Berwicls
2. Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, prince de Steenliuyse. Mort le 24 novembre 1492. (VanPkaet } Recherches sur Louis de Bruges.)
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dent; lequel, ayant recheu le commandement du duc, son seigneur, s’apareilla et mist en point moult notablement : et puis, honnourablement adcompaignié de chevalliers et escuyers, tant de l’ordonnance du duc comme de son liostel, entra sur mer à l’Escluse, et tant naga qu’il vint en Escoce, auquel lieu luy arrivé, fîst enquerre où estoit la royne, puis tyra celle part où il le cuidoit trouver. Et quant il aprocha le lieu, la royne luy alla au devant en sa propie personne ; laquele, aprez les saluemens et bienviegnans , luy encquist de la santé et estât du duc son oncle, de son filz le conte de Cliarollois , et sa belle ante la ducesse ; à quoy le seigneur de la Gruthuse luy respondy courtoisement et à point, comme bien pourveu de sens et beau language. Si fut recheu et festoié moult honnourablement de la royne et des dames de sa court, premièrement , et puis des princes et haulz barons d’Escoce, tant pour amour du bon îeal prince duquel il portoit l’ordre de sa Thoison, comme aussi pour l’honneur et recommandation de sa personne, à tous reverente et agréable.
Aprez tous les festoiements et recoeillotes, quant ledit seigneur de la Gruthuse vey le tempz oportun, en moult bel estât et meure contenance se traist par devers la royne et ses consauîz, où il monstra et expliqua les articles et poins de sa légation tant arreement , prolixement et vivement , en honneur, reverence, que voullentiers fut oy de tous : et lelement y procéda que, avant son partement , par l’aigreur de son sens et dilligence, les trailiés et dillacions de alyances nouvellement faites entre les deux roynes d’Engleterre et d’Escoce furent rom-
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pues et adnicliillees , mettant y celles du tout au néant.
Lesqueles choses adcornplies, le seigneur de la Gruthuse, mouit joyeulz de son bel exploit, aprez congié prins à la royne et aux seigneurs et dames de sa court, il se party d’Escoce, et revint en Flandres devers le duc de Bourguoigne , son seigneur, auquel il raconta tout au long la maniéré de son expédition, ainsi que cy dessus est contenu; de quoy le duc et ses consaulz furent moult contentz. Car trop plus amoit le duc la partye du rov Edouard bonne, que celle du roy Henry, quy peu ou néant luy avoit esté amis : ains tousjours, par lenhortement de la dite royne sa femme et de ceulz quy le gouvernoient, avoit esté contraire audit duc Phelippe et à ses pays, et fait moult de grans dommages.
1216. Comment le duc de Bourgu oigne reclieut en sa ville de Bruges les deux freres du roy Edouard d’Engleterre. II1I.
Or advint, assez tost aprez le departement que fist le seigneur de la Gruthuse du pays d’Escoce , les Escocois, advisans et congnoissans pour le bien et utilité de la chose publicque de leur royaulme que l’offre faite par la royne d’Engleterre seroit à eulz moult pourfilable, et que trop mieulz leurvalloit adventurer une fille que tel bien aparant refuser (car, se ilz poyoient avoir la possession du tellement de Bervic en Galles, ilz y prenderoient grant prouffit) ; pour quoy ilz adviserent eslre à eulz bien utile que le tiaitié se parfeist, et telement y fut depuis procédé, qu’ilz acceptèrent l’offre que la royne d’Angleterre faisoit du dit
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tenement de Bervic1, moyennant quelle leur feist délivrer, selon sa promesse.
Adont le roy Edouard et ceulz de sa partie, advertis de ceste nouvelite de conseil, en furent grandement troublez, et non sans cause ; car de long tempz les Anglois avoient tenu la dite isle de Bervic, que oncques, pourpromesse d or, d’argent, ne quelquealyance, les Escocois n’en avoient peu avoir la maniance, jà y eussent ilz mainteffois contendu : pourquoy ilz furent moult joyeulz quant en leur domination le tindrent, et les Anglois, par le contraire, moult desplaisans ; ce que, pour le présent, leur convint souffrir.
