Mort le 15 juin
2. C’est très-probablement lui, seigneur du Forestel, qui figure, sous le nom estropié de Forestres, parmi les seigneurs qui présidèrent au conseil du bâtard de Bourgogne, lorsqu’il s’agit de régler les conditions du combat. C’étaient : a Sir Symon’ de la Layn’ [Lalain); mons G. Launde (i Claude ) de Tholongeon’ ; mons’ Pelre de Wassue [Vasque); mons’ Philip’ de Coliane ( Coham) ; mons’ Pliilipp’, bastard de Braban ; mons Moferont ( Motif errant); mons’ ■Fore.sfres/Thomyson Dore (Tboyson-d’Or). » ( hxcerpta kistorica, p. 202.)
3. Var. : a Je me passer ay en brief, pour ce que je estoie avecq les aultres ; mais me souffist de plus en dire , et m en rapporte à ceulx quy y furent comme moy de plus amplement en parler. Mais durant le temps de ung mois entier que fumes séjournons a Londres , Anthoine , le bastart de Bourgongne , et ceulx quy avecq luy estoient furent moult honnourablement festoiez , et ancoires eussent plus esté , se ne fust que , nous estons la, nouvelles vindrent au roy Edouart, à messire Anthoine, le bastart, et a nous tous, que ce très noble et très puissant prinche le duc Philippe de Bourgongne termina vie par mort, en sa bonne ville de Bruges ; quy fu ung grant doleur et tristesse a tous ses barons et chevaliers , en especial , à son très noble flz Charles, comte de Chai olois , quy en eubt grant doleur et tristesse au ceur ; mais il convient tout passe/ , sy m en tairay , pour le présent, de plus avant en parler . Lors droit au jour quy fu le jour sainct Jehan Baptiste. » (Ms. n° 432, fonds Sorbonne .)
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avoit osté, à l’evesque d’Yorc, son frere, le seel1 du roy, dont il uzoit comme chancellier d’Engleterre, de quoy il fut assez troublé ; mais il n’en monstra nul samblant, comme soubtil et ymaginatif qu’il estoit sur tous hommes. Lequel conte avoit amené avec lui, de France, une ambaxade de par le roy Loys2, en laquele estoient le bastard de Bourbon , l’evesque de Baveux et maistre Jehan de Poupencourt ; lesquelz , descendus à Sandvich, furent reclieus de ceulz de la ville moult honnourahlement3, et partout où ilz passèrent, jusques à Londres où estoit le roy, qui de leur venue fut adverty par le conte de Warewic, au devant desquelz n’alla personne de la court du roy, par son fait, excepté le duc de Clarence, de son mouvement , ' qui estoit complice du monopole.
Quant ces ambaxadeurs furent arrivez à Londres et tous logies, le conte s’en alla à Westmonstre devers le roy, pour luy raconter son exploit et scavoir quant il lui plairoit que l’ambaxade de France venist devers
1. Il lui fut ôté le 8 juin 1467. (Rymer, V, partie II, 144.)
2. Le sauf-conduit accordé par Édouard : 1° « à l’archevêque de Narbonne. 2 au batard de Bourbon; 3° à William Manypeny, seigneur de Concressaut; et 4° à maistre Guillaume le Rous, secrétaire du roi de France, » porte la date du 25 juin 1467. (Id., ib.) Voir aux Pièces justificatives, n“ vu, le compte que William Meny Peny rend à Louis XI de son ambassade.
3. Var. : « Moult honnourahlement. Et, de là. le conte de JVarwich les mena à Cantorbie, où ilz furent fort fesloiez de ceulx de la ville. Puis , après tous festoyemens fais, se partirent et tirèrent le chemin de Londres; mais, avant leur partement, le conte de JVarwich fist scavoir au roy que P ambassade du roy de Franche venait vers luy, et là où il vouloit qu'il z fussent logiès. Et le roy ordonna que on les logast là où A nthoine, le bastart de Bourgongne, avoit esté logies ; et ny envoya le roi nulle gens au devant, excepté, etc. n (Ms. n° 432 , fonds Sorbonne .)
