‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 2)Chapitre 28 sur 143 · Anne, fiancée peu de temps après au prince de Galles · texte numérisé non relu

Anne, fiancée peu de temps après au prince de Galles

2. Commynes nous apprend (1 , 23b) comment Warwick fut reçu à Calais , dont il était capitaine , et où se trouvoient « son lieutenant en la dicte ville, appelle monseigneur de Waneloc , et plusieurs de ses serviteurs domestiques, qui , en lieu de le recueillir , luy tirèrent de grans coups de canon. »

3. Var. : « Si s'en allèrent devant Calaix où ilz cuiderent entrer, mais ilz faillirent; car ilz leur fu def fendu et refusé l'entrée, dont le duc de Clarence et le conte de Warwicq furent mal content, et en especialicelluy, quy s'en disoit estrecappitaine; mais force luy fu de le souffrir, car pour Teure ne le povoit amender. Sy s'excusèrent ceulx de la ville et monstrerent de dessus la muraille les mandemens et lettres qu'ilz avoient du roy; par quoy, en nulle manière, ilz ne voldroient aller àl'encontre des mandemens du roy, ne les transgresser en manière quelconcquez. Duquel refus, le duc de Clarence et le conte, et ceulx quy aveucq eulx estoient, cuiderent marveoir : et, défait, tirèrent canons et veuglaires les un^s contre les aultres , et disans les deux parties l'un à l'autre pluiseurs injures et reproches; car dedens la ville de Calaix y avoit assez gens que, s'ilz se fussent veus les plus fors, ilz euissent bouttéle conte de Warwicq dedens. Le conte de Warwicq, veans qu'il n'estoit point obey comme il

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en la mer, sans quelque mercy, et prenoit les biens, avec retenant les navires. Puis singla tant que le \e jour de may, atout sa compaignie, il arriva à Homfleu en Nortbmandie, où ilz furent bonnourablement recbeus du bastard de Bourbon, admirai de France, par le commandement du roy Loys, et là séjournèrent longue espace en faisan», bonne et joieuse chiere. Quant le roy Edouard fut de ce adverty, il estably grant navire sur la nier, duquel estoit chief ie seigneur de Scalles, admirai d'Engleterre, et frère de la royne.

Le duc de Bourgu oigne, d'autre part, adcerlené des cboses dites, se party de Lille et s'en alla à l'Ëscluse1, adfin de mettre une grant puissance sur la mer pour aller combattre le dit conte de Warewic. Ouquel navire entrèrent Hollandois, Zeelandois et Flaniens, quy sont vaillans gens marins, avec aulcuns de Fhostel du duc, de laquele flotte furent conducteurs le seigneur de La Yere 2, admirai de la mer, le seigneur de la Grutbuse3, lors gouverneur de Hol-

esperoit à (Stre , t ust volentiers trouvé les manières que la contesse de Warwicq, sa femme, et ses deux filles, c'est assavoir la ducesse de Clarence et sa seconde fille, fussent entrés dedens ; mais oneques iven peurent estre ois, et du tout le refus leur en fu fait, jasoit ce qu'ilz séjournèrent devant Callaix par aulcuns jours. Touteffois, quant ilz veirent que leur demeure ne leur povoit en riens pourfitter, ilz levèrent leurs ancres et firent voille, sy s'en deppartirent et nagierent en mer, où ilz rencontrèrent pluiseurs navires de marchans, lesquels ilz print.» (Ms. Fonds Sorbonne, n» 432.)

1. Le duc vint coucher dans cette ville le 3 mai. (Voy. Lexglet, II, 195.)

2. Wolfart de Borselen, seigneur de La Weer, en Hollande, comte de Grand-Pré. Mort en 1487. (Axselme, VII, 103.) « Le 1 1 mai la flotte, au nombre de vingt-six navires, partit de Ramequin lez Flessinglic, commandée par le seigneur de La Vere. » (Voy. Lenglet, II, 190.)

'■>. Vo\ez ci-ckssUs, tome II, page 302, note 2.

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lande, le seigneur de Halluin1, et autres, jusques au nombre de xxxvi navires, contendans à combattre le conte de Warewic; mais il a voit colloquié son navire en si fort lieu qu'il estoit mal possible de le grever.

Pareillement le duc de Bretaigne mist grant navire sur mer pour trouver aussi Warewic ; mais, anchois que les navires des ducz de Bourg uoigne et de Bretaigne se peussent esquipper de leurs havres, le dit seigneur de Scalles trouva la flotte de Warewic et le combatty telement que v ou vicz en furent mors; et reconcquirent Ànglois le navire des marchans que le dit Warewic avoit destroussez jusques au nombre de xl vaisseaulz, et plusieurs prisonniers. Et ceulz qui peurent eschaper se trayrent sur la frontière de ÎSorthmandie. Laquele victore escripvi le roy Edouard au roial duc de Bourguoigne, dont il fut moult joieux.

