‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 2)Chapitre 84 sur 143 · Jacques III, mort en juin · texte numérisé non relu

Jacques III, mort en juin

2. En avril 1462, selon Wvrcestre ( 493), Wanvick rencontra Marie à Dumfries, pour affaires de mariage. Pinkerton dit (I, 251) queWarvvick avait artifîcieusement détaché Marie de la cause de Henri VI, en lui proposant d'épouser le nouveau monarque anglais, et que la reine avait été même a Carlisle pour avancer les négociations.

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son cousin, comme dit est, avecques aultres ses lettres patentes ', soubz son grant seau , en lui signifiant comment il assistoit au dit roy Henry en toute puissance, avecques tous ses subgetz et amis, en faisant faire inhibicion à tous ceulx de son royaume que homme ne feust si bardy d'avoir communicacion avecques ceulx du party dudit roy Edouart, ne de iaire marchandises avecques eulx, ne aucune aultre conversation, avecques plusieurs aultres articles, bien favorarables pour le dit roy Henry, contenuz en ses dites lettres.

Item. Et, peu de temps après, vint le conte de Maulevrier, qui aporta à mon dit souverain seigneur pareilles lettres closes et patentes, de par le dit très crestien prince, avecques très cordiale recommandacion et créance : lesquelles iectres, comme disoit le dit seigneur de Maulevrier, estoient proclamées en France publiquement, par son de trompe, en plusieurs bonnes villes, citez et pors de son royaume. Lesquelles Iectres, et la publicacion dicelles, me causoient de plus en plus de montrer ma bonne voulenté au dit roy Henry, son cousin.

Item. Et quant la dite royne et les seigneurs de ce royaume virent que le dit très crestien roy de France

\. Chastellain (219) cite cette partie de l'ordonnance sans en donner la date : « De guerre n'avoit (Louis XI) à nulluy, fors tant seullement que lui meismes s'en bailla au roy Edouart auquel il fit crier et publier à son de trompe par tout son realnie inimitié mortelle , et que nuls , sur paine de mort, de ceux de son reaime, communicassent ne en marchandise ne aultrement avec les Anglais du parti du dict Edouart. » Le comte de Maulevrier étant porteur de semblable lettre pour le roi d'Ecosse, ne put les remettre à ce prince qu'après le mois d'octobre 1462, car ce fut à cette époque que la reine Marguerite revint en Angleterre accompagnée de ce seigneur. (Lingaud, II, 558.)

ne mist point à exécution sa dite proclamacion pour le dit roy Henry, comme ses dites lettres portoient, leurs couraiges se refroydirent et leur bon vouloir se changa, et se mirent à complaire au dit roy Edouart et à ceulx de son party, voyant qu'il prospéra de jour en jour en son fait, et l'aullre n'avoit point de aide ne confort, fors que, tant seulement, le royaume d'Escoce. Par quoy le dit roy Henry et son conseil se doubtoieut à demourer si près des Marches, comme à Edembourgh1, paourqueles Anglois et aucuns Escossoys, qui mieulx aymoient le party contraire que luy, ne feissent aucune convencion ou préjudice de luy et de son beau filz, le Prince. Par quoy il desiroit, pour la seureté de sa personne, venir en ma place de Saint Andry, là où il fut bien recueilly, selon ma petite puissance, et

1. William Maitland (II, 634) dit qu'après la perte de la bataille de de Tewton, Henri VI, sa femme et son fils s'enfuirent, en premier à Berwick , puis à Edimbourg, où ce malheureux prince trouva un asile honorable. James Kennedy, évêque de Saint-Andrew, fut la personne à laquelle le roi fugitif fut le plus redevable en cette occasion, par l'influence de ce digne et vénérable prélat.

On peut voir, par la lettre qui suit, que le roi Henri VI était à Edimbourg le 28 mars 1461, v. s.

« A très hault et puissant prince nostre très chier et très amé cousin germain de France.

