‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 3)Chapitre 43 sur 129 · William Trussel. Voy. p. 46, note · texte numérisé non relu

William Trussel. Voy. p. 46, note

5. Thomes Witers (voy. p. 63, note 1). Le roi Edouard désigne, dans ses lettres du 12 décembre 1330, Henri, comte de Lancaster, Thomas Wake, seigneur de Ledel, Henri de Beaumont, comte de Boghan, Thomas Roscelyn et autre:; , comme ayant pris les armes contre lui , et leur accorde pardon. (RAnier, II, part. III, 53, 55.)

[i3i>9] PREMIÈRE PARTIE, LIVRE VI, liii-liv, 09

et bien cent chevaliers de leur confédération , lesquelz furent tous exilliés et bannys hors du rovaulme, par le conseil de la royne Ysabel et Mortemer, lequel convoita moult d'avoir en sa part les terres des dis exilliés, s'il povoit par quelque manière, pour la grant ardeur de la convoytise qui en lui estoit. Ainsy, comme vous oez, menoyent le jeune roy Edouard la royne Ysabel, sa mère, et le dit Mortemer tout à leur \oulenté , dont c'estoit grant pittié et dommage au roy et à son royaulme.

313, Comment messire Rogier de Mortemer, pour la «lore où il se trouva, se contint orguilleuzement. LIV.

Maintenant vous dirons comment sire Rogier de Mortemer s'esleva en hault estât, et fist tant devers le roy, qu'il lui octroya d'estre appelle conte de la Marche partout le royaulme d'Engleterre; pourquoy il devint tant orguelleux et tant fier, que du tout il voult perdre et adnichilier le sournom de ses ancestres, et se fist nommer de tous conte de la Marche. Sy n'estoit nul de la commune d'Engleterre qui l'eust aultrement osé nommer ; car il fist tant devers le roy que, par ban, il fut prononcyé conte de la Marche, dont il monta en sy grant orguel qu'il ne tenoit conte de personne. En plusieius manières se desgui^a le dit nouvel conte de la Marche , tant en riches vestemens comme en foison serviteurs , tant richement parez etliabilliés, que aux gens au roy, ne à nulz autres du pais n'estoient à comparer, dont les Anglois s'esmerveillierent grandement comment ainsy se osoit oïdtre cuidier : se disoient entreulz ,

70 CRONICQUES D'EÎ^GLETERRE. [1329]

communément , que impossible estoit que son orguel euist longue durée.

En cellui temps mesmes , sire Geffroy de Mortemer', son maisné filz, le fist nommer le Roy de la folie : puis, environ ce temps que le dit sire Rogier, conte de la Marche, lui raempli d' orguel et outrecuidance estant en pays de Galles, par ung jour de Penthecouste , tint une table reonde à tous ceulz qui y volrent venir , voulant ressambler et contrefaire la manière de la table reonde du bon roy Artus , qui fut de son temps le plus preu chevalier du monde , ne oncques puis en nul pays ne fut pareil à lui ; car en son vivant, tous les renommés [chevaliers en armes] de la crestienneté furent et demourerent avec kii , en sa court , sy le tindrent pour leur seigneur, comme plus ad plain je declaray^, quant il combati et conquist Frî>les, le Rommain , et tout le royaulme de France , et sy occyst Dinabus le géant , qui ravist Helaine, niepce à Hoel, roy de la petite Bretaigne, puis desconfist et occist l'empereur Lucille ' en la bataille €|u'il avoit assemblée contre lui; en lac[uelle avoit sv grant nombre de gens, tans crestiens connue payens, qu'il n'en scavoit le compte; lesquels il desconfy trestous , comme il est plus amplement raconté cy dessus, en ceste vraie cronicque.

En ce temps mesmes, commune renommée s'esleva parmi Engleterre, par Tadvertissement des frères presceurs, que sire Edouard de Carnarenan, père du jeune

1. Geoffroy de Mortiîiifr, comte de Jubien , seigneur de Comyth (Dugdale, I, 147.)

Page 1