Covenlry, dans le Warwickshire
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justicié lesdis seigneurs de Vellus et ses complices prisonniers pour les parverses et desloyalles trahisons par eulz commises alencontre de sa royalle magesté. Si commanda illec le roy présentement sur les champz, desoubz sa baniere, yceulz estre exécutez jusques à mort, comme ilz furent. Et, ce fait, fist le roy marchier son ost avant vers lesdis rebelles, et au joindre les battailles, les communes cryoient : « Clarence à Warewic! » et portoit messire Robert de Vellus, leur capitaine, la livrée du duc de Clarence. Si eut illec grant occision; mais il pleut à JNostre Seigneur envoier au roy Edouard la victore sur sesannemis, qui estoient plus de xxx mille hommes, dont la pluspart eussent esté occis se ne feust la plentureuse grâce et bénignité du roy, qui, voiant leur descomfiture, se mist en paine et labeur de faire cesser la dicte occision pour saulver ses subgectz. Et en ceste chasse fut occis ung des gens au duc de Clarence, sur lequel furent trouvées plusieurs lettres contenans matières sedicieuses pour subvertir le peuple du roy, avec les plus grandes, horribles et abhominables trahisons machinées et conspirees contre le roy et bien publicque de son royaume que oncques furent veues ne pourpensees : lesqueles escriptures le roy fist garder pour ycelles mettre avant quant heure luy en sambleroit. Et fut prins à ladicte chasse sire Thomas de La Lande1, chevallier. Aprez laquele victoire2 eue, le roy s'en retourna audit lieu d'Estamfort, luy et son ost, où, en
1. Thomas de La Laund, écuyer, marié à une des sœurs de Richard Welles. Décapité après la bataille. (Dugdale, II, 12.)
2. La bataille de Stamfort se donna le 12 mars 1469 (v. s.) (Gakte, II, 780).
16 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1470]
la grant église d'ycelle ville, rendy grâces et loenges à Nostre Seigneur de la victore qu'il lui avoit envoiee de ses dis annemis.
1299. Comment les conspirateurs et capitlaines des communes furent prins , lesquelz confessèrent que par le duc de Clarence et le conte de Warewic s'estoient eslevez. VI.
Or advint que, le xime jour dudit mois de marc, le roy estant audit lieu d'Estamfort, non soy ancores deffiant du duc son dit frère ne du conte de Warewic, leur rescripvi deux lettres de sa propre main, lesqueles il leur envoia par ung sien escuiier de corpz, nommé Jelian Don, par ycelles leur signifiant comment il avoit pieu à Nostre Seigneur lui avoir donné la victore : par quoy il les enhortoil qu'ilz départissent le peuple par eulz assamblé, et qu'ilz venissent devers lui avec compétent nombre de gens, selon leur estât; car il luy sambloit très nécessaire de mettre rigle en la conté de Lincolle, pour le bien de luy et de son peuple, du tempz à venir ; car le roy cuidoit que lesdis duc et conte eussent esté à Linceslre, ainsi qu'ilz luy avoient escript, comme dessus est dit, et fait acroire qu'ilz eussent esté le mardy, au plus tard, s'ilz n'eussent eu nouvelle de ladicte victore; et aussi que ancores n1 avoient pas le nombre de peuple qu'ilz atendoient, ou ce que ledit messire Robert de Vellus tourna son chemin vers Stamford atout sa compaignie, en intencion de rescourre son père, par quoy ilz tardèrent à Conventry.
Or doncques, pour retourner à nostre matière, le merquedy et joesdy xve et xvie jours de marc, le roy
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estant à Grawnten , les capittaines de sa compaignie coururent et prindrent aulcuns capittaines des dis rebelles, telz que ledit messire Robert de Well as, Richard Y\ aren ' et autres. Si les amenèrent devant le rov, où ilz furent cbascun à part examinez sur les villains cas par eulz commis, et ilz confessèrent, de leurs frances voullentez, que lesdis duc de Clarence et le conie de Warewic estoient, non pas seuliement participans, mais chiefz de toutes leurs trahisons que fait et machiné avoient, et que leur propos estoit, outreement, de destruire le roy el faire le dit duc de Clarence couronner. Lesqueles confessions, à l'heure qu'ilz furent excecutez à mort, ilz affermèrent ancores estre vrayes, publicquement, devant toute la multitude des assistens en losl du roy.
Vous avez bien oy, cy dessus, comment le roy Edouard, aprezeeste victore eue, envoia lettres à son frère, le duc de Clarence, et à son cousin de Warewic, lesquelz le messagier trouva à Conventry, comme dit a esté, où il leur délivra les lettres du roy : et ycelles par eulz veues, ilz promisrent audit Jehan Don, que en toute dilligeuce yroient devers le rov atout mil hommes en leur compaignie, ou xvcz au plus, délaissant leurs autres gens derrière. Non obstant laquele promesse, à leur partement de Conventrv, avec toute leur compaignie prindrent le chemin vers Brui 'il \ sur Tarente. Laquele chose voiant, ledit Jehan
1. Richard Warcyn. Voir les proclamations datées des xni, xxm et xxxi mars, dans lesquelles sont rappelés les griefs de ceux qui ont pris part a l'insurrection du comté de Lincoln. {JVarkwortiïs Çhronh <j;), notes.)