Worcester
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hommes de leur parti, qui se fraperent es gens du roy, quy, voiant cest inconvénient, guaigna ung pont, lequel fut reconcquis sur luy par les dessus dis. Pour laquele cause , le roy, adfin d'escbiever ce dangier, adverti que Warewic estoit si prez de lui atout bien l mille hommes, considérant comment les dis seigneurs, frères de Warewic, le trahissoienl1 villainement
1. Voici un document relatif à cette trahison, intitulé : a. La Traison faicte en Angleterre au roy Edouard d'Angleterre, comme l'a escript monsieur le bailly de Dijon, qui est en Flandres, à monsieur le président des parlemens de Bourgongne, et resseues à Dijon le xxvie jour d'octobre mil mic lxx. »
Le samedy, xme jour d'octobre, sont venus à Hesdin devers monseigneur deux gentilz hommes du roy d'Angleterre, qui ont affermé pour vrnv que le roy estoit à la Haye, avec luy monsieur d'Escales, frère de la royne, monsieur d'Astingues, son premier chambellan, qui a espousé l'une des seurs du conte de Verwich, et plusieurs autres grans seigneurs, le tout au nombre de deux mille hommes, anglois.
Dirent à mon dit seigneur les dits gentilz hommes que le roy meistses gens d'armes aux champs pour combatre le dit de Verwich, qui estoient en plusieurs parts ; et pour les assembler ordonna le roy au seigneur de Montagu, frère du dit conte de Verwich, ouquel il se fyoit très fort, qu'il assemblast toute son armée, et lui bailla la charge de son avant garde, où estoit une grant partie de son armée. Et le roy demeura pour oyr messe en une ville ditte d'Oxestre et bien petite compaignie ; car il se fyoit du tout ou dit seigneur de Montagu, lequel s'en vint contre le dit roy en la plus grosse flote* de tous ses gens d'armes, ausquelz il deist: « Messieurs, n'estes vous pas contens de faire ce que je feray, et de tenir le party que je tiendra), et vivre et inoryr avec moy ? » lesquelz dirent tous que oy. Et lors il leur dit, hault et cler : « J'ay changié maistre, et suis de présent au roy Henry et à monsieur de Verwich, et vous adverty que ceulx qui tiendront ce party, je les feray tous riches; et ceulx qui tiendront le party du roy Edouard, je leur feray trancher les testes. » Et alors tous crièrent : « Vive le roy Henry ! » Et, incontinent, le dit de Mon-
* Flote, troupe, réunion, a Les gens à chenal, que les Anglois auoient mis au bois dessus dit, saillirent enjlote. » (Juvenal des Ursins , Histoire de Charles VI ; Paris, 1653, in-fol., p. 315.) — a Et en estoient ia nouuelles eu plusieurs garnisons eljlotes de gens d'armes. » [Le Jouuencel , fol. x, verso.) Sainte-Palaye, à qui nous empruntons ces exemples de l'emploi du mot flote, en cite encore plusieurs antres.
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en prendant party contraire, se tyra liastivemenl en la ville de Hepshuye ', où il trouva, d'aventure, navire. Si passa en Hollandes, luy adcompaignié de son frère, duc de Clocestre, du conte de Rivière, seigneur deScalles, son serouge, le seigneur de Hastinghes, le seigneur de Duras et autres. Si vint arriver à la Haye', ouquel lieu fut envoie par le duc de Bourguoigne le seigneur de LaGruthuse, prince de Steinhuse, pour lors gouverneur du dit pays de Hollande, qui honnourabiement le recheut, comme bien faire le scavoit ; et là le festoia bonne espace parmy ledit pays de Hollande, et si au gré du dit roy se conduisi, que grandement depuis s'en loa, comme bien y parut; car il
tagu et ses gens marchèrent en ordonnance contre le roy Edouard qui avoit très petite compaignie et cuidoit que le dit de Montagu vint pour lui, iusques il congneut que 1< ■» archiers dudil Montagu tirèrent contre lui et ses gens, et lut contraint quant il congneut la desloyaulté du dit de Montagu et sa traison, d'abandonner tout et se tirer, pour soy sauver, contre le port nommé l'ouret, où il trouva des navires qui attendoient le conte de Verwich pour le sauver, ou cas qu'il eust eu le pire de la bataille : et les avoil fait tenir le dit conte tous prez pour le recevoir, s'il en avoit nécessité. Lors se bouta dedans et se feist mener en Hollande avec les dessus dits, et se noyèrent plusieurs de la compaignie du roy qui ne peurent entrer es dits navires. Le roy Edouard avoit encores le duc de Clocestre, son frère, qui estoit des si. us, et le conte de Northunberllant, qui avoient moult grosse compaignie de gens d'armes et venoient au secours du roy ; mais le conte de Verwich et le dit de Montagu firent par tout publier que le roy estoit mort, par quoy ebascun print son party. » {Bibl. imp., Mss , n° 3887, fol. 85.)
