Kirkudbright
180 CRONICQUES D'ENGLETEREE.
de Charrollois, elle voulsist tendre à troys fins cy après declairees.
La première, qu'il y eust bonne amour et bonne aliance entre les dits duc de Bretaigne et monseigneur de Cliarollois ; et que par vertu du povoir que la dite royne d'Angleterre avoit elle y comprensist le dit roy Henry, se jà ne l'avoit fait, en telle forme et manière comme elle adviseroit à faire pour le mieulx, et qu'elle en baillast telles seurtez comme les autres voudroient avoir ; et le dit roy Henri les ratiffieroit.
La seconde fin à quoy la dite royne d'Angleterre devoit tendre, estoit que icelle dame trouvast fasson, par le moien du roy de Secille et des dits duc de Bretaigne et monseigneur de Charollois , que tous les seigneurs de France voulsissent supplier au roy qu'il ne prensist aucunes trêves ne appoinctement avec le roy Edouart.
La tierce fin estoit que la dite dame trouvast moien avec mon dit seigneur de Charolloys qu'il envoiast aucun secours à Bambourg1 d'artillerie ou de vitailles, et que le roy de Secille y envoiast des canonniers et des culuvrynes, et avec ce que icelle dame trouvast quelque fasson pour avoir ung peu d'argent pour entretenir ceulx qui estoient au dit de Bambourg et es autres places.
Et, d'autre part, que la dite dame envoiast devers le duc de Bretaigne, et que moy mesmes y vousisse aller pour ceste cause : c'est assavoir pour trouver manière
1 . Cette place fut renrlue par le duc de Somerset, le 24 décembre 1463. Voy. ci-dessus, tome II , p. 287, note 1.
qu'il envoiast en Galles mous de Pennebrok ', avec quelque armée, et ne fust elle ores que de mille ou vc hommes, et que en faisant ces choses et donnant à faire au roy Edouart par les deux bout/ du royaume, avec les faveurs que le dit roy Henri avoit dedans le dit royaume, le dit roy Henry ne faisoit point de doubte que le peuple ne se levast de tous costez et qu'il ne le remist sus ainsi qu'il estoit auparavant; et avoit ferme espérance le dit roy Henry, veu ainsi que lui avoit esté mandé auparavant, que le dit duc de Bretaigne feroit pour luy ce que dessus est dit, et toutes choses qui luy seroient possibles, et en ce ne mectoit aucune difficulé2.
{Bibl. imp., Mss., fonds Baluze, n°9037\ fol. 184.)
1. En 1 102, le comte de Pembroke était en Irlande , essayant de procurer assistance à Henri VI. (Ferin's letters , t. 1 , 266, note.)
2. Cette pièce ne porte aucune date; mais, selon toute apparence, ces instructions doivent avoir été données durant le court séjour que la reine Marguerite fit en France; c'est-à-dire entre le 16 avril 1461 (v. S.), et le mois d'octobre 1462. (Pinkerton, I, 249, 250.)
Le 16 août 1462 , Louis XI écrivait au vicomte de Poiiteaudemer : « Comme puis n'agueres, par certains appoinctemens faits entre nous, d'une part, et très haute et puissante princesse nostre très chère et très amee cousine la rovne d'Angleterre, pour et au nom de très haut et puissant prince le roy Henry, son mary, nous nous soyons déclarez de porter et favoriser la part de nos ditz cousin et cousine à l'encontre de Edouard de la Marche, subject rebelle et désobéissant envers nostre dit cousin, sov efforçant de luy oster sa seigneurie, pour la recouvrance de laquelle nostre dite cousine se soit disposée s'en retourner devers son dit espoux en grande diligence, pour le passage de laquelle, et de sa compagnie , nous vous mandons que vous vous transportiez par tous les ports de mer de Normandie et de Picardie, et faictes commandement à tous maistres de navire que ils vous baillent les navires que leur requerrez, et à tous matelots et mariniers que ils viennent servir, etc.
a. Donne a Rouen, le 16 d'aoust 14t32. » (Lesglet, II, 373.)
J82 CR0N1GQUES D'EftGLETERRE.