En l'an dessus dit, ou mois de septembre, tost aprez celle besongne, le bastard de Faucquenbergue2, Anglois, tenant le party de Warewic, rencontra sur la mer xvi navires de marchans du pays de Flandres, lesquelz il assaiiîy et concquist ; où furent occis xu hommes que femmes desdis navires. Sy courut commune renommée que les Angîois y avoient guaignié plus de cent mil escus, lesquelz inconveniens venus à la congnoissance du duc de Bourguoigne, et que les Anglois avoient leurs proyes vendues en Northmandie

1. Jossede HaleTÛn, seigneur de Halwin. Mort ie 23 septembre 1472. (Anselme, III, 911.)

2. Thomas Neville, fils naturel de William, lord Fauconbridge. Il fut décapité l'année survante. a Thomas Fauconbridge bis head was yesterday set upon London Bridge looking into Kent vvard. s (Lettre de John Paston à son hère, eu date du 28 septembre i 47 i . Fcnus original Luttcrs, II, 8o.)

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et ailleurs, ou royaulme de France, etmesmementquele roy les favorisoit, soustenoitetaydoit de vivres, de gens et de tout ce dont ilz avoientbesoing, et que le conle de Warewic se tenoit en Northmandie et tout son navire, du gré et consentement du roy, qui le tenoit pour l'un de ses bons amis, le dit duc en fut grandement esmerveillié et troublé. Pour quoy il en envoia devers le roy, pour luy remonstrer1, et sur ce scavoir sa voullenté. Et lors, voiant qu'en ce le roy ne mettoit quelque provision, il envoia par tous ses pays, où il fist arrester et mettre en sa main tous les biens qu'on y peult trouver aparlenans auz marcbans de France, exceptez ceulz qui apartenoient auz subgectz des ducz de Guyenne et de Bretaigne.

En ce tetnpz, par ungdimence, xme jour du mois de may2, fut comme toute arse par feu, de mescbief, la ville de Mondidier, en moins de une heure; et y furent ars x ou xn que hommes, que femmes et enfans, cuidans saulver leurs biens, ne n'y démolira d'entier sinon l'église et xv ou xvi maisons.

Quant doncques le duc de Bourguoigne vey que le roy de France favorisoit si grandement le conte de Warewic en son royaulme, il fist adenierer tous les dis biens des François, trouvez à ceste heure parmy ses pays, et tout ce que les marcbans du royaulme avoient acheté à la foire d'Anvers, pour restituer les marcbans de ses pays que les Anglois avoient des-

1 . La lettre du duc de Bourgogne, adressée à Louis XI , est datée de Middelbourg en Zélande, le 19 mai 1470. (Le\glet, III, 122.)

2. Ici Wavrin intervertit l'ordre des faits, car il vient He parler plus haut d'une entreprise du bâtard de Faucquenln rgue , exécutée au mois de septembre.

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troussez sur la mer, comme j'ay dit cy dessus : pour laquele perte de leurs biens furent les marclians de France moult troublez. Si pryerent instamment au rny qu'il y voulsist remédier le plutost qu'il porroit, feust par voie de guerre ou autrement. Et tost aprez le roy fist deffendre1 par cry publicque, en son roiaulme, sur confiscation de corpz et de biens, que nulz, quelz qu'il feust, ne menast marchandises quelzconcques es pays du duc de Bourguoigne jusques à ce que le roy aroit rapellé celle deffence. Depuis lequel edit ainsi fait toutes marchandises cessèrent leurs cours de l'un pays en l'autre, et lors aulcuns Bourguignons qui Guidèrent amener des vins en Pycardie , furent par les François prins et détenus, tonneaulz, charriotz et charrettes, chevaulz et vins2.

1 305 . Comment le conte de Warewic se party de ce fort lieu , où il s'estoit longuement tenu ; et comment les Bourguignons le cuiderent combattre, mais il s'enfuy : puis parle d'une battaille que le seigneur de Scalles guaigna. XII.

Ou mois de jullet, le conte de Warewic, désirant retourner en Engleterre , fist desancrer son navire de ce fort lieu où il estoit et avoit esté longue espace, delez Homfleu, sur la coste de JNorthmandie; mais sitost qu'il fut aparceu par ceulz des navires du duc de

1. L'ordonnance par laquelle Louis XI défend de faire le commerce sur les terres du duc de Bourgogne porte la date du 8 octobre 1470. (Salazard, IV, Preuves, cclxxxix.)

