Voy. ci-dessus, page 312, note
3. Allard de Rabodenghes, fait chevalier au siège d’Audenarde, en 1432 (Jacques de Lalain, ch. lxxxiv.), bailly de Saint-Omer, dès 1466. (Rymer, V, partie II, 142.) Etait porté sur l’état de la maison de Charles, duc de Bourgogne, comme chambellan, dès 1472. ( Dib. imp ., Mss., n° 84302, fol. 7, verso.)
4. Pierre de Miraumont, seigneur de la Boutellerie, fait chevalier au siège d’Audenarde. (Olivier de la Marche, ch. xxiv.) Il figure, en qualité d 'archer de corps du comte d’Etampes, lors de l’entrée de Louis XI dans Paris, en 1461. (Du Clercq, XIV, 148.) Marié, dès le 6 avril 1462, « à Jehannete de Troyes, veuve de maistre Jehan Abonnai, conseiller et maistre des comptes du duc de Bourgogne. » (Archives impériales, section judiciaire , amendes, III, fol. 10, verso.) Il assistait au siège de Nuss, en 1474, et conduisait cinquante lances des avant-coureurs pour lever P escarmouche aux Allemands. (Molinet, ch. xix.)
5. Var. : « La première que ledit duc de Bourgogne y envoia fut devant le mariage du roy , dont estait chief le seigneur de Lannoy et le seigneur de Rabodenghes, messire Pierre de Myraumont. Sy y eubreut au départir de moult beaux dons. » (Ms. n° 432, fonds Sorbonne.')
334 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1464]
les emmena avec luy en une place quy se nomme Cambrige.
Quant le roy fut adcertené de ceste chose à la vérité, il en fut moult courouchié, et non sans cause : si envoia gens hastivement aprez. Et dès lors contendoit le dit conte de Warewic à faire le mariage du duc de Clarence et de sa fille *, comme il fist : mais le roy sachant ses freres estre retournez de Cambrige, il les fist venir devers luy ; lesquelz venus, il leur demanda quy les mouvoit de eslongier la court , et mesmes sa personne, et qui leur avoit donné ce conseil. Et ilz respondirent au roy que nulz, fors eulz. Si leur demanda, de rechief, se nulz d’eulz n’avoit fyancié ne eu milles convenances à ses cousines, les filles du conte de Warewic, son cousin; ils dirent que non. Et lors le roy, qui estoit adverty de toute la vérité, les commença fort à hlasmer, en leur remonstrant que ce n’estoit pas leur estât d’eulz alyer sans son conseil. Et alors le duc de Clarence respondy au roy qu’il luy sambloit que quant il auroit ce fait, si ne seroit ce pas mal, puisqu’il se boutoit en bon lieu. De laquele responce le roy, scentant à quoy elle tendoit, se couroucha moult fort : si jura qu’il lespugniroit de leur oultrage. Pourquoy il les fist entrer en une chambre et commanda à quatre chevalliers qu’ils prensissent garde sur eulz ; de quoy ilz furent moult esbaliis quant en ce point se trouvèrent ; et le conte de Warewic, adverty de ces nouvelles, fut moult troublé, et voua Dieu que, une fois, de ceste chose et autres il se vengeroit.
1. Isabelle. Elle fut mariée à Calais, le mardi tl juillet 1469. (Dug- DALE, 1, 307.)
[1465] SIXIÈME PARTIE, LIVRE V, ii-vm.
1249. Comment le duc de Berry, seul frere du roy de France,
se absenta de la court, et s’en alla à refuge au duc de Bretaigne ; et comment le conte de Dampmartin eschapa de la prison du roy , et des lettres du duc de Berry envoiees au duc de Bourguoigne. III.
Cf. Monstrelet, tome III, fol. 109 v. (Édition de 1572.)
1250. Comment le roy de France envoia lettres au duc de
Bourbon, et le duc au roy; diunes autres lettres que le roy fist publier partout son roiaulme, puis d’autres lettres que le conte de Nevers fist publier es villes dont il est.oil lieutenant pour le roy. II1I.
Cf. Monstr., tome III, fol. 110 v.
1251. Comment le duc de Bouguoigne pardonpa à son filz, et de la grant assamblee de gens d’armes qu’il fist pour aller en l’ayde du duc de Berry, et d’autres choses. Y.
Cf. Monstr., tome III, fol. 1 11 v.