(Voy. t. II, pages 310-3191 .)
« Mon souverain Seigneur, tant et si humblement que plus puis je me recommande à vostre bonne noble grâce. Et vous soit plaisir de scavoir, mon souverain Seigneur, que, depuis mes dernières lettres que vous ay envoyées, j'ay esté à Guisnes devers Richart \\ 'ilel pour oyr de toutes nouvelles touchant les matières que scavez : duquel, obstant l'atente de monseigneur de Lannoy en Angleterre, lequel passa la mer le xvue jour de ce mois, je n'ay peu riens scavoir de luy sinon ce qu'il vous pourra apparoir par une lettre que Mr de Warvich luy a rescriptes que vous envoie, ensemble la copie d'icelles translatés d'anglois en franchois de la main dudit Richart Witel, cy dedans enclose. Outre plus, m'a dit le dit Witel vous dire et avertir les nouvelles qui s'ensuit.
Premier, que l'ambassade d'Espagne qui estoit nagueres partie de devers le roy d'Angleterre, est retournée par devers luy.
1. La pièce se rapporte au passage suivant des Cronicques : « Et si n'eurent nulz secours des escochiers les dis François , lesquelz, se ilz eussent ce sceu, ne feussent pas si longuement démolirez es places par eulz concquises , comme Bram&ourg, Bervic en Galles, Amunchie ,
Durem et planté d'autres forteresses , fut ordonné le conte de Wa-
rewic, à une puissance de gens d'armes et de trait, aller assegier et reconcquerre les places que les dis François avoient prinses. Et, de fait, les reconcquist toutes. »
Item. Est le roy d'Angleterre délibéré, ees Pasques passées ou tost après, aler mettre le siège devant Bandebourg1 où est le roy Henry, et deux autres places de son obéissance.
Item. Est le peuple d'Angleterre mal content de ce que ung nommé Pierre Cousinot, qui est vostre subget et de vostre royaume est au dit lieu de Bandebourg à l'aide et tenant le party du dit roy Henry.
Item. Est conclud (pie monseigneur le chancellier d'Angleterre vendra sans quelque faulte à la convention qui se doit tenir pour l'apaisement des differens, combien que le dit Witel m'a dit que M. de Lannoy pourra si bien besongner par de là qui ne sera besoing de tenir la dite journée.
Item. M'a monstre le dit Witel unes lettres qu'il vous a pieu luy envoier touchant ung nommé maislre Eslienne, nagueres détenu prisonnier, au dit lieu de Guisnes, et, avec ce, la déposition par luy faite sur plusieurs poins et articles qu'il dit avoir esté interrogié, luy estant au dit lieu de Guisnes, par le dit Witel, dont le contenu en icelle : il se donne grant merveilles, et m'a chargié vous dire qui n'est besoing que de ceste matière en escripviez au roy d'Angleterre pour l'excusalion des charges baillées par ledit maistre Estienne, et congnoist bien que ce ne sont que menchounes et choses controuvees, en quoy faisans semble audit Witel que icelluy maistre Eslienne est digne de grant pugnition.
D'autre part, mais je n'ay point charge du dit Witel
I . Bamborough fui reprise Le 2b avril lifii par le comte de Warwick. [Liwgard, 11,560, 561.)
184 CRONICQUES D'ENGLETERRE.
le vous dire, moy estant au dit Guisnes, auquel lieu j'ay séjourné sept ou huit jours, sont venus aucuns de Calais pour deviser et composer à y faire deux boeuvres pour la fortification de la dite place, à la façon desquels l'on besongne journellement à grant diligence. Et si a aussi nouvellement venu es dits lieux de Calais et de Guisnes beaucoup de menu artillerie, comme ceux de la place m'ont dit; font aussi grant provision de bled, doubtant avoir le siège, les trêves passées, dont ils voudroient bien estre assourez du contraire; car ils dient qu'ils n'ont, quant à présent, que deux chiefs en Angleterre, dont Mr de Warwich en est l'un, et le second ay oublié le nom. Et, pour leur donner bon couraige, leur respondeis que le cas advienne qu'ils ne se scaueront où bouter; car, de prime face, vous avez vos garnisons à Gravelines, à Ardre, à le Montoire, à Fresnes, à Hardenthun et à Boulongne, qui sont toutes places voisines et frontières de leur pays, dont ils ne furent gueres joyeux, et, au propos, me respondirent ung mot que ne vous puis dire sinon de bouche : ce que feray moi estre par devers vous.
