‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 2)Chapitre 90 sur 143 · Mémoires de Philippes de Connûmes, II, 237, note · texte numérisé non relu

Mémoires de Philippes de Connûmes, II, 237, note

-2. (i Monsi igneurde Bièvres et monseigneur deCohen nourrissaient en amour (de la cause de L'archiduc d'Autriche) Saint-Omer et Ain .... et.... se conduirent si chevalereusement qu'ils ont acquis auréole de perpétuel honneur. » (Molinet, II, 72.)

3. « Don a Mre Jean de Berches (sic), cher, seigr de Cohain, coner et chambellan du Rov, du gouvernement et capitainerie de Melun et du revenu. U. au Plessis, le six jer 1482. s [Tabulae libri memorab'Uium camerae compotorum dnï régis, mense maii 1481 et finiti 1483, toi. IIe xxn, verso. Bibl. imp., Mss., Fonds Gaignières, n" 771, p. 227.)

4. Le nom de Jean de Berghes que portait le seigneur de Cohen nous l'a fait confondre (vov. Com.aiynes, II, 238, note 2 j avec un autre Jean de Berghes, son contemporain et son parent, dont veut parler Comrnynes à l'endroit cité. Celui-ci était seigneur de Walhain (.Mollnet, II, 316). Nous saisissons avec empressement cette occasion de reconnaître notre erreur.

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fit alors , en tenant pour réel ce que rapporte Molinet , une sorte de soumission au rabais. Puisqu'aussi bien la cause bourguignone allait être trahie , pourquoi n'aurait-il pas tiré profit de cette circonstance? C'est le raisonnement, sinon très-loyal, du moins trèsjuste au point de vue de l'intérêt personnel, du Chien qui porte au cou le dîner de son maure.

La pièce qui va suivre nous fera connaître les exigences du seigneur de Revres. Nous y retrouverons quelques-unes de celles que Molinet attribue au capitaine de la ville d'Aire.

Un autre document, qui se rapporte également à la reddition d'Aire, nous a paru bon à produire à la suite de la pièce principale.

Pour advertir le roj de ce que Denis de Geresme a trouvé aveeques Jacques de Compignys, envoyé devers luy de par morts'' de Beuvres pour savoir la r es ponce qui/ plairojt au Roj- lui faire sur les demandes que ledit de Beuvres a fait faire au dit seigneur pour lui bailler Ayres.

Apres que le dit Denis eut remonstré au dit Jacques de Compignys comme le Roy estoit délibéré de entretenir de point en point toutes les demandes que le dit de Beuvres luy avoit fait faire en luy baillant le dit Ayre, le dit de Compignys luy demande., qui estoient ceulx qui avoient la charge de par le roy de besoigner en ceste matière, et s'ilz avoient, entre autres choses, charge pour mectre la dite ville en nutralité, comme le dit seigneur de Beuvres a tousjours demandé.

A quoy luy respondit le dit Denis que le roy avoit

donné charge à monsr de Maigné ' de besoigner avec le dit de Beuvres pour ses seuretez touchant les demandes qui luv avoit fait faire, mais que de la nutralité nesavoit point se ledit de Maigné en avoit charge. Et après ces choses oyes, et que de la nutralité on ne s'asseura point, monstra le dit de Compignys semblant d'estre fort mary, en disant qu'il ne veoyt point que ia chose peust sortir effect sans nutralité, et que quy le vouldroit faire pour A vie, qu'il esperoit que pareillement on le feroit pour Saint Orner.

Item. Dit le dit Jacques de Compignys que se la nutralité se faisoit, que le dit de Beuvres vouldroit bien que le roy luv paiast cent lances qui seroient es deux villes qui feroient avec le dit de Beuvres le serment au roy, en recevant le payement, et qui y feroit quelque double en euix jusques ad ce que on les eust essayez, que on ne les paiast que de quinze jours, ou ung movs.

