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pas d'autre but. Toute l'antiquité a reconnu en lui un sage supérieur aux préjugés de son siècle , Kvré à la contemplation , et puisant dans la connaissance du ciel un calme, et une sérénité inaltérables. Tel était aussi , selon Plutarque , le premier fruit que Périclès avait retiré de ses leçons.
Les vues que lui prête Àristote sur le but de la vie s'accordent avec le récit de Plutarque (1). « Quelqu'un lui » demandant un jour pourquoi l'existence était préférais Me au néant : « Parce qu'elle nous permet , dit-il , de » contempler le ciel et l'harmonie de l'univers. » La fin et » le bonheur de la vie consistaient donc pour lui dans la » science. » Clément d'Alexandrie dit aussi (2) a qtTÀnaxa- » gore assignait pour but à la vie la contemplation , fl6cupi«», et la liberté qu'elle procure. » La liberté dent il est ici question est l'affranchissement des terreurs su-* pearstitieuses et le calme qui résulte de la science. Cette tendance spéculative ressort encore du reproche que lui adresse Àristote d'avoir négligé l'utile , la recherche des biens humains, pour s'occuper de choses difficiles , admirables et divines , mais tout à fart inutiles (5).
Il est à croire cependant qu'il avait donné quelques préceptes moins généraux sur la conduite de la vie : il enseignait le mépris des richesses , l'amour de la justi-
(1) Arist., Éth. Etidém., t, V
(J) Strom., ii.
(3) Arist., Eud., v, 7.
ce (1). « Quelqu'un lui ayant demandé (2) quel était » l'homme le plus heweux : « Ce n'est, répondit-il, aucun » de ceux que tous supposez ; mais vous ne sauriez croire »à son bonheur. » Il répondait ainsi, parce qu'il voyait »que celui qui l'interrogeait ne pouvait pas concevoir le » bonheur sans la puissance , la beauté et la richesse. » Sans doute, l'homme véritablement heureux pour lui » était celui qui menait une vie tranquille et pure , réglée » sur la justice et la contemplation des choses célestes. » Quelques-uns de ses préceptes moraux roulaient aussi sur l'incertitude des événements, la résignation aux coups du sort , la nécessité d'envisager le malheur avec courage et de le prévoir, pour le supporter plus facilement quand il vient nous frapper. Euripide ne fait que reproduire ces enseignements , lorsqu'il fait dire à Thésée (5) : « In- »struit par un sage , je me suis habitué à méditer sur le » malheur : je me suis représenté l'exil , une mort pré- » maturée , et mille autres maux affreux , afin que s'ils » venaient jamais à me frapper, j'en fusse moins ébranlé, »les ayant prévus. »
Cette doctrine, tout incomplète qu'elle est, se fait déjà remarquer par sa tendance spiritualiste ; la notion d'intelligence a porté ses fruits. Anaxagore , détachant les esprits de la poursuite des intérêts matériels , et les
(1) On en trouve la preuve dans l'éloge que fait de lui Euriide. (Clém. d'Alex., Strom., iv.)
(2) Arist., Eth. Eud., 1,4.
(3) Galen., de Hippocr. et Plat., dogm., 1. iv.
appelant à la contemplation des lois éternelles du monde, à l'étude du bien , peut être regardé comme le précurseur de Socrate et le premier législateur de la morale.