‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 51 sur 128 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

1163. Cy commence le IIIe livre, lequel contient en soy n chapittres. Ou premier, il dist comment le roy Charles de France, VIIe de ce nom, concquist la seconde fois la cité de Bordeaulz et tout le pays d’environ ; et, partant, tout sonroyaulme fut en son obéissance réduit. Chapittrel.

Cf. Monstr., tome III, fol. 55 r.

1164. Comment le pape Nicollas envoia signifier au duc de Bourguoigne l’entreprinse du Turc; et comment le duc voua d’aller en Turquie, soubz certaines conditions. II.

Cf. Monstr., tome III, fol. 55 r.

1165. Comment le roy de France fist assegier Chastillon ,

et comment le seigneur de Tlialbot, qui avoit prins Frossac, morut. HL

Cf. Monstr., tome III, fol. 56 v.

1166. Comment, aprez la rendition de Chastillon, les con¬

ducteurs de l’armee du roy prindrent Saint Milion, Liborne et autres places ; et comment ceulz de Bordeaulz rendirent la cité par composition. IUL

Cf. Monstr., tome III, fol. 57 v.

1167. Comment le grant Turcq assega Constantinoble ; comment il le prinst d’assault : et dist aulcuuement

[1 453] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, i-v. 171

des maulz quy y furent commis, puis parle d’un remede

pour aller contre le dit Turcq. V.

Cf. Monstr., tome III, fol. 59 r.

Wavrin, après avoir raconté la prise de Constantinople ainsi qu’elle est décrite par les continuateurs de Monstrelet, ajoute au récit quelques lignes touchant trois pronostics présageant la prise de cette ville.

« Il est à notter que, avant la prinse d’ycelle noble cité, advindrent trois signes très merveilleux, desquelz un g philozophe grec anchien, nommé Leon, predist les deux. Le premier, que en l’Eglise Saint Demettre de la dite cité avoit une coullompne de marbre toute painte à maniéré d’un eschequier telement ordonné que, au premier point dudit eschequier, en bault, l’on escripvoit le nom de l’empereur lors régnant, et, au point ensievant, le nom du patriarche qui presidoit en la dite cité; et predist que, quant tous les poins dudit eschequier serroient emplis par cel ordre, adont la notable cité de Constantinoble serroit perie pour les crestiens. Et ainsi en advint; car, ou tempz de Constantin l’empereur et Gregore le patriarche, que la dite cité fut prinse, les ditz darreniers poins avoient esté emplis de leurs noms.

« Le second signe que predist ce philozophe Leon , fut que ou tempz de Constantin serroit la cite perdue; duquel philozophe les parolles estoient escrites dedens la dite coullompne, en tel maniéré : « Constantin m a fait et Constantin me destruira. » Et ainsi en advint; qui fut chose merveilleuse comment le dit philozophe prevey la dite destruction de si long tempz, qui ne povoit estre sinon par révélation du Saint Esperit. Car le premier quy anobly celle cité lut appelé Constan-

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tin j lequel donna le patrimoine de l’Eglise : sa mere fut appelée Helaine, et le patriarche Gregore. Et le darrenier qui imperoit au jour de la perdition de la dite cité, estoit aussi appelé Constantin, quy y morut, sa mère Helaine et le patriarche Gregore. Le tierc signe merveilleux qui désigna la prinse de la dite cité, fut tel quy s’ensieut, veu par les Turcz et ygnoré par les crestiens : c’est à scavoir que, une nuit, les Turcqz veillans au siégé de la dite cité, regardant vers ycelle, veyrent soubdainement grant multitude de lumières, en maniéré de chandeilles ardans, descendans de toutes pars sur les murs et tours de la dite cité , voyans laquele chose ilz eurent grant cremeur, et auguroient par ce la dite cité estre en la protection divine. Et comme on racontast ce au grant Turcq, il dissimulla pour lors, et luy mesmes veilla la nuit ensievant avec ses gens, vey les dites lumières descendre de recliief sur les murs et tours de la cité, lesqueles, tantost, se resleverent au ciel. Et lors le Turcq, interprétant la dite vision, dist auz siens en ceste maniéré : « Les chandeilles ardans que vous avez veu descendre du ciel sur la cité nous demonstrent que Dieu, en tempz passé, a eu la dite cité en sa protection : mais, en tant que les dites chandeilles se sont reslevees au ciel, c’est à entendre que Dieu la habandonnee en nos mains ; pourquoy je vous dy qu’il est tempz de l’assaillir maintenant, et je ne doubte plus qu elle ne soit nostre. » Et ainsi, par ardant rage, le fist assaillir et le prinst1 par la maniéré cv dessus declaree. »

L Constantinople fut prise, par Mahomet II, le 19 mars 1453.

[1453] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, v-vi.

1168. Cy parle d’un nommé Jelian Cade, apostat, quy assambla ung grant peuple et mist en rébellion alencontre du roy d’Engleterre 1 . VI.

Or advind que durant les concquestes de Northmandie et Guyenne, dont nous avons cy dessus parlé, et que le roiaulme d’Engleterre n’estoit point uny, ne justice n’y avoit point son cours, et aussi que le duc de Sombresset 2 et ceulz de sa compaignie s’estoient départis des villes et chasteaulz de Northmandie, et retournez en leurs hostelz, ou pays d’Engleterre, moult desplaisans de la perte qu’ilz avoient faite. Et fut, nonobstant ce, le duc de Sombresset moult fort chargié devers le roy et son conseil, pourquoy il fut ~ prins et boutté prisonnier en la tour de Londres. Durant lequel tetnpz il advint que ung nommé Jehan Cade3 fist une grande congrégation de gens de communaultez, en la comté de Caen, de tous lesquelz il se fist capittaine.

îcellui Jelian Cade, soy glorifiant de l’honneur que chascun luy faisoit (nonobstant laquelle chose les gens

t. Nous admettons ici le présent chapitre et les deux suivants, bien qu’ils aient avec le IIe chapitre de Du Clercq (XII, 121) une ressemblance assez grande pour ne pas pouvoir, absolument, passer pour inédits. Mais, comme Wavrin n’en reproduit pas exactement la narration, comme il y introduit parfois des détails dont le récit lui appartient en propre, nous n’avons pas cru qu’il nous fût pex-mis de les omettre.

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