SIXIÈME PARTIE , LIVRE V, XXXI-XXXII
nuyer, à bonne compagnie de gens d’armes que le duc de Bourguoigne y avoit envoiez. Et si y estoit le marquis de Rotelin atout plusieurs Allemans , aussi de par le dit duc, lequel, de ceste chose adverty, fist son mandement parmy ses pays pour remedier à l’entreprinse d’iceulz Lyegois. Si envoia le seigneur de Ravestain 2 et autres, tousjours devant, atout une bonne compaignie de gens de guerre, pour secourir ceulz de layans; mais, avant que ceulz cy feussent venus ou pays , les habittans de Huy misrent les Lyegois dedens leur ville : pourquoy ceulz quy estoient dedens le chastel, considerans qu’ilz n’avoient pas gramment de vivres, babandonnerent la place et se sauvèrent au mieulz qu’ilz peurent, jà feusl elle la plus forte de tout le pays pour tenir, à peu de gens, contre tout le monde, ycelle bien pourveue de gens et d’artillerie.
A l’entree du mois d’octobre du dit an, que l’armee du duc fut toute preste pour aller contre les Liegois, toutes maniérés de gens tyrerent vers Louvain en Brabant, sinon les seigneurs de Saveuses , de Moreuil3, et aulcuns autres, quy se tindrent, atout certain
Blangi, etc., créé chevalier de l’ordre de la Toison-d’Or en 1478, Mort le 25 juin 1490. ( Bibl . imp., Cabinet des titres.)
1 . Philippe, marquis de Hocliberg, seigneur de Rothelin, maréchal de Bourgogne. Mort en 1503. (Anselme, VIII, 452.)
2. Adolphe de Clèves, seigneur de Ravenstein. Mort le 18 septembre 1493 (Anselme, I, 245, 594), ou, selon Molinet (IV, 299), en 1492.
3. Valeran de Soissons, seigneur de Moreuil, bailly d’Amiens, et chambellan du duc de Bourgogne, marié à Marguerite de Roye, fille de Guy, seigneur de Roye. Mort en 1 464. (Anselme, VI, 719.) Il était aussi Maistre souverain de C artillerie du duc de Bourgogne; ce prince lui donna cette charge en 1462, à la mort de François de Surienne, dit l’Aragonais : « Et fut mis en son office, depuis, messire Walleran de Soison, seigneur
nombre de gens de guerre, au long de la riviere de Somme, pour la sceureté des pays dudit duc de Bourguoigne.
Entre ces choses , le roy de France envoia son connestable ', le conte de Saint Pol ’, par lequel il luy fîst remonstrer trois choses principallement. La première fut. que le duc voulsist rendre au roy la riviere de Somme, avec les villes et dependences d’ycelles, pourveu qu’il les avoit rachetées du duc Phelippe, son pere defunct; alléguant que ce qu’il les avoit rendues au duc Charles, fut par force et contre son gré.
La seconde fut que le roy faisoit scavoir au duc que ceulz de la cité de Lyege et de tout le pays estaient en sa saulvegarde ; si leur avoit promis de les
de Moreul , noble et vaillant chevalier entre tous ceulx de son temps aussi, et bien digne de mémoire, et lequel, ès guerres du duc contre le roy Charles, jadis avoit esté ung des plus renommés du pays de dechà aveucque le seigneur de Roye, son beau-frère. »(Chasteleain, 203.) Il était encore en jouissance de cette charge au siège de Dinan (1466). (Du Clercq, XV, 112.) Il est encore fait mention de lui dans le Compte rendu par Guilbert de Ruple, conseiller et argentier du duc de Bourgogne, du 1er janvier au 31 décembre 1468. (Barante, édit, de M. Gacliard, II, 704-706. )Le père Anselme, en plaçant la mort de Waleran à l’année 1464, a donc évidemment ‘fait une erreur. On verra plus bas, chap. mcccxii , qu’il vivait encore en 1471. Peut-être bien aussi est-ce lui qu’on désigne dans la note suivante : « Ordonnance du duc de Bourgogne, en l’abbaye de Saint Maximin lez Trêves, le 12 octobre'1473. Le sire de Moreuil,qui étaitpourvu de la capitainerie de Saint-Quentin, avant que cette ville eût été soustraite à l’autorité du Duc, étant si grièvement malade, qu’on n’espére plus sa guérison, le Duc donne l’expectative de cet office à Guy de Brimeu. » (Barante, édit, de M. Gachard, II, 728). Il est à remarquer que c’est cette même année 1473, que le roi Louis XI rendit à Jean, seigneur de Soissons, les biens confisqués sur son père(voy. chap. mcccxii).