« Très hault et puissant Prince, très chier et très amé cousin germain de France, nous avons esté bien amplement informez par plusieurs foiz que tousjours vous estes monstre nostre bon cousin et amy, et vous estes tousjours bien encline en toutes les affaires de nous et la recouvrancé de nostre dit royaume, à voz grans coustz et despens,tant de gens, d'argen comme aultrement , dont très fort nous en reputons tenuz à vous.

h Nous envoyons présentement par devers vous plusieurs de noz gens et ambaxadeurs, comme plus à plaiu porrez veoir par noz aultres lettres que vous rescripvons entre lesquelxnoz gens et ambaxadeurs y est nostre amé et féal chancellier Jehan Fortescu, chevalier, auquel sommes fort atenuz,

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bien reconforté, tant dedens, comme de luy prester or et argent monnoyé et a monnoyer, et aultres choses à luy nécessaires, en luy faisant aussi bonne chiere comme je luy ay sceu ne peu faire : et d'illecques le convoyay en une aultre de mes places sur la

car à ses despens nous a tousjours entretenu nostre estât et fait plusieurs aultres services, dont luy sommes fort atenuz.Pour lesquelles choses, très hault et puissant Prince, très chier et très amé cousin, nous yous prions, tant et si affectueusement que plus povons que icelluy nostre chancellier, en nostre faveur et prières, vous vueillez favorablement traicter et luy secourir et aider comme à nostre propre personne en toutes les nécessitez et affaires qu'il peut avoir, tant pour nous et noz affaires, comme pour luy mesmes , afin qu'il puisse congnoistre que noz prières luy aient prouffité en aucune manière, rit quant Dieu plaira que nous aions la joissance et recouvrance de nostre dit royaume, nous ferons avecques vous en telle manière que toute vostre noble royalle Magesté n'ara jamais cause de s'en douloir : en vous priant que vueillez tousjours de mieulx en mieulx continuer ainsi, comme bien y avons nostre singulière et parfaite confiance, aidant le benoist filz de Dieu, très hault et puissant Prince, très chier et très amé cousin , qu'il vous vueille avoir et tenir en sa saincte et benoiste garde.

« Donné à Edynburgh , le xxvne jour de mars.

a Hejvry. » (Signature autographe.)

[Bibl. imp., Mss., Fonds Baluze , n° 9037 7, fol. 176.)

La lettre suivante , prise à la même source , semble un appendice naturel à celle qu'on vient de lire.

« Au Roy, nostre souverain seigneur.

« Nostre souverain Seigneur, nous nous recommandons à vostre bonne grâce tant et si très humblement comme plus povons. Et vous plaise savoir, nostre souverain Seigneur, que au jourd'uy sont entrez parcongié, en ceste ville de Rouen , le conte de Pennebroc et messire Jehan Forescu, chevalier, chancelier du roy Henry d'Angleterre, lesquelz sont venus devers nous, et nous ont remonstré que, de par le dit roy Henry, ilz estoient envoiez comme ambaxadeurs devers vous, et avoient prinsla charge soubz la confidence du congié gênerai d'aier et venir par voz pays, qu'il vous pleust octroyer en la faveur dudit roy Henry à tous ses subgiez tenans son party ; mais, pour ce qu'ilz avoient sceu, eulx estans en Flandres, la deffense generalle faite aux Anglois de non eulx trouver en

mer, et de là le transmis seulement en son royaume. Et tout ce luy feys, pour l'onneur du dit très crestien roy de France et pour luy complaire, lequel m'avoit sur ce très gracieusement escript et requis, et si,

vostre royaume sans avoir saufconduit , ilz estoicnt tournez devers monseigneur de Cliarolois, qui leuravoit octroyer, pour leur seurté, certaines

