Dispute, querelle (Roquefort
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à lavoiilenté des capittaines. Âprez, fut ordonné qu'ilz chevaulcheroient tous ensamble en ung seul ost , et y avoient vi^'' hommes d'armes : c'est à scavoir lx Ânglois et LX Bourguignons, autant d'archiers qu'il apartenoit pour descouvrir devant. Ancores fut ordonné que, quant on venroit auprez du lieu où l'en devroit combatre , que incontinent qu'il seroit dit et publié chascun descendre à pié , que ceulz qui en feroient refus feussent mis à mort. Et, avec ce , fut ordonné que les chevaulz feussent prestement menez arrière ime demye lieue, et ceulz quy seroient trouvez plus prez seroient prins comme confiquiés. Ancores fut ordonné que cliascun archier feist ung peuclion aiguisié à deux boutz, pour fichier devant luy quant besoing seroit. Oultre plus fut ordonné que nul , de quelque estât qu'il feust , ne s'enhardist de prendre prisonnier au jour de la bataille , tant que on verroit tout plainement que le champ seroit guaignié ; et, se on en treuve aulcim , il soit prestement occis avec cellui qui l'aura prins, s'il en parle ou fait aulcun refus. Ancores fut ordonné, de rechief, que chascun feust pourveu de vyande pour deux jours, et aussi que ceulx de la ville d'Ausoirre envoiassent vivres aprez i'ost , autant que finer en porroient , et qu'ilz en seroient bien paiez. Oultre , ancores fut ordonné que nulz ne chevaulchast, devant ou derrière, sans ordonnance des capittaines , sur paine capital , ains se tiengne chascun en l'ordre où il seroit mis. Les poins et ordonnances dessus déclarées par la délibération des capittaines Anglois et Bourguignons furent, ce mesmes jour, proclamées et publiées en la ville d'Ausoirre, à son de trompe, par
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les quarfours, avant leur partenieiit ; et lendemaiiî, aprez qii'ilz eurent oy messe, cliascun à sa devocion, et beu ung cop, se misr iit auz cbampz en grant fraternité : et s'en allèrent logier tons ensamble en la ville de Yaucelles^, à une lieue prez de leurs annemis. Et lendemain, qu'il fut samedy, environ à x lieures du matin , se deslogerent et allèrent en belle ordonnance devant leurs annemis ; lesquelz sans faulte ilz trouvèrent tous apareilliés comme pour les recepvoir en belle et grande compaignie, et avoient prins place sur une montaignette devant ladite ville de Crèvent, où ilz s'estoient ja tenus, jour et nuit, atendant leurs annemis ; et toutesfois avoient laissié leur siège garny de gens.
Les Anglois et Bourguignons, voians l'appareil de leurs annemis, s'en allèrent passer par l'autre lez de la rivière d'Yonne, vers CouUanges lez Vineuses^ : et adonc descendirent les Franc(îis de leur monlaigne contre leurs annemis, en mon>lrant grant samblant de bardiesse; sise misrent en battaillel'un contre l'autre, où ilz furent bien trois beures sans autre cbose faire , et estoit la rivière entre les deux ostz. Quant ilz se furent ainsi tenus , comme vous avez oy, Anglois et Bourguignons, qui moult beoient les François, voians qu'ilz ne faisoienl quelque samblant de les envabir, soubdainement s'advancberent par aigreur de félon couraige et commencèrent arcbiers de tyrer moult onniement, et gens d'armes à entrer en l'eaue vivement, pour courir sus à leurs annemis, dont les ungz