Doullens
[1471] SIXIÈME PARTIE, LIVRE VI, six. 63
s'en alla logier, atout ce qu'il avoit de gens, à lyeue et demye d'Arras, prez de Wailly, en ung parcq qu'il avoit illec fait fermer de son charroy et artillerie, dont il avoit bien xiiiicz cbarriots chargiés : à chascun desquelz avoit deux hommes tentiers, et deux pyonniers, aians tous sallades, Jacques et mailletz de plomb, ou autre bon baston. Et, le xnf jour de mars, se party du dit parcq, adcompaignié de Pveardz, de Flamens et de Hannuyers, dont il y avoit bien , selon renommée, iuim lances, cbascune nu chevaulx , du moins : c'est à scavoir homme d'armes, archier, coustillier et page; et, oultre ce, a\oit avec cbascune lance vi hommes de pie portails arcz ou picques, qui sont bastons mortelz contre venue de chevaulz. Et si avoil grant nombre de canonniers, culvriniers, et autres gens de toutes fâchons, sicque c'estojt merveilleuse chose à veoir. Et, oultre ce, estoient grosses garnisons de par le dit duc à Péronne, à Bray, à Corbye, à Abbeville, et en plusieurs autres lieux, exstimez à xm combattans, de ses meilleurs hommes. Et si n'estoient ancores venus les bourguignons, que on nombroit bien à xiiii" lances, ne les Brabenchons, quy debvoient venir [à] mi" lances, de Luxembourg vin" lances , et autres nobles hommes de Flandres , qui se hastoient de venir.
De Wailly, le due s'en alla clorre son parcq à Helbusterne1, aprochant la rivière de Somme, et là se tint aulcuns jours, où gens lui croissoient tousjours. Et,
1. « Le 13 [février], le duc de Bourgogne partit de son camp de Wailly et vint camper à Hebuterne, «l'on il partit le 16 > Lesglet, H 197)
fi4 CRONICQUES DENGLETERRE. [1471]
environ ce tempz, les François d'Amiens concquirent quarante ou l conipaiguons des gens du seigneur de Creveceur, en une forteresse, [le chasteau de Boves], lesquelz ilz occirent tous, excepté le capittaine d'iceuz, lequel ilz detenterent prisonnier.
1313. Comment le seigneur de Renty s'en alla rendre francois. Comment le duc de Bourguoigne s'en alla logier àContay, etd'illec àdeinye lieue de Amiens : puis parle de la prinse de Picquigny, et d'autres choses. XX.
Le xve jour du mois de febvrier, ou dit an, le seigneur de Renty1, aisné fil/ du sire de Croy, auquel de Renty le duc avoit rendu ses terres et ycelluy fait son chambellan , et lequel pour lors estoit en garnison à Peronne avec le seigneur de Ravestain , messire Adolf de Cleves5, auquel de Renty le duc avoit grant fyance, si luy avoit baillié ordonnance d'environ lx lances ; mais , neantmoins , en faisant manière d'aller courre sur les François, luy et sa compaignie issirent de Peronne, et tantost qu'ilz en furent eslongiés, il dist à ses gens, entre lesquelz estoit le seigneur du Reux 3, son frère mainsné : « Qui m'aime, si me sieve; car je m'en vois à Ham, devers mon beau père le conte de Saint Pol , connestable de France. » Si s'en allèrent avec luy v ou vi hommes d'armes, et environ xx archiers. Son frère et tous les autres s'en retournèrent à Peronne , moult desplaisans de ceste
1. Philippe de Croy, seigneur de Renty; ses biens furent confisqués en 14.76. Mort en 1511. (Anseuvie, V, 038.)