lettres réquisitoires à tous voz justiciers et lieutenans, lesquelles ilz nous monstrerent, ensemble unes lettres missives que nous escrinvoit en leur faveur mou dit seigneur de Cliarolois, pour les laisser passer, ainsi que porez veoir, se c'est vostre bon plaisir, par icelies lettres missives et mesmes par double des lettres réquisitoires de mon dit seigneur de Cliarolois, cv dedens encloses; et nous requeroient de seurté de aler devers vous , disans qu'ilz avoient lettres que mon dit seigneur de Cliarolois vous escripvoit pour leur fait. Sur quoy, Sire, après que avons debatu la matere avec aucuns de vostre conseil estans par deçà , avons remonstré au dit conte et cbancel lier que, au regard delà deffense qui faite avoit esté, elle estoit generalle pour tous les Anglois, tant de ceulx du costé du roy Henry, que de l'autre part, par complaintes qui vous avoient esté faites des inconveniens qui estoient advenus et povoient advenir à voz subgiez par courses et pilleries, pour raison de la frequentacion que avoient eue par deçà ceulx du party dud.it roy Henry, dont aucuns s'estoient tournez de l'autre costé, et pour autres causes qui à ce vous avoient meu : e puis que ainsi estoit que la deffence avoit esté faite, et par cry publique, que à nous n'estoit pas de y touclier ; mais, toutes voys, que, considéré leur cas et qu'ilz affermoient aler devers vous, et aussi qu'ilz disoient porter lettres de mon dit seigneur de Cliarolois, ne leur donnerions aucun empeschement , et advisassent à ce qu'ilz avoient à faire. Par quoy, Sire, ilz ont prins le chemin pour tirer devers vous, comme ilz dient : et, pour ces causes, envoyons ce message en toute diligence devers vous, afin que en soiez adverty avant leur venue, en ensuivant ce qu'il vous a pieu nous escripre et commander, de vous advenir tousjours de ce qui surviendroit des nouvelles des dits Anglois pour, ou surplus, ordonner vostre bon plaisir. Nostre souverain Seigneur, nous prions le benoist filz de Dieu qu'il vous ait en sa saincte garde, et vous dointtres bonne vie et longue, et acomplissement de voz très nobles désirs. t Escript à Rouen, le xme jour de juing (1462).

« Vos très humbles et très obeissans subgiez et serviteurs,

« L'evesque de Saint Brieuc , Louys d'Estouteville et Jehan Arnoulfin. E. Picart. »

(/l>., id., fol. 177.)

172 CRONICQUES D'ENGLETERRE.

savoye bien que le dit roy Henry n'avoit de quoy me recompenser.

Item. Et voyant par le dit roy Edouart la grand division qui estoit entre nous, s'efforsa de toute sa puissance de nous venir courir sus, pour nous cuider mectre en subjection, et, par especial, tous ceulx qui estoient amis et bien vueillans du dit roy Henry. Et, sur ce, envoya devant luy le traictre de Douglas1 a tout grant quantité de finance, pour recueillir et souldoyer gens de legier couraige, près des marches; et lequel traictre, par aucuns moyens qu'il trouva et dons qu'il donna, assembla grant nombre de meschantes gens qui firent grant dommaige ou pays. Et si estoit bien taillé, à laide du dit roy Edouart et de son host, qui estoit pour icelle cause assemblé , d'avoir mis le royaume en voye de perdition, mesmernent veu et considéré le temps de l'aage du dit roy, mon dit souverain seigneur, et la division qui estoit ou dit royaume, se Dieu, de sa grâce, n'y eust mis remède. Et tout ce mal et péril fut imputé sur moy, par quoy j'estoye bien taillé d'estre finablement destruit par les gens du pays, pour ce que j'estoye cause de l'interrupcion des journées devant dictes pour enfraindre les accords qui appoinctés estoient entre le royaume d'Escoce et le dit Edouart. Et, non obstant ce que n'estoye pas bien disposé en ma personne, ne accoustumé d'aler en guerre, encores me preparay y aler en personne, avecques mon souverain seigneur, à l'encontre du dit traictre, en grant dangier de noz personnes et de toute sa com-

1. James IXe du nom, comte de Douglas, mort le 15 avril 1488. (Douglas, Peerage of Scotland , p. 188, 189.)

paignie, considérées les choses dessus dictes : et à la parfin, ainsi qu'il a pieu à Dieu, l'entreprinse du dit roy Edouart fut rompue, et le dit traictre rebouté , et justice faite de son frère et de plusieurs aultres ses complices1.