2. Ce chapitre, dans le Ms. n° 432, Fonds Sorbonne, finit ainsi: « Ou dit an, courant une voix par tout le royalme de France que la royne de Franche estoit acouchyé d'un filz le derrenier jour de juing ou dit an, lequel avoit esté baptisié et nommé Charles, par l'archevesque de Lyon qui fu son principal parin aveucq le prinche de Gales, nommé Edouard , filz du roy Henry d'Angleterre, duquel son dit père estoit tenu prisonnier

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Bourguoigne, ilz singlerenl celle part à grant exploit pour le combattre; ce que voullentiers eussenl fait, comme gens d'emprinse qu'ilz estoient; mais Warewic, accoustunic de fuyr cl tousjours partyr île bonne heure, se retraist bastivement et remist son navire en si fort lieu que ses annemis ne le povoient aprochier sans trop grant péril. Toutesvoies, aulcuns du navire Bourguignon descendirent celle part à terre par ardeur de grever les Anglois; mais les François sourvindrent illec en si grant nombre au secours des Anglois, qu'il convint Bourguignons retraire aprez qu'ilz eurent occis xvin ou xx des gens [de] Warewic.

Ancores en ccst an, ou mois d'aoust, ung puissant conte1 d'Engleterre, quy avoit espousé la seur de la contesse de Warewic, avoit assamblc une puissante armée, atendant la venue de son beau frère en Engleterre, selon qu'ilz l'avoient conclu ensamble, pour combattre le roy Edouard ; mais Warewic ne polt passer ceste fois pour estre à la journée entr'eulz assignée, tant pour le vent contraire, comme par l'empescbement que luy firent les Bourguignons : et avoit lors Warewic eslevé grant plenté de François pour les mener en Engleterre àl'encontre du roy. Et, pour tant, sitost que le roy Edouard fut de ceste assamblee ad-

en Engleterre, et le ûlz estoit exilliez du pays. La marine fu la seur du roy, femme du duc de Bourbon. Pour laquelle nativité furent faittes grans festes et grans feus par tout le royalme. Je ne scay encoirez se l'enfant vit ou s'ilestmort; et, pourtant, je m'en taiz et n'en scauroie direplusavant. » \. Dugdale ne fait aucune mention d'un beau-frère de Warwick qui ait encouru la peine capitale pour avoir servi contre Edouard. Les historiens se taisent aussi sur ce sujet. Lingard (II, 579) parle bien d'une ruse de guerre employée par lord Fitzhugb pour attirer le roi dans le Northumberland, mais, à l'approche de ce prince, il se retira au delà des frontières d'Ecosse : il n'est point question de sa mort.

verti, il mist sus une grosse puissance qu'il bailla au seigneur de Scalles pour les aller combattre, comme il fist : et là desconfist ses annemis, desquelz furent occis de ni à imm, et plusieurs prisonniers, entre lesquelz fut le dit conte, prins et menez au roy Edouard qui prestement lui fist la teste trencbier.

Ancores en cest an lxx , ou mois de septembre, vindrent nouvelles au duc de Bourguoigne que les Turcz avoieni prins Nygrepont, une moult noble cité apartenant auz Vénitiens, devant laquele le Turcq avoit sis de v à vi mois, adcompaignié de bien trois cens mille payens, ou plus. Et ainsi la tint assegié par mer et par terre, telement que oncques le roy de Hongrie, ne les Vénitiens n'y peurent remédier quelle ne feust concquise ; qui fut moult grant perte pour la crestienneté, et fait bien à doubter qu'il n'en concquere beaucop [d'aultresj, se Dieu, par sa miséricorde, n'y pourvoit, mettant bonne paix en la crestienneté, et donnant auz princes d'ycelle voullenté deeulz drescbier contre ledit Turc et tous les infidèles1.

1306. Comment le conte de Warewic el le duc de Clarence allèrent devers le roy Loys de France, et des alyances qu'ilz tirent ensamble. XIII.

Nous avons dit cy dessus comment le conte de

1 . Ce chapitre se termine ainsi dans le manuscrit n° 432 , Fonds Sorbonne : « Le xiie jour dudit mois de septembre, ou dit an, que le duc de Bourgongne sejournoit à Hesdin, et que une ambassade de Bretaigneestoit iliec venue devers luy, icelluyducde Bourgongne, presensceulx de celle ambassade, et que tous ceulx de son conseil et de son bostel, fist une grande proposition etdeclaira illtr,en audience, les causes et les raisons pourquoy le seigneur d'Arguel s'est oit mal contenté de luy, pour ung procès *jugié contre

* Voir à ce sujet Chastellain, p. 328 et suir.

