SIXIÈME PARTIE, LIVRE V, XXXV
cuns autres : mais point n’y furent le conte du Maine, oncle du roy, le connestable, le duc de Bourbon, le duc de Bretaigne, le duc de Callabre, le duc de Nemours, ne le duc de Bourguoigne.
En celle assambîee remonstra le roy comment il il avoit à son frere donné la duchié de Northmandie, laquele chose faire 11e povoit, et, pour tant, le voulloit r avoir ; leur demandant conseil et advis sur ce. Tous se conseillèrent ensemble, et, à chicf de vin jours, firent responce au roy que voirement ne povoit il donner la duchié de Northmandie et qu’il la gardast pour lui, promettans luy aidier à reprendre, et, en ce faire, exposer leur corpz et chevauches : disans, oultre, si monseigneur Charles, son frere, avoit xnm francz par belle seignourie et empennage, chascun an, quelque part ou royaulme, avec xlviii111 francz1 de pension que le roy lui assigneroit annuelement, qu’il devoit souffire et povoit bien estre content. Finablement fut advisé et conclud que ung parlement se tendroit à Cambray 2, o.ù serroient le roy Loys et monseigneur Charles, son frere, et les ducz de Bourguoigne et de Bretaigne, ou leurs députez, pour trouver amour et bonne paix entr’eulz.
1. « Fut dit.... que au regard de la question d’entre le roy et mon dit seigneur Charles, touchant son appanage. qu’il auro.t et receveroit pour icelluy appanage, et de ce se tiendroit pour bien content de douze mille livres tournois en assiete de terre par an, et titre de comté ou duché. Et en outre que le roy luy fourniroit en pension jusques à soixante nulle livres tournois par chascun an. » ( Chronique scandaleuse ; Lenglet, II, 72.)
2. L’assemblée eut lieu dans cette ville le 8 avril; mais rien n’y fut conclu. On prorogea la trêve avec le duc de Bourgogne pendant un mois, puis jusqu’au 13 de juillet. (Lengeet, III, 6 .)
1282. Comment le duc Charles de Bourguoigne prinst par mariage la seur au roy Edouard d’Engleterre ; et parle aucunement des cerymonies de ces noepces. XXXVI.
Le penultisme jour de juing, an lxviii , arriva au port de l’Escluse1 2 en Flandres, Marguerite, seur au roy Edouard d’Engleterre , de laquele le mariage estoit fait au duc Charles de Bourguoigne, non obstant contredis ou empecliemens que y eust voullii mettre le roy de France, quy de tout son povoir avoit contendu de avoir allyantes auz Anglois, pour contendre à destruire ycelluy duc de Bourgoigne , ainsi qu’on disoit communément : lequel roy y avoit telement procédé que il avoit de sa partie le conte de Warewic , qui pour lui avoit presque tout le commun d’Engleterre : et faisoit bien à croire, se le duc de Bourguoigne n’eust ceste alyance prinse de la suer au roy Edouard , qu’il eust eu contre lui , tout à ung fais , les royaulmes de France et d’Engleterre, sicque, pour tant grans perilz éviter, le duc s'estoit condescendu à parfaire ce mariage.
A point, doncques, avecques celle princesse estoient venus le seigneur de Scalles, frere à la royne d’Engleterre, et autres seigneurs et dames du pays, jusques au nombre de xxx : pour laquele compaignie rechepvoir, le duc envoia à l’Escluse son frere, l’evesqued Utrecslr, le conte de Charny 3 et aullres de son hostel. Et len-