Voy. ci-dessus, p. 204, note
4. John Cley figure au nombre des seigneurs déclarés coupables de haute trahison par les lettres patentes de Henri VI, en date du 11 juin 1460. Voici comme il est désigné: «John Cley, late of chesthunt in the counte of Hertford. » (Rymer, V, ir, 97). II. portait « le nouvel collier du roy, la rose blance et le soleil. » (Chastellain, 178.)
5. « Ung seigneur d’eglise du pays de Bourdelois, nommé l’archidiacre de Bourdeaux, notable homme et bon clercq. » (Id., ££..)
6. Thomas Vaughan, déclaré rebelle dans les lettres citées ci-dessus, note 4. Il fut décapité en 1483. (Carte, II, 806.)
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tant que , entre autres diverses loenges , le remercya de par le roy, son seigneur , disant en ceste maniéré : « Très puissant Prince ,* de tes vertus très illustres nous esmerveillons , lesqueles nostre très crestien roy Edouard, devant et aprez le adoption du rengne de son tayon, a expérimenté quant il estoit en sa ville de Callaix en adversité constitué, et aussi en ses freres , lesquelz magnifiquement et très largement vous avez non pas seullement recheuz, mais de tous despens sourlevez , et de très amples dons doez, et en vostre maison nourris, dont on ne se doit esbahir se, par ceste souvenance, le sourprent aulcune doulcheur de pensee; et, ancoresplus, pour ce que, en tempz auquel ses choses estoieut veues moult debiles, vous avez presté à lui et auz siens l’offre de humanité et libéralité copieuse. Et pour ce, luy mesmes, ses richesses et les facilitez de son royaulme, d’un costé et d’autre, publiquement et priveement il vous babandonne, pour soustenir et deffendre vostre dignité. Jamais vos tant grans bénéfices ne se partyront de sa pensee : ains en sa recente pensee et mémoire perpetuelement seront gardez. Le résidu est, très juste Prince, que nous, faisans fin à ce parler, poursievons le don de nostre légation : et adfin qu’en vous, occupé en haultes besongnes, ne redonde fastidie par prolongation de oroisons , nous vous exhortons que celle voullenté, laquele au commencent vous avez monstré à nostre roy, il vous plaise multiplier et accroistre jusques en fin, et avec luy d’un tel coraige fermement persister, par lequel il est prompt et enclin à vous, pour vos querelles deffendre et bon renom acroistre; laquele chose, certainement, il ameroit mieulz démons-
312 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1461]
trer de œuvres que de parolles, se adventure le requérait. En oultre, aulcunes choses, touchant le fait de marchandise, nous sont enjointes pour inferer à vostre haultesse à part, lesqueles, quant il vous plaira et le tempz nous sera donné , exposerons , ce nous ottroiant Jhesucrist, qui vous conserve comme le desirez. »
Quant le duc Phelippe eut oy et bien entendu la legaciond’yceulzambaxadeurs anglois, moult amiablement les prinst l’un aprez l’autre par les mains, disant qu’ilz feussent les très bien venus, et qu’il parleroit à son conseil ; si eussent pacience celle nuit, et que lendemain auraient audience et responce de ce sur quoy ilz estoient venus. De laquele sommiere responce à eulz faite par le duc furent très contentz , si l’en remercyerent et prindrent congié, puis se retrayrent en leurs hostelz. Mais quant ce vint lendemain , que le duc eut parlé à son conseil , advis luy fut que aulcuns députez, comme le seigneur de Croy *, le seigneur de Lannoy1 2 et autres, yroient devers les amhaxadeurs d’Engleterre , comme ilz firent : et eurent ensamble plusieurs parlemens touchant le bien publicque des deuxroyset royaulmes de France et d’Engleterre. Si fut dit que , pour ad ce parvenir, il seroit bien expédient de former unes bonnes treves entre lesdis roys et royaulmes, adfin des matières entammer. Sicque, pour parvenir à bonne conclusion, fut dit à ces ambaxa-
1 . Antoine, seigneur de Croy, comte de Porcean. Voy. tome Ier, p. 304 , note 1 .
