‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 2)Chapitre 34 sur 143 · Voy. ci-dessus, tome II, page 355, note · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, tome II, page 355, note

3 Jean de Croy, seigneur de Rœux, vivait encore en 1487. (Anselme,

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adventure, quy fut layde et reprochable au dit seigneur de Renty , atendu le bien et honneur que le duc luy avoit fait, et duquel il recepvoit les guages.

Tantost aprez, s'en alla le duc à Contay logier, quy est à quatre lyeues prez d'Amiens, qui avoit lors en sa compaignie plus de chinquante mille hommes, et si luy croissoient gens journelement. Et le lendemain issirent d'Amiens bien de vi à vnm combatans , que menoitle conte Dampmartin, lesquelz cuiderent assegierlechastel de Dours. Mais ilz rencontrèrent lavantgarde du duc, lesquelz se rengerent en battaille l'un contre l'autre ; si cuiderent les Pycardz enclorre les François; mais quant François s'en aparcheurent, ilz se retrayrent et ne perdirent que ung homme d'armes j occis d'une serpentine ; ce qui les effrea grandement.

Dedens v jours aprez , se party de là le duc, atout son ost : si s'en alla logier à une petite lieue d'Amiens ' ; et, en ce mesmes jour, il alla en personne jusques au gibet d'Amiens, adcompaignié de trois cens hommes , pour regarder s'ilz voldroient issir; ce que non. Et lors il fist sonner ses trompettes; si se vindrent ces gens tous joindre avec luy. Sicque ceulx d'Amiens povoient plainement veoir toute sa puissance, quy estoit terrible à regarder. Et tost aprez le duc se retyra à son logis, auquel retour ceulz d'Amiens issirent et tuèrent deux archiers quy s'estoient advanchiés plus qu'ilz

1. « Le 18 [février 1470, v. s., le duc] campa près la ville de Dours sur Somme, vers Amiens; le 21, il campa hors le village de Lonville près Amiens; le 23, à Winacourt (ou Winencourt), vers Pequignv; le dimanche 24, a Belloy ; son avant garde prit la ville de Pequignv, qui fut incontinent mise en feu. i> (Lenglet, II, 197.)

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ne dévoient. Dedens trois jours se party le duc de là; si passa devant Amiens atoute sa compaignie , et en moult belle ordonnance s'en alla devant Picquigny. Et, le lendemain, vu ou vin de ses archiers trouvèrent manière d'entrer en la ville, lesquelz sievyrent plusieurs autres, et tant en y entra que la ville fut prinse. Si s'en fuyrent ceulz de la ville dedens le chastel, desquelz aulcuns boutterent le feu en plusieurs lieux , adfin qu'on ne les peust syevir de si prez ; mais bien en y ot qui babandonnerent tout , et s'en issirent de la ville.

Quant vint le lendemain, ceulz du cbastel se rendirent, saulfz leurs corps, biens, barnas et cbevaulz ; si se retrayrent à Amiens où le duc les fist conduire par ses gens. Et adonc, ledit duc estant à Picquigny, issirent de Saint Quentin environ vm François, tous à cheval; de laquele compaignie esloient les principaulz, le connestable, le sire de Cursot1, le sire de Cran2, Joachim Uohault 3, marissal de France, avec lesquelz estoient le seigneur de Poix, Jehan d'Arson1, et Jehan de Mays, bourgois d'Amiens. Et si estoient aussy Bauduin ,

1. Gilbert de Chabannes. (Voy. ci-dessus, tome II, page 396, note 6.)

2. Georges de la Tremoille , seigneur de Craon, mort en 1481, (Anselme, IV, 165.)

3. Joacbini Rouault, seigneur de Boismenart, créé maréchal de France en 1461. Mort le 7 août 1478. (Asseoie, VII, 95.)

4. « Natif de Bourbonnois..., homme très adroit et vaillant en armes, mes en aultres endroits non pas de si grant pris. » Il était écuyer du grand bâtard de Bourgogne. (Chasteixain, 480.) Voy. ci-dessus, p. 50, a la note.