Ainsi comme vous povez oyr aîloient, en ce tempz, lesbesongnes en Engïeterre; car toutes choses y estaient en tel trouble, qu’il n’y avoit si grant qui se sceust bonnement comment conduire, et n’eust crainte d’estre destruit et perdre quancques il avoit; et ne scavoient les aulcuns quel part vertir. Mesmes le roy Edouard avoit deux jennes freres2, l’un eagiédeix ans, et l’autre de vm ans, lesquelz, pour la sceureté de leurs personnes, le roy envoya par mer à I’Escluse en Flandres devers le prince de toute adresse, Phelippe duc de Bourguoigne : lequel, sachantleur venue, les envoya quérir honnourablement par les seigneurs et chevalliers de son hostel. Si les fist amener herbregier en sa ville de Bruges •, où il les alla veoir et visiter; les Fist haultement servir par ses officyers, et generalement administrer tout ce que mestier leur es-
1. Cette ville fat livrée le 25 avril 1461. (Carte, II, 762.)
2. George et Richard. Ils furent envoyés par leur mère au duc de Bourgogne, après la mort du duc d’York, et restèrent avec Philippe le Bon jusqu’au couronnement d’Édouard IV. (Dugdare, II, 162.)
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toit pour l’entretenement de leur estât. Et furent la une espace de tempz tout auz despens du duc, qui les fist haultement honnourer à sa court selon 1 efficace de leurs personnes; mais, assez tost aprez le couronnement du roy Edouard, il les renvoia quérir à Bruges, duquel lieu le bon duc les deffrea, et, ancoresplus, il fist de beaulz dons à eulz et à leurs gens. Puis, par messire Morelet de Renty1, capittaine de ses archiers de corpz, dont il en prinst chinquante en sa compaignie, avec aulcuns chevalliers et escuyers de son hostel, les fist conduire et guider, à ses propres despens, jusques en la ville de Callaix , ouïes dis conducteurs furent une nuit aprez qu’ilz les eurent illec amenez ; puis, lendemain, prindrent congie des deux princes et ceulz de leur compagnie : sy s’en retournèrent à Bruges devers le duc Phelippe leur bon prince.
1. Morelet de Renty, envoyé en 1430, par le seigneur de Croy. à la défense de la ville de Bonningue, en la comté de Namur, contre les Liégeois (Saint-Remy, A7 III, 350.). Prisonnier des Anglais en 1439, il reçut du duc de Bourgogne, pour une fois, la somme de deux cens trente livres de xl gros, monnaie de Flandres, k pour lui aidier à payer sa reanson. Sur ce fait et donné en la ville de Saint Orner, le penultiesme juing mil ira' trente neuf, avec quittance du dit Morelet de la dite somme. ï (Arch. gén. du Nord, Compte de la recepte gen. du duc de Bourgogne, fol. ne m , verso. Communiqué par M. le baron de Melicoq.)
« A Morelet de Renty, escuier, capitaine des archiers de M. dit S., nn L., pour don à lui fait par M. d. S. pour avoir un cheval pour soy en aidier à l’armee que M. d. S. a fait mettre sus sur les frontières de Calaix, pour résister aux entreprinses que font journellement les Anglois sur les subjectz de M. d. S. )> (Id., Compte de 1457-58, ccc xxxvi recto. Communique par le mcmc^ . Il fut fait chevalier au sacre de Louis XI. (Du Clercq, XIV, 142.) Il était au nombre des seigneurs désignés par le duc de Bourgogne pour accompagner la reine d’Angleterre, lorsque, le 3 septembre 1462, elle quitta la ville de Saint- Paul pour se rendre à Bruges. (Chastellain, 254.)
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Quant le noble roy Edouard d’Englelerre fut adverty que ses deux freres estoient en la ville de Callaix, il les envoya quérir à belle compaignie. Si les fist amener à Londres, où il les recheut moult joyeusement, et, droit le jour Saint George, l’an mil quatre cens lxi, les fist chevalliers et ducz tous deux : c’est à scavoir, 1 aisne duc de Clarence, et le second duc de Clocestre , en leur baillant estât tel comme à eulz apartenoit. Or, laisserons un peu en suspens les fais d’Engleterre jusques à ce que heure soit de y retourner , et reciterons en brief d’aulcunes besongnes quy, environ ce tempz, se faisoient tant en France, comme ailleurs.
1217. Incidence da tempz de lors. Premiers, parle comment le grant Turcq envoya lettres au Pape, pour ce qu il voulloit ordonner une croisié pour aller contre luy j puis dist comment le Blancq Chevallier, marissal de Hongrye, rua jus les Turcqz au port de Sambrine. V.
Cf. Monstr., tome III, fol. 61 v. Édition de 1572.
1218. Comment le conte de Charollois, seul filz du duc de
Bourguoigne, se marya à madamoiselle Yzabeau de Bourbon ; et comment le dit duc retourna des Allemaignes. YI.
Cf. Monstr., tome III, fol. 61 r.
1219. Comment l’evesque d'Utresch trespassa, et comment
le duc de Bourguoigne alla en Hollande pour en faire evesque David, son filz bastard ; comment le roy de France mist en sa main le Daulphiué : puis parle des concquestes que fist, en ce tempz, le Blancq Chevallier sur les Turcqz. VII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 64 v.