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Warewic et le duc de Clarence, atout leurs navires, furent reboultez des Bourguignons : pour quoy ycellui conte , voiant qu'il n'estoit pas fort assez à soy retourner en Engleterre sans autre puissance, il délaissa son navire au port de Harfleu. Si se tyra , a\ec luy son gendre de Clarence, devers le roy de France1, duquel ilz furent grandement conjouis et bienviengniés2. Sy trouvèrent illecla royne Margueritte, femme

luy : lequel procès avoit esté veu et viseté par pluiseurs conseilliers et grans clercs, et finablement jugié au prouffit du seigneur de La Rocbeguvon, filz du prince d'Orenges. Duquel prince, icelluy seigneur d'Arguel, alez hors de l'ostel dudit duc mal content, faignant qu'il alast voler; et s'en ala retrairedeversleduc de Bretaigne, quy estoit son oncle : et pour ce qu'il s'en estoit ainsy alez estrang^ment, le duc, <|uy en fu mal content, le dénonça et declaira banny de tous ses pays, et tous ses biens à luy conficquiez : disans, oultre, qu'il ne luy avait pas gardé la fidélité et la leaulté qu'il devoit à luy, quy estoit son seigneur. Et, touttes voies, il neentendoit luy avoir fait synon raison et justice, et par meure et longue délibération de tous ceulx de son conseil et des conseilliers d'Amiens, de Monstreul et de pluiseurs aultres villes. Cestuy seigneur d'Arguel avoit espousee une des filles de Bourbon, cousine germaine au duc de Bourgongne : laquelle bonne dame fut moult désolée de veoir ainsv son marv en la maie grâce d'ycelluy duc ; mais amender ne le povoit. »

1 . « Au mois de may 1470, le conte de Warwich et le duc de Clarence, avec leurs femmes, qui dechassez avoient esté par le roy Edouard d'Angleterre s'en vinrent prendre terre en Normandie ... lllec ilz trouvèrent M. l'admirai, qui les recueillit Ledit de Warwich séjourna et

demeura depuis certain temps, c'est assavoir durant le dit mois de juin, au dit Honnefleur. » [Chronique scandaleuse. Voy. Lenglet, II, 84.)

2 On va voir, par les lettres qui suivent, que Louis XI ne fut pas très-content de cette arrivée et qu'il n'épargna rien pour renvoyer au plus vite Warwicket son gendre.

a Monsieur de Congressaut, et vous, monsieur Du Plesseys, j'ay receu vos lettres et veu bien à plain le contenu en icelles, aussi en la petite ame* qui estoit dedens, [en laquele ?] m'advertissez très bien de la venue de

* Ame, bdlet indus dans une lettre. Nous retrouvons, cent uns plus tard, le mot ame employé avec cette signification, oc Je suis en un traitté qui m'est commande du roi, que vous entendiés par ce qui sera en chiffre en Varne incluse en cette lettre. » [Mémoires de Pli. de Alornajr • à La Forest, IG25, in-4°, tome II, p. 9.)

du roy Henry d'Engleterre, el son filz Edouard, qu'on appeloit Prince de Gailes : et là firent ensamble plusieurs convenances et alyances au préjudice de qui que bon leur sambla, en especial du roy Edouard

messieurs de Clerence et de Warovych, et [comme~\, sur toutes choses, ilz désirent parler à moy; mais vous ne me respondez point [ah quare\, c'est au partement des navires, et savez bien que c'est la chose [dont vous\ ay expresseement chargez et dont me peut plus venir d'inconvénient.

Et pour ce, avant que conclurre leur venue, faites que tout leur navire soient [partys], car je ne les verray point tant qu'ilz aient leur navire par délia : et s'ilz vouloient laisser les navires pour leurs personnes à Honnefleu ne le souffrez pas, car jamais ne seray à mon ayse tant que je sache au certain que tous leurs navires soient partiz et qu'il n'en soit demouré ung tout seul ; et leur dites qu'ilz pourront mettre les dits navires de leurs corps dedens les hables de Harfleu, Grantville, Chierbourg ou ailleurs, ou bas pais, et qu'ilz y soient menez en manière que les bourguignons ne puissent savoir qu'ilz sont devenuz.

Et s'ilz disoient que, après qu'ilz auront parlé à moy, ilz ne pourraient pas recouvrer leurs navires, vous leur direz, et aussi la vérité est telle, que de Vaujoux ilz seront plus près de leurs dits navires, quant ilz seront au bas pais, qu'ilz ne seroient s'ilz estoient à Honnefleu : et, d'autre part, que s ilz ont afaire de navire pour leurs personnes quant ilz auront parlé à moy, que je leur feray bailler la grantnefde monsieur l'admirai, ou de l'autre navire tout ce qu'ilz en vouldront; mais gardez, sur tout ce que me voulez servir, que faciez incontinent partir tout leur dit navire, et le m'escripvez à toute diligence incontinent qu'il sera party.

Aussi, monsieur Du Plesseys, je vous baille charge d'envoyer incontinent devers les gens de monsieur de Bourgongne, et leur mandez que je vous ay envoyé par délia pour recouvrer tout ce que vous pourrez trouver des biens des subgectz de mondit sieur de Bourgongne. Et, pour ce, que s'ilz veulent envoier devers vous, que vous leur ferez rendre tout ce que vous en pourrez trouver : et s'il y en a aucune chose, faictes le faire, et je le feray incontinent paier a mon dit sieur de Warovych.

Je vous ay mandé tout l'expédition des vitailles par maislre Guillaume Picart.