5. Serait-ce Jean de May, écuyer, seigneur de Gratius, d'Estre, conseiller du duc de Bourgogne, qui, au mois de novembre 1468, était lieutenant du bailli d'Amiens, puis fut maire de cette ville en 1463, et en 1477? (Doiu Grenier, premier paquet, tome I, p. 454, 471.)

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bastard de Bourguoigne, le seigneur de Renty et plusieurs autres des pays du duc Charles1, lesquelz tyrerent vers Bapausmes jusques à Croisilles, séant à trois lyeues prez d'Arras, prendant et ravissant tout ce qu'ilz povoient trouver de biens et d'hommes , auz champz et villages. Entre les autres, leconnestable, le seigneur de Cursot , Baulduin lebastard, et aulcuns autres, s'en allèrent jusques à Bappausmes, où le connestable manda à Jehan de Longueval2, capittaine de la ville, qu'il venist parler à lui, en lui envoiant saulfconduit pour ce faire, et il y alla atout environ xl ou lx chevaulx que le duc lui avoit envoyez le jour devant, auquel le connestable somma qu'il lui rendist celle ville ou nom du roy de France. A quoy le capittaine respondy que son seigneur le duc de Bourguoigne lui avoit baillié en garde , auquel il avoit promis et juré de le bien garder à son povoir, si voulloit son dit serment entretenir jusques à la mort du darrain homme de la ville. Disant, oultre, au connestable qu'il scavoit bien comment la dite ville estoitau duc de Bourguoigne propre héritage, à cause de sa conté d'Artois venue à ses predicesseurs , frères de roy de France, par

1. Var. : oc Si qu'ilz povoient estre en tout douze cens lances, selon commune renommée. » (Ms. Fonds Dupuy.)

2. Jean de Longue-val, fils de Robert de Longueval et petit fils d'Arthur, seigneur du même lieu (Bill. imp.: Mss., Fonds de Decamps, n° 122), suivit Antoine, bâtard de Bourgogne, dans l'expédition que fit ce dernier, en 1464-, contre les ennemis de la foi. (Duclebcq, XIV, 341.) Était seigneur de Vaux, capitaine des archers du susdit bâtard de Bourgogne. Il entra, le premier mai 1465, clans la ville d'Arloeux, que tenoit le roi de France, puis dans celle de Creveeceur. (Id., /£., page 421.) Assistait au siège de Neuss, en mai 1475, avec le duc de Bourgogne; \\ y fut fait chevalier, et prit les faubourgs de la ville d'Épinal, en octobre suivant. (Molixet, I, 127, 129, 153.)

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partage de leur portion du royaulme ; puis adrescha sa parolle à Bauduin , bastard de Bourguoigne , duquel il avoit autreffois, au tempz passé, mené les gens d'armes , disant qu'il avoit fait et faisoit très mal , comme bien povoit scavoir; et tant en disl qu'il fist le bastard plourer1. Et adont dist le connestable au dit Jehan de Longueval qu'il se conseillast, et que il luy donnoit deux jours d'indusse pour soy bien conseillier; et que s'il ne luy rendoit la ditte ville, il le venroit veoir de rechief à plus grant compaignie : sur lequel point ilz se partirent l'un de l'autre, et s'en retournèrent chascun en son lieu.

Ce fait, Jehan de Longueval signifia ces choses au duc de Bourguoigne, lequel, tout incontinent, lui envoia secours. Et les François, en leur retour, pillèrent l'abave d'Aruoise2 et celle de Aucourt; desqueles ilz emportèrent tous les biens , callices et reliquiaires ; puis prindrent les chasteaulz de Saillv, de Haplaincourt3 et de Bethencourt sur Somme, et cellui d'Ierre, et firent plusieurs maulz ou dit voyage : contre lesquelz François envoia le duc nm combatans de ses gens, desquelz furent chiefz le seigneur de la Gruthuse4, le seigneur de Peruel5, le sire de Chohem6,

1. Baudouin était passé au service de Louis XI, le 20 novembre 1470. Vov. ci-dessus, page 50, à la note.

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