2. Jean, seigneur de Lannoy, créé chevalier de l’ordre de la Toison d’or en 1431 ; institué gouverneur de Hollande, Zélande et Frise en 1438. Mort en 1497. (Anselme, VIII, 74.)
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'leurs, par les dessus dis députez, cpie le duc de Bourguoigne se comprendoit d’envoier devers le roy de France, adfin cpie son plaisir feust de voulloir entendre ausdites treves , et d’envoyer ses ambaxadeurs , aians povoir souffissant de ceste chose furnir, en la ville de Bruges , Saint Orner ou Lille en Flandres. Sy fut illec jour prins par les deux parties , à scavoir d’Engletei re et de Bourguoigne, eulz comprendant en faire raport chascun à celluy dont ilz estoient envoiez.
Le roy de France, quy de ces besongnes fut au long adverty par lettres et messages du duc de Bourguoigne souffissamment, fut de ce faire content. Et ainsi, aprez toutes ces choses conclûtes , prindrent les ambaxadeurs anglois congié du duc Phelippe, qui leur fist de moult beaux dons et presens1, et furent par luv personnelement très honnourablement festoyez 2.
1. « Encoires leur envoya à l’hostel vaissel d’argent en prix de cent marcs ou environ — Si advint que, ce propre soir, le duc meismes party de sa ville... ^ Dont les ambassadeurs le voellant remerchier de nouvel, nonobstant que le congié estoit pris, montèrent à cheval et le convoyèrent.... Et à tant partirent de ly et retournèrent à Valenchiennes , là où le duc arriéré leur avait faict appomtier leurs bains pour eulx et pour quiconques avoient de famille ; voir bains de tout ce qu’il fault au mestier de Vénus, à prendre par choix et par élection ce que on désiroit mieulx, et tout aux fraix du duc. » (Chasteixain, 182.)
2. Var.: cc Sy furent festoyez moult grandement du duc qui y estoit en personne. Or retournerons à parler du roy Edouart d’Engleterre et delà grant justice qu’il avoit fait faire des malfaitteurs quy l’avoient cuidyé avoir tray.» (Ms. Fonds Sorbonne, n° 432.)
Le chapitre xxvi, qui suit immédiatement dans le même manuscrit , commence ainsi :
« Apprez ceste justice acomplye comme par cy devant avés oy, et aussy de l’alyance que la royne Margueritte avoit pourcliassyé par devers la royne d’Escosche, où elle ne obtint pas sa volenté, laquelle, pour parfurnir sa volenté, et aussy cuidans recouvrer le royalme d’Engleterre, elle passa la mer et s’en alla en France, où elle Est tant, par son pourchas,
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1462]
1233. Comment le duc de Bourguoigne fut en dangier de
mort par malladie, dont ne'antmoins il respassa : puis parle de plusieurs choses qui lors advindrent. XXL
Cf. Monstr., tome III, fol. 92 r. Édition de 1572.
1234. Comment le roy de France donna au seigneur de
et aussy par l’ayde du roy Loys de France, comme chy aprez pourez oir, qu’elle ot l’ayde et faveur du dit roy Loys pour contendre à parfurnir son emprinse.
« Ce temps pendant, le duc de Sombresset, soy veant estre en ce parti, fu conseilliez, pour ce que plus il ne s’osoit tenir en Engleterre, de aller devers [le] roy Charles de France, lequel il cuidoit trouver, pour avoir ayde et secours, et s’en retourner avecq la royne Margritte; mais il failly ; car, à celle heure qu’il vint en France, il trouva que le roy Charles estoit trespassé. Pour quoy il fu prins des gens du roy Loys, lequel fist venir et amener ycelluy duc de Sombresset à Tours : auquel lieu le roy de Franche recliupt icelluy duc de Sombresset et fist grant chiere. Et, pour ce temps, estoit à Tours le conte de Charolois avecq le roy; lequel conte amoit très fort le duc de Sombresset, car ilz estoient parens prochains ; parquoy icelluy conte de Charolois estoit moult courouchiez des grans fortunes et desconfitures que son cousin de Sombresset avoit eues. Et, d’aultre part, en estoit moult joyeulx le duc Philippe de Bourgongne , son pere, car il amoit mieulx le nouveau roy Edouart; et, par ainsy, estoient different le pere et le filz, car le duc Philippe desiroit la victoire du nouveau roy, et son filz la victoire de la royne. Le roy Loys, pour l’amour du conte de Charolois, délivra le duc de Sombresset, et luy fist donner or et argent, luy baillant sauf conduit d’aller où bon luy samhleroit.