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lui : et le roy luy clist que à lendemain il estoit content. Et lors le conte recorda au roy, son seigneur, la très grant cliiere que fait luy avoit le roy Loys1 et tous les princes de sa court , et comment on lui avoit envoie les clefz des villes et cliasteaux où il devoit passer au devant de lui, et le grant amour que ledit roy Loys luy portoit. Puis, quant il eut devisé une espace au roy, il prinst congié , si s’en retourna en son liostel ; car il parcheut bien à samblant du roy qu’il ne tenoit pas grant conte de ce qu’il luy disoit, dont il luy despleut moult. Si passa ceste nuit en pensant à plusieurs choses; puis, quant ce vint lendemain bien matin, il manda son conseil , ausquelz il compta comment le roy lui avoit fait petite feste, à sa venue, ne gueres ne tenoit conte de la feste qu’on lui avoit fait en Norllimandie, et, jà en eust il très grant desplaisir, si lui convint il passer; car autre chose n’en povoît avoir quant à ores; si l’en convint passer. Or advint, tost aprez le
1. Louis XI alla au-devant de ce seigneur le 7 juin (voy. p. 312), à cinq lieues de Rouen, et étant « ainsi arrivé pour le recevoir, y fut moult fort festoyé et tous ceux de saditte compagnie, et puis après disner rentra ledit Warwich esdits bateaux, et s’en ala. par la rivière de Seine, et le roy s’en ala par terre, luy et sa compagnie, jusques audit Rouen* Et alerent alencontre ceux de laditte ville, par la porte du quay Saint- Ëloy, où le roy luy fîst faire moult grant recueil et honnorable; car de toutes les paroisses et églises de laditte ville furent portées au-devant de luy les croix, bannières et eauë beniste, et tous les prestres revestus en chappes. Et ainsi fut conduit jusques à la grande église Nostre-Dame de Rouen, où il fîst son offrande, et après, s’en ala en son logis qu’on luy avoit ordonné aux Jacobins dudit lieu. Et apiès vinrent en laditte ville la reyne et ses filles. Et demeura illec le roy avec ledit Warwich par l’espace de douze jours. Et après ledit de Warwich s’en départit, et retourna en Angleterre et renvoya le rov avec luy Mgr l’admirai, l’évesque de Laon, maistre Jehan de Poupaincourt, son conseiller, maistre Olivier le Roux, et autres, » ( Chron . scand.; Lenglet, II, 61, 62.)
CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1467]
partement dudit conte de devers le roy, que ledit roy appela le seigneur de Riviere et lui dist que , sitost qu’il auroit parlé auz ambaxadeurs de France, il s’en vouloit aller à Windesore , et que l’en ordonnerait gens pour communiquier avec eulz.
1273. Comment l’ambassade de France vint devant le roy d'Engleterre, et l’amena le comte de W arewic. XXVII.
Quant ce vint lendemain, que le conte de Warewic sceut les ambaxadeurs du roy Loys estre pretz pour aller devers le roy Edouard, il le noncha au conseil d’Engleterre, et puis s’en alla devers les François eulz dire que le roy et le conseil les atendoient. Si avoit fait aprester deux barges moult richement sur la Thamise, esqueles ils entrèrent, et s’en allèrent à Wesmonstre. Puis, quant le roy sceut leur venue, il fist descendre de la chambre son frere de Clarence , adcompaignié du seigneur de Hastingues ‘, chambellan du roy, du seigneur de Scalles et de son frere, le seigneur d’Oudeville 1 2, qui leur vindrent au devant jusques sur le plancbier où ilz descendirent. Quant le conte de Warewic vey le duc de Clarence, il luy fist très grant cliiere, car il desiroit de parler à luy ; lequel duc recheut les ambaxadeurs moult honnourablement, comme bien le scavoit faire. Si les mena devant le roy, auquel ilz firent la reverence, et furent moult esbaliis de veoir sa personne ; car il se monstra
1. William Hastings, marié à Catherine, fille fie Richard Nevill, dernier comte de Salisbury. Décapité le 13 juin 1483. (Dugdale, I, 580- 585.)
2. John Wideville. Décapité en 1469, avec son père. (Dugdale, III, 231.)
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prince de hault affaire, et si estoit moult noblement adcompaigniés, et il les recheut et bienviengna tous; puis s’advanclia ung nommé maistre Jehan Poupancourt, lequel commença k parler et dire les causes pourquoy le roy de France les avoit illec envoiez.