1. Ipswich, sur la rivière d'Orwell , a 69 milles de Londres, dans le comte de Suffolk. Les historiens disent à Lynn. Cette dernière ville est située sur la rivière d'Ouse, à 70 milles de Londres , dans le comté de Norfolk.
-2. « Le roy Edouard d'Angleterre arriva à la Haye le 1 1 octobre (1470), le duc de Bourgogne luy fit donner cinq cens escus d'or de quarantehuit gros pièce, par mois, pour son entretien, outre plusieurs autres sommes de deniers et dons qu'il luy fit avant son départ pour l'Angleterre. » {Chronique scandaleuse ; voy. Lenglet, II, 196.)
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luy eslargy, ainsi que digne de plus grant honnour et prééminence , la contée de Wincestre ' en Engleterre2.
1 . Voir le curieux récit de son arrivée en Angleterre, et de sa création de comte de Winchester, dans Archaeologia Brit., XX\ I, ^To-28-4.
2. Ce chapitre diffère tellement dans le manuscrit n° 43-2, Fonds Sorbonne, que nous croyons devoir le rapporter ici comme variante :
« Ou dit an lx\, environ la fin de septembre, le conte de W arvich se parti du pays de Normendye à toutte son armée de nier, et s'en alla descendre en Angleterre, sans ce que l'armée du duc de Bourgongne quy tenoient la mer, et dévoient guetter sur luy, luv baillaissent quelque empeschement. Et dist on qu'il se partj sj secrètement, par temps de bruyne, sv que 1. urs ennemis ne les povoient veoir. Il/, arrivèrent en Angleterre à ung port de Dartemue, et de ce port s'en ala Warvicb à Londres, où il lu redieu a moult grant joye ; et tost appres il fist lepeupple assambler, et leur rernonstra, en grant samblant d'humilité, qu'il avoit mal fait d'avoir deboutté leroj Hem \ , et pour en avoir pardon il a envoiet à Romme : lequel pardon il a obtenu, par telle condition qu'il avoit promis de remettre ieelhiN n>\ llem\ en sa majesté royale, et de en deboutter le roj Edouard, et que, pour ce taire, il estoit revenus ou pays. A la vérité, il avoit promis ce faire au i<>\ Loys de Frauce —
Quant le rov Edouard, qui loi s estoit a trois journées de Londres pour assambler gens d'armes, sceult que Warvicb estoit retourne au pays, et comment ceulx de Londres l'avoienl bonnourablement recbeu, il se parti et tira vers Londres, toutte sa puissance avecq luy, pour combatre son anemv ; et \\ arvich s'en vssv aussv de Londres pour le combattre. Dont advint, à l'approcier les ungs des aultres, que le frère de Warvich, marquis île Montagu, quv meiioit l'advantgarde ^n ro\ Edouard, se tourna avecq Warvich, et y mena toutte celle avantgarde et aultres pluiseurs a sou exemple, et ne demourerent avec.) Edouard que ung petit nombre de nobles hommes quv luy conseillèrent qu'il se saulvast le plus tost qu'il pourroit, disans que le pluspart de leur armée estoit touir.ee avecq \\ arvich à rencontre de luv.
Quant le ro\ Edouard eubtbien entendu et pensé sur le conseil que on lu\ donnoit, et voyans que ses gens es quel/ il se fyoit le plus 1 avoient ainsv babandonné, et doublant, se son anemv le tenoit, qu'il le feist moîir, incontinent il se parti et t\ra sers la mer; trouva bateaulx esquelz il se boutta, et se iist passer en Hollande, aveucq luv le seigneur de Scalh s 1 1 pluiseurs autres.