Item. Et après toutes ces choses, nous avons entendu comme le dit très crestien roy de France avoit prins abstinence de guerre2 avecques ledit roy Edouart, sans ce que ce dit royaume \ fust comprins en aucune manière, de quoy tout le dit royaume en estoit bien esbav et esmervueillé, veu et considéré la division d'icelluy et le temps de l'aage du dit roy, comme dessus est dit, et aussi le grant dangier en quoy le dict royaume estoit en icelluy temps : par quoy il fut advisé et trouvé expédient que j'envoiasse aucuns de mes gens especiaulx, comme de mon propre mouvement, et non point de par le roy ni le royaume, au conte de Warwyk, conduiseur dudit royaume d'Angleterre dessoubz le dit roy Edouart, pour trouver moyen avecques luy d'avoir trêves et abstinance de guerre. Laquelle charge je accomply, et envoyay ung chevalier et ung escuier, lesquelx appointèrent et prindrent certaines abstinances pour aucuns temps, et jour mis

1. Les historiens ne fout nulle mention de cette prise d'armes d'Edouard IV contre le jeune roi d'Ecosse, ni de la présence du comte de Douglas et de Injustice qui fut faite de son frère. Le comte n'en avait plus qu'un seul à ce moment, nommé John lord Balveny. Cette entreprise n'a pu avoir lieu que peu après le 15 juillet 1 403, puisque, comme on le voit dans la Pièce justiiicatne IIIe, le comte de Douglas menait alors

orte guerre en Escoche et se tenait es montaigne de Gabois (Galloway), et qu'Edouard IV était en chemin vers le nord, .-ans doute pour se joindre >iu comte, ainsi que le dit l'évéque de Saint- André.

2. Probablement la trêve du 27 octobre 1-163. (Ry.mjek, V, partie III. p. 117.)

474 CRONICQUES D'ENGLETERRE.

pour faire assembler certain nombre de seigneurs, tant d'un cousté que d'aultre, pour eulx trouver et assembler en certain lieu et temps nommez; c'est assavoir au Neufchastel, en Angleterre, le vie jour de mars1, au quel jour les Anglois faillirent de venir : et, ce non obstant, je renvoyay les dessus dictes gens de rechief, de mon propre mouvement, par souffrance, toutesfoiz, de mon souverain seigneur, lesquelx alors appointèrent ung jour non doutable, si comme j'espoir, là où certains seigneurs des dics deux royaumes se doy vent trouver et assembler, comme devant, audit lieu de Neufchastel le xxe jour d'avril prochain venant à laquelle journée au plaisir de Dieu bon appoinctement se trouvera pour le bien des dics deux royaumes. Et, par adventure, aucuns moyens se trouveront pour avoir longue paix entre iceulx royaumes, comme expédiant sera veu aux seigneurs qui envoiez seront de tous les dics deux coustez; car en vérité de Dieu, le royaume a souvent esté mis en grand perii de perdicion, à l'occasion des guerres qui si longtemps ont duré entre les dics deux royaumes, ou temps passé, comme il peut aparoir par maintes raisons qui longues seroient à escripre.