Item. Se sont partis, jusques au nombre de xxx ou xl hommes de guerre de, la garnison de la dite ville de Calais, et s'en vont, tant soubz Mr le Bastard comme autrement, sur le Turcq '.
Item. Quant au Besgue de Bizemont, il se tient en un village qui s'appelle la Rouge Moustier, à une
1 . « Au dit an soixante quatre, le vingt uniesme jour de mai, Antoine, bastard de Bourgogne..., accompagnié de..., se partirent du dit lieu (de l'Escluse) et singlerent en mer sur les ennemis de la foi chrestienne. » (Ducx.ERcy, XIV, 341.)
PIÈCES n STIFICATIA ES. In-.
lieue de Guines, qui esl terre Englesse, et d'illec ne se part, pour double d'estre aprehendé, et se garde fort, car, à ce que j'ay peu scavoir, il esl assez adverty.
Item. Je vous envoyé ung a !\is dont i! vous pleut mov chargier, vous estans à Saint Riquier1, pour instituer et faire acheter en vostre pays de Picardie.
Mon souvain Seigneur, j'ay este' adverty que Mr d'Àuxyvous a demandé, ou a intention de demander, vostre hostel en ceste ville d'Abbeville, qui esl le lieu ouquel, a cent ans, vos receveurs de ceste vostre conté ont accoustumé faire leur résidence, et à ceste cause s'appelle Hostel de la recepte, ouquel mes prédécesseurs en office ont demouré et demeurent quant à présent, et en icelluy ont eu et ay aussi en garde tout le trésor des Chartres et registres de vostre dit comté de Pontieu, vous suppliant, en toute humilité, mon souverain Seigneur, me entretenir en mes droits, libertés et franchises qui appartiennent à mon dit office, selon la fourme et teneur de mes lettres de receveur, à cause de mon estât de vostre officier et receveur de vostre dit comté. Et combien que mon dit sr d'Auxv ait par cy devant tenu la dite maison, toutesfois il en rendoit à mes dits prédécesseurs , chacun an , par manière de louage , xx ou xxv (Vans, dont messeisrneurs de vos finances sont bien du tout advertis, considéré aussi les grands ouvrages et mises que ay faites à reparer et remettre à point le dit hostel. Si vous supplie de rechief, mon souverain Seigneur, attendu ce que dit est, mov avoir en
1. Louis Vil était finis cette ville le 19 décembre précédent, î 463. Il s'agit ici du rachat des villes tic la Somme.
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ceste partie pour recommandé, et moy commander vos hauts et nobles plaisirs pour les faire et accomplir à mon povre et petit povoir, comme faire doy, à l'aide de Nostre Seigneur, ouquel je prie, mon souverain Seigneur, qu'il vous doint entier accomplissement de vos désirs.
Escript en vostre ville d'Abbeville, le dernier jour de marsd463)\
Le dit Richart Witel m'a chargié, après ce que aurez veues les lettres de mon dit seigneur de Warwich, de les luy reporter ou envoyer. »
(Bib. imp., Mss., Suppl. //•., n° 287512, pièce 188. Legrand, t. XII.)
(Voy. t. II, page 344, note 2.)
Lettre de William Menypeny-, ambassadeur de France auprès d Edouard, au roi Louis XI .
