‹ Anatomie, physiologie et histoire naturelle des galéodesChapitre 48 sur 61 · ORIFICE GÉNITAL EXTERNE ET MODE D’ACCOUPLEMENT · texte numérisé non relu

ORIFICE GÉNITAL EXTERNE ET MODE D’ACCOUPLEMENT

L’aboutissant, au dehors, de l'appareil génital mâle, est un orifice que je vais décrire plus particulièrement dans le nigripalpis, parce que c'est dans cette espèce que j'ai eu occasion de le mieux étudier.

Cet orifice offre, tant à l’intérieur qu'à l'extérieur, une forme elliptique, oblongue, bivalvulaire, où mieux bilabiée, avec des lèvres en bourrelet assez gros. Ces lèvres, envisagées du côté de la cavité splanchnique, sont glabres, calloso-musculaires, se continuant à droite et à gauche par un filet de même texture prolongé jusqu’à la ligne d'union du premier segment ventral avec le second. Ces deux filets sont évidemment destinés aux mouvements variés de contraction et de dilitation de ces lèvres durant l'acte copulatif.

À l'extérieur les lèvres de l’orifice génital sont revêtues par le tégument et hérissées de poils, de manière à présenter de la ressemblance avec les grandes lèvres de la vulve de la femme. Et, ce qu'il m'importe de faire remarquer, c’est l'identité de forme et de texture de cet orifice du mâle avec la vulve de la femelle, ainsi que Je le redirai bientôt.

Encore que j'aie multiplié mes autopsies à linfini, et avec cette ténacité de persévérance qui s'attache à la découverte d’un fait ardemment convoité, je suis forcé de déclarer que dans les diverses espèces de galéodes soumises à mon scalpel je n’ai pas

trouvé le moindre vestige, je ne dis pas seulement d’une verge ou pénis, mais la plus minime partie d'une pièce cornée cartilagineuse ou calleuse qui püt faire naître l'idée d’un étui, d'un fourreau copulateur.

Cette absence anatomique entraine la conviction intime que dans l'accouplement des galéodes il ne saurait y avoir véritable intromission de l'organe mäle dans l'organe femelle.

Par ces faits anatomiques, tant positifs que négatifs, je me crois donc autorisé à penser que dans l'acte du coït le mäle et la femelle sont nécessairement placés ventre contre ventre, et que dans l’état d’orgasme qui accompagne cet acte il se passe, ou une simple confrication mutuelle, semblable à celle du moineau, ou, comme dans le coq, une titillation de quelque papiile improvisée, d'une verge rudimentaire instantanée, éjaculant une liqueur fécondante, une aura seminalis. Honneur au scalpel!

Ainsi dans la série descendante des animaux articulés, le galéode serait le premier de ceux-ci, peut-être même le seul, qui Offrirait ce mode de fécondation. C’est là un fait entièrement

nouveau.

ARTICLE IL

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