ARTICULATIONS DU COUDE ET DU GENOU
Chez les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles.
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Dans un mémoire publié en 1857, sur la comparaison des membres \ j’ai montré que l’humérus est un os tordu sur son axe. Chez les Mammifères terrestres et aquatiques, cette torsion est de 180°; de là la flexion de l’avant-bras en avant , suivant un plan parallèle au plan sterno-vertébral. Dans les Chéiroptères , les Oiseaux et les Reptiles , la torsion de l’humérus n’est que de 90°; il en résulte que l’avant-hras se fléchit en dehors perpendiculairement au plan sterno-vertébral. Comparant ensuite l’articulation du coude à celle du genou , je crois avoir établi que dans tous les Mammifères monodelphes, les Didelphes herbivores et les Monotrêmes, le chapiteau du tibia est formé par la coalescence du radius avec la portion supérieure et postérieure du cubitus , dont la crête postérieure devient la crête antérieure du tibia, et dont l’olécrâne est représenté parla rotule.
1 Mémoires de l’Académie des sciences de Montpellier, in-4° (Médecine), tom. II, pag. 471; 1857. — Annales des sciences naturelles (Zoologie), 4e série, tom. VIII, pag. 45; 1857. — (Jnlersuchungen sur Naturlehre des Menschen und der Tltiere von Molescltott, tom. VI; 1860.
Dans les Marsupiaux inférieurs, au contraire, le tibia correspond au radius seulement, le péroné au cubitus tout entier; aussi dans ces animaux la rotule est-elle fixée au péroné.
Pour vérifier ces lois morphologiques, j’ai voulu comparer dans toute la série des Vertébrés pulmonaires, l’articulation du coude avec son homologue, celle du genou, afin de contrôler ainsi de nouveau les inductions auxquelles j’avais été conduit. D’un autre côté, l’homologie des articulations du coude et du genou étant évidente et admise par tous les anatomistes, depuis Galien jusqu’à nos jours , il m’a paru intéressant de voir comment ces deux appareils se modifient dans la série, et se prêtent aux fonctions si variées de la préhension, de la marche, de la course, du vol et de la natation, tout en obéissant aux lois immuables des connexions et du balancement des organes qui dominent toujours les adaptations fonctionnelles.
Les deux articulations se composent chacune de quatre pièces osseuses, séparées ou réunies et plus ou moins développées ou atrophiées. Ces quatre pièces sont : au coude; l’humérus, le radius et le cubitus et un os sésamo'ide soudé le plus souvent iavec cet os, l’olécrâne : au genou ; le fémur, le tibia, le péroné et un os sésamo'ide le plus souvent libre, la rotule. Nous verrons que l’humérus et le radius , le fémur et le tibia sont les pièces fondamentales, constantes et qui varient le moins. La rotule et l’olécràne, le cubitus et le péroné varient, au contraire, beaucoup et peuvent même disparaître en apparence , lorsque le radius et le tibia s’hypertrophient à leurs dépens. L’olécrâne et la rotule, véritables os sésamoides constants dans les Mammifères monodelphes, ne le sont pas dans les Oiseaux et n’existent plus dans les Reptiles.
Pour mettre de l’ordre dans notre comparaison, nous allons d’abord étudier les animaux dans lesquels l’humérus est tordu de 180°, et le chapiteau du tibiaj formé par la coalescence du radius et de la portion supérieure et postérieure du cubitus ; ce sont les Mammifères monodelphes terrestres et aquatiques, les Monotrêmes et les Marsupiaux supérieurs. Nous examinerons ensuite les Didelphes, où les deux articulations se ressemblent complètement et dans lesquels la rotule est fixée au péroné , comme l’olécrâne au cubitus.
DU COUDE ET DU GENOU