LIVRE IIL
952. Cy commence le Ilh Livre, lequel contient en soy chinquaute et ung chapittres. Ou premier, il declaire comment les nouvelles du trespas du roy Charles le Bien Ame furent portées au duc de Thouraine, Daulphin, son seul filz. Chapitre I.
Cf. Monst., t. V, ch. i-n.
953. Comment les Parisiens envoierent leur ambaxade en Engleterre devers le jeune roy Henry et son conseil. II.
Cf. Monst., t. V, ch. m.
Au nombre des ambassadeurs envoyés en Angleterre par les Parisiens , Wavrin mentionne Guillaume Sauguin ', dont le nom est omis par Monstrelet.
954. La prinse du pont de Meulen par les François. IIL Cf. Monst., t. V, cil. m.
955. Comment le duc de Bethfort, régent de France, mist le siège devant le pont de Meulent. IV.
Cf. Monst., t. V, ch. m-iv.
i. Guillaume Sanguin, conseiller et maître d'hôtel de Philippe, duc de Bourgogne. « Il est rapporté, dans un registre de la chandjre cotté-|-, que l'on lui payeroit la somme de quinze mille vint francs , deux sols , six deniers, à lui deue par monseigneur le duc, à trois termes, par les maîtres des monnoyes , de quatre mois en quatre mois , sans préjudice de ses prétentions sur le pris des monnoyes, au temps qu'il preslu ladilte somme. 23 mai 1422. » (Laliarre, II, 222 et 223, note.)
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956. Comment les assegiés du pont de Meulen firent leur traitié au duc de Bethfort, régent de France. V.
Cf. Monst., t. V, ch. V.
957. Comment pluiseurs forteresses furent rendues en la main du duc de Bethfort, régent, par le moyen du traitié cy dessus déclaré. VI.
Cf. Monst., t. V, ch. v-^i.
958. Comment le duc de Clocestre, frère du duc de Bethfort , régent , prinst en mariage la ducesse Jaqueline de Bavière, contesse de Henault. VII.
Cf. Monst., t. V, ch. v-\i.
959. Comment le seigneur de la Poulie et sire Thomas Bouttry assamblerent, en Northmandie,grant nombre d'Anglois, pour faire une course, VIII.
Cf. Monst., t. V, ch. vi.
960. Comment les alyances furent faites en la cité d'Ami( ns entre les ducz de Bethfort, de Bourgoigne et de Bretaigne. IX.
Cf. Monst., t. V, ch. vn.
961. Comment le duc de Bethfort alla à Troyes, en Champaigne, espouser Anne, seur au duc de Bourgoigne*. X.
Cf. Monst., t, V, ch. VII et ix.
962. Comment ceulz de Rouen et de Caulz allèrent soubdainement assegier Noyelle sur la mer ^ . , XI,
En ceste meisme année, par ung mouvement soiibdain, ceulz de Rouen et du pays de Caulz se misrent
i . Waviùn pariant, flans ce chapitre, de la prise ;le la forteresse d'Orsay, y signale la présence du comte de Salishnry, non mentionnée par Monstrclet.
2. Ce chapitre concerne et le siège de Noyelles et celui du Crotoy. AVavrin copie à peu près Monstrelet (V, chap. rx) dans le récit trèssuccinct du premier de ces sièges; quant au second , il donne des détails omis par ce chroniqueur.
* Thomas (le Montacute, comle de S.ili.^lnuy, tué au sicge d'OrlcaïUî en H2fi (Dugdale, 1, 661-653).
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ensamble : cest à scavoir tous les Aiiglois avec les communaultez du pays d'entour Rouen et d'autre part, dont estoit cliief le bailly de Caulz; et povoient estre les Anglois environ VIII " bons combatans, sans les communes : lesquelz furent menez passer parmy Abbeville, et là, passez l'eaue en très bonne ordonnance, vindrent mettre leur siège devant le cliastel de Noyelle sus la mer, apartenant à messire Jaques de Harcourt'. Lesquelz assegiez, non ayans espérance d'avoir secours, firent le plutost qu'ilz peurent traictié avec les Angiois, et rendirent la place moyennant d'avoir leurs corpz et biens saulves. Alors messire Jaques de Harcourt, sacliant la prinse de Noyelle par les Angiois, luy estant à ceste beure au Crotoy, manda hastivement ses gens qui estoient à Rue; lesquelz vindrent en délaissant la ville esgaree , sans queleconcque ordonnance, et babandonnee auz annemis, sans queleconcque provision. Laquelle despartie sacliant les Angiois, sans faire long séjour vindrent à Rue baslivement, où ilz firent moult de maulz, et traveillerent largement les povres gens quy y estoient demourez. Si misrent dedens la ville de Rue une forte garnison , pour obvier et résister alencontre de ceulz que messire Jaques de Harcourt avoit laissiez au Crotoy; et fut ladicte ville de Rue par les Angiois très bien avitaillié et pourveue de tous babillemens de guerre. Puis encommencerent Angiois et François de courre, cbascun jour, l'un sur l'autre, ou maintes saillies et escarmouches entre ceulz de Rue et du Cro-
1. Jacques de Harcourt, chevalier, baron de Montgommery. Mort en 1423. (Monstrelet, Vjchap. xit.) C'est à tort que le P. Anselme (V, 137), sur la foi de Berry (375), le fait mourir eu 1428.