« Sire, maistre Robert Neuville et moy primes terre à Sandevic en Angleterre le jeudy devant Noël, car le
1. En 1 46-4, le premier jour de l'année tombait le 1er avril.
2. Divers actes et quittances existant au Cabinet généalogique de la Bibliothèque impériale nous montrent Guillaume de Menypenny successivement qualifié (15 juillet-20 octobre 1439) écuyer d'écurie de « Loys, fils du roy de France , daulphin de Viennois; » (26 mars 1456- 16 janvier 1457) chevalier, conseiller et chambellan du Roi, seigneur de de Congressault ; (10 octobre 1473) sénéchal de Xaintonge «au lieu de Patris Foueart, decede ; » (24 janvier 1471) seigneur de Menypenny, de
vent nous estoit sy fort contraire que nous ne pouvions aller par mer, là où estoit monseigneur de
Concressault et d'Aubin, -vicomte d'Anville. Une quittance de ses gages pour l'office de sénéchal de Saintonge est datée du 22 novembre 1479. C"est le dernier document dans lequel nous apparaisse son nom.
Nous crovons utile de rapporter en son entier l'acte suivant, dans lequel sont vidimées des lettres patentes du roi Charles VII relatives au seigneur de Concressault.
t A tous ceulx qui ces présentes lettres verront , Olivier Sainton, garde du scel royal establi et dont Ton use aux contratz en la ville, chatellenie et ressort de Tours, salut. Savoir taisons que les nottaires cy dessoubz escriptz nous ont certiffié, soubz leurs saings manuelz, avoir au jour d'uv veu, tenu, leu de mot a mot et diligemment regardé unes lettres patentes du roy nostre sire, scellées en simple queue et cire jaune, avec une atache de Messeigneurs les generaulx conseilliers sur le fait et gouvern ment de toutes ses finances attachés ausdites lettres soubz l'un de leurs signetz en cire vermeille, icelles lettres et atache saines et entières en scel et escripture, desquelles subsequamment les teneurs s'ensurvent. a Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, à noz amez et feaulx les generaulx conseilliers par nous ordonnés sur le fait et gouvernement de toutes noz finances, salut et dilection. Nostre amé -et féal conseillier et chamhellam Guillaume de Menypegny, chevalier, seigneur de Congressault,uous a fait remonstrerque puis aucuns ans en ca il fut par nous envoyé avec autres noz conseilliers ou païs et royaume d'Escosse pour certaine grans matières qui très grandement touchoient le bien de nostre revaume et de la chose publique d'icelluy, au retour duquel voyage ilz furent par certain grant orage de vent et par la tourmente de la mer portés sur la coste d'Angleterre, et illec rompt leur navire et perdirent tous leurs hiens, et avec ce furent prins et emprisonnés par noz anciens ennemis et adversaires les Angloys et par eulx longuement détenu/ et mis à très grandes et excessives finances, et mesmement nostre dit conseillier exposant, pour laquelle païer il a employé tout le sien, et , ce non obstant, n'y a peu fournir, mais en doit encores grant somme de reste, pour seureté de laquelle il a baillés certains ostaiges entre les mains desdits Angloys, qui y ont jà longuement demouré à sa très grant charge et despence , et ne luv seroit bonnement possible de païer sadicte finance ne de tirer sesdits ostaiges sans nostre aide, ainsy qu'il nous a fait dire et remonstrer, requérant humblement que attendu qu'il estoit allé oudil vovage par nostre ordonnance et commandement et pour le bien de la chose publique de nostre royaume, et que, se il n'avoit sur ce aide de nous, il serait contraint a retourner tenir prison en Engleterre et illec finer ses
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Varvic; et, de là, primes notre chemin jusques à Londres, où nous trouvasmes le conseil de mon dit
jours en povretté et misère, il nous plaise sur ce luy impartir nostre grâce. Pour ce est il que Nous, ces choses considérées, bien recors dudit voyage fait par ledit exposant oudit royaume d'Escosse, qui fut par nostre ordonnance, et pour le bien de la chose publique de nostre dit royaume , considérant aussi que quant aucun de noz serviteurs a esté ou est prins par nosdiz ennemis , luy estant ou service de la chose publique , est bien raisonnable chose que par nous luy soit aidié, audit sire de Congressaull, pour ces causes et par l'adviz et deliberacion d'aucuns des gens de nostre conseil, avons donnée et donnons par ces présentes la somme de quatre mil escus d'or à présent aians cours pour luy aidier à païer sadicte finance et raencon et retirer sesdiz ostaiges des mains de nos ennemis les Anglois, àicelle somme de quatre mil escus d'or avoir et prendre par descharge du receveur gênerai de noz finances en la manière cy après declairee, c'est assavoir sur chascun minot de sel qui sera