Item. Et, fînablement, pour remonster au dit très crestien roy de France comme j'estoye serviteur de son feu progeniteur, à qui Dieu pardoint, de toute ma puissance ; et, se je savoye que mon service luy feust agréable, très volontiers et de bon cuer luy seroye,en pareille forme et manière comme j'esloye à son dict feu

\ . Cette date et celle qui suit prouvent évidemment que le prélat donna ces instructions entre le 6 mars 4 463 (v. s.) et le 20 avril suivant

PIÈCKS JUSTIFICATIVES. 17o

progeniteur ou mieulx, se mieulx povoye, et devant tous vivans, excepté mon dit souverain seigneur et le bien de son royaume; et quelque chose qu'il adviengne, je seray et suis tousjours de hou vouloir, et de loute ma puissance m'enploieray et tendray la main que les anciennes aliances des royaumes de France et d'Escoce soient inviolablemenl observez et garde/., devant toutes trêves, confédérations et aliances qui se porroient jamaiz trouver entre les dicts royaumes d'Escoce et d' Angleterre, en suppliant et requérant sa haultesse et royale Magesté qu'il ne vueille pancer le contraire en moy, supposé que voulentiers je me voulsisse eniploier à la bouter pour le bien et transquilité du dict rovaume, dont je suis de la Maison descendu ; car, quant le dict royaumese portera bien, le dict seigneur en ara plus d'amis et serviteurs, et quant il sera en tribulacion et adversitez, ceulx du dict royaume ne lu\ pourroient si bonnement faire service comme leurs anceslres ont fait à ses progeniteurs roys de France, pour le temps passé, ne comme lui feroient de leurs propres couraiges, voulentiers et de toute leur puissance, quant il ara besoing d'eulx. Et, par ainsi, je repute sa haultesse ayant grant trésor en ce royaume desloyaulx couraiges des gens, se sa haultesse le voulsist bien considérer, si comme je croye fermement, sans doubte, que sa prudence et discrecion le saura mieulx considérer que je ne sauroye deviser.

(Biù. i////j., Mss., Fonds Baluze , n* 9987, fol. 19rect. — 21 verso.)

176 CRONICQUES D'ENGLETERRE.

(Voy. t. II, page 316, note 2.)

Nos Margareta, regina Anglie, fatemur nos récépissé ab illustrissimo et serenissimo principe cognato nostro germano Francie Ludovico viginti milia libras turonensis monete nunc currentis in Francia, ad quorum viginti milium librarum turonensium solucionem, virtute commissionis et po^estatis nobis date a serenissimo principe domino meo rege Anglie, obligamus dicto cognato nostro, per expressum, villam et castrum Calesie sub forma que sequitur, videlicet : Quod quam cito dictus Dominus meus rex Anglie recuperaverit anfedictam villam et castrum Calesie, vel aliquis de suis pro eo et in ejus nomine ea recuperaverit, Dominus meus antedictus constituet ibi predilectum fratrem nostrum Jasperem, comitem Pembrochie, vel dilectum consanguineum nostrum Johannem de Foix, comitem de Hendale, in capitaneum, qui jurabit et promittet reddere, tradere et deliberare antedicta villam et castrum Calesie in manus illustrissimi principis cognati nostri Francie antedicti, vel in manus suorum commissariorum infra annum ex tune venturum, vel alias reddere et restituere eidem consanguineo nostro Francie antedicto predictam summam viginti milium librarum infra annum predictum. lta tamen quod si dicta summa viginti milium librarum non fuerit predicto cognato nostro Francie infra

annum, ul premittitur, soluta, obligamusnos per présentes, et in vim prefate nostre commissionis lacère tradi et deliberari predicto cognato nostro villam el cash uni Calesie antedicta : cum hoc quod idem cognatus nosler solvat domino nostro régi Anglie anletlicto quadraginta milia scutorum ultra viginti milia libras prenominatas. Ac eciam promittimus per présentes quod dominus meus rex Anglie antedictus obligabil seipsum ad omnia premissa ut premittitur ohservanda, et super hiis deliberare faciemus litteras convenientes in manus comitis de Maulevrier, vel alicnjus alterius persone, ad complacenciam dicli cognati nostri, apud Dominum meum antedictum pro ea re transmittende. In cujus rei testimonium signetum meum presentibus manu nostra propria subscriptis apposuimus.

