‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 103 sur 128 · Voy. ci-dessus, page · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, page

« Le premier jour de juillet (1-463),

CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1463]

par ainsy, failly auz François de son serment, etmesmes au roy Loys, auquel il l’avoit promis à son parlement de Thours. Et si n’eurent nulz secours des Escochois lesdis François , lesquelz, se ilz eussent ce sceu, ne feussent pas si longuement demourez es places par eulz concquises , comme Brambourg , Bervic en Galles, Amunchic , Durem, et plenté d’autres forteresses en la marche d’environ , ains s’i tenoient sur l’espoir du secours qu’ilz atendoient d’Escoce et de Sombreset.

Quant le roy Edouard sceut les nouvelles des entreprinses auz François et que la royne Marguerite marclioit en pays , il assambla ses princes et barons , si leur remonstra comment il estoit bien adverty que la vielle royne s’estoit alyee auz Escocois, avoit ayde des François et aulcunsAnglois tenansson party, et mesmes du duc de Sombreset : tant qu’il fut conseillié de y

furent presens à Reouille, pris à la Hougue, plusieurs Anglois qui estoient en guerre, en une petite carvelle dont estoit maistre William Wignere ; lesquels Anglois, requis des nouvelles d’Angleterre, dient que puis huit jours ilz sont partis d’Angleterre, et que les communes nouvelles estoient que le roy Henry et le conte de Mau levrier sont entrez en Angleterre, à grant puissance de gens qui se sont rendus avecques eulx, et ont prins deux villes et trois cliasteaux, et marché pais bien avant : et que le comte de Warvieh est parti de Londres d’avecques le roy Edouart, et vient audevant du roy Henry à grant compaignie d’Anglois. Dient, oultre que ledit roy Henry est à Londres, et avec lui le duc de Sommerset; et que le parlement d’Angleterre, qui se tenoit audit lieu de Londres est départi pour les nouvelles qui y sont données dudit roy Henry : et que le peuple d’Angleterre vivoit beaucoup plus aise soubz Henry que soubz Edouart, et à mendres charges; et que, à leurs advis, le peuple d’Angleterre se tourneroit legierement d’avecques ledit roy Henry, se n’est oit le serment qu’ilz ont fait à Edouart et la crainte qu’ilz ontdeluy et de Warvieh. » [Rïblioth. imp Mss. , fonds Gaignières , n° 373, fol. 94.)

[4463] SIXIÈME PARTIE, LIVRE IV, xxvi-xxvii.

résister à son povoir. Pourquoy il fist grans mandemens, et escripvy h tous ses princes que chascun, endroit soy, s’apareillast pour le servir etcompaignier à cebesoing, adfin de expulser du royaulme les anchiens annemisd’ycelluy, lesquelzlaroyne Marguerite y avoit amenez : c’est à scavoir François etEscocois, avec lesquelz elle avoit fait allvances et confédérations.

1239. Du grant mandement que fist le roy Edouard d’Engleterre, pour obvier à l’entreprinse de la royne Marguerite et de ses aydans. XXYII.

Quant les nobles du roiaulme entendirent que à vraye et juste cause le roy Edouard les requeroit venir vers luy pour la deffence et garde du pays d’Engleterre, il n’y eut celluy qui ne s’aprestast; lesquelz prestz et venus devers le roy, fut ordonné le conte de Warewic, à une puissance de gens d’armes et de trait, aller assegier et reconcquerre les places que les dis François avoient prinses. Et, de fait, les reconcquist toutes par composition , seullement la vye de ceulz quy dedens estoient saulves , le blancq baston ou poing, et tous les seigneurs prisonniers: mais, anchois qu ilz voulsissent tumber en ces traitiés , par rage de faim mengerent la pluspart de leurs chevaulz : et neantmoins eschapa saulvament le seigneur de la Varenne, lequel s’en alla en Escoce, espérant y trouver secours; mais il ny fist riens.

Durant les assiegemens d’entre les Anglois et François , y eut plusieurs escarmuclies et maintes belles apartises d’armes faites, quilonguesseroientà raconter: et telement, touteffois, y fut procédé , que les François reperdirent honteusement quancques ilz avoient

320 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1463]

concquesté, et plus ancores. Parquoy les Escochois, quy estoieut sur la frontière , desirans entrer en pays se ilz eussent veu leur advantage, sachans le gouvernement des François et comment ilz rendoient les places qu’ilz avoient peu paravant concquises , ilz s’en retournèrent en leur pays, sans faire à eulz quelque assistence.

Or, doncques, quant le roy Edouard d’Engleterre et ceulz de son conseil furent advertis du parlement des Escochois, lesquelz estoieut retrais en leur pays où ilz gardoient ung passage nomme l’Holibant \ il fut conclu que ledit conte de Warewic feroit passer une compaignie de ses gens oultre la riviere , comme il fist; auquel passage estoit mesmes logié sur l’eaue la royne Marguerite, laquele, tantost qu’elle [fut] advertye de la venue au conte de Warewic, et aussy comment messire Pierre de Bresy, seigneur de la Varenne et seneschal de Northmandie , avoit habandonné Hambourg , elle se retyra en Escoce. Et quant les Anglois eurent cheminé une espace, ilz trouvèrent une abbaye où il avoit moult de François, qui y furent comme tous tuez ou prins ; entre lesquelz fut Je seigneur de Gracile2 mené devers le roy d’Engleterre > lequel, aprez ce qu’il eut achevé ceste besongne, il prinst congiè des princes et barons de ceste Marche, en les remercyant de leur bonne dilligence, puis donna aussi congié à toutes maniérés de gens d’armes de retourner chascun en son lieu. Si s’en alla à Londres, où luy fut faite très

Page 1