1252. Comment le conte de Charollois prinst congié du duc son pere pour tyrer en France atout son armee et grande artillerie : comment il passa la riviere de Somme et mist en son obéissance Nelle, Roye et Mondidier, et comment il assega Beaulieu, et passa la riviere d'Oise. YI.
Cf. Monstr., tome III, fol. 113 r.
1253. Comment le conte de Charollois passa la riviere
d’Oise, puis s’en alla à Saint Denis et mettre en bataille devant Paris : comment le conte de Saint Pol alla saisir le pont Saint Clou, et comment toute l’armee passa la riviere de Saine. VII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 113 r.
1254. Comment le roy se conclud de combattre le conte de Charollois, et comment ilz convindrent à battaille au dessoubz du Mont le Hery, et de la maniéré de ce rencontre ou battaille, qui fut moult advantureuse. VIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 115 r.
1255. Comment le conte de Charollois se maintint aprez la victoire qu’il eut eue du roy de France au MontleHery, et de plusieurs choses qui en advinrent en divers lieux. IX.
Cf. Monstr., tome 111, fol. 116 v.
1256. Comment les ducz de Berry et de Bretaigne se trou¬
vèrent à Estampes avec le conte de Charollois, où, tost aprez, vindrent les ducz de Bourbon, Callabre et Nemours, le conte d’Armignac et leurs alyez, et le roy s’en alla à Rouen. X.
Cf. Monstr., tome III, fol. 117 v.
1257. Cy parle de diverses nouvelles portées en lieux divers
de la journée du Mont le Hery , puis d’une guise ores d’une autre. XI.
Cf. Monstr., tome III, fol. 118 r.
1258. Comment, entre ces choses, le roy de France et les
Lyegois firent alyances ensamble pour guerroier le duc de Bourguoigne, avec d aulcunes autres choses 5 et comment yceulz Lyegois assegerent Luxembourg. XII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 119 r.
1259. Comment ceulz de Dignant injurièrent le conte de
Charollois estant à Conflans : comment le roy se trouva au dit lieu de Conflans avec le dit conte; et comment le duc de Bourbon prinst la ville de Rouen. XIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 120 r.
1260. Du trespas de la contesse de Charollois : comment le
conte de Nevers fut prins dedens le chastel de Per onne ; puis dist comment les Liegois furent desconfis à Montegnac, et comment le traitié fut fait, à Conflans, du roy et des princes de France. XIIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 121 r.
1261 . S ensieult 1 extrait des lettres royaux touchans ce que
[1466] SIXIÈME PARTIE, LIVRE V, ix-xx.
le roy céda et transporta au conte de Charollois par le
traitié de Conflans
Cf. Monstr., tome III, fol. 122 y.
1262. Comment le roy voult veoir l’armee du conte de
Charollois eu ordonnance : comment le conte prinst congié du roy et s’en alla guerroier les Lyegois; et comment le duc de Berry fist hommage au roy de la duchié de Northmandie. XVI.
Cf. Monstr., tome III, fol. 123 y.
1263. Comment le duc de Berry fist son entree à Rouen,
et comment, tost aprez, le roy entra en Northmandie et reprinst la ducié en sa main : puis dist comment il fist noyer et morir aulcuns seigneurs du pays qui avoient favorisié son frere. XVII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 124 r.
1264. Comment le conte de Charollois entra ou pays de
Lyege : comment les Liegois obtindrent treves pour ung tempz ; et comment, tost aprez, la paix y fut trouvée, quy gueres ne dura. XVIII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 124 v.
1265. Comment aprez le traitié fait, ceulz de Saintron cuiderent avoir occis les gens du conte de Charollois, mais enfin se trouvèrent les plus foibles : comment le conte retourna à Bruxelles devers le duc son pere : comment le roy de France mist sus une très grosse armee; et comment le conte de Charollois se tint garny et sur sa
garde.
Cf. Monstr., tome III, fol. 123 v.
1 266. Comment ceulz de Dignant en Lyege rompirent la paix, et recommencèrent la guerre contre le duc de Bourguoigne; et comment, tost aprez, leur ville fut assegié et
abatue d’engins.
Cf. Monstr., tome III, fol. 126 v.
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1467]
1 267. Comment la ville de Dignant fut conquise par force ; et comment le Duc en ordonna, pour exemple à toutes villes de pareille condition. XXI.
Cf. Monstr., tome III, fol. 127 v.
1268. Comment aprez la destruction de Dignant le duc se disposa d’entrer ou pays deLyege; des villes qui se rendirent à luy, puis dist comment la paix y fut trouvée pour celle fois. XXII.
Cf. Monstr., tome III, fol. 129 r.