vendu es greniers à sel establis de par nous à Angiers, Saumur, Chinon, Tours, Blois , Orléans, Suly, Gien , La Charité, Cosne, Nevers, Disise , Mente, Yenville, Chartres, ChasteaudunetàVendosmelasomme de dix deniers tournois oultre nostre droit de gabele et celui du marchant, et voulons que le sel qui sera vendu esdiz greniers soit vendu à la dite creue, à commencer du jour que ces présentes seront mises à execucion jusques au premier jour d'octobre prochainement venant , et dudit premier jour d'octobre jusques en ung an après ensuivant, et avec ce semblable somme de dix deniers sur chascun minot de seel qui sera vendu en noz greniers de Normandie à commencer du jour que expireront certaines noz lettres de certain octroy que avons fait pour pareille cause à nostre amé et féal conseillier Guillaume Cousinot , chevalier, bailli de Rouen, sur le sel vendu en nosdiz greniers de Normandie jusques ad ce que ledit sire de Congressault soit entièrement paie et parfourny de ladite somme de un mil escus d'or, laquelle somme il aura et prendra par descharge de noz receveurs generaulx selon l'ordre de noz finances, c'est assavoir de ce qui se livrera sur lesdiz greniers de nostre païs de Normandie par descharge de nostre receveur gênerai de Normendie, et ce qui se lievera es autres greniers dessus diz hors Normendie de maistre Mathieu Beauvallet. Sy vous mandons et enjoingnons par ces présentes que, en faisant nostre dit conseillier exposant jouir et user de nostre présent don et octroy, vous faictes vendre le sel esdiz greniers à ladite creue de dix deniers tournois oultre chascun minot , et icelle creue bailler par les grenetiers desdiz greniers à nostre dit conseillier exposant en la manière dessus desclairee , jusques à fin de paie de ladite somme de mjm. escus : et pour ce qui sera be-
seigneur de Varvic, quy estoit là demouré pour entretenir ceulx de la citez, et estoit avecques eul\ monsei-
soing audit exposant faire apparoir de aostre présente volenté et ordonnance en chascun desdiz greniers, nous voulons que au vidimus desdictes présentes, fait soûl)/, scel royal, plaine foy soit adjoustee comme à ce présent original. Donné à Saint-Paer, ou Daulphiné, le xwj' jour de mars, Tan de grâce mil cccc cinquante et six, avant Pasques, et de nostre règne le \\\v<\ Ainsi signé, par le roy, te duc de Bourbon, le comte de Dunoys, le sire de Loheac , l'admirai, le sire de la Forest, maistre Pierre d'Oriole et autres presens. J. de La Loere.
oc Les generaulx conseillers du roy nostre sire sur le fait et gouvernement de toutes ses finances, veues par nous les lettres dudit sire, ausquelles ces présentes sont atachees soubz l'un de noz signetz , par les quelles et pour les causes plus a plain contenues en icelles, ledit seigneur a donné à messire Guillaume de Menypegny, chevalier, sire de Congressault, la somme de quatre mil escus d'or à présent aians cours pour luy aidier «à païer sa finance et raencon qui luy convient païer aux Anglois, desquelz il fut prins prisonnier avec autres conseilliers du roy en retournant de devers le roy d'Escosse , où ilz estoienl allez par l'ordonnance dudit seigneur et aussy pour luy aider a retirer des mains desdiz Anglois certains ostages qui v sont pour luy, à icelle somme de quatre mil escus d'or avoir et prandre par descliarge du receveur gênerai de ses finances en la manière cy après declairee, c'est assavoir sur chascun minot de sel qui sera vendu es greniers à sel establis de par icellui seigneur à Angiers , Sauniur, Chinon , Tours, Blois, Orléans, Suly, Gien, La Charité, Cosne, Nevers , Disise, Mente , Yenville , Chartres, Chasteaudun et à Vendosme la somme de dix deniers tournois oultre et pardessus le droit de gabele appartenant audit seigneur et cellui du marchant, à commencer du jour que lesdites lettres seront mises à excecucion jusques au premier jour d'octobre prouchainement venant , et dudit premier jour d'octobre jusques à ung an après en suyvant, et avec ce semblable somme de dix deniers tournoi, sur chascun minot de sel qui sera vendu es greniers dudit seigneur ou païs de Normandie à commancer du jour que expireront certaines autres lettres d'icellui seigneur de certain octroy par luy fait pour pareille cause à messire Guillaume Cousinot, chevalier, bailli de Rouen, sur le sel vendu esdiz greniers de Normendie par descharge du receveur gênerai dudit pais de Normendie; et ce qui se lievera es autres greniers dessus diz hors Normendie de maistre Mathieu Beauvallet, consentons l'entérinement et accomplissement desdites lettres, en mandant aux grenetiers desdiz greniers dessusdiz que ladite creue ilz lievent et icelle baillent et délivrent audit seigneur de Congres-
