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GLANDES SALIVAIRES

L'existence de ces glandes dans Îe scorpion, où, après de grandes difficultés, je parvins à les découvrir, m'avait fait présumer qu'on pourrait aussi les rencontrer dans le galéode. Je ne tardai pas, en effet, malgré leur ténuité et la profondeur de leur siége, à les mettre en évidence; mais, ce qui m'a singulièrement étonné, c'est la différence de ces glandes dans certaines espèces.

Dans le barbarus, chacune d'elles consiste en une agglomérauon subarrondie des replis flexueux d’un seul et même vaisseau simple, filiforme, blanchâtre ou hyalin, suivant le degré d’élaboration de la salive, et se terminant par un bout hbre. Cette agglomération, qui n'a pas la grosseur d’un anis couvert, est enfoncée derrière la carcasse thoracique, d’où il n’est pas facile de la déloger dans son intégrité, à cause de sa mollesse et de sa fragilité. C'est là l'organe essentiellement sécréteur de la salive, tandis que la portion du même vaisseau qui s’en détache pour se porter vers la bouche, en longeant les flancs de la carcasse, en devient le conduit excréteur.

La glande salivaire du nigripalpis a une configuration et une texture totalement différentes de celles du barbarus et de la plupart des autres espèces. Ce n’est point un seul peloton et un unique vaisseau; mais, dans le cas où la pince est assez heureuse pour exhiber cet organe, on constate deux grandes agglomérations de vaisseaux grêles, fragiles, plus ou moins transparents, tellement anastomosés entre eux qu'il est impossible de les dérouler. Ces agglomérations sont reliées entre elles par une sorte de tresse ou de cordon à trois ou quatre chefs, où la loupe atten-

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tive reconnait un ou deux canaux traversiers fort courts. Cette tresse aboutit à six vaisseaux de même calibre, rangés sur un même plan, et s'abouchant tous six à un réservoir basilaire en forme de croissant, qui émet par le centre de sa convexité un conduit excréteur d’une brièveté qui échappe à l'œil le plus exercé. Il est même vraisemblable que je n'ai vu qu'un court tronçon de ce conduit. La figure que j'en donne n’exprime que ce que j'ai constaté.

En déméêlant ou en déchirant cette curieuse glande salivaire, Je me suis assuré qu'il existe, tant dans les agglomérations que dans la tresse, des vaisseaux anastomotiques qui constituent comme des mailles irrégulières; mais ce qui est demeuré pour moi un fait inexplicable, dont je lègue la solution à un scalpel plus acéré ou plus heureux que le mien, c'est le mode de connexion ou de terminaison des trois ou quatre vaisseaux, le plus souvent trois, qui constituent la tresse, et desquels naissent les six vaisseaux parallèles qui s’abouchent au réservoir. C'est là une de ces fines anatomies qui ont défié mes yeux.

Il arrive parfois, toujours dans ce même nigripalpis, que la glande d'un côté s'enchevêtre avec celle de l’autre côte, de manière à constituer, par leur ensemble, un organe inextricable et indéfinissable aux yeux de l’anatomiste qui n'aurait pas disséqué auparavant dans plusieurs sujets ces deux glandes séparées.

Nora. Kittary (loc. cit. tab. VIII, fig. 12, gg, hh, k) a évidemment connu les deux glandes salivaires dans l'aranoides; mais il s'est mépris, et sur la nature, et sur les fonctions, et sur le mode d'inserlion de cet organe, auquel il a donné au hasard ie nom de pancréas ou de boyau sous-stomacal. Ce qu'il a désigné en hh comme un appendice fixé à la peau n’est qu’une portion du tégument, accidentellement détachée, où adhérait accidentellement aussi le conduit excréteur de la glande. Cet auteur a représenté en k, sous le nom d'organe glandulaire, l'agglomération commune aux deux glandes salivaires. Cette agglomération confirmerait admirablement mes dissections sur ce point, et témoigne aussi de l'habileté de son scalpel.

M. Blanchard a pareïillement vu les glandes salivaires dans l’araneoides. H les appelle des ylandes stomacales, et il me semble en avoir mal saisi

Histoire naturelle des galéodes, il

les connexions. La complication de ces glandes rappelle celles du nigripalpis.

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