Quant le roy les eut bien entendu, il se retraist et appela son conseil , ad hn d’avoir advis pour leur faire responce touchant ce qu’ilz avoient proposé. Et, tantost aprez, il leur fist dire que ilz feussent les très bien venus, et qu’il ordonneroit gens pour communiquer avec eulz touchant leur matière; car il [n’y] povoit estre, pour aulcuns affaires à lui sourvenus. Aprez laquele responce, le seigneur de Riviere fist aporter vin et espices. Puis, aprez congié prins du roy, s’en retournèrent à Londres ; mais , eulz retournans en leurs barges, eurent maintes devises : mesmement le conte de Warewic, qui estoit moult courouchié, ne se polt dissimuller qu’il ne deist à l’admirai de France : « TN avez vous pas veu les trahittres qui sont entour du roy? » A quoy l’admirai* respondy : « Monseigneur, ne vous en [chaillie, vous en] serez bien vFngiés. » Et le conte dist : « Sachiés que ce sont ceuîz par quy mon frere a esté déposé de l'office de chancellier, et que le roy lui a osté son seel. »
1274. Comment le roy Edouard, adfin de non plus oyr les ambaxadeurs francois , fist préparer les estas de luy et de la royne, et s’en allèrent à Windesores. XXVIII.
Aprez que celle ambaxade se fut partye de devers le roy, toutes les bagues troussées, le roy et la royne se partyrent par eaue atout leurs estas, qu’il ne demoura fors ceulz que le roy avoit ordonnés pour be-
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songnier avec les François, Si s’en allèrent à Windesores, où ilz se tindrent bien vi sepmaines, principalement pour ce que le roy ne voulloit plus communiquier avec les dis François, dont le conte de Warewic fut moult troublé : et aussi les ambaxadeurs s’apercheurent bien que le roy ne tenoit pas grant conte d’eulz, et ne leur faisoit on pas comme on avoit fait auz Anglois en Northmandie. Non obstant ce , le conte de Warewic y garda fort son honneur, car il les festoia grandement.
Durant le tempz que le roy estoit à Windesores et les François à Londres, y vint le duc de Clarence, où ilz se devisèrent, lui et le conte de Warewic, touchant le fait de la dite ambaxade, et comment ilz murmuroient fort de ce que le roy leur avoit fait si petite recoeillote.
Adont respondy le duc de Clarence que ce n’estoit pas sa faulte, et le conte dist que ce scavoit il bien. Puis parlèrent du gouvernement quy estoit entour du roy, disans qu’il n’avoit point d estat royal à la court, et que le seigneur de la Riviere et ses enfans conduissoient tout. Et quant ilz furent entrez en ceste matière , le duc demanda au conte par quel moyen ilz y porroient remedier. Et lors respondy le conte de Warewic que, s’il le voulloit croire, il le feroit roy d’Engleterre ou gouverneur de tout le roiaulme, et ne faisoit nulle doute que la pluspart de tout le pays ne se tournast avec Juy.
Quant le duc de Clarence oy le dit conte ainsi parler, quy luy promeltoit tel bien, il, qui estoit jenne, et oyant, avec tout ce, que le conte luy presentoit son aisnee fille en mariage, il s acorda, par ces pro-
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messes que le conte lui faisoit, de la prendre à femme et espeuse.
1275. Des ambaxadeurs de France quy s’en retournèrent, et de ce que le duc de Glarence et le conte de Warewic conclurrent ensamble de faire. XXIX.
Aprez que le conte de Warewic eut acordé avec le duc de Clarence la chose que plus en ce monde desiroit, ilz prindrent congié l’un de l’autre. Si s’en alla le conte devers les ambaxadeurs francois, ausquelz il dist que lui et le duc de Clarence estoient d’acord ensamble; dont ilz furent moult joieux, pour ce qu’il leur sambloit que le roy Edouard ne se voulloit acorder à ce qu’ilz demandoient : et ce, principalement, pour ce que la chose toucboit de trop prez au duc de Bourguoigne et à ses pays. Si n’y eut riens conclu pour ceste fois ; et si furent illec vi sepmaines. Pourquoy, quant ils veyrent que leur atente ne pourfitoit riens, ilz prindrent congié du roy1, qui esîoit retournez de Windesores; si s’en retournèrent en Northmandie, et les convoia le conte de Warewic. Si est à penser qu’ilz devisèrent de plusieurs choses, en especial comment ilz pourroient bouter le roy Edouard hors de son royaulme, et le duc de Bourguoigne de ses pays.