Quant le duc de Bourgonene en lu adverty. il envoya tautost devers luy, et par son premier maistre d'ostel luv envoya de l'argent et le (ist m i
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1309. Comment le conte [de] Warewic mist hors de la tour de Londres le roy Henry, et le fist de rechief couronner roy. X\I.
Tantost aprez le roy Edouard parly d'Engleterre, comme oy avez , le conte de Warewic et sa compaignie tyrerent à Londres, où ilz misrent le roy Henry
reconforter le mieulx qu'il peult. En ce pays de Hollande se tind le roy une espace de temps ; et, entretant, le conte de Warvich fist en partie tout che qu'il vouloit partout le royalme d' Angleterre; et fist mettre à délivrance le rov Henry, quy longuement eubt esté prisonnier ou chastel de Londres, et le remist en son premier estât royal, honnouré et obej du peupple comme devant.
Le xxe jour de novembre, ou dit an lxx, le duc de Bourgongne estant à Hesdin, messire Bauduin, bastard de Bourgongne, son frère, se parti soudainement de l'ostel du duc et s'en alla en France devers le roy, lin iiic seulement, portant ung arbaleste comme pour aler traire aux bestes sauvages : ce qu'il faisoit souvent et voulentiers. Le lendemain au matin, se partit aussy de Hesdin ung gentil homme «le l'ostel du duc, nommé Jehan d'Arson, panetierdu «lue de Bourgongne, et maistre d'ostel de messire Anthoine, bastard de Bourgongne, et gouverneur de messire Philippe, son fil/. Cestuy d'Arson estoit natif de Bourbonnoys, et estoit très bien en la grâce du duc de Bourgongne. Encoires ung pou devant, vin jours, s'estoit ainsy tiré devers le roy le seigneur de Moussures, chevalier, chambellan du duc et cappitaine du due en Amiens : lequel, renonçant au service du duc et à la dicte cappitainerye, envoya lettres au duc par lesquelles il le remercyoil des biens qu'il luy avoit fais.
La cause pourquoy Bauduin le bastard se partit ainsy, fu, selon commune renommée, pour ce que ung chevalier, nommé messire Jehan de Chassa, que eut esté fil/ d'un nomme Benetru, quy s'estoit tiré devers le roy environ ung an devant, avoit aulcuns secrets parlemens aveucq ceulx cy par lettres quy leur envoioit , et par messages. Ce Benetru, son père, avoit esté serviteur du due Philippe, et, par faire le folastre, avoit eu grans biens de luy, sy que deux fil/ qu'il laissa trouvèrent grans biens appres sa mort, et estoit l'on, bailly de Bruges ; et l'aultre, estoit chevalier, seigneur de Monnet, nommé communemente messire Jehan de Chassa. Cestuy chj , qui estoit prodigue, estoit à l'arriére et en debte; et, pour tant, s'en estoit aie/ à la court du roy, puis pou de temps devant les aultres, et leur envoioit lettres par ung cousturier quj mit esté son serviteur. Que les lettres contenoient, je ne le scay encoires, mai^ l'on disoit communément qu'ilz tendoient à faire morir le duc de Bourgongne par
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hors de la tour. Si le allèrent de rechief couronner en l'église de Saint Pol, et fut retenu pour rov depuis le joursaint Michiel de ces! an, jusques au jour de Pasques ensievant de nncz lxxi. Pendant lequel tainpz toutes choses estoient conduites en Engleterre soubz la main du conte de Warewic1; et se tenoit le dit rov Henry