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1220. Comment le duc de Bourguoigne mena David, son
filz, en Hollande, atout grant armee, et le mist en possession paisible de l’eveschié d’Utresc, et constraigny, par siégé, ceulz de Deventer de obeyr au nouvel evesque, ce que faire ne voulloient. YIII.
Cf. Monslr., tome III, fol. 67 r.
1221. Comment le duc d’Allenchon fut prins à Paris, et
mis en prison : et comment les Turcqz furent desconfis miraculeusement. IX.
Cf. Monstr., tome III, fol. 67 v.
1222. Comment Loys de Yallois, filz aisné du roy de France, vint à refuge devers le noble duc Phelippe de Bourguoigne.
Cf. Monstr., tome III, fol. 68 v., 71 v., 77 r.
1223. Comment le roy de France contremanda au duc de
Bourguoigne qu’il ne se traveillast point de aller à Montargies, mais y envoiast trois ou quatre notables personnes pour convenir avec les autres ; puis parle de la sentence donnée par le roy contre le duc d’Allenclion, en la ville de Yendoisme. XI.
Cf. Monstr., tome III, fol. 77 v., 78 r.
1224. Comment les François prindrent d’assault la ville de
Zandvich. XII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 70 r.
1225. Cy parle de la mort du roy d’Arragon, et des signes
qui lors advinrent ; et dist comment son bastard, Ferrant, fut roy de Naples aprez luy. XIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 7Sr., 79 r.
1226. Comment le duc de Bourguoigne envoia le duc de Cleves à la journée de Mantua ; comment la Daulphine acoucba d’un filz, à Genep ; comment le roy d’Escoche
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fut tué d’un esclas de bombarde : et aussi parle de Yaudrie. XIIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 84 r.
1227. De la mort du roy Charles de France, VIIe de ce
nom ; des grandes et dures adventures qu’il eut à son commencement , et puis enfin de ses glorieux et beaulz fais d’armes. XV.
Cf. Monstr., tome III, fol. 87 v.
1228. Comment monseigneur le Daulpbin et le duc de
Bourguoigne se disposèrent pour aller à Rains au sacre du dit Daulphin ; puis parle des besongnes quy lors y furent faites. XVI.
Cf. Monstr., tome III, fol. 88 r.
1229. De l’entree du roy à Paris, et des noblesses quy y
furent faites; et, par especial, du bruit au duc Phelippe de Bourguoigne et ses gens. XVII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 89 r.
1230. Du partement du roy et du duc de Bourguoigne de
la ville de Paris ; du congié qu’ilz prindrent l’un à l’autre: et de plusieurs choses quy, en ce tempore, advindrent en divers lieux. XVIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 90 v.
1231. Comment Charles de Bourguoigne, conte de Charollois, s’en alla veoir le roy Loys à Tours, où il fut grandement festoie ; comment il se perdy à la chasse, et comment il s’en retourna ou pays d’Artois par la Northmandie, dont le roy l’avoit ordonné son lieutenant. XIX.
Cf. Monstr., tome III, fol. 91 r.
1232. De l’ambaxade que le roy Edouard d Engleterre en-
voia devers le duc Phelippe de Bourguoigne. XX.
Tantost aprez le retour du duc Phelippe de Bour-
gu oigne du couronnement au roy Lovs de France1, qu’il eut séjourné en sa ville de Bruxelles une espace, il s’en vint à Lille en Flandres, où il fut par aulcuns jours; et de là s'en alla à Vallencliiennes, auquel lieu arriva devers luy une ambaxade de parle roy Edouard d’Engleterre2, qui dudit duc fut moult honnourablement recheue et grandement festoiee. Si fut le cliief d’ycelle ambaxade messire Jehan Venlocq3, ung grant baron d’Engleterre, portant l’ordre de la Jarretière, avec luy ung chevallier, nommé messire Jehan Claix4, et ung moult notable clercq de droit, quy se disoit doyen de Bordeauz5, lequel proposa devant le duc Phelippe pour le roy Edouard ; et si les adcompaignoit ung moult notable escuyer, appelé Thomas Vagant6, natif du pays de Galles, grant escuyer d’escuyrie du roy.
Icelluy doyen, doncques, proposa devant le duc, à son introyte , de moult beaux motz et fort exquis à l’exaltation dudit duc Phelippe de Bourguoigne ,
1. Louis XI fut sacré et couronné le 15 août 1461. Mort le 30 août
2. Le duc la reçut le 9 octobre 1461. (Chastellatn, 178.) Selon la Chronique scandaleuse, le duc n’arriva à Valenciennes que le 12 octobre. (Lejvglet, II, 174.)