Voyez ci-dessus, p. 71, note
2. Bourlens de Luxembourg est porté sur un Etat delà maison du duc de Bourgogne (1472) en qualité d'homme d'armes de sa garde. (Bibl. imp., Mas, , n° 8430% fol. 53, verso.) 11 est désigné ainsi qu'il suit sur un autre état de 1479 : « Jehan de Luxembourg, dit Bourlens, escuyer,
de meschiefz à la ville et au pais environ. Et ce pendant, ou dit mois d'aoust, le mareschal «le Gueldres, à tout une routte de gens, s'en vint boutter dedens l'église et abbaye dudit Sainct Ricquier; et pour ce que lny ne ses gens n'entendoient point le langage, ilz s'enfermoient très songneusement en ladiete abbaye, là où il/, firent de la peine et du travail assez : lesquelz y furent longtemps, et jusques à tant que le duc retourna à \bbeville. là si envoya ledit abbé devers le duc pour obtenir lettres qu'il/, deslogeassenl . ce qu'il obtint; mais le mareschal n'\ vault oneques obeyr. Ce pendant qu'il/, estoienl à la dicte abbaye, une peste s'i frappa en eux et en morut si hastivement sept ou VIII, qui les failloit mettre deux en une fosse; et, entre les attitrés, le nepveu dudit mareschal v morut, dont il mena grant doeul.
Item. Ce pendant, ung des gens dudit mareschal menoit le milleur cheval que ledit mareschal eust à 1 eaue ; mais ledit cheval se tua tout roidde à frapper sa teste contre une baille, et sVi revint ledit serviteur à pied. Se disoit que cestoit pugnition divine, et comme miracle; mais, quelque chose qu'il en fut, il ne se partit oneques de l'église. Item, pendant la saison de moisson d'aoust, les gens dudit mareschal firent grans dommages et grandes pertes au povre poeuple; car ilz avoient des grans sac/, qu'il/ portoienl aux champs, et coppoient seullement les espiz des bled/ qu'il/ trouvoient en di/eaux, en garbes, ou à soyer, s'ilz n'en trouvoient nulz aultres, là où il/ firent merveilleux dommages, et pareillement aux avaines : et quant les povres gens, qui point ne les entendoient, les volloient rescourre, ilz les battoient inhumainement, et n'y avoit homme qui en osast parler.
Au retour dudit duc de Bourgongne qu il fistde Rouen.
capitaine des archers, de retenu au bailliage d'Evreiix et Gisors, pour ses gages et voyages 240". » [Bibl. imp., Mss., fonds Gaignières , n° T7-22, p. 700.) Vivait encore en 1491. Mounet, IV, 196.
pS CROMCQUES D'ENGLETERRE.
il s'en vint à Blangi, en Normendie, et de là à Rambures, et puis à Araines, là où il arriva le XVIe jour de septembre, et, à son partement , se tira une vespres à Picquigni , et au pont de Picquigni morut le seigneur de Boufllers, et pluseurs aultres, en une escarmuee qui y fut faicte, et si y fut prins messire George Grec, englois1, chevallier, ung gentilhomme de Flandres qui estoit au seigneur Desquerdes, et bien aymé dudit seigneur, nommé Jehan de Courteville2,
1 . Peut-être bien George Grey qui fut un des principaux personnages fie l'armée anglaise envoyée en France, vers 1491, par Henri "VII, afin de secourir Maximilien contre les Français. (Dugdale, I, 718.)
2. « Jehannet de Courteville, échanson, au lieu de Pierre de Molembaix, le 1111e jour de février LXXV. y> {État de la maison de Charles, dernier duc de Bourgogne : Dibl. imp., Mss., n° 84302, fol. 19, verso.) Était aussi homme d'armes du duc. (Id., ib., fol. 53, verso.) Est encore porté sur l'état de la maison de Maximilien, duc d'Autriche et de Bourgogne, comme « escuier eschancon,» en septembre 14-77. (Compte rendudes séances de la Commission d'Histoire de Belgique, t. IX, p. 120, deuxième série.) Assistait à la bataille de Guinegate, en 1479. Le duc d'Autriche, à cette bataille, « s'en alloit fourrer en ung ost d'hommes d'armes francois, cuidant que ce fussent ses gens, n'eust esté le seigneur de Quievrain, qui s'en aperceu;et le duc, pour en scavoir la vérité, choisit ung gentilhomme de Picardie, nommé Jeunet de Courteville, et lui dit qu'il allast veoir s'ainsi estoit, et qu'il en rapportast certaine nouvelle, ensemble et de scavoir où estaient les aultres seigneurs, capitaines et conducteurs de la bataille. Le dit gentilhomme, pour obéir au duc son maistre, en postposant crainte de mourir, paour et hide que lui povoit survenir, se mist à toute diligence pour achever sa charge. Esprins de grant couraige, s'en alla celle part; mais en chemin trouva si merveilleux rencontre, que son cheval fut tué et abbatu sur lui; et tost après , cinq francs archers eschappés de la tuison des aultres, s'amaserent et reposèrent sur ledit cheval tué, en regardant ledit Jennet soubs ledit cheval, cuidans qu'il fuist expiré; et se prindrent à dire ensemble : « Quoy que soyons fort reboutez, au moins celui-ci y est demouré. » Le dit gentilhomme se sentant mal à son aise, pour le faict du cheval qu'i portoit sur lui, retira les bras à soi. Parquoi les cinq archiers, vovans qu'il n'estoit encore mort, lui coururent sus de tous lez. Ne fault doubter se le dit Jennet estoit fort estonné, car il se sentoit agressé tant du cheval que de ses ennemis; toutesfois iceulx archiers ne le scavoient comment atteindre, pour la pesanteur du cheval mort qui leur donnoit empeschement. Néanmoins l'ung d'iceulx lui mit la dague sur la gorge; et ledit gentilhomme lui arracha à force de bras, et se coppa les doigts; et