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tov ; oiiquel lieu du Crotoy messire Jaques de Harcourt se vint logier pour le deffendre et garder comme il y estoit ; car il tenoit la ville à sienne. Ces deux garnisons de Noyelle et de Rue ainsi assises , le bailly de Caulz s'en retourna à Rouen, ouquel lieu luy venu, avec messire Raoul le Bouttillier', ilz eurent ensamble pluiseurs consaulz sur le faict de la forteresse du Crotoy : et sambloit au bailly de Caulz qu'il estoit heure de le concquerre mieulz que oncques mais, pource que , pour ce tempz, le roy Charles^ estoit bien loingz de là , parquoy il lui seroit difficille baillier secours , ayde ne comfort à messire Jacques de Harcourt. Adonc messire Raoul Bouttillier oyant ainsi parler le bailly de Caulz, il luy sambla, aux raisons qu'il remonstroit, estre vérité ce qu'il disoit. Si conclurent d'aller hastivement, eulz deux ensamble, devers monseigneur le Régent', estant à Paris, pour conclurre par son advis de celle besongne , comme ilz firent très dilligamment. Lesquelz venus à Paris, et la chose mise en termes devant le Régent, et ceulz du grant conseil du roy de France et d'En^leterre *, la matière fut
1. Raoul Bouteiller, chevalier, bachelier, chamljellaQ du régent, duc deBedfort. Il était capitaine d'Arqués en 142-4 (Bibl.imp., niss.n°9436®, fol. 141); qualifié seigneur de Sudelej, trésorier d'Arigleterre, en novembre 1445 ; grand sénéchal de l'hôtel du roi en juillet 1449. (Rymer, V, partie I, IbO, 152; partie II, 10.)
2. Charles VII, fils de Charles VI et d'Isabelle de Bavière, né le 22 février 1402; marié à Marie d'Anjou en 1422. Mort le 22 juillet 1461. (Anselme, I, 113.)
3. Jean de Lancastre, duc de Bedford , nommé régent du royaume de France à la mort de son frère Henri V. Mort à Rouen le 14 septembre 1435 (Dugdale, III, 200-202), ou le 14 décembre. {Art de vérifier les dates ^ I, 815.)
4. Henri VI, fils de Henri V et de Catherine de France, né le 6 dé-
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debatiie et pourparlee. Finablement, fut il conclu que devant la ville et cliastel du Crotoy le siège seroit mis *, et en fut par le duc de Bethfort , régent, baillié la charge à messire Raoul le Boutillier. Si lui fut délivré argent, gens et artillerie, avec vivres et toutes choses nécessaires à ceste emprinse furnir. Puis se party de Paris et s'en alla en Northmandie , où il fist grans amas de gens d'armes. Et, droit environ la Saint Jan, vint assegier par mer et par terre la ville et cliastel du Crotoy, où, à très grant dilligence, en briefz jours, ferma son ost et environna la place tout entour ; si se loga, luy et ses gens, très advantageusement au grant dommage de ceulz de la ville et du cliastel. Alors messire Jaques de Harcourt, se voyant ainsi enclos moult rigoreusement , se prépara et mist en ordre deffensible, pour garder de villonnie son corpz, sa ville , son chastel et ses subgetz ; si fist aprester pluiseurs canons et autres engiens de guerre pour soy deffendre et grever ses annemis; adfin que, par force de trait à pouldre et gros arballestres, il leur deffendist à faire leurs aprocbes et que de plus prez ne peussent aprochier la muraille. Nonobstant toutes ces choses, messire Raoul, à très grant dilligence, fist ses aproches et fortiffia son logis tout atour, au mieulz qu'il peuit. Pluiseurs saillies et escarmouches se firent , durant le siège, entre les assegiés et les assegans, et mettoit
cembre 1-421 ; couronné à Londres, le 6 novembre 1429; sacré à Paris, comme roi de France, le 17 décembre 1431 [Art de vérifier les claies , I, 817.) Mort le 23 mai 1471. (llolinsbed, II, 690.)
1. « Environ la saint Jean Baptiste (24 juin 1423) fut assiégée, par mer et par terre, la ville et forteresse du Ciotoy, par les Anglois. » (Monstrdet, V, chap. ix.)
