‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 126 sur 128 · Charles VII · texte numérisé non relu

Charles VII

4. Le témoin occulaire ci-dessus mentionné dit « de Villars. » Jean de Levis, chevalier, comte de Villars, grand maître d’hôtel du duc de Berry. [Bibl. imp., Mss., fonds français , n° 2340, fol. 718.)

5. Jean Aubin, seigneur de Malicorne, premier chambellan du duc de Berry. ( Ibid ., fol. 719.) Il était, en 1473, conseiller et chambellan de Louis XI. ( Bibl . imp., Mss fonds Gaignières, n° 7724, fol. 376.)

6. Gilbert de Chabannes, seigneur de Curton, conseiller et chambellan du duc de Berry. Mort en 1493. (Anselme, VII, 132.)

7. cc Maistre Jehan de Beau vau, fils naturel et légitime de nostre amé et féal conseiller et chambellan Bertrand de Beauvau, chevalier, sire de Precigny. » (Lettre de Charles VII au Chapitre d’Angers pour l’exhorter à élire pour évéque Jean de Beauvau (1447). Bibl. imp., Mss., fonds dom Housseau, tome IX, années 1400-1347, pièce n° 3930.) — « Jean de Beauvau, évêque d’Angers, ayant jugé un procès d’un chapelain, sujet du chapitre d’Angers, qui se prétendait exempt de la juridiction de l’ordinaire, le chapitre appela au métropolitain de Tours, puis au pape; et ce dernier, qui n’était pas content de l’évéque parce qu’il s'opposait au dessein de renverser la pragmatique sanction, commença par l’excommunier, le condamna à faire pénitence dans un monastère, et lui ôta son évêché. » ( Mémoires de la Société des antiquaires de V Ouest , t. II, p. 396.) Voici ce qu’écrivait Louis XI, à ce sujet, aux gens du parlement, le

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gne1 et autres, jusques au nombredevant dit ; ses autres gens, quy estoient environ vcz chevaulz, demourerent bien loingz du pont.

Quant vint à l’aprocher les deux freres l’un de l’autre, monseigneur Charles mist trois fois le genouil en terre , et si avoit la teste nue en le saluant ; et le roy luy dist qu’il feust le très bien venu, et que l’une des choses qu’il plus desiroit estoit de le veoir ; auquel messire Charles en dist autant, et qu’il estoit prest

7 juillet 1467 : « Nous avons esté acertenez que maistre Jehan de Beauvau, vü agueres evesque d’ Angers , pour ses faultes et démérites, pour procez deuement contre luy faict à la dénonciation de nostre très cher et très amé cousin le duc de Calabre, et pour l’esclande de 1 estât, vie et renommée dudict de Beauvau, et à la requeste du procureur fiscal de cour de Rome, a esté, par sentence contre luy donnée, privé, par nostre Sainct Pere le pape, en consistoire et par la deliberation des cardinaulx, du dict evesché, de tous autres bénéfices et offices qu’il tenoit, et luy a esté enjoinct de faire penitence salutaire en certain monastère. Laquelle sentence nous a esté notiffiee par nostre dict Sainct Pere, afin de la faire mettre à execution, etc. » {Bibl. imp., Mss., fonds Dupuy , n° 762, fol. 60.) Remplacé dans son évêché par Jehan Balue, il y fut réintégré peu après la disgrâce de ce dernier, que Louis XI fit emprisonner vers le commencement de l’année 1469. Selon le témoin occulaire, il paraîtrait qu’à l’époque de l’entrevue des deux frères, il n’avait pas encore repris son titre d 'évêque d'Angers ; car celui-ci le désigne ainsi : « Maistre Jehan de Beauvoir (Beauvau), qui fut evesque d’Angers, » Mais le 27 août 1470, on le voit apparaître avec cette qualification dans un procès où le duc de Guyenne a estoit opposant à ce que maistre Jehan de Beauvau , evesque d'Angers y son conseiller et chancelier y ne fut contraint procéder ne aller oultre en la cause pendant en ladite court (du parlement de Paris) en matières de regale envers maistre François Hallé, avocat du roy en la court de parlement, demandeur, d’une part, et ledit de Beauvau, défendeur, d’autre. » {Bibl. imp., Mss., Suppl, fr ., n" 2873, pièce 15. Legrand, tome XVIII.) Jean de Beauvau mourut cc anno domini M. quadringentesimo septuagesimo nono, die 23 aprilis. » (Hiret, 192.)