^ Et incontinent que tout leur dit navire sera party, mandez moy le jour que je me rendray à Vaujoux : et je m'y rendray pour parler à eulx, et m'escripvez chacun jour de voz nouvelles.

Vous me faites enrager de'mettre et laisser les dames si près de Seyne et de ces marches : et, pour ce, je vous prie, faites qu'elles aillent plus bas

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d'Engleterre, el de son serouge le duc de Bourguoigne; car le roy de France traicta lors le mariage de son cousin Edouard, prince de Galles, filz du roy Henry prisonnier el de celle royne Margueritte , sa femme,

et me deust il couster le double des despens , car je les palerav très voulentiers.

Et dites franchement à monsieur de Warovych que je ne les puis aider en ces marches que monsieur de Bourgongne ne Le sache incontinent par les gens de monsieur le connestable, pource qu'il est gouverneur du pais et que ses gens sont loge/, tout a ['environ. Aussi il pourra recouvrer plus aiseement les dites dames, elles estans ou bas nais, et en plus grant seurté qu'il ne feroit de nulle des abbayes où il les veult mettre : aussi, attendu que les dites abbayes ne sont point fortes, l'on pourroit faire d'une nuyt desplaisir à ceulx qui seroient avecques elles, qui me seroit le plus grant desplaisir du monde ; et, pour ce, je vous prie que le remonstrez si bien à mon dit sieur de Warovych qu'il les mette ou bas pais et qu'il ne les laisse point esdites abbayes.

Je ne seray jamais à mon ayse tant que je sache que tout le navire de mon dit seigneur de Warvovych soit hors de Seyne, et quant il sera ou bas pais, je pourré dire que c'est monsieur l'admirai qui les soustient et qui les a mis en ses bables et non pas moy : et s'ilz esloient en Seyne, je ne le pourrove faire, pour ce que, comme savez, monsieur de Bourgongne le sauroit tous les jours par les gens de monsieur le connestable.

Escript à Amboyse, le xixc jour de mav. Lovs. de Cerisaj. » (Bibt. irnp., Mss., Fonds Gaignières, n° 303, fol. 4-i.)

« Monsieur du Plesseiz, vous savez assez le désir que j'ay et doy avoir du retour de monsieur de Warvvk en Angleterre, tant pour le bien que ce me seroit de le voir audessus de ses querelles, ou, à tout le moins, que par son moien le royaume d'Angleterre fust en brouilliz ; comme pour éviter les questions qui pour sa demeure par deçà pourroient avenir, dont vous en avez congneu des commenceniens. Pour quoy vous pry que metez peine, tant de vous mesme comme en sollicitant monsieur l'admirai, monsieur de Concressault et autres de par delà, de tellement besongner avec ledit monsieur de Warvyk que il parte pour aller audit pais d'Angleterre le plus prestement que taire se pourra, et, pour ce faire, luv dire toutes les causes et raisons dont vous et eulx vous saurez adviser; mais j'entens que ce soit par toutes les plus douces voves que pouriez et en manière qu'il n'aparcoive que ce soit pour autres fins que pour son avantage : el aussy ferez aprester de mes navires pour le conduire, si sans conduicte

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qui estoient germains dudit roy Loys1 : c'est à scavoir le dit roy Henry filz de dame Katherine de France, belle ante dudit roy Loys, et la dite dame Marguerite fille du roy Régnier de Sezille , oncle de par la mère

ne vouloit partir, car vous savez que ces Bretons et Bourgongnons ne tendent à autres fins que de trouver moyen de rompre la paix sur couleur de la demeure du dit de Warvik par deçà, et par tant commencer la guerre ; laquelle je ne vouldrove point veoir commencée sur ceste couleur. Et pour ce que vous congnoissez mes affaires plus que autre, et qu^ j'ay toute ma fiance en vous, je n'escripz à présent à nul que à vous de ceste matière. Si vous prie, monsieur de Plesseys, que vous y besongnez en manière que je congnoisse le vouloir que avez à me bien servir au grant besoing.

Donné à Amboyse, le xxnc jour de juing. Loys. Le Clerc. » (Id., ib., fol. 98.) Cette lettre est imprimée dans l'Histoire de Louis XI, par Duclos(III, 333.)

<r Monsieur du Plessis, j'ay receu voz lettres faisant mention des causes pourquoy vous semble que monsieur de Warovyc n'est pas si prest d'aller en Angleterre comme je l'entenz, pourquoy demandez comme vous avez à vous gouverner touchant l'argent. Vous avez jà sceu comme la royne d'Angleterre et le dit de Warvyc se doivent assembler au Mans, là où ilz auront tost fait ou failly : pour quoy le dit de Warvic n'aura cause de faire plus long séjour par de ca ; mais, au regard de l'argent, je croy que vostre adviz est bon, si non que veissiez que autrement faire feust cause de abregier la matière, et que congneussiez qu'il en feust nécessité. Je responz à monsieur l'admirai de tout le surplus.