1269. Cy parle du trespas au noble duc Phelippe guoigne et de son obseque.
de Bour-
Cf. Monstr., tome III, fol. 131 r.
1270. S’ensieult l’escript quy fut fait pour Epitaffe du noble duc Phelippe de Bourguoigne 1 . XXIIII.
1. Jehan fut né de Phelippe, qui du roy Jehan fu filz; Et de Jehan je, Phelippe, que mort tient en ses filz. Mon pere me laissa Bourguoigne, Flandre, Artois :
De ce joyr devoie par toutes bonnes loix.
J’ay creut ma seignourie de Brabant, de Lembourg, Namur, Henault, Zeelande, Hollande et Luxembourg. Contrarié m’y ont Allemans et Lyegois ;
Déboutez les en ay par armes et par drois.
D’un mesmes tenripz Anglois, François me deffyerent, Et l’empereur aussi : riens du miens n’y guaignerent ; Mais par Charles VIIe j’euz guerre en grant desroy.
Il me requist de paix, dont il demoura roy.
Sept battailles soustins, desqueles je eus victore. Oncques une n’en perdy, à Dieu en soit la glore. Contre moy se sont mis et Flamens et Lyegois,
Mais je les ay remis et -vaincus plusieurs fois.
Par Barrois et Loherains Regnier guerre me mut :
De Cecille estoit roy, mais mon prisonnier fut.
Loys, le fils de Charles, fugitif et marry,
Fut par moy couronné, quant chincq ans l’eus nourry.
[1467] SIXIÈME PARTIE, LIVRE V, xxi-xxv.
1271. Cy parle des grans murmures que le coûte de Warewic, le duc de Clarence et leurs adherens faisoient alencontre du roy, leur souverain seigneur. XXV.
En ce tempz, leroy d Engleterre faisoit bonne cliiere en son pays ; mais, non pourtant, se brassoient plusieurs soubtilletez , murmurations et trahisons contre lui, en diverses maniérés , par le conte de Warewic , qui estoit le plus soubtil homme de son vivant ; dont la cause principalle estoit pour ce cju’il veoit que, par le conseil du seigneur de la Riviere, le roy envoioit plusieurs nobles hommes de son royaulme comme en exil , telz que le duc d’Excestre , qui fut envoie en Irlande; lequel, voiant qu’il le convenoit partir, se tourna devers le conte de Warewic, afin de trouver moyen comment il se porroit vengier de ceulz qui lui
Edouard, duc d’Yorc, dechas vint en ma terre :
Par mon nom et scavoir, il fut roy d’Engleterre.
Pour deffendre l’eglise, de Dieu la mansion,
J’ai mis sus la noble Ordre qu’on dist de la Thoison; Et pour la foy crestienne maintenir en vigueur,
Je envoiay mes gallees jusques en la mer Maieur.
En mes vieulz jours, avoie conclu et entreprins D’y aller en personne, se mors ne m’eust souprins.
Le Concil par hayne PappeEugene priva :
Tele faveur luy lis, que Pappe il demoura.
En l’an LXVII avec XIIII cens Payai droit de nature, à LX et XI ens.
Avec mon pere et ave je suis ycy rendus,
.Ainsi que en mon vivant m’y estoie conclus.
Le bon Jbesus fut guide de tous mes fais et dis :
Pryés lui, qui lisiés, qu’il me doinst Paradis*.
Amen.
* Ces vers sont de Molinet.
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1467]
advanclioient ceste ambaxade , lequel conte de Warewic fut moult joieux de sa venue, et pensa bien qu’il ne venoit pas pour le bien de ceulz qui se tenoient entour le roy. Alors le conte embracha le duc , si le festoia grandement, et se devisèrent de l’estât du roy, et comment ilz se porroient vengier de ceulz qui le gouvernoient. Si respondy le conte de Warewic que son ymagination estoit, pour à ce plus sceurement remedier , de faire alyance au roy de France, pour deffaire le roi d’Engleterre et le duc de Bourguoigne, et que par autre maniéré n’en pourroient bonnement venir à chief. Et, par ainsi, les dis contes de Warewic et duc d’Excestre se conclurrent de ainsi conduire. Si dist le conte qu’il trouveroit bien maniéré devers le roy Edouard d’avoir ambaxade pour aller en France par devers le roy Loys, faindant en estre requis des marcbans pour faire treves, adfin que marchandise peust avoir cours par mer et par terre.
