‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 127 sur 128 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

2. Var. : «Audit an LXIX, fut l’yver si dur et si long de gellees, que la gelee dura depuis le jour Sainct Andrieu jusques au xx' jour d’apvril sans desgeler et sans rompre le gros que tousjours ne tenist. » [Bibl. imp., Mss. , fonds Dupuy, n° 724.)

3. Wavrin intervertit encore l’ordre des faits : ce chapitre et ceux qui suivent contiennent le récit d’événements arrivés avant l’envoi de l’Ordre de la Jarretière, dont il vient d’être parlé.

4. Il arriva dans cette ville le 22 avril 1469. (Lenglet, II, 193.) L’année 1469 avait commencé le 2 de ce mois.

CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1469]

audevant et le conduirent jusques à son hostel. Puis vint devers le duc qui lors estoit logié en l’abaye Saint Bertin, où le duc luy fist moult bonne chiere ; et, deux jours aprez, s’en alla à Aire veoir laducesse sa cousine, qui doulcementle recoeilla ; car jamais on n’eust pensé cà ce à quoy il contendoit.

Aprez tous festoiemens et bonnes chieres faites au conte, il prinst congié du duc et de la ducesse, si s’en retyra à Callaix ; et, d’autre part, le duc se desloga de Saint Orner , et s’en alla à Ypre : aussi fist la ducesse sa femme, lesquelz ne pensoient gueres aux affaires du roy Edouard d’Engleterre, qui luy venoient au pourcbas et enbortement du dit conte de Warewic , en ce tempore.

Et moy, acteur de ces Cronicques , désirant scavoir et avoir matières véritables pour le parfait de mon euvre, prins congié au duc de Bourguoigne, adfin de aller jusques à Callaix ; lequel il me ottroia, pour ce qu’il estoit bien adverty que ledit conte de Warewic m’avoit promis, se je le venoie veoir à Callaix, qu’il me feroit bonne cliiere, et me bailleroit homme qui m’adrescheroit à tout ce que je voldroie demander touchant ces matières. Si fus vers lui, où il me tint ix jours en me faisant grant chiere et honneur; mais de ce que je queroie me fist bien peu d’adresse, combien qu’il me promist que, se au bout de deux mois je retournoie vers luy, il me furniroit partie de ce que je requeroie ; et, au congié prendre de luy, il me deffrea de tous poins, et me donna une belle haquenee. Je veoie bien qu’il estoit embesongnié d’aulcunes grosses matières, et c’estoit le mariage quy se traitoit de sa fille au duc de Clarence, frere au roy Edouard ; lesqueles se par-

[1469] SIXIÈME PARTIE, LIVRE V, xlv-xlvi. 403

firent, v ou vi jours aprez mon parlement, cledens le cliastel de Callaix , où il n’avoit gueres de gens. Si ne dura la Teste que deux jours ; car il espousa ung mardy1, et le dimence ensievant passa la mer, pour ce qu’il avoit eu nouvelles que ceulz de Galles estoient sur les cliampz à grant puissance.

1292. De 1 ambaxade que le duc de Bourguoigne envoia en Engleterre; et de la mort du seigneur de Riviere et messire Jehan son filz. XLVI.

Ou tempz que le trouble estoit si grant en Engleterre , le duc de Bourguoigne y avoit envoie une ambaxade 2 devers le roy Edouard, de laquele estoit chief le seigneur de Crequi, adcompaignié de messire Pietre Vasque3, chevallier espaignol, messire Martin Sestienberghe4, maistre Jehan de Halle-

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