Don Henri de Menesès, comte de Viana
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de Bergauge1, par terre, alout vm hommes à pied, tous arballestriers et culvriniers, et environ deux mil hommes à cheval, et, par mer, xun craveles, devers celle dite ville de Tangere ; laquele ilz trouvèrent toute seulle, comme dit avoit esté au roy. Si entrèrent dedens ycelle, quy estoit toute saine et entière; les maisons bien estottees de meubles et tous vivres, excepté chars et vins, lelement que assez en avoient pour trois ans; et sy trouvèrent aussi bombardes , canons, pouldres et toute autre artillerie en grant souffisance. Ainsi que vous oez, se habandonna la ville de Tangere auz Portugallois, qui mainteffois paravant leur avoit donné assez à faire.
Ceulz de la ville de Calez, quy est du royaulme d'Espaigne, séant delà la mer, fort doubtans l'yre du roy, à cause de certaines emprinses que fait avoient sur aulcunes cravelles du roy chargiés de marchandises, envoierent en Portugal vixx quintauz de graines de paradis et plusieurs moriens qu'ilz avoient prins. Et leur marquis, qui tousjours au dit royaulme avoit esté fort contraire, envoia offrir au roy, par son seelle, que il voulloit devenir son homme, et le servir à son povoir en toutes manières possibles.
Ancores aprez ces nouvelles , avec les gallees de Venise, arrivèrent certaines naves de Byscayns, qui dirent que ung maistre des nefz de la flotte du roy, quy avoit esté à la prinse de ces deux villes , leur certiffia que le roy des Fez, sitost qu'il sceut la venue du roy de Portugal , qu'il assambla vira hommes de cheval, et de pédestres très grant nombre, pen-
i. Don Juan, fils fin duc de Bragance.
96 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1471]
sant ancores venir à tempz pour lever le siège devant Azille ; car il ne cuidoit mie que le dit roy de Portugal deust sitost venir à son emprinse. Sicque, quant il trouva qu'il esloit jà trop tard, il envoia demander saulfconduit au roy de Portugal pour venir parler à luy; il, illec, luy envoia son gand, en signe de sceurelé. Et tantost le roy des Fez vint devers luy : si parlèrent grant pieche ensamble; de quoy ? je ne scai , fors tant que, aprez le parlement du roy Sarrasin , on aporta au roy de Portugal les oz de l'infant dom Fernant son oncle, que les Sarrasins avoient, ou tempz passé, fait morir en prison , comme dit est. Lesquelz oz, on disoit que Moleghet, qui gouvernoit le roy des Fez à son plaisir, avoit fait rendre , adfin de ravoir ses deux femmes et son filz , que le roy de Portugal tenoit prisonniers : et ceste fut la cause pour quoy le roy des Fez vint lors parler au dit roy de Portugal , quy prestement fist les oz de son oncle porter en son pays, pour enterrer en la chapele où gisoit le roy son père.
Or retournerons nous à parler des besongnes d'Angleterre , en ycelles poursievant tant et si longuement que le roy Edouard aura reconcquis son royalme tout entièrement.
1318. Comment le roy Edouard d'Engleterre se party du Port de Flechine, en Zeelande , atout grant navire, adcompaignié de gens d'armes et de trait, pour retourner en Engleterre, et, là, recouvrer ycelluy son royaulmesur ses annemis ! . XXV.
En l'an mil quatre cens LXXl , le second jour de
1 . Le récit qui va suivre est une traduction assez fidèle de tlie Historié
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mars1, le noble roy Edouard quatriesme de ce nom, par la grâce de Dieu roy d'Engleterre et de France , seigneur d'Yrlande, aprez qu'il eut long ternpz séjourné en la ville de Bruges, où il fut bien festoie et assisté de plusieurs gens, en especial du seigneur de la Gruthuse , fist préparer ses habillemens de guerre , et assambla grant compaignie de gens d'armes, tant des pays du duc de Bourguoigne comme d'Engleterre; puis vint en Zeelande, au port deFlechine2, avec luy son frère le duc de Clocestre3, le conte de Rivière, seigneur de Scalles, le seigneur de Hastinghues, son chambellan , le seigneur de Save 4, le seigneur de Duras5, et aulcuns autres, adcompaignié d'environ xn" combatans bien prins, proposant dépasser la mer et recouvrer son héritage d'Engleterre , quy pour lors luy estoit occupé et usurpé par Henry, VIe de ce nom, par l'enhort et ayde des trahittres , et le pourchas de son grant rebelle Richard , conte de Warewic , et ses complices.
Si entra en son navire, au dit port de Fleehine, l'an et jour dessusdit ; mais , quant il fut tout pourveu de ce que besoing luy estoit, lèvent se tourna contraire, non obstant laquele chose le roy ne voult mie descendre à terre: ains, comme cellui quy grant désir
ofthe arrivait of the King Edward IT~ . Néanmoins la narration de Wavrin est abrégée en plusieurs passages. Nous n'avons relevé en notes que ce qui peut servir d'éclaircissement à son texte.
i. « After the comptinge of the churche of England. o