Donné à Tours, le me jour de juillet. Loys. Le Clerc, s (Id., ib., fol. 99.) Imprimée dans Duclos, (III , 335.)

« Monsieur du Plessiz, baillez et délivrez de l'argent que vous avez entre mains, à monsieur de Warvyk, la somme de trois mil livres tournois, pour départir à ses gens et autrement, ainsi qu'il advisera.

Donnéau pont de See, le xvie jour de juillet. Loys. Flameng. » (Id., ib., fol. 97.)

1. « Par cette manière doneques, dit Chastellain (501), fut fait ce mnr-age. Dieu sut quel, et par l'invention de deux personnages, chacun béant à son prétendre; le roy, pour renvoyer Warwve en Angleterre, soubz nouveau tiltre, encontre Eduard, et Warwyc, pour retourner en Angleterre, soubz le confort de France, pour soi vengier de sa honle ; et finablement les deux appetis du roy Loys et de Warwyc tendirent à une

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au dit royLoys de France; car la roine Marie, mère du rov Lovs, estoit seur audit roy Régnier, duc d'Anjou. Lequel mariage dudit Edouard fut fait à la fille du conte de Warewic, moiennant et par condition que Warewic restitueroit le roy Henry, son père, en la couronne et dignité royalle d'Engleterre : ouquel traitié faisant furent acordees plusieurs promesses et grosses convenances, déclarées à plain en la lettre sur ce faite, dont la teneur sensieult.

1307. Coppie des convenances et alyances faites entre le roy de France et le conte de Warewic1. XIIII.

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous

commune fin principale, qui estait de deffaire la maison de Bourgogne, ce qui faire ne se pooit, si non par deffaire, premier, le roy Eduard. » Le 25 juillet, le roi écrivoit au seigneur du Plessiz : « M. du Plessiz, n'a guieres av envoyé messire Yvon du Fou par delà pour mettre le fait de monsieur de Warvyk en seureté : et, présentement, luy mande qu'il mette telle provision et ordre que les gens dudit monsieur de \\ arvyk n'aient point de nécessité jusques à ce qu'il soit par de la Aujourd'hui avons fait le mariage* de la royne et Angleterre et de lui, et demain espère l'avoir du tout depesché, prest à s'en partir, etc.» (Bibl. imp., Mss., Fonds Gaignières, n° 303, fol. 96. Imprimée dans Duclos, III, 355.) C'est le vicaire de Baveux qui Ct ce mariage, comme on le voit dans un compte de dépenses de la cour de Louis XI : t A maistre Jehan Le Marchant, prebtre, la somme de XXVII £XS t., pour vingt escuz d'or à luy donnée par le roy.... pour le restituer de semblable somme que, par l'ordonnance d'icellui seigneur, il avoit baiBee du sien au vicaire de Bajeux^ auquel icellui seigneur en a fait don en faveur de ce qu'il est venu espouser le prince de Galles à la fille du conte de Warmck. s 'Id. , ibid. , Supplément français, n° 18662, fol. 144 verso.)

1. Le 13 de novembre 1470, le roi Louis XI envoyoit comme ambas-

* Ce sont, sans doute, les fiançailles qui se firent ce jour-là ; car il est dit dans un

état des dépenses du Roi qu'il accorde a à Bernard Hureau la somme de , pour

ung voyage par lui fait, partant d'Angers le W'jour d'aoust 1 4 70 , à Rennes et Laon . devers les archevesques et evesques des dits lieux, leur porter lettre de par icellui seigneur, pour savoir d'eulx s'ilz avoient pouvoir di dispenser d'sspouser le prince de Galles a la fille du conte de Waivich. » (In., ibid., Suppl. franc ns, n° U99. f° 57 verso.)

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cenlz quy ces présentes lettres verront ou orront , salut. Comme nostre très cbieret amé cousin Edouard, par la grâce de Dieu prince de Galles , duc de Cornuaille et conte d'Excestre, nous ait baillié ses lettres patentes seellees de son seel, par lesqueles, et pour les causes contenues en ycelles, il ait juré et promis par Dieu nostre Créateur, par la foy et serment de son corpz, sur son honneur , et en parolle de prince , et s'est déclaré qu'il fera el fera faire guerre ouverte à lousjours, par tous ceulz quy voldront faire pour luy, àl'encontre du duc de Bourguoigne et de ses adherens, sans aulcune chose y espargnier, et que jamais il ne fera ou souffrira faire traictié, paix , accord, ne apointement, trêves , ne abstinences de guerre avec ledit duc de Bourguoigne , ne n'en tendra parolle, pour quele chose quy puist estre ou advenir, sans nous, nostre sceu et exprès voulloir et consentement; mais poursieuvra tout oultre, conduira et continuera la guerre jusques à la fin de la concquested'ycellui duc de Bourguoigne et de tous ses pays, terres et signouries , et que celluy quy aura premiers achevé de son costé pour tant ne laissera il la guerre, ains sera tenu d'aller à toute sa puissance, aidier et secourir à l'autre jusques à ce que la dite concqueste soit parachevée : et? en oultre, il a