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et pluseurs aultres. D'illec se tira le duc au Pont de Mer; à son deslogémeni dudit Pont, vuyderent les francois d'Amiens huict cens lances, ei \ eust naoult grande escarmuche; mais, finablement. lesditz francois furent constrainetz de rentrer dedens Amiens. D'illec tira le duc à Moroeul, et Qst bruller les terres du vydame d'Amiens, lequel avpit espousee la soeur1 dudit duc de Bourgogne]. De là tira à Charni, luy et son année, qui luy fut rendue, et il la fisl bruller et pillier. De là s'en alla à Jenlis, et pareillement luy fut rendu lechastel, lequel village el chastel il fisl piller et bruller; el de là alla à Rîblemont, qui pareillement fut toutte pillée el arse. De là s'en alla passer ^devant Hem, et de là devant Saine! Quentin, où il y eust grant escarmuche d'un costé et d aultre. et de notables fais de guerre. Mais en la fin, par constraincte, retournèrent les francois en la ville, et le duc s'en alla mettre le siège à iïeaurevoir.
Ou dit an LXXII, ou mois d'octobre, les francois, en très grant nombre de gens de guerre et communes, retournèrent devant Eu, desquel/, estoient principaulx cappitaines Joachin Uohault, mareschal de France, et messire Roberl d'Estouteville2. prevost de Paris. Aprez pluseurs assaulx et
quant il jecta sa veue, percent un hommes d'armes de su congnoissanct , nommé Jehan de Walers, auquel il escria aide; et icellui mit lance km arrest, deffit les francs archiers, délivra ce gentilhomme d'ango péril, et le monta sur son cheval pour achever son message; et se trouva vers le duc, auquel il recita son adventure ; et demanda au seigneur de Quievrain qui estoit ce gentilhomme; et lui dit sa nation, son nom et son estât. Perquoy le duc, de ceste heure, le print en sa grâce, et lui lii depuis beaucoup de biens. » (Moli.net, II, 221etsuiv.) Maître d'hôtel du seigneur des Cordes, en 1 486, Jehannet de Courteville fut fait prisonnier devant Douav, pour s'être trop avancé vers cette ville, par les ordres du seigneur des Cordes. (II;., Ut., 126.)
1. Yolande, bâtarde de bourgogne, mariée à Jeand'Ailly, seigneur de Picquigny, vidame d'Amiens. (Anselme, I, 245.)
2. « Robert d'Estouteville. chevalier, seigneur de Beine, qui a voit esté prevost de Paris par l'espace de 13 ans, ala de vie à trespas, an mois de juin 147(', au dit lieu de Paris, et en son lieu leroj donna le dit office de
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escarmuches fais devant ladicte ville, parlementèrent ensamble : et, finablement, les — et capitaines de ladicte ville se rendirent à la volonté desditz francois, sauf leurs vies, là oùestoit messire Jennet de Saveuses1, le seigneur de Samer2, le seigneur de Rabodengues, bailly de Sainct Orner, et aùltres notables hommes, qui furent détenus prisonniers et menez à Dieppe , là où ilz furent mis à raenchon ; et tous les gens de guerre, non nobles, s'en allèrent francemenl, ung baston en leurs mains, sans emporter aultre chose. De là, vindrent devant Sainct Wallery lesditz François, qui pareillement leur fut rendue et le chastel de Rambures. Et, ce pendant, le seigneur de Grevecoeur, bailly d'Amiens, avoit fait grande assemblée de gens de guerre, et arriva la nuict de la Toussaint à Abbeville, cuydant soy joindre avec la garnison d' Abbeville pour secourir lesdittes villes d'Eu, Sainct Wallery et Rambures; mais c'estoit sur le tard, car tout estoit jà remis en l'obéissance du roy. Et trouva, oudit lieu d' Abbeville, les gens de guerre desdites villes en povre estât et en grant disette ; car ilz ne avoient denier, et si estaient tous leurs maistres prisonniers, et ne scavoient comment retourner en leurs pais. Le duc de Bourgongne, qui estoit devant Beaurevoir durant lesdittes conquestes , vint mettre le siège devant Bohain, et illec furent trouvées unes trefves entre le roy et le duc de Bourgongne ; et, adonc, il
prevost de Paris à Jacques d'Estouteville, fils dudit deffunct prevost, en faveur de ce qu'il disoit que ledit deffunct l'avoit bien et loyaulment servy à la rencontre de Montlbery et autres divers lieux.» {Chronique scandaleuse ; voy. Lenglet, II, 156.)