Et dit ledit de Compignys que ce qui meut le dit de Beuvres de demander la nutralité est pour essayer à faire au Roy plus grant service que de lui faire avoir les deux villes; car il dit que sy unesfois du tout il se declairoit francoys, qu'il ne pourroit plus faire le service qu'il a désir de faire, soit d'autres villes ou à gaigner gens, et semble bien au dit de Compignys que le dit de Beuvres ne sera en la nutralité qu'il ne

1. Antoine de Choursos, seigneur de Maigné et d'Echiré, fils de Guy de Chourses, seigneur de Malicorne et le chef d'une des principales et des plus anciennes familles du Maine. Il épousa Catherine de Coëtivy, fille d'Olivier de Coétivv, seigneur de Taillehourg,et de Marie deV alois, fille naturelle de Charles VII. Par conséquent Catherine était nièce de Louis XI, et Antoine, seigneur de Maigné, son neveu.

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se declaire pour le Roy, et jusques à aller devers luy, ou monsr son père1.

Et au regard des demandes que le dit de Beuvres a fait au roy, tant de la conté que des cinquantes milie escuz et des vingt milles francs de pancion, le dit de Compignys dit qu'il n'en demande riens qui ne vouldra jusques ad ce qu'il soit devers le roy, et se contentera d'avoir unes lettres par lesquelles le dit seigneur luy promectra entretenir les promesses qui luy ont esté faictes, et que nommément les dits ouffrez soient declairés par les dites lettres.

Et après ce que le dit Denis eut oy ainsi parler le dit de Compignys, luy demanda si le dit de Beuvres en vouldroit point esciïpre au roy; à quoy luy fit responce que le dit de Beuvres n'oseroit, doublant que les lettres tumbassent es mains de gens quy en porroient advertir les flamens ; mais que sy le plaisir du roy estoit luy escripre premier, il luy feroit responce ad ce qu'il luy plairoit mander; et si le dit seigneur doubtoit que le dit de Beuvres voulust monstrer ce qu'il luy escriproil aux flamens ou autres, quy face mention par ses lettres des desmandes que le dit de Beuvres luy fait pour luy bailler les deux villes. Et est tout ce que le dit Denis a, pour ceste heure, peu tyrer du dit de Compignys.

{bibl. imjj., Mss., fonds de Béthune , n° 8448, fol. 33.)

« Monsieur de Bouchaige, je me recommande à vous tant comme je puis. Vous savez comment Aire

i . Antoine, bâtard de Bourgogne.

est en la main du roy, de quoy je suvs très joieuse. \lonsr de Gapanes1 el moy sommes demourez pour faire au ro\, à l'ayde do Dieu, tout service à nous possible : je suvs seure que mou dit seigneur de Gapanes le servira bien et lealment. Mon cas est tel que j'ay perdu tous mes meubles, bagues et babillemens; car tout estoit en Flandres. Je vous prie qu'il vous plese à me ramentevoir au roy, affin qu'il ait pitié (lenn»\ et que je puisse avoir quelque provision de vivre tant que je me puisse ung peut revestir et remeubler. J'ay renvoie , depuis la prinse d'Aire, à Saint Orner une femme et ay escript à Jacques de Compignys, lequel m'a remandé qu'il n'estoit pas heure de parler et que son maistre estoit trop courcilié ; mais en briefz jours il me feroit savoir de bonnes nouvelles et tout par le consentement de monseigneur de Magnyé. .le vous prie qu'il vous plese à me escripre ce que j'ay à faire, et je le feray à l'aycte de Dieu, lequel je prie qu'il vous veuille avoir en sasaincte garde.

Escript à Ayre, ce xie jour d'aoust.

La toute vostre, Anthoinétle de Contay. »

(Id., iùicL, n° 8452, fol. 84.)

i. Voy. ci-dessus, page 72, note 2.

210 CROMCQUES D'ENGLETERRE.

(Voy. t. III, page 127.)

Lettre de Marguerite cl York, duchesse de Bourgogne, à la duchesse douairière de Bourgogne, Isabelle de Portugal, sur la, victoire remportée par le roi Edouard d Angleterre, son frère, contre le comte de Warwick et ses adhérents. (Sans date. Avril 1471 .)

Ma très redoubtee dame et mère , tant et très humblement que plus puis je me recommande à vostre bonne grâce. Et vous plaise savoir que aujourd'huy est arrivé ung homme natif d'Engleterre, qui fu prins par les Austrelins et amenet à Zelande, lequel parti de Londres lundi, lendemain de Pasques, aprez disner, derrain passé, et dist et afferme pour vray les nouvelles qui sensuyvent estre vrayes.