190 CROMCOUES D'ENGLETERRE.
gneur de Venloc el maistre Thomas Quent, lesquieulx nie demandèrent se il estoit vray que l'ambassade de Bourgongne estoit allée devers vous et devers vostre frère et le duc. Je leur dit que ouy ; quant j'avoye veu à Honnefleu messire Olivier de la Marche et d'autres du conseil dudit duc de Bourgongne. lis me respondirent que c'estoient les meillieurs nouvelles qu'ils povoient avoir pour le bien de mon dit seigneur de Varvic, et aussy me conseilloient, corne qu'il fust, que je passasse par là où estoit le roy d'Engleterre; corne je fitz pour beaucoups de raisons, et le trouvé en une ville nommée Coventre, qui estoit bien à quatre journées, où monseigneur de Varvic tenoit sa feste deNouel. En oultre, me dit monseigneur de Wenlof et messire Thomas Quent, que le roy avoit eu nouvelles que les dits embassadeurs s'en aloient devers vous. Plus fort, disoient que le roy de Cecylle, le duc de Bourgongne et monseigneur le comte du Maine estoient joins ensamble, et tous à une voulenté de apaiser les debas et questions qui estoient entre vous et vostre frère, et toutz vos aultres parens et suges du royaume de France; et aussy dissoient que ils avoient entendu que on parloit très foret du mariage de une de Madames vos filles et du prince de Galles : de quoy
sault par la manière dessus declairee à fin de paiement de ladite somme de quatre mil esctis d'or, tout ainsi et par la forme et manière que ledit seigneur le veult et mande par ieelles lettres. Donné soubz nosdiz signet/ le xixe jour d'avril l'an de grâce mil cccc cinquante sept après pasques. Ainsi signé : Le Coikte.
c Donné à Tours, par manière de vidimus , soubz le scel royal establi et dont l'en use aux contraetz dessusdiz, le xxje jour de janvier l'an mil cccc cinquante sept.
(cCollacion faicte. « J, Terré. Le Queux.»
PIECES JUSTIFICATIVES. l!ll
tous estoient, par de cà, les plus effraies que oncques gens fuirent; en disant par tous les tavernes de Londres, et partout le pays avec que il faloit coupé la teste à tous ces trestres quy a voient conseillé leur rov de laisser de apointer avecques vous, et de prendre aliance avecquez le duc de Bourgongne.
Aussy, Sire, par leur conseil, je m'en allé par là où estoit le roy : lequel, incontinent que je fus aiïvé, m'envoya quérir pour parler cà luy, et m'enquist des nouvelles de vous, en me demandant se avoye aucunes laitre à luy adresanles.
Au regard des nouvelles, luy respondy que, Dieu mercy, estoit le roy en bonne prospérité, et que faisiés très bien vos besognes et que vous [avoie] laissié aussy bien accompagnié de seigneurs et gens d'armes que oncquez fust Roy de France.
