins, et les troisièmes sont généraux. Ainsi ^ dans la pleurésie , la douleur locale de côté , qui appartient à la plèvre , doit être rangée dans la première classe ; l'oppression et la difficulté de respirer, qui appartiennent au poumon, sont comprises dans la seconde; enfin l'état du pouls ^ celui des sécrétions , composent le troisième.

Dans les maladies chroniques , le principe que nous avons établi touchant l'affection particu-

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iière des systèmes semble souvent démenti en apparence, puisque, quand ces maladies ont été assez graves pour causer la mort, ordinairement on trouve la substance de Forgane affectée et malade. Mais cette maladie générale est toujours due à une affection principale qui s'est développée dans un de ses tissus , et Tétat dans lequel on trouve les autres à la mort n'est que consécutif. Ainsi dans un cancer, la maladie commence par une légère tumeur vacillanie dans le tissu cellulaire du sein; bientôt celui-ci s'engorge, la tumeur devient adhérente ; ses progrès continuent , les muscles s'ulcèrent; enfin les os se carient, et Tétat où le mal se présente vers sa fin n'est que l'effet consécutii'de l'affection première. Cet exemple suffit pour établir la marche de toutes les maladies chroniques, tant pour celles que l'on découvre à l'extérieur que pour celles dont les phénomènes se passent au dedans. Dans les cancers de l'estomac , il arrive souvent que l'affection s'étend à tout le péritoine par le moyen de la portion qui le tapisse ; quelquefois aussi dans ce cas le foie devient tubercideux. C'est une différence essentielle entre les maladies aiguës et les chroniques , que les symptômes des premières ne sont produits que par l'affection vive d'un seul système organique, tandis que dans les dernières ils sont causés par l'altération lente de tout l'organe.

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Toutes les maladies chroniques ne se propagent pas aussi facilement les unes que les autres. Le cancer en est très susceptible, tandis que les ossifications artërielles ne s'étendent jamais.

l6 CHAPITRE III.

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