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chascun paine, en son endroit, de comfondre son annemy : maintes belles apartisesy furent faites en armes, des deux parties. Duquel siège estant ainsi devant le Crotoy, furent moult joyeux ceulz du pays d'environ , esperans estre vengiés et affrancis des grans et inhumains maulz que leur souUoient faire les assegiés journelement , et pour le grant désir qu'ilz avoient d'en estre délivrés. Tout le comfort, ayde et secours qu'ilz povoient ilz faisoient auz Angiois tenans ce siège, tant en vivres comme en autres choses à eulz nécessaires. Messire Jaques de Harcourt, qui dcdens la place estoit , voiant la grant dilligence que faisoit le dit messire Raoul Boutillier de le nuire et grever, considérant que impossible luy seroit , à longueur de lempz, tenir la place alencontre des Angiois, ses annemis , sans avoir secours , se conclud de faire une saillie, adfin de mettre hors deux de ses gens, et yceuiz envoyer conter son cas au roy Charles de France. Et ainsi en fist; car, environ l'heure de mienuit, il mist dehors chinquante compaignons de guerre, apers et habilles , entre les(juelz estoient deux gentilz hommes de son hostei , à quy il bailla lettres de credence contenans la nécessité en quoy il estoit , requérant au roy de avoir secours. Or advint que celle nuit estoit moult obscure et thenebreuse, et plouvoit un pou ; si saillirent yceuiz compaignons dehors, tout de pie, excepté les deux quy debvoient aller pour quérir le secours , qui estoient de cheval ; lesquelz, quant ilz se trouvèrent auz champz avec les autres , eulz qui scavoient le pays et les chemins advantageux , se tyrerent à part arrière des autres, et tout coyement passèrent par l'un des deboutz des logis auz Angiois-, puis, quant ilz se trou-
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verent au large, ferirent chevaulz des esporons, et, sans tenir voie ne sentier, cheminèrent jusques au cler jour : et tant firent par leur dilligence et soubtillité , que, sans nul encombrier, ilz arrivèrent en la cité de Bourges en Berry, où ilz trouvèrent le roy Charles devers lequel ilz estoient envolez de par messire Jaques de Harcourt. Si luy baillèrent leurs lettres de credence et exposèrent au Roy, bien au long, la charge qu'ilz avoient de leur maistre , tout par la manière que enjoinct et commandé leur estoit de dire au Roy et à son conseil. Sur ces lettres et requestes que faisoient lesdis escuyers, tint le Roy parlement avec ses plus principaulz conseilliers, adfni d'avoir advis qu'il avoit sur ce à faire, et en conclurre pour le mieulx. Mais, en ceste instant, sourvindrent moult d'autres pesans besongnes quy grandement touchoient , et plus requeroient délibération que la matière dudit messire Jaques de Harcourt ; pourquoy gueres n'en fut touchié, sinon que dit fut ausdis escuyers qu'ilz s'en retournassent arrière devers messire Jaques de Harcourt, leur maistre, si luy dissent que brief auroit secours. Pour laquele fois les dis escuyers ne peurent avoir autre apointement, si s'en retournèrent atout ceste responce.
Or vous lairons ung petit ester* desdiz messages, et vous dirons de ce que firent ceulz quy, avec eulz, estoient yssus du Crotoy ; lesquelz, quant ilz sceurent de vérité leurs deux compaignons estre passez saulvement sans quelque encombrier, ilz se ferirent sur
^. Laisser ester une chose, la quitter pour parler d'autre chose. (Roquefort.)
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ceulx quy pour celle nuit , faisoient le guet auprez de l'artillerie ; et là , firent ung grant effroy, en criant : « Nostre Dame Saint Denis ! Harcourt à la rescousse ! » Si encommencerent de copper cordes et trefs, et faire tresbuschier tentes et pavillons, et occir et detrenchier ceulz qu'ilz povoient aconsievir* : mais gueres n'y prouffiterent ou arresterent; car Tost s'estourmy^ et accoururent les plutost prestz celle part, moult liastivement. Si leur fut force de tantost eulz retraire et rentrer dedens le Crotoy, en grant haste; mais quant laians furent rentrez et ilz sceurent leurs messages estre passez sans nul danger, du demourant ne challut gueres : si se fortiffierent et tindrent au mieulx qu'ilz peurent, en espérance d'avoir brief secours ^ Et pareillement messire Raoul le Boutillier, et les Anglois quy avec luy estoient, s'efforclioient chascun jour de les grever et leur porter dommage, adftn d'iceulz mettre en l'obéissance du roy de France et d'Engleterre. Si vous lairons le parler d'eulz pour une espace, tant que heure soit d'y retourner, et dirons par quel accident le roy Charles ne polt secourir ceulz du Crotoy ; car autres plus grans affaires, et quy de plus prez touchoient, luy sourvindrent ; parquoy il fut constraint de pourveyr auz choses plus nécessaires premiers.
963. Comment le bastard de la Baume, Savoie n , quy tout son tempz avoit tenu le party du duc de Bourgoigne se tourna François , et pluiseurs autres compaignons de guerre avec luy. XII.