C'est assavoir que monseigneur le roy et frère, venant atout ses gens ung matin, mon frère de Clarence, qui venoit aussi atout grant puissance vers lui, se trouvèrent aux champs prez l'ung de l'autre, assés prez dune ville nommée Brambri. Lors chacun mist ses gens en ordonnance, et se tira mon dict frère de Clarence à petite compaignie arrière de ses gens, aprochant mon dit seigneur et frère, lequel, se veant, vint vers lui, et mon dit seigneur frère de Clarence se mist à genoulx, tellement que mon dit seigneur et frère, veant son humilité en parolles, le leva et baisa plusieurs fois, et fisrent grant chiere. Et lors ilz crièrent: « Vive le roy Edouart! » et jusques via mon dit seigneur et frère n'avoit fait nul cri comme roy.

PIECES II STIFICATIVES. -211

Si se tirèrent pour venir à Londres; et aucuns leurs lions serviteurs et amis, de ce advertis, entreprirent, le merquedy de Ténèbres au matin, de prendre la porterne de la tour de Londres, et de lait le tinrenl el gaignerent la tour. Ceulx de la ville, ce veant et aussi sentans le roy estre près, n'osèrent eulx esmouvoir, ne faire aucun semblant, et laissèrent entrer paisiblement en la dite ville mon cl ï t seigneur et frère, joeudy ensuivant. Etalèrent en l'esglise de Saint Pol, où estoit le roy Henry et l'archevesque d lorc, auquel roy Henry mondit seigneur et ïreve lendi la main; mais le roy Henry le vint embracbier, en disant : a Mon cousin d'Iorc, vous soies le très bien venu : je tiengs que ma vie ne sera pas en dangier en vos mains. » Et mon dit seigneur et frère lui respondi qu'il ne se soussiaist de riens, et qu'il povoit faire bonne cbiere. L'arcbevesque dlorck s'excusa moult enverz mon dit seigneur et frère, en disant que oncques il n'avoit esté contre lui, mais qu'il avoit bien esté consentans de la venue de son frère de \Yar\\icque, quand il estoit en France, non sachant que mon dit seigneur et frère deust estre déboutez du pais; et mesme qu'il fust vray, s'en raportoit au peuple et a cbascun se en nuls prestemens il avoit dit aucune chose, touchant le droit de la couronne, qu'il deust apartenir à autre que à lui. Et finablement, aprez ses excusacions faictes, mon dit seigneur et frère s'en ala vers madame et mère,, laquelle, ensemble la royne et son fils, le mena en la dite tour de Londres.

Et lendemain, qui fu le bon vendredi, faignant le roy que Wanvicque s'estoit parti de Conventry, et se devoit joindre avec son frère le duc de Excester, le

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duc de Sombresset et le conte d'Ouchefort, et qu'il avoient grant puissance et intencion de le trouver et ruer jus en chemin, mon dit seigneur et frère fist crier en ladite ville de Londres le pris d'aucunes monnoies, aussi que l'escut de France ne vauldroit que un sous de gros, et le lion v sous; aussi que nul ne fust sy hardi qu'il meffesist à nulz subjectz des pais de monseigneur, et semblablement que tous hommes à piet, (jue povoient porter bastons, yssirent dehors. Et se commencherent à partir le dit vendredi.

Lendemain , la nuit de Pasques , fist aussy crier mon dit seigneur et frère que toutes gens à cheval yssissent la ville avec luy. Et de fait il se parti, et avoit en sa compaignie le roy Henri et mes autres frères, et n'estoient ensemble environ xnm x hommes.

Et ainsi que le jour de Pasques, bien matin, le dit Warwicque et autres dessusnommés, aiant bien de xx à xxnnm, et sachant la venue de mon dit seigneur et frère, se joindirent aux champs : il faisoit si grant bruynne qu'ilz se trouverrent si prez les ungs des autres en un champ que, avant qu'ilz peussent estre du tout mis en ordonnence, iz frappèrent les ungs sur les autres. Et s'estoient assemblés les archiers de corps de mon dit seigneur et frère, et ceulx qui soloient estre en garnison à Callaix, que Warwicq a fait bouter hors, de vin à ix cent, qui firent sarement de non fuir du camp, mais combatre jusques à la mort, lesquelx s'i portèrent vaillamment. Et finablement commencherent a vin heures du matin, et dura la bataille jusques à x heures ou plus ; et jusques tant mon dit seigneur et frère se porta si honnestement que, là où il avoit le visage vers !e viiage où Warwicque estoit parti, qui

