II. Tête du tibia simple ; rotule péronéale
LesMarsupiauxcarnivores, tels quelesThylacines qui rappellent les Chiens, et les Dasyures qui ressemblent à nos petits Carnassiers, offrent désarticulations du genou construites sur le même plan que celles du coude. Dans les Thylacines (Thylacinus cynocephalus), l’olôcrâne ( fig . 18) est droit, épais, tuberculeux ; le radius est placé au-devant du cubitus, comme dans les Carnassiers ordinaires. De même au genou (fig. 19 ), le tibia est au-devant du péroné et beaucoup plus gros que lui. La crête du tibia est épaisse et bien marquée ; le tendon du triceps s’insère entre les deux surfaces articulaires et ne porte pas de rotule. Celle-ci (fig. 19 r), grande, recourbée en arrière, s’articule avec le péroné et la face externe du condyle externe du fémur, dont la tête repose sur les deux os. Dans les Thylacines , la crête du tibia existe encore , elle disparaît dans les Dasyures ( Dasyurus macrourus (fig. 20) et D. ursinus ). La rotule, grande, elliptique, s’insère sur le péroné , dont le volume égale presque celui du tibia. Les condyles du fémur roulent sur les deux os et le tendon du triceps se fixe entre les deux surfaces articulaires du tibia. Comme toujours, ces dispositions varient un peu dans les différents genres d’animaux : ainsi, dans les Marsupiaux frugivores, le Petaurus taguanoides ( fig . 2 1 ), le Phalangista Cookii et le P. vulpina; dans un Insectivore, le Didelp/iis Azarce, le tibia et le péroné sont de même grosseur. Chez le premier de ces animaux (fig. 21 ), la face antérieure de la portion supérieure du tibia ne porte point de crête , mais est parfaitement arrondie. La tête du péroné, énorme, plus grosse que celle du tibia, s’articule avec le condyle externe du fémur et porte une petite rotule péronéale ; dans cet animal, c’est la tête du péroné qui s’est développée aux dépens de celle du tibia et de la rotule. Dans le Dasyurus macrourus au contraire (/%. 20), la tête du péroné est petite, mais la rotule péronéale r est beaucoup plus développée que dans le Pétauriste.
Nous arrivons aux derniers Mammifères, et les dispositions se simplifient encore. Dans le Phascolarctos fuscus , l’olécrâne est droit et sans tuber-
DU COUDE ET DU GENOU
cules. Le tibia et le péroné ( fig . 22) sont semblables, ronds, tous deux articulés au môme niveau avec les condyles du fémur ; la rotule r, insérée au-dessus du péroné, est en contact avec la face externe du condylepéronéal du fémur, et le tendon du triceps s’insère au-devant des facettes articulaires du tibia. Enfin, dans les Phascolômes, les derniers des Mammifères, les différences entre les deux articulations deviennent complètement insignifiantes. Au bras', on voit un gros cubitus terminé par un olécrane massif et droit, et un radius relativement plus grêle ; à la jambe, deux os de même forme, seulement la partie moyenne du péroné est plus évidée. Le fémur s’articule avec le tibia, et la tête du péroné qui est de forme identique à celle du cubitus, sauf que l’extrémité est détachée et forme une rotule semblable à l’olécrâne correspondant. Dans cet animal, l’identification des deux membres est complète ; le pisiforme a la forme du calcanéum, et l’homologie des deux extrémités devient évidente. M. Owen l’a déjà très-nettement indiquée1 2 avant moi, seulement il n’en a pas déduit la composition du chapiteau tibial dans les Mammifères supérieurs, chez lesquels la coalescence de la portion supérieure et postérieure du cubitus avec le tibia engendre la crête du tibia et entraîne l’olécrâne, qui devient rotule et reste séparé, comme il l’est au bras dans leGaléopithèque, les Roussettes, quelques Chauves-Souris et le Pingouin.