‹ Anchiennes cronicques d'Engleterre (volume 4)Chapitre 73 sur 128 · Voy. ei-clessus, tome I, page 279, note · texte numérisé non relu

Voy. ei-clessus, tome I, page 279, note

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voient envoie, et leur deist qu’ilz îVestoient point trabitres ne desloyaulz au roy, ains estoient pour le garder envers tous ceulx quy le volroient grever.

Adont l’evesque, aiantsa responce tele que oy avez, fut moult joyeux que, sans nul dangier de son corpz, il s’en povoit retourner vers les contes de la Marche et de Warewic, ausquelz il la raconta tele que faite luy avoient les dis gouverneurs du roy, à quy ilz ne l’avoient pas souffert parler. Quant le conte de Warewic oy ces nouvelles , il dist au conte de la Marche qu’il estoit tempz de marchier avant. Si furent mandez tous les capittaines ausquelz on commanda que à lendemain au matin feussent prestz , eulx et leurs gens, pour tyrer vers Northanton, comme ilz firent bien et dilligamment. Si se desloga toute l’armee de ce lieu , quy estoit nombree à imxx mille hommes , et celle du roy de xl à Lm. Et tant marchèrent les dis contes, qu’ilz se vindrent joindre prez du champ du roy, qui estoit en une vallee, au desoubz de la ville de Northanton ; et se loga l’armee du conte de la Marche si liault, qu’ilz povoient plainement veoir la pluspart de ce quy se faisoit en l’ost du roy.

1187. Cy fût mention de la grant battaille où le roy Henry d’Engleterre fut prins et le duc de Boucquingliuem occis, avec luy plusieurs autres grans seigneurs. XXV.

Quant le conte de Warewic vint sur la montaigne et vey le champ du roy , aprez qu’il eut bien ad visé la maniéré d’ycelluy, il ordonna deux capittaines (dont l’un fut Jehan Staffort1, et l’autre le seigneur de

t. John Stafford, mort le 8 mai 1473. (DuGnALE, I, 174.)

Strop1) pour conduire l’advangarde de leur armée jusques ad ce que tout leur peuple feust assamblé ; puis se misrent les princes et seigneurs en conseil, auquel ilz conclurrent d’envoier de rechief devers le roy et ses conseilliers pour scavoir se ils voldroient laissier le champ ou combattre. Et pour faire ce message y fut envoie Warewic le herault, lequel, aprez la charge recheue de ses seigneurs, alla parler au duc de Boucquinghuem , auquel herault, aprez qu’il eut escouté sa charge, sachant que le conte son maistre ne l’amoit pas , il respondy moult fierement, disant qu’il ne laisseroit pas le champ sans combattre, et que autre responce n’auroit. Pourquoy le herault retourna, hastivement , devers les seigneurs de son party, ausquelz il fist son raport de ce qu’il avoit trouvé au duc de Boucquinghuem : et sur ce, sans plus arrester, firent marchier leurs gens avant, en bonne ordonnance, pour envahir leurs annemis.

Tost aprez que le dit herault se fut party du duc de Boucquinghuem , il appela tous les seigneurs qui estoient autour du roy, ausquelz il dist : « Beaux Seigneurs, il nous fault aujourd’huy combattre ; car veez ycy nos annemis qui marchent fort avant. » Et ilz respondirent tous : « Nous garderons nostre champ , car nous sommes gens assez » , comme ilz estoient , c’est à scavoir environ l mille hommes. Et pour ce , dist on, que cellui qui compte sans son lioste compte, par coustume, deux fois, je le dis, pour tant que à grant paine sepeult on garder d’un homme trahittre, comme

1. John, lord Scrope deBolton, mortle 12 juillet 1494. (Dugdale, I,

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ycy povez oyr ; car, avant ce qu’on abordast à battaille, le conte de Warewic avoit dit aux siens chiefz de guerre qu’ilz deissent à leurs gens que tous ceulz quy portoient le Ravestoc 1 noué feussent saulvez, car c’estoient ceulz qui leur dévoient faire l’entree ou parcq.

Quant le conte de Warevic eut ses gens introduis en ce que ilz dévoient faire, il fist marchier son avangarde, laquele conduissoit le conte de Fauquembergue. Si descendirent au fons de la vallee, et les contes de la Marche et de Warewic conduissoient la battaille , lesquelz passèrent si avant qu’ilz vindrent combattre main à main; et y eut moult grosse escarmuche. Si dura l’assault bien trois heures, et ancores eust plus duré, se ne feust messire Rasse Segray2, qui fist faulte au duc de Boucquingbuem ; car il mist le conte de la Marche dedens le champ par son costé , parquoy il y eut moult grant occision. Sy y fut prins le roy Henrv par un archier appelé Henry Montfort ; et y furent occis le duc de Boucquinghem , le conte de Chirosbury, le seigneur de Beaumont, messire Thomas Fyderme3 et plusieurs autres grans seigneurs. Si furent en celle desconfilure4 les mors nombrez à xn™, et de prisonniers y eut grant multitude.

1. Rcigged Stoff , bâton brisé. (Dugdale, I, 306). « Le ravestre , dit Commynes (I, 133), était la livrée dudit comte » de Warwick.

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