‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 3)Chapitre 92 sur 129 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

857. Cy commence le VP et darreaier livre de ce quart vo kmie, lequel contient en soy xxxi chappitres: ou premier il traite la cause pourquoy la discention s'esmeut entre le roy Henry et les seigneurs de Persy *, après la mort du roy Richard. Chap. I.

Apres la morl du roy Richard , et que messire Thomas de Persy ^, alors connestable d'Engleterre , eut, par rordonnance du roy Henry, ramené par decha la mer la royne > zal^el, vesve de feu le roy Richard , et > celle rendu es mains des seigneurs de France, comme cv dessus est contenu, icellui messire Thomas, retourné en Engleterre devers ledit roy Henry , nouvelles vindrent comment le conte de Douglas^, escochois , adcompaignié de grant peuple , estoit entré en Engleterre , où il faisoit de grans dommages : pour-

1 . Monstrelet (I, chap. vu) parle très brièvement de celte dissension.

''2. Thomas Percy, comte de Worcester, amiral, mortle23 juillet 1-403 (Dugdale, I, 283-286; et Carte, II, 659).

3. Archaiiibaiit IV, comte de Douglas, créé duc de Touraine par Cliarles VII. Il prêta serment de fidélité à ce prince le 19 avril 1423, avant Pâques (Bapin Tiioyras, IV, 197; Du Tillet, 11, 235). Tué à la bataille de Verneuil, donnée It 17 août 1424 (Monstrelet, V, chap. xix ; The l'eeragt of Scotland, b> Robert Douglas, j). 186).

[1402] QUATRIÈME PARTIE, LIVRE VI, i. iH

qiioy le roy ordonna audit de Persy, son conneslable*, grant armée pour remédier auz enlreprinses dudit conte de Douglas; lequel connestable, aiant ceste charge , fist tel dilligence de poursievir ses annemis, qu'il les trouva et leur livra battaille ' ; dont il demoura victorien. Si prinst ledit conte de Douglas prisonnier % et l'emmena en son pays, où il le commist soubz bonnes gardes.

Quant le roy Henry sceut que le conte de Douglas estoit prisonnier, et que ses gens avoient guaignié la baltaille, il envoia devers ledit messire Thomas Me Persy ung sien poursievant lui signifier que il luy envoiast le conte de Douglas en la ville de Londres \ A quoy ledit de Persy respondy que le conte de Douglas estoit son prisonnier, non pas du roy, et que point ne lui envoieroit , mais il yroit dedens brief jour devers luy pour faire son excusation.

Le roy, sachant ceste responce, fut moult troublé :

1. Henri Percy, comte de Northumbeiland, conuétable d'Angleterre mort le 28 février 1408 (Diigdale I, 276, 278 ; Carte, II, 669). II était frère aîné de Thomas auquel Wavrin donne, par erreur, le titre de conriétalîle.

2. Le W septembre 1402, à Homeldon-Hill (Lingard, II, 388), près Wollever, sur les frontières du Northumberland (Carte, II, 6o5).Wooler est situé sur un bras de la rivière le Till, dans le comté de Northumberland. Le comte avait avec lui son fils Henri, surnommé Hotspur.

3. Ce seigneur fut pris, non par Thomas Percy, mais par Henri Hotspur, son neveu (Carte, II, 658).

4. Thomas n'avait pas assisté à cette bataille; notre chroniqueur le confond sans cesse avec son frère ou son neveu. Le manuscrit de la Bibliothèque impériale, fonds Sorbonne, n° 432, porte Henry. C'est ce dernier nom qu'il faut lire partout ou Wavrin nomme Thomas.

^. Le roi fil défense au comte de Northumberland, à son fils et aux autres grands seigneurs, de disposer des prisonniers écossais, se réservant ce droit. Ses leurcs sont datées du 22 septembre 1402 (Rvmer, IV, partie I, 33-36).

478 CRONICQUES D'ENGLETERRE. [1402]

si pensa bien qu'il s'en vengeroit dudit de Persy, mettant en oubly les bons services par luy recheuz dudit de Persy, ses parens et alyez : car, comme il a esté dit cy dessus*, le conte de Northumberland, père dudit messire Thomas, avec l'ayde de ses enfans et alyez , avoit esté cause principal de la destitution du roy Richard , et de l'augmentation et gloire du roy Henry, soubz certaines promesses, que ce roy Henry lui avoit faites, qu'il les devoit pourveoir et advanchier de grans offices ou roiaulme , dont il ne fist riens.

Ledit messire Thomas^ de Persy, environ vi jours après le partement du poursievant , s'en vint à Londres devers le roi ; lequel , quant il lui cuida faire la révérence et soy excuser, luy demanda, très felonneusement, s'il luy avoit amené le conte de Douglas ; à quoy messire Thomas respondy que non , et qu'il estoit son prisonnier, en son pays : à laquele parolle le roy se couroucha et donna audit de Persy ung grant soufflet , lequel recheu par messire Thomas , se party de là, sans congié prendre, monta à cheval, et retourna en sa maison. Et de ceste villonnie se complaindy à son père, [le conte de Northumberland], et à son frère, messire Jehan de Persy ', et messire Henry '" de Persy, conte d'Excestre , son oncle, et à ses autres amis, eulz priant qu'ilz le voulsissent aidier à vengier : lesquelz, tous ensamble, luy promisrent ayde et confort , disant (jue , comme ilz avoient esté cause de

t. Voyez ci-dessus, n'^ 830.

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