1. Jean Rouville, vice-chancelier de Bretagne, vivait encore en février 1476. (Anselme, VIII, 710.)

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à le servir de son povoir, luy supliant qu’il voulsist eflacer de son cuer les choses passées, luy pardonner, le avoir en sa bonne grâce, et pour bien recommandé. Et le roy luy dist plusieurs fois qu’il se levast. Si dirent en celle place l’un à l’autre plusieurs parolles doulces, amyables et courtoises, et tousjours monseigneur Charles, en toute reverence, snpplioit pardon au roy son frere ; lequel luy dist, adont, que tout luy estoit pardonné , et que pareillement meist hors de son ceur toutes choses passées.

Là furent maintes larmes plourees de joie et pitié par ceulz quy lors les veoient accordez ensamble. Monseigneur Charles requist plusieurs fois au roy qu’il peust passer devers lui ; mais, pour ce qu’il estoit tard, le roy ne le voult souffrir jusques au lendemain, auquel jour furent mises planches : si passa monseigneur Charles devers le roy son frere, où plus de xx fois se gecta a genoulz devant ses piedz de si bon ceur, par samblant , que à grant paine povoient ilz parler 1 un à 1 autre. Et lors se prindrent tous les assistens a cryer : « Noël ! » plourans et ryans de la grant joye qu ilz avoient ; et le jour ensievant se rassamblerent , et fut leur acord fait par tele maniéré que le roy donna à son frere la ducié de Guyenne et tout le pays de Bourdelois et de Poitou, avec toutes les apendances d’iceulz pays pour son partage, et à les tenir de la couronne de France par empennage.

En ce tempz , le duc Charles de Bourguoigne fist cryer parmy ses pays que tout homme, acoustumé d armes porter, feust presl au marc prochain pour le se i vii ou il les volroit emploier, et que chascun homme

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d’armes eust varie! , page et ung archier à cheval, et vi archiers à pied. Et adfîn d’avoir plus grant nombre de gens, il envoia commissaires par tous ses pays, pour prendre et mettre en sa main tous les fiefz et arrierefiefz , especialement de eeulz qui pas n’avoient acoustumé à eulz armer. Et fut ordonné que pour le fief vaillable , cent et chinquante livres de rente par an, l’en metteroit sus ung homme d’armes de monture et de harnois, bien et souffisamment, ainsi que dit est; et des fiefz en desoubz à l’advenant, ou de payer autant que les commissaires y ordonneroient de taux, et que les deniers quy en serroient levez feussent bailliés aux capittaines pour monter et habillier leurs gens de guerre ; par laquele ordonnance maintes gens furent composez, povres et riches, vesves et orphelins, sans nulz espargnier, et autres riches gens qui avoient rentes vyagieres sur fiefz ou arrierefiefz , desquels choses sourdy grant murmure partout es pays du duc.

Environ ce tempz, vint une ambaxade d’Engleterre devers le duc de Bourguoigne, lesquelz ambaxadeurs, entre autres choses, luy aporterent la jaretiere1, ordre

1. La commission rie son investiture porte la date du 10 janvier 1469, v. s. (Anstis, I, 83.) « Le 31 janvier 1469 (v. s.), le seigneur de Duras, Taumosnier de la reyne d’ Angleterre, et autres, au nombre de 26 personnes, apportèrent au duc de Bourgogne, étant lors en la ville de Gand, Tordre de la Jarretière,... qu’il receut en ceremonie le 4 février. » (Lenglet, II, 193.) « Charles, par la grâce de Dieu, duc de Bourgoingne,... certifiions et faisons savoir à tous que, par les mains de messire Galiard, seigneur de Duras, chevalier; Thomas Vaghan, escuier et trésorier de la chambre; maistre Jehan Russell , docteur eu decret, arcediacrede Berksuir, et Jartier, roy d’armes, conseilliers et ambaxeurs de très hault et très puissant prince nostre très honnoré seigneur et frère

CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1470]

du roy d’Engleterre, pour ycelle porter par le duc, comme le roy portoit la sienne; lequel duc le reclieupt lyement , et le porta tout ung dimence très sollempnelement. C’est à maniéré d’un jaretier qui s’atache à la chausse, et est moult riche. Auquel ordre prendre se font pluiseurs promesses et sermens à tenir dès lors en avant , entre lesquelz cellui qui le prent jure et promet que jamais ne fuyra devant ses annemis.

En ce mesmes an fut l’yver si dur et si grant de

le roy d’Angleterre, soverain de l’Ordre de la Jartiere, pour ce envoiez devers nous,

« Nous avons aujourd’uy receu son dit Ordre de la Jartiere, ensemble les mantel et autres aournemens et choses audit Ordre appartenans et accoutumées,

«Et avec ce avons, en leurs mains, fait le serement à ce requis et partaient, selon les estatus d’icellui Ordre,

<r Le tout soubz les conditions et modifications sur ce avisées et faittes entre lui et nous.

« Donné en nostre ville de Gand, soubz nostre grand seel, le quart jour de février, l’an de grâce mille quatre cens soixante neuf. Par monseigneur le Duc, Scoenhove. » (Rtmer, V, partie II, 173.)

Voici ce qu’on écrivait au roi Louis XI à ce sujet :

« Sire, très humblement à vostre bonne grâce me recommande : et pour ce que ne scay si estes adverty que monseigneur de Bourgoigne, ayant dismanche derrenier eut huit jours print l’ordre de la Jarretière à luv apportée par le seigneur de Duras, gascon, je vous en advertiz. Et certainement ce aussi que audit Gant et en ses bonnes villes de par de là il a députez commissaires, lesquelz, à toute diligence, visitent habillement de guerre que ung chascun a en sa maison, et si liardy sur la liart que ung homme ozast prester son habillement à l’autre pour mon* strer, etc.

« Helas! s’il eust bien recongneu et pancé à ce que tant vous humiliastes que à l’instar de Jhucristqui se humiliast envers ses disciples, etc., vous qui estes son seigneur allastes à Peronne aluy ne l’eust pas fait, et

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geslees, que du jour saint Andrieu1 jusques au xxe jour d’apvril sans rompre la groeque tousjours ne durast2.

1291. Comment le conte de Warewic vint de Callaix à Saint Orner devers le duc Charles de Bourguoigne , qui le recheut honnourablement3. XLV.

En cel an mil imcz lxix, le conte de Warewic, aiant sauifconduitduducde Bourguoigne, vint à Saint Orner4, où il fut grandement recheu et festoie du duc et des seigneurs qui entour luy estoient, lesquelz luy furent

croy que, soubz correction, dame vertuz de Sapiance luy deffault : laquelle, si elle eust esté en luy, eust mis peine envers vous d'aquerir l’Ordre du prince de toute la chevallerie de Paradis que vous donnés, sans avoir prinse ladite jarretière, etc.

a Au seurplus, Sire, j’ay esperance que Dieu et Nostre Dame seront tousjours pour vous, et que de bons et loyaulx serviteurs aurez pour faire obéir quant vouldrez, et si trouvera l’en moyen de faire eslever le pays ou la pluspart du Liege alencontre de luy, quant de ce faire serez délibéré, combien que je ne desire que paix.

a. Escript le XIIII février, de la main de celluy qui tousjours a esté, est et sera prest de vous servir contre tout homme, sans nul excepter, au plaisir Nostre Seigneur et de Nostre Dame, qui vous vueillent tousjours aydier et, à la fin, Paradis octroyer. Amen.

« Ainsi signé : « Vostre très humble et obéissant subject et serviteur, P. P. »

( Bibl . imp., Mss., fonds Gaignières, n° 2893, fol. 114.)

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