empoisonnement, par cop de dague, ou par trait d'arbalestre ; et que le rov leur avoit promis grans biens à faire; mais, touttesvoves, commune renommée n'est pas toujours à croire. Une fois advint que ce cousturier, souspeclionné de porter ces lettres, fut envové quérir à Saint Orner, pour ce qu'il avoit baillié les lettres que Cbassa eut envoie à messire Bauduin a ung garcbon, pour les porter à Hesdin, et le garebon, euidant adrescliier à messire Bauduin, adrescha ;i messire Antboine, son frère, nu-^\ bastard de Bourgongne, premier chambellan du due, lequel lut ces lettres, présent ledit Bauduin, quy se percent, et s'en alla, comme dit est, lu\ troisime devers le roy, tout le plus tost qu'il peult. Et le rov le rechupt honnourablemcnt, le tind de son hostel, et luv donna bonne pt nsv en. Quand doncques messire Antboine tut veues ces lettres, il le alla dire au due, et disoit on lors qu'il avoit les lettres arses, et que le duc n'en fut pas bien content. Le garcbon dist que le cousturier luy avoit ces lettres bailliés à Saint Orner, où il estoit, pour les baillier à messire Bauduin, et plus avant n'en scavoit. Le cousturier fut envoiez quérir a Saint Orner, < l fut amenez devers le duc à Hesdin, quy le tind illee longuement prisonnier, pour tousjours tendre à scavoir la vérité de celle besongne : et, quy ne fait a taire, icelluy messire Bauduin, auparavant, estoit très bien en la grâce du duc son frère, et avoit grans revenues anuelement, que le duc Pbelippe, son père, luv avoit laissiés et données, et s\ prenoit de pensyon, tous les ans, sur le duc Charles, xvinc francs, et se lus donnoit par eourtoisye, tous les ans, de mi à vi mille- lianes; il estoit natif de Lille, de par sa mère, femme de petit lieu. Tost appres le partement de ce lustard, le duc envoya devers le roy Luxembourg, son herault ; lequel li y alla moult enuiz, doubtant la fureur du roj , qu\ estoit périlleux à courouchier. Neantmoins, il porta au ro\ les lettres du due qu\ estoient poingnans, comme l'on dist, et ne luy list, le roy, quelque mal. Ains s'en revint sain et sauf icelluy herault, plus joyeux qu'il n'\ alla. »
1. ce Le diet de Warwyc, qui estoit homme cruel la ou il estoit .1 son desseure, list des grans outrages beaucoup en Londres, et par especial sur ceulx lesquels sa voit estre du party de Eduard, et en lit exécute) tyranniquement ; usa de volentés en la maison des grans marebans ; et u'v avoit ne justice, ne règle, ,:. ordre en tout le rovaulme • toutyalloi;
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en Thostel de l'evesque de Londres. Adont fist le dit eonte de Warewic forgier monnoie d'or en Engleterre, où estoit d'ung eosté empraint ung roy en une nef, et de l'autre ung ymage de saint Michiel, et y avoit escript : Henricus, Dei gravir/, Rex Anglie et Francie, dominas Hybernye , et les appela on angeles d'Engleterre.
Tantost aprez la restitution du roy Henry, fut prins le conte de Deuxeslre ' qui n'alla pas avec le roy Edouard, lequel conte amené à Londres, fut incontinent decapitté.
1310. Comment le roy [de] France envoia sommer ceulz d'Amiens qu'ilz le rendissent en son obéissance, et de la responce que ceulz d'Amiens firent; et comment ceuLz de Saint Quentin se rendirent François. XVII.
Durant ce tempz, le roy de France envoia devant Amiens une grant compaignie de gens d'armes, et fist sommer à ceulz de la ville qu'ilz se meissent en leur obéissance, qui estoit leur souverain seigneur, délaissant le duc de Bourguoigne. En laquele cité estoit lors le seigneur de Creveceur', bailly d'ycelle et
ce dessus dessoubs : les marclians preud'ommes s'en espoentoient ; les nations estranges s'en lamentoient et s'en feussent volontiers enfuis; mes ne pooient. Tout y alloient contre poil et contre ongle; ^ avoil ung roy assis eu chaiere; autant ^ eust fait ung sac de laine que l'on traine par h s oreilles. Estoit une ombre eu un paroit, et un seigneur comme cil que Ton buffette as veux bendés. lies commandeniens se faisoient de par ly, et les exécutions se faisoient contre ly et encontre son bonneur : le roy \ estoit subgect et muet comme ung veau couronné, et le subgect y estoit gouverneur et dictateur du ro\ aulnie, et faisoit à son roy la moe : tel gouvernement y avoit il en Londres et non mieux en Calais. » (Chastellain, 486-487.)
1 Worcester. Voy. ci-dessus, tome 11, page 297, note 1.