« Apprès ce, le Conte de Charolois et icelluy duc eubrent pluiseurs devises ensamble : sy remercya et prinst congiet du roy et du conte de Charolois le duc de Sombresset. Sy s’en party de Tours et se mist en mer, cuidant aller vers Escoche ; mais il n’eubt pas conseil de tirer celle part, par la doubte du roy Edouart quy le faisoit gaittier. Par quoy il prinst aultre chemin et se mist à terre ; et vint, luy et ceulx de sa compaignie, qui n’estoit pas grande, mais que en petit estât, vint en Flandres et s’en alla à Bruges, où il fu grant espace de temps, et luy laissoit estre le duc Philippe de Bourgongne, sans luy faire ne souffrir faire empeschement quelconcques, pour l’amour de son dit filz, le conte de Charolois. Et fu ce fait en l’an lxi, puis se party de là et s’en retourna vers Escosche. »
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Croy la conté de Guisnes ; comment le conte d’Estampes s eslonga de la maison de Bourguoigne , et d’autres choses quy en ce tempz advinrent. XXII.
1235. Comment le roy de 1H rance racheta les terres enguai-
giés au duc de Bourguoigne ; comment il vint devers le dit duc à Hesdin, et d’autres choses. XXIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 97 v.
1236. De la division qui fut entre le duc de Bourguoigne
et le conte son filz ; et des dolleances qu’il fist du seigneur de Croy aux députez des trois estas des pays du duc son pere. XXIIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 99 v.
1237. De la response que firent les députez au conte de
Charollois \ et comment le pere et le filz s’apaisèrent ensamble : puis dist comment le roy de France vint à Arras et à Tournay. XXV.
Cf. Monstr., tome III, fol. 100 v.
1238. Comment la royne Marguerite d’Engleterre passa en
France pour requerre secours au roy Loys, son cousin germain , lequel lui bailla certain nombre de gens d'armes et de trait i. XXVI.
Maintenant renterrons à parler des besongnes d’Engleterre, et dirons comment, aprez que la royne d’Engleterre eut pourchassié devers la royne d’Escoche longuement aulcun secours, où elle ne obtint pas sa voullenté, pour parfurnir son emprinse et cuidant recouvrer son royaulme d’Engleterre, elle passa en
1. Une partie de ce chapitre est emprunté à du Clercq (XIV, 212).
France et vint devers le roy Loys1, son cousin germain, pour mieulz valloir de sa seignourie , et tant exploita qu’elle ot ayde et faveur de lui , comme cy aprez pourrez oyr.
Doncques, ou mois d’aoust de l’an lxh, le roy Loys de France, voiant sa cousine, la royne Marguerite, estre venue devers luy en si povre estât, comme aiant perdu le prouffit de son royaulme, il en monstra estre bien desplaisant. Si l’en resconforta au mieulz qu’il peut; et mesmement, obtempérant à sa requeste, luy fist délivrer deux mille combatans2 de bonne estoffe , desquelz il fist capittaine messire Pierre de Brezy3,
1 . «. L’an 1462, le mardi 13e jour de juin après nones, vers le soir, la royne femme du roi d’Angleterre , fille de René roi de Sicile, arriva devers le roi notre seigneur en cette ville de Rouen, etc. » (Lenglet, II, page 12.)