sadeur en Angleterre « Loys de Harecourt, patriarche de Jérusalem, evesque de Baieux; Tanguy du Chastel, viconte de La Belliere, gouverneur de Bouxillon et de Sardaigne ; Guillaume de Menypeny, seigneur de Congressaut ; Yves, seigneur du Fou ; Nicholle Michel, docteur en théologie, penitancier et chanoine des églises de Baieux et de Coustances; et Guillaume de Cerisav, greffier de la court de Parlement, » avec pleins pouvoirs de traiter avec le roi d'Angleterre. (Rymer, V, partie II, page 179.) Voir aux Pièces justificatives, n° VIII, quelles étaient les propositions de Louis XI.

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promis de bonne foy faire son ieal debvoir envers 1res hault et 1res puissant prince nostre lies chier cl très araé cousin le roy Henry d'Engleterre, son père, que samblablement il se declarei'a comme luv à faire guerre ouverte par lui, ses subgectz et alvez à rencontre dudit duc de Bourguoigne; et pour ce que ycellui duc sest alyé de pieeha à Edouard (\v l.a Marche, qui, contre Dieu el raison, sest efforchié de usurper ledit royaulme d'Engleterre, et avoir mis en servage et captivité nostre dit cousin le roy Henry, lequel il detenoit en la tour de Londres, avoit aussi enebassié nostre dit cousin le prince de Galles et nostre très cbiere et très amee cousine la royne Marguerite, sa mère, du dit royaulme d'Engleterre, prétendant, par le moyen de ce duc de Bourguoigne, et par son ayde et faveur, de tous poins destruire nos dis cousins et cousines, et nous aussi, qui tousjours les aurions favorisiés, secourus et aydez se faire l'eussions peu ; mais Nostre Créateur, qui est droiturier, y a pourveu en tele manière que nostre dit cousin le roy Henry a esté mis au délivre1, el fait paisible de son

1. Henry étoit déjà libre dès le 8 octobre U70, ainsi qu'on le peut voir par la lettre qui suit, adressée à Louis XI par le comte de Warwick :

« Sire, je me recommande à vostre bonne grâce le plus bumblement que je puis, à laquelle plaise savoir que, à l'aide de Dieu et de la vostre, dont je ne vous sauroie assez remercier, tout cestuy royaume est a présent mis en l'obéissance du roy mon souverain seigneur, et le usurpant Edward chassé hors, et mon dit souverain seigneur relevé du grant dangier en quy il a long temps esté, et mis en son estât royal, et ne y n, de ceste heure, nulle pc rsonnequi ne soit en sa droitte obéissance, tomme plus à plain ce porteur vous en fera relacion, s'il vous plaist ; auquel je vous supplie de adjouster créance et de ne estre desplaisant de ce qu'il a tant demouré; car ce a esté à mon désir, pour ce que mieulx il eust la congnoissance de tontes choses ju=ques à présent, et qu'il veist et congneust depuis le comencement jusques à nostre entrée en ceste cite de

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dit royaulme, et ledit Edouard de La Marche dechassié et expulsé d'ycellui, non obstant les faveurs à lui données par ledit duc de Bourguoigne, lequel recoeilly et reytere pour veoir se il poiroit trouver manière de povoir ancores guerroier le roy Henry , nostre dit cousin et Nous , ce que Dieu ne voeille : à laquele cause et adfin que, à l'ayde de Nostre Créateur, Nous, et nostre cousin le roy Henry, puissons résister à la maulvaistié et dampnable emprinse des dis duc de Bourguoigne et Edouard de La Marche, jurons et promettons à nostre dit cousin le prince de Galles, par Dieu Nostre Créateur, et par la foy et serment de nostre corpz, sur nostre honneur et en parolle de roy, et dès maintenant Nous déclarons par ces présentes que Nous ferons et ferons faire guerre ouverte, par Nous et par tous nos subgectz, à rencontre dudit duc de Bourguoigne et de ses adberens, sans aulcune

Londres, et de luy octroier vostre favourable grâce; car en toutes choses il s'est incliné d'acomplir vostre commandement et mes désirs. Sire, monseigneur de Clarenceet moy avons entendu que n'est es pas bien content de monsieur l'admirai, pour ce que en vous a donné à entendre qu'il avoit entreprins de nous délivrer au duc de Bourgoigne, quelle chose nous tient fort au cuer; car nous congnoissons sans faulte que ceulx qui vous ont ainsi enformé n'ont pas bien fait, et, sauf vostre grâce, vous ont dit le contraire de la vérité. Et pour ce, le plus humblement que je puis, je vous supplie ou nom de mon dit seigneur de Clarence et de moy de ne estre mal content de luy, ne de croire telle informacion, mais tousdis continuer vostre bonne ^race envers lui et de mieulx en mieulx pour l'amour de nous, s'il vous plaist; car, sans faulte, nous sommes fort atenu à luy pour l'onneur et bien qu'il nous a fait par delà en congnoissant vostre commandement : ce sceit le Tout Puissant à qui, Sire, je supplie de vous octroier les mieulx amez de voz désirs.

