‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 55 sur 128 · Empainte, attaque, choc · texte numérisé non relu

Empainte, attaque, choc

[1453] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, vu-vin.

Cantorbye 1 2 et d’Yorc 3 traitèrent en tele maniéré devers lesdites communes qu’ilz furent contens d’avoir paix, et s’en retrayrent tant en leurs hoslelz que leur dit capittaine demoura comme seul. Lequel, quant il se vey ainsi hahandonné , prinst la fuite et se tyra vers le pays de Kent ; mais ceulz de Londres , très desirans de le atraper, envoierent gens aprez luy quy tant le poursievyrent qu’il , non se donnant garde de eulz , fut souprins en ung village où il dignoit ; en tel faction que le visconte de Kent, nommé Alexandre Ydoin3, entra dedens lliostel pour le prendre, lequel capittaine sailly par une fenestre, en ung jardin, mais tant ne se sceut haster que le visconte ne luy donnas! ung horion , dont il morut. Si fut porté à Londres , puis décollé et la teste mise sur le pont du dit Londres, au bout d’une lance. Et tost aprez le roy Henry prinst grant pugnition de tous les gens de nom qui furent trouvez avoir adhéré au dit capittaine , et en flst faire justice tele qu’il apartient de ceulz quy se eslievent alencontre de leur souverain seigneur.

Or advint, assez lost aprez la mort dudit capittaine, que le duc de Sombresset, qui estoit prisonnier en la tour de Londres, comme dessus est dit, par le moyen de la royne d’Engleterre eut paix au roy quy le fist

1. Jean Stafford, archevêque de Cantorbcry de 1443au 6 juillet 1452, époque de sa mort. (Godwin, 127.)

2. Jean Kemp, archevêque d’York de 1426 au 22 mars 1453, époque de sa mort. (Godwin, 692.)

3. Alexandre Eden , shériff de Kent. Il reçut du roi mille marcs, que ce prince avait promis à celui qui apporterait la tête de Jean Cade. Les lettres patentes par lesquelles Henri VI accorde cette récompense sont datées du 15 juillet 1450. (Rimku, V, partie II, p. 27.)

178 CRONICQUES D’ENGLETERRE. [1453]

chief de son grau t conseil; dequoy le duc d’Yorc1 fut très mal content. Et luy faisoitmal quant il veoit celluy qui avoit esté cause de le boulter hors de son office, veu la grant faulte qu’il avoit commis en rendant le pays de Northmandie en la main des François ; et ancores estoit le dit duc de Sombresset telement creu et advancié , que tout ce qu’il voulloit estoit fait; et ostoit les officiers que le duc d’Yorc avoit creez, en y commettant telz de ses gens que bon lui sembloit.

Pourquoy le dit duc d’Yorc, voiant que par ces moiens il estoit dutout plané 2 du gouvernement du roy, veu que tousjours il avoit si grandement servy, conclieut une bayne tant grande alencontre dudit de Sombresset , qu’il se party une espace de la court ; puis, aprez aulcunes des besongnes de son pays achevées , retourna à Londres atout grans gens, et là remonstra au roy, présent le conseil 3, les grans faultes commises par le duc de Sombresset contre la magesté royale, au grant préjudice et deshonneur de la couronne d’Engleterre.

Durant ces parlemens et remonstrances que faisoit ce duc d’Yorc au roy et à tout le conseil , ses gens vindrent auz Jacopins de Londres , où ilz roberent et pillèrent tout ce qui laians estoit au duc de Sombresset et à ses gens, et fist tant le duc d’Yorc que le duc de Sombresset fut prins et remis en la tour de Londres,

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