‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 69 sur 128 · Southwarck · texte numérisé non relu

Southwarck

[1460] SIXIÈME PARTIE, LIVRE III, xxii. 219

d’avoir maulvaise compaignie : non obstant laquele chose, lui, qui estoit sage, trouva ses excusations, disant que ce qu’il faisoit estoit tout cuidant bien faire, et que sa vocation n’estoit pas soy mesler de la guerre, ains de toute paix et transquilité.

Quant le seigneur de Scalles eut bien questionné et entendu l’evesque d’Ely, il le laissa, sans empescliement, aller faire son message, dont l’evesque fut moult joyeux. Si s’en alla devant les seigneurs de la ville pronunchier sa légation, ainsi que chargié lui estoit de par les Princes quy l’envoioient.

Quant les Maisre , seigneurs , bourgois et marchans eurent oy la proposition de l’evesque, ilz se tyrerent ensamble et se devisèrent, selon ceste matière , de la venue desdis seigneurs , et la grant armee qu’ilz menoient ; telement que tous ensamble conclurrent qu’ilz livreroient passage à eulz et leurs gens d’armes , pourveu qu’ilz promeltroient de passer paisiblement, sans faire à nul tort ne dommage, ains passeroient oultre legierement. Puis, quant ilz eurent conclu, firent la responce à l’evesque, pour ycelle reporter auz seigneurs, dont il fut moult joyeulz. Sy prinst congié d’eulz pour aller faire son raport ; mais, au partir, lui prièrent qu’il les eust pour recommandez devers les dis seigneurs, et que du tout ilz se habandonnoient à eulz ; puis s’en retourna auz princes qui l’avoient envoie , ausquelz il fist son raport de la responce et assistence que ceulz de Londres luy avoient fait ou nom de eulz , dont les contes furent très contentz.

Tantost aprez ces nouvelles oyes, furent les trompettes sonnees : si partyrent les ditz seigneurs et leurs gens,

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et tant chevaulcherent qu’ilz arrivèrent à Londres1, où le Maisre et tous les seigneurs , bourgois et marcbans du dit lieu leur vindrent au devant et relatèrent tout ce qu’ilz avoient dit à l’evesque d’Ely ; de quoy lesdis princes les remercyerent. Si Firent marehier leurs gens d’armes et passer paisiblement tout au long de la ville ; puis demandèrent la cause pourquoy le seigneur de Scalles estoit dedens la tour de Londres, et comment ilz en pourroient bien faire ; car ilz doubtoient que, se ilz passoient oultre sans le mettre à subjection , qu’il ne feist aulcun desplaisir à eulz et à leurs gens. Sy se arresterent les princes , et parlèrent tous ensamble de ceste matière, avec eulz le Maisre de Londres et les plus grans de la ville. Si conclurrent, d’un commun acord, que le conte de Salsebery demourroit à Londres atout deux mille hommes et ceulz de la ville , quy estoient bien xxxm, pour assegier ledit seigneur de Scalles, lequel fut avironné de tous costez ; et que les contes de la Marche, deWarewicet de Fauquembergue , adcompaigniés de plusieurs prelatz et grans seigneurs , se tyrroient vers Nortbanton , pour combattre la compaignie du roy Henry , lequel y estoit en personne , et avoient prins ung champ moult fort audeseure de la ville ; lequel avoient ancores fortiffié, pourquoy il estoit mal à avoir, se n eust esté ung chevallier, appelé messire Rasse Segeray, quy trahy la compaignie du roy2.

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