Escript à Londres, le vme jour d'octobre (1470.) Warwych. » [Bibl. imp., Mss., Fonds Gaignières, n» 304, fol. 19.) Dugdale (II, 1G3) se trompe donc en datant du 25 octobre cette mise en liberté.

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chose espargnier : et que jamais nous ne ferons ne taire ferons trahie , accord, paix, ne apointement, trêves ne abstinences de guerre avec ycellui duc de Bourguoigne, ne n'en tendrons parolle, pour quelque chose quy puist advenir, sans nostre dit cousin le prince de Galles, et sans son sceu et exprès voulloir, et consentement; mais serons tenus de poursievir tout oultre, conduire et continuer la guerre jusques à la fin de la concqueste dudit duc de Bourguoigne et de tous ses pays, terres et seignouries, et que cellui qui aura premiers achevé de son costé pour riens ne laisse la dite guerre , ains soit tenu d'aller avec sa puissance ayder et secourir l'un l'autre, jusques à ce que la dite concqueste soit achevée. En tesmoig de ce, Nous avons signé ces présentes de nostre main, et fait seeller de nostre seel de secret. A Amboise, le xxvme jour de novembre1, l'an de grâce mil quatre cens lxx, et de nostre rengne le xe. Ainsi signe : Loys8.

130S. Comment le conte de Warewic et le duc de Clarence retournèrent en Engleterre ; et comment le roy Edouard passa la mer et vint en Hollande. XV.

Ou mois de septembre , an LXX , se trouvèrent les

1. Le 13 décembre suivant, Louis XI écrivoit au comte de Dampmartin: « Mon frère de Guienne s'en ala hyer bien content ; aussi la revue d'Angleterre et madame de Warvic s'en yront demain. » [Bibl. imp., M»s., Fonds Béthune, n° 8453, fol. 51.) — « A madame la royne d'Angleterre, pour ses dépens, du prince de Galles, son fils, madame Anne, fille de monsieur de Warwich, femme du dit prince, es mois d'aoust, septembre et octobre 1-470, -2650 £; pour le mois de novembre et décembre, pour le fait de leur argent, rie, '2830 £ et 1000 pour ses plaisirs, » (4e compte de Jeban Briçonnet. In., iiid., Fonds Gaignières, n° 7722, fol. 500 verso N

2. Cette lettre se trouve dans Sala/akd. (IV, Preuves, ccxciO et au manuscrit 8448', fol. 1 13 iflibl. imp)

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disWarewic et Clarence, et leur compaignie, en Engleterre1: lesquelz, illec arrivez, descendirent à Bristo2, où ilz recouvrèrent vji ou vuim hommes en leur ayde, puis se misrent auz champz, tyrant droit vers le roy Edouard ; et tousjours leur croissoient gens de toutes pars. Mesmement, passant parmy la duchié de Sombresset, se vindrent joindre à eulz le seigneur de Chyrosbury, filz du seigneur de Thalboth3, et le sire Scanlay4, lesquelz seigneurs avoient avec [eulz] v m hommes.

Alors estoient le roy Edouard et les siens en la ducié d'Torc , en une ville nommée Dancastre 5, avec luy le conte de Rivière, seigneur de Scalles, le seigneur de Hastinghes, le conte de Ourxestre6 et le marquis de Montagu , auquel le roy avoit donné grant terre et seignourie, et sy estoit larchevesque d'Yorc; les gens desquelz archevesque et Montagu prindrent débat à ceulz du roy Edouard. Si n'estoit, adont, pas plus loingz que à une journée de eulz : et avoient lesdis archevesque et Montagu bien quatre mille

1. « Donné à Richard de Neuville, conte de Warwich en Angleterre, pour s'en retourner au dit royaume, 467 000 £ et 34 000 escuz. (4e compte de Jehan Briçonnet pour l'année finie en septembre 1470. [Bibl. imp., Mss., Fonds Gaignières, n° 7722, fol. 499.)

2. Brixton ? près la rivière d'Yealm, dans le Devons fiire, ou Burton Bradstock, sur la rivière de Bridy, dans le Dorsetshire. Les historiens s'accordent à dire que le comte prit terre à Darmouth, dans le Devonshire, à 204 milles de Londres. M. John Bruce dans son introduction (page x) à Y Histoire de F arrivée d'Edouard If en Angleterre, met Jf'eymouth, dans le Dorsetshire, à 135 milles de Londres.

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