‹ Anches et embouchuresChapitre 2 sur 17 · L'ORGUE DE BARBARIE · texte numérisé non relu

L'ORGUE DE BARBARIE

CET instrument est aux vraies orgues ce que M. Gaston Lemaire est à la Musique, ce que M. Bouguereau est à la peinture, ce que l'oie est au cygne. Ridicule, vain et geignard, on le voit sans cesse en ballade, ce qui, hélas ! me contraignit à lui en rimailler une.

O jours chastes et purs d'antan !

Jours d'innocente ladrerie.

Où les pères, l'œil clignotant.

Disaient d'une voix attendrie :

« Allons! mes fils, sans nonchaloir « Travaillez la géométrie, « Jeudi je vous mènerai voir (( Râler l'orgue de Barbarie. »

Instrument terrible pourtant.

Dont mon oreille s'avarie, Et qui, de son rot irritant.

Troubla souvent ma rêverie !

Rien ne m'est si giand désespoir.

Quand je suis près de la chérie, Que d'ouïr (T^emets ton peignoir .') Râler l'orgue de Barbarie.

Certes, je crois qu'en un instant On ne pourrait, de la patrie, Chasser tant d'orgues, tant et tant !

Mais qu'au Sénat on les charrie.

Lintilhac, auvergnat rasoir, Delpech, maître en effronterie.

Et Combes feront dès ce soir Râler l'orgue de Barbarie.

Page 1