est à dix mil de Londres, nommet Vernet, il se trouva le dos en le fin contre icelui village. Et furent pluiseurs tués, et l'on ne set pas encore le nombre ; mais peu du costé de mon dit seigneur et frère. Et illec fu tués le frère de Warwicq, marquis de Montagu; et iceluy Warwicq, ce veant, e* sentant qu'il avoit le pire, monta sus ung cheval, soy cuidant sauver; et ainsi qu'il s'en aloit, fu ratains d'ung homme qui le print, et comme il le remenoit, aucuns le congneurent et le tuèrent. Mon dit seigneur et frère, de sa prinse adverti, acourut vers lui, le cuidant sauver ; mais il le trouva mort, dont il fist grant regret. Et lesdits ducs d'Excester et Sombresset et conte de Douchefort s'enfuirent.

Et ce meisme jour de Pasques, mon dit seigneur et frère revint à Londres, acompaigné comme dessus. On avoit raporté qu'il estoit rués jus, et continuèrent ces nouvelles bien ni heures. Et le vinrent recepvoir hors de la porte le lieutenant du Maire de Londres, ensemble les haudremans, auquel leur fist grant chiere, et de là s'en ala en ladite esglise de Saint Pol en celle ville faire son offrande, et aprez à l'ostel madame ma mère. Et, pour ce que mon dit seigneur le roy entendi que aucuns de la ville ne creoient pas que le dit de Warwicq et son frère fuissent mors, il fist aporter leurs corps, lendemain lundi matin, en ladite esglise Saint Pol, où ilz furent couchiés et descouverz de la poitrine en amont, et là veu d'ung chascun. Et à l'eure de x heures, ou environ, le dit homme, qui est venu, le vit et le leissa en ladite esglise.

Et n'en set plus avant : car le jour mesme se parti, et entra en son bateau, pour aller Nasfot t, dont il est,

i\k CROrNlCQUES D'ENGLETERRE.

cuidant aporter les premières nouvelles. Mais il trouva

les Austrelins, qui le prirent en Zellande.

Les mors et prins :

Le duc de Excester, le conte de Warwicq et son frère, marquis de Montagu, le conte de Guiffort, bien blechiet et prins; monsr Richart d'Ouscal, chevalier; monsr Jehan Griselle, fortblechié et prins; monsr Guillaume Thierret et ung de ses frères, de monsr le conte d'Oexenfort,mors; Thomas Stocphart, fort blechié et prins.

Les prisonniers au roy Ecloaart :

Le roy Henri; l'archevesque de Yorck; l'evesque de Vincester ; l'evesque de Lincol; l'evesque de Saint Denis ; l'evesque d'Ecester, et encor pluiseurs autres gens nobles, thués en bataille.

Les mors du costé du roj ' E douar t :

Le sr de Cornaille; le sr de Say; monsr de Bourset ; Thomas Perquier; Ferby Testiner; Gesfray Gurnat.

Les aliés du roj de France :

L'empereur de Romme; le roy d'Espaigne; le roy Henri d'Engleterre; le roy d'Escosse; le roy deSezille, le duc de Chiennes; le duc de Millan; le duc de Ca labre.

Les aliés de monseigneur de Bourgogne :

L'empereur de Romme ; le roy de Portingal ; le ro\ Edouart d'Engleterre; le roy d'Escoce; le roy d'Ar-

PIECES JUSTIFICATIVES. 21 ë

ragon ; le duc de Bretaingne; le duc de la maison de Savoie; le duc de Jullers; le duc de Venise; le duc de Bauviere; le conte Palatin; l'archevesque de Cologne; l'archevesque de Mayenche; l'archevesque de Trêves.

[Archives de l'Etat de Vamur : Registre aux reliefs des fiefs du souverain bailliage de 1467-1477, fol. 72 et suiv. — Compte rendu des séances de la Commission d'histoire de Belgique, tome VII, page 47, 2e série.)

Voyez ce que nous avons dit de la chronique qui forme cet Appendice dans notre premier volume, note 5 de la Préface.

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