1. « Retournèrent du royaume d’Angleterre Monsieur l’admirai et autres, dessus nommez, qui ainsi s’en estoient alez avec ledit de Warwich audit pays d’Angleterre; lesquels y demeurèrent longuement et n’y firent rien. Et par eux ledit roy d’Angleterre envoya au roy des trompes de chasse et bouteilles de cuyr, à l’encontre des belles pièces d’or, couppe d’or, vaisselle, pierreries et autres belles besognes que le roy et autres seigneurs avoient donnez audit de Warwich à son partement de Rouen. » (i Chron . scand.; Lexglet, II, 63.)
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Quant le conte de Warewic eut convoie ces ambaxa-
deurs francois jusques à la mer et congié prins , il
s’en retourna à Londres , sans aller devers le roy, où
il manda son frere, l’archevesque d’Yorc, auquel il
conta comment ilz avoient besongnié, lui, le duc de
Clarence et les ambaxadeurs; disant qu’il se tyrast
vers le north , et feist scavoir à Robin Risedale 1 qu’il
signifiast à ceulz du pays du north qu’ilz se meissent
sus, ad fin de estre prestz quant il les manderoit. La-
quele chose ilz firent moult dilligamment ; et si manda
aussi le dit conte à tous les nobles de son alvance
qu’ilz feussent prestz : et, quant il eut fait aprester tous ses gens, il manda au duc de Clarence qu il venist à Londres, car il voulloit retourner à Caliaix ; lequel duc, aiant ces nouvelles, tyra vers Londres, commandant à ses gens venir aprez lui. Et sitost qu’ilz furent ensamble , ilz s en allèrent à Sandvicli, où le conte avoit fait aprester navire pour passer la mer secrètement, de paour d’estre du roy destourbé ; puis singlerent à Caliaix 2.
1276. Comment le roy Edouard se party de Londres pour remettre le pays du North en paix, qui eslevez s’estoit par l’enhort du duc de Clarence et du conte de Warewic. xxx.
Quant le roy Edouard fut adcertené que son frere de Clarence s’estoit party de la court, et que ceulz du North , avec beaucoup de seigneurs du pays , s’esle-
1. Robert Hillyard, surnommé Robin de Riddesdale, capitaine de la ■ville d’York. Exécuté en 1469. (Carte, II, 776.)
2. Le 1 1 juillet 1469, le duc de Clarence épousait dans cette ville, Isabelle de Warwich. (Dugdaee, 1, 307.)
[1 467] SIXIÈME PARTIE, LIVRE V , xxx. 351
voient, il en fut bien esbahy. Si assambla ses barons qui lors estoient avec lui, ausquelz il demanda comment , selon leur advis, il se conduirait en ceste matière ; lesquelz lui respondirent qu’il estoit besoing que en sa personne se tyrast vers le north pour le peuple appaisier : lequel conseil et advis sambla bon au roy. Si conclud de le ainsi faire, et fist ses aprestes. Puis se mist sur les cbampz pour tyrer celle part, très bien adcompaignié. Si clievaulcha vers le north, et s’en alla logier en une place, Northinghuem appelée ; et là manda aulcuns seigneurs du pays devers luy, pour encquerre quy mouvoit le peuple de ce pays à soy eslever, et à qui ilz en avoient.
Alors les dis seigneurs venus devers le roy, aprez qu’ilz lui eurent fait la reverence et qu’on leur eut fait celle demande, respondirent que riens n’en scavoient, sinon qu’ilz avoient oy dire que le conte de Warewic estoit mal content deceulz quy estoient entour du roy. Et, adont, le seigneur de Riviere, quy estoit présent, dist au ray que besoing estoit que il mandastle conte de Pennebrocq1 et les autres seigneurs du pays, et qu’ilz serraient puissans assez pour résister à ceulz du north. Ainsi qu’il le dist , il lut fait . Si fist le roy escripre lettres2 par lesqueles il mandoit à tous ses amis que cliascun se feist prest pour venir devers luy à toute puissance , pour ce qu’il avoit entendu que le conte de Warewic faisoit grant armee, et si ne scavoit contre quy, bonnement.