OISEAUX
Rapaces. — Le Condor présente un tubercule olécranien et une double crête du tibia dépassant à peine les faces articulaires de l’os. La rotule est nulle. Les Vautours, les Autours2 et les Aigles ont également un petit tubercule olécranien très-court, qui n’embrasse pas la trochlée humérale. Le radius et le cubitus sont complets et écartés l’un de l’autre. La crête du tibia est double, peu saillante, et porte une petite rotule semi-lunaire. Le péroné s’articule avec le fémur, il est grêle et égale seulement la moitié du tibia. La Chouette ( Podargus cinereus ) a deux crêtes du tibia peu saillantes; elles s’arrêtent au niveau des faces articulaires du tibia.
Passereaux. — Chez le Moineau commun, l’olécrâne est à peine indiqué; les deux os de l’avant-bras sont complets et séparés l’un de l’autre. A la jambe, point de crêtes du tibia ni de rotule. Péroné incomplet.
Grimpeurs. — Dans les Perroquets3, le tubercule olécranien est assez marqué. Le tibia ne présente point de double crête ; le fémur s’articule avec
• De Blainville; Ostéographie; Chéiroptères, pl. II.
2 Squelette du Falco palumbarius . Daudin; Ornithologie, tom. I, pl. 1 et 2.
3 Daudin; Ornithologie, tom. I, pl. 4.
DU COUDE ET DU GENOU. (347) 15
les deux os, dont le plus grêle, le péroné, égale à peine le quart du tibia, avec lequel il se confond.
Gallinacés. — Les Pigeons n’ont ni olécrane ni rotule ; le tibia offre une crête bifurquée et le fémur s’articule avec le péroné. |Les Hocco et les Dindons présentent aussi la double crête tibiale, surmontée d’une petite rotule semi-lunaire.
Échassiers. — La Cigogne, l’Outarde, la Grue couronnée, le Flamant, portent des traces d’olécrâne , une double crête tibiale surmontée d’une rotule lenticulaire ; le péroné , plus ou moins long , s’articule avec le fémur. Dans le Pélican, l’olécrâne est rudimentaire, la crête du tibia simple percée d’un trou elliptique , la rotule nulle , le péroné incomplet articulé avec le fémur. L’Autruche n’offre qu’une trace d’olécrâne; la crête antérieure du tibia (fig. 24) est énorme , bifurquée; elle porte une rotule r triangulaire épaisse, qui est en contact avec le condyle externe du fémur. Le péroné p a une grosse tête articulée avec la moitié du condyle externe du fémur ; sa longueur totale égale les neuf dixièmes du tibia ; il se termine en pointe effilée. LeCasoar porte un olécrane rudimentaire; la rotule manquait sur les squelettes que j’ai vus. Le tibia rappelle celui de l’Autruche, mais le péroné est plus court , car il se confond avec le tibia à partir du quart supérieur. Le Singulier, oiseau sans ailes, connu sous le nom d ’Apterix australis, présente sur son squelette un membre supérieur rudimentaire très-petit ( fig . 25), mais complet; un humérus h très-courbe, un radius r et un cubitus c sans olécrane et un doigt. La crête du tibia (fig. 26) est bifurquée, et dans l’épaisseur du tendon fixé au tubercule interne, on sent une petite rotule.
Palmipèdes. — Le Pingouin brachyptère (Alca impennis ) a un cubitus aplati surmonté d’un olécrane rotulien ovalaire, fixé par un ligament à une courte apophyse. Le Manchot des mers antarctiques (Aptenodiles Forsterii ), dont j’ai vu le squelette au British Muséum, n’a point d’olécrâne, mais une grosse rotule. Il en est de même du Fou de Bassan (Sula bassana). Les Plongeons du Nord (Colymbus glacialis, C. cristatus ') sont dépourvus d’olécrâne {fig. 28). Cette apophyse n’est représentée que par un tubercule peu saillant,
1 Voyez une figure du squelette dans l’Ornithologie de Daudin, tom. I, pl. 8.
mais la crête du tibia c {fig. 28) s’élève à quatre ou cinq centimètres audessus des condyles du fémur ; c’est un véritable olécrane tibial . La crête est bifurquée dans les Albatros, et s’articule souvent avec le fémur. Les Cygnes ont un olécrane rudimentaire ou nul, une crête du tibia bifurquée et un péroné égalant les deux tiers du tibia, qui s’articule avec la moitié externe du condyle fémoral correspondant.
En résumé , dans les Oiseaux , l’olécrâne est rudimentaire ; il se réduit à un tubercule aplati, ou bien il manque totalement -, jamais il n’embrasse la trochlée humérale, qui n’est pas dessinée comme dans les Mammifères. Les deux os de l’avant-bras sont complets et distincts ; c’est en général le cubitus qui est le plus gros. A la jambe, le chapiteau du tibia est composé, car il est très-développé ; tandis que le péroné est plus ou moins atrophié et même presque toujours à l’état styloïde. La crête tibiale existe ; elle est tantôt simple, tantôt bifurquée. Quand elle est simple, elle remonte quelquefois au-dessus des faces articulaires du tibia ( Colymbus ) , c’est un véritable olécrane tibial donnant attache au tendon du triceps ; mais la crête est le plus souvent bifurquée , elle se termine par deux tubercules, surmontés de rotules sésamoides plus ou moins avortées. Ces deux tubercules représentent l’olécrâne double de l’Ornithorinque et de l’Échidné, et tous les olécranes tuberculeux ou munis d’un crochet interne, si communs dans les Mammifères ordinaires.