Au regard des lettres, luy respondit que n'en envoyé à luy adresantes et que m'en aloye à mon pays pour aucunes de mes affaires. M'enquist se en avoye aucunes adressantes à monseigneur de Varouic : luy dit que ouy. — .Aie demanda se aucunement savoye du contenu de icelles : luy dit que bien pensoie que aucunement, ne contenant que avoiés grant merveilles que ils n'avoit envoyé devers vous touchant la responce que il debvoit faire sur la proposition de vostre desrainiere enbassade, considéré que par vos enbassadeurs il vous avoit averty et ausy par ses laittres que en toute diligence il vous envoyret enbassade pour vous faire responce sur icelle proposition.
Me respondy que son entention estoit de vous envoyer gens bientost, par l'avis et conseil de mon dit seignieur de \ arouic.pour besongner avecques vous :
192 CROMCQUES D'ENGLETERRE.
en quelle manière, Sire, je ne le sorois dire ; mes bien me dit, en jurant un serment qu'il a acoustumé, par la mercy Dieu, que il vous aideroit encontre vostre frère, présent son cbambellant et les sires d'Escelles et v ou vi autres, en disant que il savoit bien que vostre dit frère n'estoit que un g fol, et que les seigneurs le vouldroient avoir entre mains pour gouverner le royaume à leur voulenté. Je luy respondy que se ne seroit pas son proffit que ainsy fust que il eust le gouvernement du royaulme ; car luy et tous les seigneurs se joindroent ensemble pour vous deffaire. Ainsy que je puis entendre, il me semble qu'il n'est pas bien seur de aulcunes promesses à luy faicîes par aucuns des seigneurs de vostre royaulme, combien que mon dit seigneur de Bourgongne luy ait comprins, par ung sien secrétaire venu depuis que je suis arrivé, que, touchant la conclusion du mariage dudit de Bourgogne et la seur dudit Roy, il luy fera, sur la fin de ce présent moys, plaine responce, son enbassade retournée de devers le Pape, et en disant que luy duisié (nuisié?) fort touchant la dispensation à la court de Borne.
Sire, se aulcun moyen se peult trouver, devers le Pape, de différer la dite dispensation du dit mariage, je n'en fais nulle doubte que, au plaisir de Nostre Seigneur, vous ne metés tout cest royaume d'Engleterre encontre le dit seigneur de Bourgongne; car luy presuposera que tous ses fais ne sont que dissimulations, et, par ce moyen, destruirés en toult ceuls qui, par desà, ont tenu son party. Sire, il me semble, soubz correction, que par telz moiens que bons vous semblera et deveriés faire entretenir le dit monseigneur
de Bourgongne s;ms rien conclure; car se ainsy le faictes, pour ce, sans aulcune doubte, venir au dessus
de vos besongnes; car depuis a ledit monseigneur
de Bourgongne en grant jelosie, seulement pour le
trêve quv de vi movs et l'enbasade quy de fran
devers vous et vostre frère et le duc.
Aus\ , Sire, landemein des trois Roys, le roy d'Engleterre envoya ung mesagier devers monseigneur de Yarouic, et luy menda qu'il vint devers luy, lequel, par grant délibération de son conseil, respondit tout court qui n'y entrerait jà, jusques à tant que voz mortelz anemis, quy estoient entour luy, fussent dehors, comme le trésorier Herbert, d'Escelles et le seigneur de Sodovic (Oudeville, autrement YYidwille), et sy a envoyé devers le dit roy son enbasade; c'est assavoir Mre Seroup, sire Oualtre Oisele, son chambrelanc, maistre Guillaume Âpres, son maistre d'ostel, quy est borgne.
Ausy, Sire, le jour de l'an, une partie du commun du parti de Quent (Kent) sont levés et allés à une place que tient le tresorié, père de la royne, au dit pays de Quent, et ont abatu ses parques et tué tous ses daims qu'il y avoit dedens; et avoit entention, le lendemain, de assembler plus largement de gens et de le piller; mes ses gens s'en furent de nuit avecquez les meilleurs besoignes qu'il avoit dedans. Ausy, à ung aultre pays, nommé Surforclner1, sont levés bien trois cens arebiers et ont fait ung capitaine corne Robin — (Riddesdale) et ont envoyé devers monseigneur de Yarouic pour savoir se il estoit temps de besongnier,