Cinq ou six mots ont été coupés par le ciseau du relieur
sance des dits Sarrazins vint au dit passage ; et dura tant le débat, que trait failly d'ung costé et d'aultre, et tellement que, après le dit trait failly, ilz combatirent plus d'unne heure au dit passage, aux lances et aux espees, et cy longuement, que les dites bonbardes furent ammenees en la dite ville , et que le dit castellain, qui les devoit secourir, fut retrait, cuidant, pour la multitude des dits Sarrazins, que le dit Joffrov ne ces gens ne se peussent jamais retraire en la dite ville. Toutesfois, par la grâce de Dieu, ilz se retrairent sans grande perte, et apourterent Pierre de Moroges, nepveu du dit Joffrov, lequel estoit bien fort blessé; car, en la dite besoigne, ilz fist très vaillamment, et fust, ce dit jour, deux fois pris et recos. Le seigneur de la Hamaide, le dit Joffrov de Thoisy, Guillaume de la Baulme1 ilz furent (faits?) chevaliers, et pluseurs aultres.
Se fait, les dis Sarrazins conclurent d'assaillir, et firent leurs abillemens et fagos pour amplir les fossés : et ung jour, au soleil levant, venoient pour assaillir à grant son de trompectes et de tabors, et leur capitaine tout le premier; lequel, devant le dit Joffrov de Thoisy, droit sus le bort du foussés, d'unne colovrine fut tués leur dit capitaine, lequel ilz amporterent. Luy mort, les aultres eurent le courage perdus, et sans faire grant samblant, chargèrent leurs baghes, et de nuvt montèrent en leurs navires; et tantost furent en
i. Guillaume de Baulme, seigneur d'Erlan, chevalier d'honneur cha duchesse de Bourgogne, Marguerite d'York. Assistait, en 1478, au baptême de Philippe , fils de Maximilien et de Marie de Bourgogne (Moliicet, II, 160). Chevalier de la Toison-d'Or : était mort en 1300.
(Id.,v, -m.)
leurs contrées , car ilz eurent bon vent. Le dit siège levé, le dit Joffroy de Thoisy ammena les dites gualees à Constantinoble , vers le Légat et monseigneur Wurain1, pour leur aider à garder le destroit : et là furent tout l'iver, faisant guerre aux Turs, auxquieulx ilz eurent pluseurs estarmuches. Et l'été ansuivant, coururent toute la mer Maior, et priment sur les dits Turs, pluseurs navires et ung chasteau nommé Ouyo2, lequel ilz brûlèrent. Et, delà, alerent veoir l'empereur de Trapezonde, et passèrent oultre en ung lieu appelle l'Onaty1, cuidant là prandre pluseurs Tartres, lesquieulx amainerent là, de Sammaqui* les soies; et ce soir là y estoit arrivés le prince du pais, atout anviron six cens hommes , lequel prince on appelle Patano Guoriely : et, au point du jour, descend) (en la ville) le dit Joffroy de Thoisy, atout deux cens hommes, cuidant forny son anprinse. Y ne fut gueres jours, quant il trouva le dit seigneur avec ces gens au devant, tous prest pour combatre; et, pour ce que les dits gualees estoient loing, furent contraint de les combatre ; car ilz ne s'y povoient retraire. Et tellement combatirent, que le dit seigneur et ces dites gens furent desconfis, et s'en fuirent , et deux de ces principaux batars mors avec plusieurs aultres; et depuis se ralierent et vindrent, de rechef, combatre. Et pour ce que les dites guales estoient aprochees les navres des nostres, cy commanserent à retraire, et aucuns aultres,