Le tempz durant que ces trahisons se pourparloient, le roy, qui estoit jeune et ne pensoit gueres à ce qui se machinoit contre luy , fist bonne chiere au conte de Warewick quant il vint devers luy. Si fist assambler les consaulz du pays : et, là, remonstra le conte au roy, par belles doulces parolles , comment le commun* se plaignoit de ce que les François faisoient de grans dommages auz marchans; siserroitbon défaire unes treves entre les deux royaulmes , adfin que marchandise peust avoir son cours, ou autrement la chose p’ublicque, grandement admoindrye par les guerres d’entre les deux royaulmes, se remetteroit à grant paine
sus.
[4467] SIXIÈME PARTIE, LIVRE V, xxv-xxvi. 341
1272. Comment le conte de Warewic trouva maniéré d’avoir charge d’aller en France, adfin d’achever son emprinse de la destruction du roy, son seigneur souverain, du duc de Bourgoigne et de leurs pays. XXYI.
Quant le roy Edouard , qui ne pensoit à quelque caulele , eut oy le conte parler , il luv disl : « Beau cousin, nous avons bien entendu la remonstrance que nous avez fait pour le bien de nostre royaulme ; si aurons advis d’y pourveoir. » Laquele chose conclute, le jour venu et le conseil assamblé , l’evesque d’Yorc , qui scavoit toute la trahison, dist tout hault que treves serroietit bonnes , prinses entre les deux royaulmes , touchant le cours de la marchandise. Si fut conclud que, pour ycelle impetrer, y serroit le conte de Warewic envoie , qui voullentiers emprinst le vovage pour le grant désir qu’il avoit de parler au roy Loys de France. Si prinst congié du roy Edouard et des princes de la court, et s’en alla à Warewic pour aprester ses besongnes.
Durant le tempz que ces machinations et trahisons se pourparloient , de quoy on n’eust jamais mescreu si hault prince que le conte de Warewic , le duc de Bourguoigne envoia son ambaxade à Londres devers le roy Edouard1, pour aulcunes besongnes touchans
1. Le 13 octobre 1 -4 G 6 , Edouard IV accordait un sauf-conduit : 1° à Louis de Bruges, seigneur de La Grutliuyse, lieutenant général de Hollande, Zélande et Frise; 2° à Josse de Halwin, seigneur de Piennes, grand bailli de Flandres ; 3° à maître André Colyn, président de la chambre du conseil de Flandres; 4° à Pierre de Miraumont, seigneur de la Boutillerie ; Su à Alart, seigneur de Babodenges, bailly de Saint-Omer ; 6° à maître Louis de Chesne, conseiller; 7° à maître Georges de Bul, conseiller. (Rymer, V, partie II, 142.) Josse de Halewin mourut le 23 septembre 1472. (Anselme, III, 911.)
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1467]
la marchandise d’entre Flandres et Engleterre , en laquele estoient messire Josse de Hallewin , pour lors souverain de Flandres, le seigneur de Rabodenglies , messire Pierre de Miraumont et maistre Andrieu Collin1 2, president de Flandres , maistre Loys Dintenou.eset maistre George Bar, secrétaire du dit duc, lesquelz y furent demy an entier.
En celle annee, que l’en comptoit mil imcz lxvii, le conte de Warewic , ou mois de juing , passa la mer pour faire son dit voyage de France3 4 . Et , d’autre part , passa la mer messire Anthoine , bastard de Bourguoigne \ si entra, par la Tbamise, en la cité de Londres, où il fut honnourablement recheu et festoie. Si avoit grant foison noblesse en sa compaignie ; car il avoit jour prins entre lui et le seigneur de Scalles , filz au seigneur de Riviere, de faire armes5, lesqueles
1. «Maistre Andrieu Collin, conseiller de M. d. S. et maistre des requestres de son hostel, et président de son conseil en Flandres, » fut envoyé en ambassade en Angleterre, cc devers le roy Edouard, pour le fait de l’entrecours de la marchandise. » Son voyage dura du 15 décembre 1466 au 23 juillet 1467. Les autres ambassadeurs étoient messire Josse de Halewin, chevalier, seigneur de Piennes et de Ungghenout, chambellan du duc et souverain baillv de Flandres; messire Alart de Rabodenghes; messire Pierre de Miramont, chevalier; maistre Loys du Cliesnes, et George Baert, secrétaire de Philippe le Bon. (Arch. gén. nu nord, Compte de la recepte gén. du duc de Bourgogne , fol. IXxxXVI, verso. Note communiquée par M. le baron de Mélicoq.)