Datum apud Caynonem, xxnja die mensis Junii, anno Domini millesimo ccccmo l\ii° et regni Domini mei anledicti quadragesimo.

Marguerte. Manfeld.

Sceau en cire rouge sur simple queue.

[Archives impériales, TbÉsob nEs Chartes, J. 648, n° 2.)

178 CROMCQUES D'ENGLETERRE.

(Voy. t. II, pages 316-3171.) COPPIE DES INSTRUCTIONS BAILLÉES {clécllivé) A MESSIRE

Coussinot2 {déchiré) et autres articles dont (déchiré) CHARGE OULTRE SES DITES INSTRUCTIONS.

Oultre mes instructions. Pour ce que la royne d'Angleterre avoit escript plusieurs lettres au roy Henry et à ceulx de son conseil, les uns par ung nommé Jehan Bron, et les autres par ung nommé Willem Bacquier, qui fut au duc de Xestre, lesquelles lettres contenoienl, entre autres choses, qu'elle avoit eu de bonnes nouvelles du duc de Bretaigne et de monseigneur de

i. Voici le passage des Cronicques au-quel la présente pièce justificative se rattache :

« Doncques, ou mois d'aoust de l'an Lxn,le roy Loys de France, voiant sa cousine, la royne Marguerite, estre venue devers luy en si povre estât.... luy fist délivrer deux mille combatans de bonne estoffe, desquelz il fist capittaine messire Pierre de Brezy.... Il s'y porta si sagement que à son commencement qu'il fut entrez en Engleterre, il y concquist plusieurs places, lesqueles il tint, espérant secours du duc de Sombresset, qui avoit promis grans gens de par lui avec une grande et grosse armée d'Escosse, qui ensamble se dévoient joindre avec la dite royne et les François. ï

2. Guillaume II Cousinot, seigneur de Montreuil, chambellan de Louis XI , « fut employé successivement par ce prince dans toutes les affaires ardues de son règne , il accomplit également au dehors diverses ambassades. » Il mourut en 1484. (M. Vaixet de Vibiviixe, Chronique de la Pucelle, p. 22-32.) Il fut fait chevalier en 1449, à la prise de Rouen, et bailly de cette ville. (Mathieu d'Escouchy, X, 190 et 204.)

PIÈCFS JUSTIFICATIVES. 179

Charolois, et qu'ilz estoient tout ung ensemble, et tous fermez et joings pour secourir le roy Henry en tout ce qu'il leur seroit possible : et avec ce, estoit venu devers le dit roy Henry ung nommé Preston, qui demeure avec mon dit seigneur do Charollois, lequel lui avoit apporté lettres du dit mon dit seigneur de Charolois, bien gracieuses et confortatives, avec créance de bouche pour lui donner toute l'espérance qu'il estoit possible tant de secours et aide que de bon vouloir qu'il avoit à luy; et qu'il tendroit tousjours son parti sans varier. Et aussi il estoit venu ung navire de Bretaigne à Quicombri1, en Escosse, duquel les Bretons qui estoient dedens, en disoient autant touchant Bretaigne, et qu'ilz avoient charge, de par le duc, de bailler au dit roy Henri tout ce qu'il leur demanderoienl de leur marchandise, il fut advisé par le dit roy Henri et ceulx de son conseil que, après ce que j'aurois esté devers le roy, je m'en iroye devers la dite royne d'Angleterre pour ces matières, et lui declaireroie Testât d'Angleterre et ce que monseigneur de Sombresset avoit rapporté; c'est assavoir qu'il avoit le serment et scellé de xvn hommes de Galles des plus grans qui feussent ou pays, lesquelx il nomma au roy Henri, et pareillement luy nomma plusieurs autres qui sont devers le West et devers le Su, qui semblablement estoient tous joings et fermez ensemble pour icellui roy Henry. Et, à ceste cause, avoye charge de dire à la dite reyne d'Angleterre que, en entretenant les choses qui estoient entre elle et les dits duc de Bretaigne et monseigneur

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