2. Il y ajouta un secours d’argent, mais non sans intérêts. La ville de Calais devait lui être livrée si la somme prêtée n’était pas rendue. (Voy. aux Pièces justificatives, n° IV.)
3. Pierre de Brezé, seigneur de Varenne, comte de Maulevrier, grand sénéchal d’Anjou, de Poitou et de Normandie ; tué à la bataille de Montlheri. (Voir tome I, page 323.) « Le roy après avoir tenu en prison quatre mois messire Pierre de Brezé en son cliasteau de Loches, et que riens n’avoit trouvé sur ly que toutte honneur et vaillanche , quoy que sanchié s’en estoit par ung appétit vindicatif, disant qu’il lui feroit peur comme aultresfois la lui avoit faicte, maintenant , voyant la royne sa cousine estre en dangier et que soucours lui convenoit prester, soubs aulcune vaillant main, délibéra d’en donner la charge à cestui messire Pierre, mis jà hors de prison et reclieu en grâce. Et devant tous les chevaliers de France en faict de bardièce et de vaillant emprinse le réputa digne de cestui affaire, combien que aulcuns povoient ymaginer lors, pour le petit nombre de gens que lui bailla, et pour le dangier mortellement estroit et difficille en quel il l’envoya, il l’envoyoit ainsi que Peleus Jason en Colcos, pour en estre quitte. Jà-soit-ce que bien en prist à Jason conti'e le cuidier de son oncle, si fit-il ad ce chevallier autre tel, qui d’ungdestroict inopinable à rompre et à passer, pour la fraulde et la lachesté des Escos, se thira hors, le plus notable chevalier et le plus
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chevallier, seigneur de la Varenne, lequel, au tempz du feu roy, avoit eu le gouvernement d’une grant partye du royaulme de France. Et disoit on qu’il l’envoioit en ce voyage pour ce qu’il ne l’amoit pas, et aussi, par adventure, adfin qu’il y demourast. Toutesfois, il s’y porta si sagement que, à son commencement qu’il fut entrez en Engleterre, il y concquist plusieurs places, lesqueles il tint , espérant secours du duc de Sombresset, qui avoit promis grans gens de par lui, avec une grande et grosse armee d’Escoce, qui ensamble se dévoient joindre avec ladite royne et les François. Lequel duc ne leur tint pas promesse; car, pendant ce tempz, il fîst tant qu’il eut sa paix au roy Edouard1, lequel luy rendy sa ducié et ses terres: et,
honoré qui oncques mist pieds en terre estrange. Dont, posé ores que le roy n’eust ceste ymaginacion, comme je croy, si avoit-il deux causes grandes par lesquelles il devoit choisir che chevalier devant tous aultres en ceste commission ; dont l’une si estoit : que c’estoit celly de France devant tous qui mieulx congnoissoit les Anglois, et mieulx les scavoit manier. Et l’aultre si estoit, que c’estoit cely seul du royaulme qui plus avoit manié et conduict les affaires de la royne et de son mary, de tout loing temps, pour et en faveur du roy Regnier, son père, dont il estoit oncle ; et lequel avoit de léal ardent amour, comme son naturel seigneur le duc d’Anjou.... N’est touttesvoies d’oublier que le roy, encoire pour faire tant plus secours à la royne sa cousine, ou pour tant plus espargnier ses deniers, envoya en Liège pryer qu’on lui voulsist prester cinq cens combatans payés pour six sepmaines, pour aller servir la royne d’Angleterre.... Mais de sa demande ne sortit point d’effect.» (Chastellain, 201.) Le roy ce ordonna environ liuict cens combatans à messire Pierre pour mener aveucques ly en confort de la royne, qui
estoit peu de chose et pour faire petit faict Touttesvoies peu ou beau-
cop, bien payé ou mal payé, il convenoit que elle chevalier, pour non se monstrer lasebe à emprendre dangereuse œuvre, presist ceste charge.... Me conta à son rethour que le voyage lui avoit cousté cinquante mil escus. » (Id., 202.)